QUINZIÈME LEÇON
Rôle de l'empirisme dans la découverte des vaccinations.
Étapes successives du progrès réalisé dans la vaccination depuis Jenner jusqu'à M. Pasteur : vaccination par inoculation d'une autre maladie, — par inoculation de la maladie elle-même; introduction du virus par les voies ordinaires de la contagion ou par d'autres voies. Inoculation de virus atténués. Injection de substances chimiques sécrétées par les microbes ou vaccination par intoxication contre l'infection.
Historique de la vaccine jennérienne. — Permanence du pouvoir préservateur en général du vaccin de Jenner jusqu'à nos jours. — Variabilité dans la durée du pouvoir préservateur, suivant les individus. — Différences insignifiantes entre le covv-pox spontané elle vaccin jennérien transmis d'homme à homme. — Vaccination animale (Palasciano, 1864) ; crainte légitime de transmission de la syphilis par le vaccin pris sur l'homme. — Transmissibilité de la tuberculose vaccinale théoriquement possible; en réalité, on n'a jamais trouvé de bacilles de Koch dans la lymphe vaccinale. — Transmissibilité du charbon possible, mais jamais observée. — Accidents septicémiques par inoculation de pustules putréfiées.
Le cow-pox n'est pas la variole modiliée. Démonstration de la non-identité par M. Chauveau. Eruptions généralisées de vaccine. — La vaccine préserve peut-être contre la maladie des jeunes chiens (Trasbot). — Antagonisme prétendu entre le bacille tuberculeux et le bacterium termo (Cantani). — Tentatives de bactériothérapie : charbon et érysipèle (Emmerich), pneumocoque et charbon (Pawlowski).
La variolisation antérieure à la vaccination et continuant à entraver les pi'ogrès de celle-ci en Algérie.
Explication du mécanisme de la vaccination d'une maladie par elle-même, basée sur le changement de voie d'introduction. — Exemples tirés de la variole fœtale et de la syphilis congénitale. — Inoculation de la gourme des chevaux. — Clavelisation. Péripneumonie épizootiquc. Peste bovine.. 147
SEIZIÈME LEÇON Vaccination par virus atténués.
La vaccination contre une maladie infectieuse par inoculation locale est en réalité le résultat d'une imprégnation générale de l'économie. — Il ne s'agit pas de la diffusion de microbes migrateurs, mais du transport d'une matière soluble vaccinante fabriquée par les microbes.
Immunité par inoculation de virus atténués. — Procédés d'atténuation divers : vieillissement des cultures, chaleur, oxygène, lumière, dessiccation, action des antiseptiques, passage du virus à travers des espèces animales différentes.
Inconvénients résultant de la possibilité de complications tardives à la suite des vaccinations par virus atténués. — Expériences qui montrent la réalité de ces complications.
Résumé des divers procédés de vaccination 139
DIX-SEPTIÈxME LEÇON
La méthode de vaccination contre la rage après morsure.
Absence de toute analogie apparente entre la méthode d'inoculation contre la rage après morsure et les autres modes de vaccination. — Immunité contre la rage procurée aux ruminants par injection intra-veineuse de virus rabique (Galtier). — Dans la méthode de M. Pasteur contre la rage le vaccin est introduit par la même voie que le virus. — Le vaccin antirabique n'est pas le virus atténué, c'est au contraire un virus renforcé. Pourquoi M. Pasleur a été amené à choisir un virus à courte incubation, celui du lapin. — M. Pasteur pense que le vaccin qu'il inocule est un virus raréfié et que l'immunité est produite par une matière vaccinante existant dans la moelle du lapin à côté du virus. — Résumé de la pratique actuelle des inoculations antirabiques.
La vaccination contre ta rage est-elle cfllcace ? — Imiiossibililé de résoudre celte question autrement que par la statistique. Diflicultés de comparer les statistiques actuelles aux anciennes. — Opinions des vétérinaires sur la mortalité à la suite de morsures de chien enragé avant la métliode de Pasteur : Poland, Gamgee, Gowers, Faber, Renault, Bouley, Leblanc. — Exagérations enthousiastes de Vulpian. — Statistique de l'Institut Pasteur. Explication des catégories établies parmi les inoculés : tableaux A, B, G. — Différence de gravité entre les morsures des parties vêtues et des parties découvertes, notamment des morsures de la face. — Gravité exceptionnelle des morsures de loups. — Vaccinations simples et vaccinations intensives.
— Statistique de M. Dujardin-Beaumetz pour le département de la Seine.
— Démonstration expérimentale irréfutable de l'efficacilé de l'inoculation antirabique chez le chien.
Peut-on donner la rage par la vaccination? Erreur des critiques qui ont dit ((ue la rage inoculée était une rage artilicielle, de laboratoire; la rage paralyliijue existait chez l'homme avant la vaccination 166
DIX-HLITIÈME LEÇON
Importance des modifications de la nutrition au point de vue de l'immunité, de la prédisposition morbide et de la guèrison.
Récapitulation des moyens par lesquels se trouvent créées l'immunité et la guèrison. — L'immunité consiste en modifications imprimées à la nutrition de l'organisme par les conditions hygiéniques et climatologiques. Moutons algériens devenus réfractaires au charbon. — • Diminution de la résistance vitale prédisposant à contracter les maladies infectieuses. Gomment on devient tuberculeux. Rôle de l'insuffisance d'aération et de l'insuffisance alimentaire dans la prédisposition à la phthisie; dilatation de l'estomac et dyspepsie préparant l'éclosion de la tuberculose.
