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TRAITEMENT ANTISEPTIQUE DE L'OZÈNE

Ces lavages, même faits avec force, ne réalisent pas une antisepsie absolue. M. Gayet a démontré que sur une conjonctive ainsi lavée le fil de platine stérilisé recueille des micro-organismes qu'on peut cultiver. Quand on opère dans la profondeur de l'œil, on fait l'antisepsie par provision; M. Panas y injecte le biiodure pour empêcher le développement des microbes que Facte opératoire aurait pu y introduire. M. Abadie, qui a l'un des premiers employé l'antisepsie dans les opérations qui se pratiquent sur l'œil, a donné des statistiques qui témoignent de l'utilité de cette réforme. /

Antisepsie des fosses nasales.

Plus encore que l'œil, les fosses nasales sont exposées à une contamination incessante par les microbes. En traversant leurs anfractuosités, l'air s'y dépouille de ses impuretés, il y dépose surtout des saprophytes, parfois des microbes pathogènes. L'existence de ces germes impose la nécessité d'une antisepsie préventive et préalable, quand une opération doit être faite dans les cavités nasales.

Il ne manque pas d'ailleurs de maladies infectieuses siégeant au pourtour des narines et dans les fosses nasales, éruptions pustuleuses et ulcéreuses, lésions tuberculeuses, syphilitiques, morveuses, rhinosclérome.

L'ozène, quelle que soit sa cause primordiale, doit sa fétidité à l'existence des saprophytes vivant sur la muqueuse épaissie, sur les ulcérations, sur les os dénudés; l'odeur qu'exhalent les malades les bannit en quelque sorte de la communion de leurs concitoyens et leur crée une situation véritablement misérable. Cette odeur, l'antisepsie la fait disparaître. De tout temps pour la combattre on avait eu recours, non pas à des substances odorantes, mais à des substances antiseptiques; on emploie surtout le calomel, le sublimé, l'acide borique, le chloral, le naphtol récemment introduit par M. Ruault dans la thérapeutique des fosses nasales, à la dose de 0,1 p. 1000.

Mais il est indispensable que le lavage soit fait complète-

ment, à grande irrigation continue par les deux fosses nasales ; le liquide injecté par lune reflue par l'autre, grâce à l'élévation réflexe du voile du palais qui lui ferme l'accès du pharynx buccal. L'eau additionnée d'acide borique est infiniment mieux tolérée par la muqueuse nasale que l'eau pure; on peut associer divers antiseptiques, rien ne s'oppose à ce qu'on y ajoute du naphtol sans alcool. La pituitaire supporte infiniment mieux les solutions saturées d'acide borique que l'eau pure ou l'eau distillée, ou les hydrolats, ou les eaux minérales réputées les plus onctueuses.

Antisepsie de la bouche et du pharynx.

Outre les microbes qui y pénètrent avec l'air, la bouche en reçoit d'innombrables avec les aliments. Il y a des aliments que nous préférons précisément à cause des microbes qu'ils contiennent; les viandes froides sont déjà remplies d'agents bactériens avant de dégager la moindre odeur; les fromages, toutes les substances alimentaires qui ont subi des fermentations, sont pleines de microbes. La desquamation incessante de l'épithélium buccal accumule autour des dents une masse de matière morte, proie prédestinée aux microbes.

Aussi a-t-on déjà décrit un grand nombre d'espèces. Rasmussen en connaissait 11, Vignal en a décrit 20. Toutes ces espèces font bon ménage, chacune a ses lieux d'élection : dans les interstices des dents, au niveau de la sertissure des gencives, jusque dans les canalicules de la dentine, et dans les glandes. On trouve des microbes dans la sécrétion la plus pure du canal de Sténon, comme dans d'autres glandes annexées au tube digestif, le pancréas par exemple. Ces microbes contenus dans les glandes, sans doute les antiseptiques ne les atteindront jamais. Quand nous disons que nous avons réalisé l'antisepsie du tube digestif, nous devons faire toutes réserves pour les microbes qui sont dans les glandes, grosses ou petites.

Parmi les microbes de la bouche, il y en a qui sont nos

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