‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 108 sur 151 · ANTISEPSIE DU TUBE DIGESTIF · texte numérisé non relu

ANTISEPSIE DU TUBE DIGESTIF

contenu de cet intestin. Outre ceux qui se trouvent dans le canal digestif même, on en trouve encore dans les glandes qui lui sont annexées.

Cette abondance de microbes dans le tube digestif n'a rien qui doive surprendre, puisque là se trouvent réunies toutes les conditions qui favorisent leur développement : provision de matière non digérée et éminemment fermentescible, matière déjà digérée, la peptone en particulier, qui est leur milieu de culture de prédilection; humidité, chaleur constante.

Toutefois dans l'estomac les fermentations ne s'opèrent pas facilement, du moins quand il contient un suc gastrique normal; quand ce liquide possède sa teneur physiologique en acide chlorhydrique (plus de 1 gramme p. 1000 d'IICl anhydre), il est un obstacle absolu aux fermentations microbiennes.

Dans l'intestin grêle se trouve d'une façon intermittente un liquide qui semble, lui aussi, antiseptique; la bile est pourtant capable elle-même de se putréfier, mais elle intervient pour une part dans la protection des matières digérées.

Les microbes habituels de l'intestin se nourrissent de ce que nous avons préparé pour notre propre nourriture; ils sont nos commensaux ou nos parasites et vivent de la portion de nos aliments que nous ne consommons pas, clients qui mangent les reliefs de la table. Quelquefois ils peuvent travailler pour nous et il est probable que quelques-uns d'entre eux jouent un certain rôle dans les transformations digestives que subit la matière alimentaire.

C'est un rôle sur lequel M. Duclaux a insisté, il paraît s'exercer par l'intermédiaire de ferments solubles sécrétés par ces microbes. La caséine se coagule ainsi par l'action d'une de leurs espèces; d'autres gonflent, hydratent, dissolvent, peptonisent les matières albuminoïdes; d'autres transforment l'amidon, intervertissent le sucre de canne, font fermenter la glycose, etc.

Ils peuvent donc quelquefois suppléer à l'insuffisance de nos sucs digestifs; ce sont des auxiliaires utiles à certains moments, mais non indispensables. Je crois que la digestion peut être

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