Puissance de l'hygiène bien comprise pour enrayer l'infection qu'une mauvaise hygiène a amenée. Les moyens hygiéniques agissent en activant la nutrition de manière à soutenir l'organisme dans sa lutte contre les agents infectieux. — Antisepsie indirecte et médication spécifique. — Espoir d'utiliser dans l'avenir, comme médicaments, les poisons solubles fabriqués par les microbes pathogènes. En attendant, utilité des antiseptiques 180
DIX-NEUVIÈME LEÇON Pxincipes généraux qui servent de base à la pratique de l'antisepsie.
Définition tles antiseptiques. — Distinctions entre l'aulisejisie du médecin et celle du chirurgien, entre l'antisepsie générale et l'antisepsie locale.
Antisepsie par les agents physiques : Chaleur. Guèrison du chancre simple par le chauffage (Aubert). Effet quelquefois utile de la fièvre.
Évacuation mécanique des microbes hors du corps. Lavements, purgatifs et vomitifs. ■ — Irrigations des cavités séreuses et splanchniques. Action antiseptique de l'épilation dans l'antiquité et dans l'Orient moderne. L'antisepsie^ dans les prescriptions sacerdotales.
Règles générales de l'antisepsie chirurgicale. Rareté des attouchements. — Purification des mains, des objets de pansement. — Inconvénients de la charpie. — Discussion de la valeur du spray. — L'antisepsie parles panse-
menLs rares, le pansement par occlusion, le pansement ouaté. — Règles générales relatives à l'antisepsie des réservoirs. Antisepsie intestinale préopératoire dans la chirurgie abdominale et avant l'accouchement. — Eau aseptique et eau antiseptique. — Drainage et sutures aseptiques 189
VINGTIÈME LEÇON Antisepsie indirecte et thérapeutique physiologique.
Outre l'évacuation des microbes introduits dans l'organisme, outre la protection de l'organisme contre leur invasion, l'antisepsie doit se préoccuper des poisons qu'ils ont fabriqués. — Distinction entre les antiseptiques vrais et les substances qui neutralisent les ferments soluliles. — Action physique du charbon contre les poisons putrides. — Possibilité de protéger l'organisme contre certains poisons chimiques en les faisant entrer dans des combinaisons insolubles. — Antisepsie indirecte faite en excitant le sang et les tissus à oxyder les poisons (diminution de la toxicité -des urines par le séjour dans l'air comprimé), en stimulant la fonction du foie relative à la destruction des poisons. — Stimulation de l'activité des émonctoires et surtout du rein au point de vue de l'élimination des poisons.
Thérapeutique physiologique visant non plus le microbe et ses produits, mais l'organisme qu'on se propose de fortifier contre l'infection. — Nécessité d'éviter aux blessés et aux opérés les secousses nerveuses, l'excès de souffrance; danger de la secousse génitale, du choc de froid. — Soins à donner à l'alimentation au cours des maladies infectieuses. — On doit se préoccuper des conséquences tardives des infections : lésions viscérales et vaseulaires, sclé^oses des centres nerveux (fréquence du tabès chez les syphilitiques et chez les tuberculeux). Faits expérimentaux qui démontrent l'existence de conséquences lointaines des maladies infectieuses : paraplégie tardive, dégénérescences rénale et cardiaque dans la maladie pyocyanique. — Les antisepti(pies et les spécifiques n'ont plus d'action curative sur ces lésions secondaires et éloignées. — Le mercure fait place aux iodures dans la thérapeutique de la syphilis tertiaire 199
VINGT ET UNIEME LEÇON Méthode pour déterminer la valeur d'un antiseptique.
Preuve expérimentale de l'action directe d'un antiseptique sur un microbe, de la créosote sur le bacille tuberculeux. — Choix des antiseptiques. Nécessité de chercher toujours successivement le pouvoir toxique et l'équivalent thérapeutique de chaque antiseptique. — Difficultés que soulève la recherche du pouvoir antiseptique. Il n'y a pas d'antiseptique général. ^ Variations du pouvoir antiseptique suivant les microbes. — Variations suivant l'espèce animale. Détails nombreux dont il faut tenir rigoureusement compte dans l'appréciation de la valeur d'un antiseptique. — Composition chimique du milieu de culture du microbe, température, ancienneté de la culture, quantité de microbes qui a servi à ensemencer le milieu. — Degrés dans l'action exercée par l'antiseptique sur le développement du microbe. Doses qui retardent la germination, l'empêchent, ralentissent le développement, l'arrêtent, stérilisent et tuent. Reviviscence dans les milieux vivants de microbes qu'on croyait tués dans une culture m vitro.
Tableau de la valeur de dix antiseptiques (iodoforme, saloi, naphtaline, naph-
toi a, naphtol ,3, sublimé, biiodure de mercure, créosote, acide phénique, acide thymique) sur quatre microbes (bacille typhogène, staphylococcus pyogenes aureus, bactéridie charbonneuse et pneumococcus de Friedlander) 207