‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 50 sur 151 · QUATORZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME LEÇON

(S mai 188S.)

VACCIAATIOA PAR LES SLBSTA\CES SOLLBLES QUE FABRIQt EXT LES MICROBES

Historique résumé de la découverte des vaccins chimiques : M. Chauveau et M. Pasteur sont les promoteurs de l'idée dont la démonstration a été donnée par M. Cliarrin, MM. Roux et Chamberland, M.M. Chantemesse et Widal.

La démonstration d'une matière vaccinante dans le charbon n'est jias encore faite. On connaît trois maladies, peut-ètrp quatre, où l'agent pathogène sécrète une substance vaccinante : maladie pyocyaniq'ue, gangrène gazeuse, fièvre typhoïde, peut-être choléra des porcs.

Avantages qu'ollrirait la vaccination par substances chimiques et non par virus vivants.

Faits obscurs qui seraient éclairés par la notion des vaccins solubles. — Inconvénients de la chaleur et des filtres pour débarrasser les cultures des microbes.

Comment les microbes pathogènes fabriquent-ils la matière vaccinante? — La fonction vaccinante se confond-elle avec la fonction virulente? — Par quel mécanisme les matières vaccinales donnent-elles l'immunité ? Invraisemblance de la persistance indéfinie dans l'organisme d'une matière empêchante. — Probabilité en faveur d'une déviation du type nutritif des cellules.

Vaccination par les urines pyocyaniques. Échec des tentatives de vaccination avec les urines du charbon, de la rage, de la septicémie du lapin et du choléra des poules. Réussite avec celles de la fièvre typhoïde. — Dangers possibles de la vaccination par produits solubles.

On cherchait des substances qui, sécrétées par les microbes, seraient offensives pour eux et dont l'accumulation arrêterait la maladie infectieuse et l'empêcherait de recommencer; on a trouvé les matières vaccinantes. Est-ce là précisément ce que Ton cherchait? Je ne l'affirmerais pas; j'ai même la conviction que l'importance de la découverte a dépassé les espérances. Je crois qu'une grande évolution vient de s'accomplir. Le but

EXPÉRIENCES DE MM. CHANTEMESSE ET WIDÂL 129

était indiqué depuis longtemps ; M. Ghauveau l'avait pressenti, M. Pasteur en avait eu la prescience; tous deux l'avaient nettement affirmé. De tous côtés, dans les deux mondes, les travailleurs se pressaient dans une même voie, celle que leur indiquait la lettre à M. Duclaux; et, dans la même année où ce dernier appel avait retenti, ils apportaient presque simultanément la même solution. L'histoire ne séparera pas les promoteurs de ridée de ceux qui en ont donné la démonstration. Après les publications de M. Cliarrin, de MM. Roux et Chamberland, est venue la découverte de MM. Cliantemesse et Widal ' touchant le pouvoir qu'a le bacille de la fièvre typhoïde de sécréter une matière vaccinante. Ces expérimentateurs avaient remarqué que, si l'on enlève par le grattage la culture du bacille d'Eberth à la surface d'un tube de gélose nutritive et qu'on ensemence de nouveau cette surface avec des bacilles fournis par une culture en pleine activité, la végétation ne se développe pas, la surface a été rendue stérile par la vie du microbe. Ils ont supposé que cette stérilité était due à une matière empêchante. Cette hypothèse les a conduits, par une conclusion qui en a guidé bien d'autres, mais que je continue à croire fausse, celte hypothèse les a conduits à penser que cette matière empêchante pourrait être vaccinante.

Après s'être assurés que l'injection dans le péritoine de la souris d'un quart de centimètre cube de culture du bacille d'Eberth amène toujours (30 fois sur 30) la mort de l'animal, ils ont chauffé leur culture à 100° pour se débarrasser de la vie des microbes et ont reconnu alors que, pour tuer la souris, il fallait lui injecter une dose de liquide cinq ou six fois plus considérable; que, si la dose était moindre, l'animal survivait, mais qu'il possédait l'immunité. Ils font d'ordinaire, à quatre jours d'intervalle, deux injections d^m quart de centimètre cube de la culture stérilisée. L'inoculation de la culture active se montre ensuite inoffensive.

Dans cette importante question M. Pasteur a voulu, lui aussi,

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