‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 145 sur 151 · ONZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

ONZIEME LEÇON

De rimmunité naturelle.

Réfutation de l'erreur suivant laquelle la thérapeutique des maladies infectieuses consiste seulement à tuer le microbe à l'aide d'un antiseptique.

— C'est l'organisme qui se charge le plus souvent de tuer lui-même les microbes: nécessité d'analyser les procédés de la guérison spontanée pour savoir venir en aide à l'économie, si l'effort curateur vient à fléchir.

Outre les moyens de défense énumérés déjà, le phagocytisme des cellules migratrices et des cellules fixes, le mouvement circulatoire et l'oxydation dans le sang, outre la concurrence vitale entre les cellules et les microbes, il faut compter l'immunité comme dernière condition défensive de l'organisme. — Qu'est-ce que l'immunité? — Maladies qui vaccinent contre ellesmêmes; maladies qui vaccinent contre d'autres maladies. — Variations de l'immunité suivant les races, suivant les individus, suivant l'âge, suivant l'élat de la santé physicfue et morale.

Échelle des aptitudes morbides depuis l'immunité jusqu'à la prédisposition. Variations de l'immunité des peuples à travers les siècles : e.xemples empruntés à la pathologie historique. L'immunité graduellement croissante dans une espèce, c'est l'hérédité des immunités acquises par la succession des individus à la suite d'atteintes antérieures des maladies infectieuses 98

DOUZIÈME LEÇON De l'immunité acquise.

.Maladies dont une première atteinte confère l'immunité : variole, syphilis, etc.

— Maladies qui passent pour ne pas vacciner: chancre simple, diphthérie, blennorrhagie, érysipèle, fièvre intermittente, etc. — On doit admettre que celles-ci produisent une certaine immunité, si passagère qu'elle soit. — On ne peut concevoir la guérison d'aucune maladie infectieuse sans une augmentation de la résistance de l'individu à l'énergie du virus, c'est-à-dire, sans la production d'un certain degré d'immunité. Exemples tirés de la blennorrhagie. de l'inoculation du chancre simple.

Degrés innombrables dans l'immunité, il n'y a pas d'immunité absolue; parmi les maladies qui passent pour donner une immunité générale et persistante (variole, syphilis, coqueluche, vaccine, oreillons), il n'en est pas une qui ne puisse récidiver. Variations de l'immunité suivant les races, les climats.

Hypothèses par lesquelles on peut expliquer l'immunité acquise : modification de la nutrition et phagocytisme. Erreur qui consiste h comparer l'immunité acquise par l'organisme à la stérilisation d'une culture in vitro; exemples expérimentaux qui la démontrent.

Causes qui arrêtent la fermentation in vitro en mettant obstacle à la vie du ferment : théorie de l'épuisement, théorie de la matière empêchante. Mes expériences à ce sujet avec le bacille pyocyanique. Expériences de MM. Roux et Chamberland avec le vibrion septique 1"6

3o8 TABLE DES MATIÈRES

TREIZIÈME LEÇON Historique de la vaccination par matières solubles.

La vaccination est l'immunité acquise artificiellement. — Hypothèses relatives au mécanisme des vaccinations. Historique de la question. Communications successives de M. Pasteur à l'Académie des sciences depuis le 9 février 1880. Il combat d'abord la théorie de la vaccination par substances solubles.

Hypothèses de M. Chauveau et de M. Toussaint (juin et juillet 1880). Évolution de M. Pasteur (lettre à M. Duclaux, 1887) à propos de la vaccination anti-rabique. — M. Charrin donne la première preuve expérimentale de la vaccination par vaccin chimique à l'aide de la maladie pyocyanique (24 octobre 1881). — Expériences mal connues en France de MM. Salmon et Smith en septembre 188". — Expériences de MM. Roux et Ghamberland à propos de la septicémie gangreneuse (décembre 1887). — Triomphe désormais incontestable de l'idée des vaccins chimiques 1 ] (i

QUATORZIÈME LEÇON Vaccination par les substances solubles que fabriquent les microbes.

Historique résumé de la découverte des vaccins chimiques : M. Chauveau et M. Pasteur sont les promoteurs de l'idée dont la démonstration a été donnée par M. Charrin, MM. Roux et Chamberland, M.M. Chantemesse et Widal.

La démonstration d'une matière vaccinante dans le charbon n'est pas encore faite. On connaît trois" maladies, peut-être quatre, où l'agent pathogène . sécrète une substance vaccinante : maladie pyocyanique, gangrène gazeuse, fièvre typhoïde, peut-être choléra des porcs.

Avantages qu'olTrirait la vaccination par substances chimiques et non par virus vivants.

Faits obscurs qui seraient éclairés par la notion des vaccins solubles. — Inconvénients de la chaleur et des filtres pour débarrasser les cultures des microbes.

Comment les microbes pathogènes fabriquent-ils la matière vaccinante"? — La fonction vaccinante se confond-elle avec la fonction virulente? — Par quel mécanisme les matières vaccinales donnent-elles fimmunité ? Invraisemblance de la persistance indéfinie dans l'organisme d'une matière empêchante. — Probabilité en faveur d'une déviation du type nutritif des cellules.

Vaccination par les urines pyocyaniques. Échec des tentatives de vaccination avec les urines du charbon, de la rage, de la septicémie du lapin et du choléra des poules. Réussite avec celles de la fièvre typhoïde. — Dangers possibles de la vaccination par produits solubles 128

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