CHAPITRE XV
Traitement de l'hépatalgie.
Lorsqu'une femme se plaint de douleurs vives à rhypochondre droit, notre premier soin est de rechercher la vésicule biliaire, d'apprécier le volume du foie, d'examiner les sclérotiques au point de vue de l'ictère, de nous faire montrer les déjections et l'urine ; nous songeons aux déplacements de l'organe, à Thépatoptose. Or il arrive assez souvent que nos investigations soient vaines, C'est que nous sommes en présence d'un accès d'hépalalgie, d'une névralgie hépatique proprement dite, d'une colique hépatique nerveuse, d'une fausse colique hépatique.
L'hépatalgie est décrite, sans précision, il est vrai, dans le Traité des maladies du foie de Portai (1813), et même dans la Nosologie méthodique de Sauvages (1769). Il faut arriver à Andral (1827) pour trouver la notion clinique de la maladie qu'acceptent plus tardCussak, Budd, Henoch, et à laquelle trois auteurs français. Beau, Gui bout et Fauconneau-Dufresne, consacrent, en 1851, d'intéressantes descriptions. Malgré l'autorité de Trousseau et de Frerichs, l'existence de l'hépatalgie a paru douteuse à quelques médecins; Harley (1883) s'est cru autorisé à la nier absolument. Aussi n'était-il pas inutile d'en re* prendre la description. C'est ce qu'ont fait FUrbringer en 1892 et Pariser en 1893.
194 TRAITEMENT DE l'iIÉPATALGIE
La fausse colique hépatique est une des manifestations de la neurasthénie sympathique. Elle se substitue à d'autres névralgies (intercostale, faciale), aux viscéralgies cardiaque, gastrique, entérique, cystique, ovarique, néphrétique, ou encore aux migraines; elle peut coïncider avec quelques-unes de ces manifestations. Elle n*est pas rare chez les hystériques. Elle appartient donc à la femme.
La dyspepsie, le rhumatisme, la goutte, l'impaludisme peuvent jouer un rôle dans sa pathogénie.
Elle est rappelée quelquefois par les écarts de régime, les excès d'aliments ou de boissons alcooliques, par le froid, par la suppression des menstrues.
Dans Tataxie locomotrice on observe des crises hépatalgiques, aussi bien que des crises gaslralgiques ou néphralgiques.
Décrire la colique hépatique nerveuse, ce serait faire le tableau de la colique hépatique vraie, avec rictère et le gonflement de la vésicule en moins. On conçoit que la première soit souvent plus tenace et plus difficile à guérir que l'autre. Les douleurs que suscite la migration des calculs ne survivent pas à l'expulsion de ces corps étrangers. Au contraire, la fausse colique, survenue sans raison apparente, persistera jusqu'à ce que les caprices du nervosisme raient supprimée ou simplement déplacée.
Lorsque, avec l'autorité que donnent la science des relations pathogéniques et l'examen précis des malades, le médecin a pu proclamer l'absence des calculs biliaires, et déclarer purement nerveuses les crises pseudo-lithiasiques, il doit instituer un traitement rigoureux.
Tout d'abord il doit s'efforcer de faire partager à