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MALADIES DE LA PLÈVRE

de faire promptement l'antisepsie locale, car l'intervention est alors légitime et nécessaire. On peut au moins pratiquer une ponction capillaire et injecter l'iodoforme par le procédé que j'ai indiqué. Peut-être un jour emploierai-je le naphtol, que je n'ai encore injecté jusqu'ici que dans les articulations des animaux.

De bonne heure on a fait des tentatives d'antisepsie dans les maladies de la plèvre. La ponction, qui a pour but d'évacuer le contenu infectieux, a été le commencement de l'antisepsie. Puis on a fait suivre la ponction de l'injection de substances antiseptiques. Boinet, en 18Zi6, a pratiqué le* premier l'injection iodée dans la plèvre suppurée, et l'engoûment a été jusqu'à faire ces injections même dans les cavités séreuses de l'encéphale.

Aujourd'hui on est d'accord pour traiter la pleurésie purulente par la thoracotomie simple ou complétée par une résection costale; on fait ensuite des lavages antiseptiques abondants et chaque, pansement ultérieur est fait avec les précautions antiseptiques les plus minutieuses.

M. Debove a même proposé de recourir à la thoracotomie dans des pleurésies non purulentes et d'imiter la conduite des chirurgiens qui traitent toutes les hydrocèles par l'incision large de la tunique vaginale. Je ne crois pas que cette méthode doive être généralisée ainsi.

Quant à moi, j'ai essayé de faire dans la plèvre enflammée et contenant un épanchement, quelle qu'en soit la nature, des injections antiseptiques à petites doses, sans évacuer le contenu. J'ai obtenu des résultats qui, jusqu'ici, ne sont pas de nature à me décourager. J'ai employé le naphtol dans deux cas de pleurésie purulente, les résultats ont été assez avantageux pour me dispenser de pratiquer l'empyème.

Deux fois par jour j'ai injecté de 2CC à 4CC, représentant 0sP,10 à 0§r,20 de naphtol. Voici la formule de la solution que j'ai employée :

Naphtol p 3 grammes.

Alcool à 90° 33 —

Eau Q. S. pour compléter 100™.

Dès que la solution injectée arrive dans la plèvre, le naphlol se précipite, mais une partie se redissout dans le liquide de répanchement et concourt à stériliser le contenu de la plèvre et à modifier l'état septique de la séreuse.

Je suis encore au début de ces essais et j'arriverai probablement à injecter des quantités moins minimes; c'est ainsi que j'ai commencé mes tentatives d'administration du naphtol à l'homme par la voie gastrique : je donnais des doses de 5 centigrammes, que je savais devoir être inefficaces, mais dont l'innocuité était certaine. Je suis arrivé à faire ingérer 6 grammes sans inconvénient et n'ai pas été plus loin parce que cette dose était déjà plus que suffisante pour l'objet que je me proposais. De même pour la plèvre, l'exiguïté des doses de mes premières injections ne préjuge nullement les quantités auxquelles j'arriverai.

Les expériences d'injections de naphtol dans la plèvre faites jusqu'ici sur l'animal n'étaient pas encourageantes. Tous mes élèves qui les ont pratiquées chez le lapin, y ont renoncé successivement parce que, de temps à autre, un animal mourait subitement. 11 est difficile d'injecter quelque chose dans la plèvre saine d'un animal; dans plusieurs cas, la mort s'expliquait parce que l'injection de naphtol avait pénétré dans le poumon, mais, dans d'autres, l'injection avait été, m'a-t-on dit, très exactement faite dans la séreuse, et la mort s'explique peut-être alors par un réflexe parti de la plèvre saine.

Quoi qu'il en soit, dans une plèvre malade, et au sein du liquide qui s'y trouve épanché, on peut faire, sans inconvénient et sans scrupule, les injections de naphtol comme je vous l'ai dit.

Dans un des cas où j'ai fait ces injections, la ponction avait donné issue à un liquide opalescent; dans le second, il y avait un pyo-pneumothorax et on a retiré d'abord h litres de pus. Dans les deux cas le liquide s'est reformé; mais chez le premier malade, depuis plus de six semaines que les injections de naphtol sont faites, la température n'atteint jamais 38°; et chez le second, qui était mourant lors des premières injections, la

l'air se dépouille des germes dans le poumon 301

fièvre est tombée et le liquide reformé se résorbe graduellement l.

Autrefois Reybard, quand il prescrivait de garnir de baudruche l'extrémité de la canule, voulait éviter l'entrée dans la plèvre de l'air qui devait amener la purulence; c'était déjà une application des idées d'antisepsie.

Plus tard, quand Lister eut démontré par la clinique que la conséquence d'un pneumothorax est toute différente suivant que la cavité pleurale communique avec l'air extérieur par un orifice cutané ou par une déchirure du poumon; quand il fit cette remarque que la plaie de poitrine aboutit à la pleurésie purulente, tandis que la fracture de côte qui pique le poumon, sans qu'il y ait solution de continuité du tégument, ne donne qu'un pneumothorax qui ne se complique pas de pleurésie, on devina que l'air extérieur se dépouille dans les bronches des agents infectieux qu'il y entraîne et que, des alvéoles, il passe purifié dans la plèvre, où il ne provoque aucune fermentation.

Quand Tyndall a montré que l'air qui sort du poumon, l'air expiré est optiquement \>x\v ; quand il a soufflé dans une chambre obscure sur la traînée lumineuse d'un rayon de soleil et fait ainsi une coupure sombre sur la raie lumineuse au point où elle était traversée par l'air venu de ses poumons, il a, par cette expérience, fourni la même démonstration : l'air s'est dépouillé dans les poumons de toute particule solide capable de s'éclairer.

M. Straus a fait encore la même preuve par une autre expérience; il fait barboter l'air expiré dans un liquide de culture stérilisé; ce liquide reste stérile.

Dans la plèvre saine ou malade, il ne faut pas que l'air impur pénètre; il est indifférent que l'air purifié s'y introduise.

Ces notions ont trouvé leur application, et tout dernièrement M. Potain nous a enseigné quel parti on peut tirer, dans le traitement de l'hydropneumothorax, de l'injection d'air

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