‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 31 sur 151 · POISONS MICROBIENS ET RÉACTION VITALE · texte numérisé non relu

POISONS MICROBIENS ET RÉACTION VITALE

immédiats qiiils peuvent produire, sont aussi capables d'amener des effets lents, insensibles, tardifs, dus à des modifications dans la nutrition des cellules. Les effets précoces ont pu même n'être pas apparents, mais une viciation lente et durable des cellules s'accomplit et survit même à l'élimination du poison qui Ta provoquée : Talcool, qui abaisse de moitié le taux normal de la nutrition, ne fait que passer à travers les cellules; mais, bien que son action ait été passagère, la substance toxique produit des phénomènes durables, qui peuvent ne se manifester qu'à un moment où l'organisme n'en contiendra plus un atome. Ainsi les poisons microbiens éveillent la réaction vitale à la fois fonctionnelle et nutritive.

Les ferments solubles sécrétés par les microbes semblent produire des modifications passives; ils détériorent, par hydratation en particulier, la substance protoplasmique au point de nuire à sa nutrition, à son fonctionnement, et même d'amener sa mort et sa dissolution.

En dehors de ces quatre modes d'action des micro-organismes virulents, tout est pure hypothèse, y compris la concurrence vitale.

Tout cela, vous ai-je dit, c'est la virulence; mais ce n'est pas la maladie, ou du moins ce n'est qu'une portion de la maladie. Rappelez-vous ma définition de la maladie : c'est l'ensemble des lésions et des actes qui se produisent dans l'économie vivante, subissant la cause morbifique et réagissant contre elle.

La réaction, nous l'entrevoyons déjà dans les phénomènes qui suivent la vulnération des cellules et l'intoxication. Peutêtre les premiers effets de cette réaction ne sont-ils pas manifestement utiles; peut-être à certains moments l'effort curateur reste-t-il obscur; mais le plus souvent on peut discerner les effets avantageux des actes réactionnels locaux ou généraux.

Que se passe-t-il à la suite des grands traumatismes? Nous voyons l'intervention du système nerveux se manifester sous forme de participation de la partie vulnérée à la lutte locale

contre la cause vulnérante; outre les manifestations locales, afAux du sang, diapédèse de certaines cellules, multiplication d'autres cellules, etc., nous constatons des phénomènes généraux qui attestent cette intervention du système nerveux : ordre est donné au cœur de se contracter, aux vaisseaux de se dilater pour que le sang apporte en plus grande abondance les matériaux de réparation ; la respiration s'accélère pour activer les combustions, les sécrétions se font plus actives pour entraîner les matériaux résultant de la dénutrition. En un mot, tous les grands appareils entrent en jeu pour la défense de la partie lésée parce que la vigilance du système nerveux a été éveillée. On peut dire que les mêmes phénomènes s'accomplissent, dans une proportion réduite, à la suite des traumamatismes microscopiques que l'invasion des agents infectieux détermine dans un point de nos tissus.

Mais, en outre, il est des faits qui démontrent que l'organisme est armé d'autres moyens de défense contre l'infection. C'est l'ensemble des procédés dont dispose l'organisme pour lutter contre les agents virulents et s'en débarrasser que je dois maintenant passer en revue.

Parmi les moyens de défense de l'organisme, il faut citer en première ligne l'impénétrabilité de l'épiderme et des épithéliums intérieurs. Mais cette protection n'est pas absolue; s'il est vrai que la peau, tant qu'elle n'est atteinte d'aucune érosion, ne se laisse pas traverser par les microbes, l'effraction préalable de l'épithélium n'est pas nécessaire pour que les surfaces muqueuses digestive et respiratoire laissent passer les micro -organismes. Pour faire naître le choléra des poules chez les animaux susceptibles de contracter cette maladie, il suffit de faire ingérer à ces animaux parfaitement sains des aliments arrosés avec la culture de l'agent infectieux. L'homme sain peut prendre la tuberculose pulmonaire s'il reçoit dans ses voies respiratoires des bacilles tuberculeux; les bacilles peuvent passer des alvéoles dans le tissu interstitiel du poumon : des expériences de ce genre ont même été fatales à quelques expérimentateurs. La bronchite, que certains ont dit être une

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