DANGER DES PURGATIFS DANS L'OBSTRUCTION INTESTINALE
sauvé grâce à lui la vie de deux malades. Chez Tnii d'euv, qui à la suite d'hémorrhagies intestinales considérables avait présenté tous les signes d'une péritonite par perforation, j'ai mis en œuvre simultanément la glace, l'opium et l'antisepsie intestinale; l'intestin n'a expulsé pendant 15 jours ni gaz, ni matière solide ou liquide. Le malade a complètement guéri. Dans un cas, c'est l'autopsie malheureusement qui m'a permis de démontrer que le malade avait guéri de sa perforation; au cours d'une lièvre typhoïde étaient survenus tous les signes de péritonite par perforation. Grâce à la glace, à l'opium et aux autres moyens d'immobilisation de Tintestin, la péritonite s'arrête. Quelque temps après, le malade est atteint d'une pneumonie et succombe ; à l'autopsie, on constate l'existence d'une perforaration qui faisait communiquer l'intestin avec une cavité circonscrite par de solides adhérences pseudo-membraneuses et pouvant contenir au plus 3 à h'^'^ de pus; mais il n'y avait pas trace de péritonite généralisée.
Dans d'autres maladies qui respectent le péritoine,, comme l'obstruction intestinale, il semble que la conduite contraire soit indiquée et le médecin croit à tort agir logiquement en s'inquiétant surtout d'évacuer le contenu de l'intestin. Les purgatifs seraient légitimes, s'il s'agissait toujours d'une simple constipation par accumulation de matières fécales. Mais le plus souvent le diagnostic est incertain : la cause de l'arrêt des matières peut être un néoplasme, une bride résultant d'une ancienne péritonite, une torsion, une invagination de lintestin, et l'autopsie seule tranche la question. Eh bien, je dis que, dans le doute (et il s'impose presque toujours), ce n'est pas aux purgatifs qu'il faut recourir; ce qui importe, c'est d'empêcher les mouvements de l'intestin, alin de faire cesser l'elfort violent qu'il exerce contre l'obstacle , elfort violent dont la conséquence est trop souvent l'inflammation, l'ulcération, la rupture et enfin la péritonite, que les mouvements intestinaux vont généraliser.
D'ailleurs quel inconvénient peut-il y avoir à immobiliser l'intestin? — Si les accidents qu'on observe sont d'origine toxi-
que, vous les combattez utilement en réalisant l'antisepsie en même temps que l'immobilisation; si ce sont des accidents réflexes, les médications qui stimulent les contractions de l'intestin comme les purgatifs ne peuvent que les augmenter; au contraire, en calmant les contractions intestinales, vous ferez cesser les réflexes. Vous réduirez le mal à une simple constipation; or on ne meurt pas de constipation, tandis qu'on peut mourir de contractions intestinales exagérées ou intempestives. Le malade que j'ai maintenu constipé pendant 15 jours n'est pas mort; il y a des hystériques qui sont restées constipées 3 mois sans mourir, tandis qu'on peut mourir d'un lavement administré à contre-temps et de la convulsion intestinale qu'il provoque.
En dehors même de la perforation qui fait pénétrer brusquement les microbes par eff'raction dans le péritoine, les troubles circulatoires de l'intestin favorisent le passage des microbes contenus dans le canal intestinal à travers les éléments anatomiques de sa paroi; c'est venir au secours du malade que de prévenir cette infection du péritoine par l'exsudation séreuse, qui est de règle dans l'obstruction intestinale. On doit donc toujours faire l'antisepsie intestinale dans les obstructions.
On doit encore la faire toutes les fois qu'on pratique une opération chirurgicale ou obstétricale sur l'abdomen. Je conseille l'antisepsie intestinale même dans l'accouchement simple, qui paraît si étranger au tube digestif.
L'antisepsie intestinale rend possible et inoffensive l'immobilisation de l'intestin qui, grâce à elle, produit son action salutaire. Sans l'antisepsie intestinale préalable, je n'oserais pas conseiller de constiper les malades dans les ulcérations intestinales, dans l'accouchement, dans les opérations sur l'abdomen. Je crois aux inconvénients de la constipation signalés dans ces cas par les accoucheurs et par quelques chirurgiens; mais la constipation dont ils se plaignent, c'est celle qui amène la stagnation dans l'intestin de matières en pleine putréfaction. A la suite de l'ovariotomie ou de l'hystéreclomie, Hegar se