‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 89 sur 151 · KECHERCIIE DES ÉQUIVALENTS TOXIQUES · texte numérisé non relu

KECHERCIIE DES ÉQUIVALENTS TOXIQUES

Un autre inconvénient qui entrave l'expérimentation des substances toxiques par la voie digestive, est la faculté avec laquelle le tube digestif expulse une partie de ce qu'on y introduit. Le chien vomit très aisément et les matières fécales chez tout animal entraînent une partie de la substance en expérience.

On a donc dû renoncer à la voie digestive et presque tous les expérimentateurs ont procédé à la recherche de la toxicité par la voie sous-cutanée. Celle-ci vaut certes mieux. D'abord avec elle rien n'est expulsé; tout ce qui quitte le tissu cellulaire est absorbé et passe dans le sang, mais l'absorption s'opère lentement et d'une façon variable suivant le point du corps où l'injection a été faite, la nature du médicament et le degré de concentration de la solution. L'absorption est quelquefois insignifiante par suite de la précipitation qui se fait dans les tissus. Depuis 1865 nous savons que le sulfate de quinine en solution acidifiée injectée sous la peau, dans des tissus qui présentent la réaction alcaline, est précipité à l'état neutre et se retrouve à l'autopsie à l'état de cristaux, comme cela a été constaté alors chez les cholériques.

J'ai fait des injections sous-cutanées de naphtol j dissous dans l'alcool; au contact de l'eau des tissus le naphtol se précipite. Ayant ainsi injecté 1-^ d'une solution alcoolique saturée de naphtol sous la peau, j'ai retrouvé encore, au bout de

6 jours, une partie du naphtol précipité sous forme de masse plâtreuse; l'absorption n'est guère complète qu'au bout de

7 jours et plus.

Avec la naphtaline on arrive à remplir par injection le tissu cellidaire sous-cutané, et, quand on incise les foyers d'injection, on voit quelque chose qui ressemble aux concrétions uratiques autour des jointures des vieux goutteux; l'animal a l'air d'être pris dans une carapace solide qui persiste pendant des semaines ; on ne voit pas dans ces conditions survenir la cataracte que j'ai fait connaître avec M. Charrin, et cependant, si l'animal absorbe seulement 1 gramme par jour de naphtaline, on voit bientôt apparaître la cataracte. L'absorption de cette substance est

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