DIFFICULTÉS DE L'ANTISEPSIE GÉNITALE
fermentation; les acides gras qui s'y développent irritent les tissus et provoquent une balano-posthite.
Les lavages quotidiens de cette région, inutiles au musulman qui les pratique avec soin, sont souvent oubliés par le chrétien auquel ils sont indispensables.
L'atrésie du prépuce peut être chez l'enfant une cause de dysurie, et d'accidents nerveux même épileptiformes ; elle produit très souvent une balano-posthite qui peut amener des adhérences entre la muqueuse du prépuce et le gland. L'antisepsie préviendrait ces accidents, d'une façon indirecte bien entendu; elle ne peut suppléer la dilatation d'un orifice préputial devenu cicatriciel, mais elle prévient ou guérit les inflammations desquamëtives et ulcéreuses qui donnent lieu à des cicatrices. Pour ce genre d'antisepsie on peut se servir d'injections et de lavages avec des solutions de nitrate d'argent, de permanganate de potasse, de sulfate de cuivre; l'acide phénique est douloureux, l'acide salicylique et l'acide borique ont l'inconvénient d'amener de la desquamation. Ici encore on peut employer le naphtol en solution aqueuse (0,20 p. 1000) ou alcoolique (1 à 1,50 p. 100).
Ce que j'ai dit des difficultés qu'il y a à réaliser l'antisepsie des organes génitaux de l'homme est encore mieux applicable à ceux de la femme.
On peut assez facilement faire l'antisepsie des parties extérieures et guérir par exemple rapidement par des soins antiseptiques la vulvite si commune chez les petites filles.
L'antisepsie du vagin est déjà difficile; on l'obtient rarement d'une façon complète. Chez la jeune tille, l'irrigation est difficile; chez la femme, elle est rarement faite convenablement. Il ne faut pas oublier que le canal vaginal est incessamment réinfecté par les organes voisins, par lTirèthre, Par l'utérus, par la vulve et les microbes venus de l'extérieur, enfin par la proximité de l'anus. Ainsi, exposé à tant de contacts infectants, le vagin réclame donc une antisepsie minutieuse.
Avant tout s'impose la nécessitp des injections qui sont rarement suffisantes; on peut employer, pour les faire, l'eau
oxygénée, le permanganate de potasse (à 5 p. 1000), le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, le borate de soude, l'acide borique, le bichlorure et le biiodure de mercure, l'acide phénique, le thymol, etc., etc. Le naphtol trouve ici encore sa place; l'eau naphtolée (0,20 à 0,40 p. 1000) devrait prendre place dans l'hygiène féminine.
Mais les résultats des injections sont souvent précaires et, quand on vise l'antisepsie non seulement hygiénique, mais curative, ou pré-opératoire, il est indispensable d'isoler les surfaces opposées par des tampons, pour la confection desquels on emploie des substances absorbantes, le coton hydrophile, que l'on recouvre de matières antiseptiques pulvérulentes, comme Tiodoforme, le salol. L'antisepsie de la cavité utérine est encore plus difficile. D'abord cette cavité est peu abordable. Un chirurgien seul peut la laver, la femme ne le peut faire elle-même; c'est en tout cas une véritable opération et il ne serait pas bon d'apprendre aux femmes à s'introduire des instruments dans l'utérus.
Avant de songer à désinfecter la cavité utérine, il faudrait se préoccuper de ne jamais l'infecter, ce que l'on fait trop souvent en pratiquant le cathétérisme de l'utérus. Quand on aborde cet organe, on devrait s'assurer que les mains et les instruments sont rigoureusement aseptiques et que- le vagin a été désinfecté. Les cas sont plus nombreux qu'on ne croit dans lesquels un simple toucher vaginal a été suivi d'abord d'une métrite, puis d'une métro-péritonite mortelle. Et ce n'est pas en pareil cas le traumatisme, la maladresse brutale avec laquelle le toucher a été pratiqué qu'il faut incriminer, mais bien l'infection. C'est le doigt du médecin, c'est son ongle qni ont conduit les germes infectieux dans la cavité utérine pour y déterminer une métrite interne à laquelle ont succédé une métrite parenchymateuse et une péritonite, par suite du cheminement des agents pathogènes dans les voies lymphatiques ou sur les surfaces muqueuses jusqu'à l'extrémité des trompes.
Quand on prend les précautions antiseptiquesjiécessaires, on peut faire de l'utérus tout ce qu'on veut; aucun organe n'est