‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 51 sur 151 · Annales de l'Institut Pasteur, 25 février · texte numérisé non relu

Annales de l'Institut Pasteur, 25 février

Bouchard. Maladies infectieuses. 9

apporter quelques documents oxpérimontaux à l'appui de la doctrine; ils sont consignés dans une note à TAcadémie des sciences du 30 janvier 1888. Ayant répété autrefois les expériences de M. Toussaint, il s'était convaincu que le sang charbonneux chauffé pendant 10 minutes à 55" n'est pas débarrassé de tous ses microbes et que d'autre" part ce sang n'est pas vaccinant. Il supposa sans doute que la matière vaccinante avait pu être détruite ou modifiée par cette haute température et pensa qu'il convenait de supprimer les microbes sans employer un chauffage aussi considérable. Il chaulTa le sang charbonneux à /i/i%5 pendant 2 et /i jours. Ainsi traité, le sang ne contient pas de spores et ne renferme aucune bactéridie vivante. Par l'injection de quantités réellement minimes de ce sang (de 1 à 3'^'' en 2 à 4 fois), M. Pasteur a dans quelques cas obtenu l'immunité chez le lapin; le plus souvent les résultats ont été douteux ou partiels; ils ont été souvent nuls. La question restait donc en suspens \

Woolridge dit bien que, cultivant le charbon dans des extraits de thymus et de testicule de veau, il a obtenu par filtration un liquide qui conférait l'immunité. Ce serait la seule culture de

1. Dans le n" d'août 1888 des Annales de Vlnstitut Pasteur, MM. Roux et Chamberland arrivent par des expériences qui présentent une grande analogie avec celles de M. Toussaint et avec celles de M. Pasteur à cette conclusion que la bactéridie charbonneuse sécrète réellement un vaccin chimique.

Du sang de mouton charbonneux chauffé à 55", o pendant 40 minutes et maintenu ensuite pendant longtemps à l'étuve ordinaire, ne contient plus de bactéries. On injecte 2"" de ce sang à un mouton sain, puis on l'inocule avec le virus fort. L'animal devient malade, mais ne meurt pas.

Du sang charbonneux est chauffé à 58°, cinq jours de suite, pendant une heure chaque jour. Ce sang ne contient plus de bactéries. On injecte de ce sang à deux moutons, 90'='' à l'un, 70"'' à l'autre, en six injections, une cha(iue jour. On inocule ensuite avec du virus fort les deux animaux et deux témoins. Les témoins meurent; les vaccinés sont malades, mais guérissent.

Un sang charbonneux, préparé de la même façon, est injecté à sept moutons à des doses variant de &"" à iOi"". Ces animaux sont ensuite inoculés avec le virus fort en même temps que deux témoins. Les deux témoins meurent; deux des vaccinés succombent également; les cinq autres sont malades, mais guérissent.

Cette immunité est de courte durée, moins persistante que celle que confère le virus atténué. Elle est complète le quatorzième jour; elle est moindre le dix-septième jour; au vingt-quatrième jour, elle ne s'observe plus (|ue chez un mouton sur trois.

Page 1