‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 111 sur 151 · REIN ET FOIE SAUVEGARDANT L'ORGANISME · texte numérisé non relu

REIN ET FOIE SAUVEGARDANT L'ORGANISME

■ment sur le sang, mais une épuration incessante du sang est réalisée par le rein. Le phénol (Baumann), Tindol (Aloysius Martin), le crésol (Salkowsky) contenus dans l'intestin et dans les urines y subissent des variations parallèles. J'ai démontré, en 1882, que le même parallélisme existait entre la production des alcaloïdes dans l'intestin et leur élimination pai" les urines. Dans certaines intoxications d'origine intestinale, l'urine contient une matière qui rougit le perchlorure de fer (Senator, Riess, Litten et moi); ainsi le sang est traversé continuellement par un courant de matières toxiques venues de l'intestin.

La recherche de la toxicité des urines d'un homme prouve qu'en •2'i heures il élimine par celles-ci assez de poison pour tuer la moitié de son corps; chaque kilogramme de substance humaine excrète en moyenne de quoi tuer û61 grammes de matière vivante en 1 jour. Je soumets cet homme à l'antisepsie intestinale; la toxicité de ses urines s'amoindrit progressivement, elle peut diminuer d'un tiers. Elle ne peut, bien entendu, disparaître complètement , puisque l'antisepsie intestinale ne peut tarir qu'une des sources des poisons, ceux que les mi- 'Crobes fabriquent dans l'intestin; mais les poisons minéraux de l'alimentation, la potasse, ceux des sécrétions, ceux qui sont issus de la désassimilation générale, continuent nécessairement à s'éliminer par les urines.

Le rein n'est pas la seule sauvegarde de l'organisme contre l'intoxication d'origine intestinale. SchitT, Heeger, G. Roger, ont démontré d'une manière incontestable le rôle que le foie joue dans la protection contre l'empoisonnement en arrêtant, en détruisant beaucoup de matières toxiques, en rendant moins toxiques plusieurs de celles qu'il ne détruit pas. Cette action s'exerce particulièrement sur tout ce que' le foie reçoit du tube digestif par le sang de la veine porte. Si, comme l'a fait M. Roger, l'on injecte dans une branche de la veine porte de l'extrait de viande putréfiée, il en faut deux fois plus pour tuer l'animal que si l'injection est faite par une veine périphérique. Le foie détruit donc la moitié de la matière putride qui lui arrive par la veine porte.

rîOL'CUARD. Maladies infectieuses. 18

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