PREMIÈRE LEÇON
Les doctrines microbiennes et la thérapeutique des maladies infectieuses.
Définition de la maladie. — Rôle de la réaction de l'organisme dans l'évolution des maladies. Réactions locales et générales. Réaction salutaire tendant à la guérison. Insuffisance de l'effort curateur aboutissant à la mort. La chronicité dans les maladies est produite par la permanence des causes morbifiques : lésion organique reliquat d'une maladie ancienne; trouble permanent de la nutrition; persistance dans l'organisme d'agents pathogènes animés.
Triomphe de la conception microbienne dans la pathogénie des maladies infectieuses. — Progrès réalisés en thérapeutique sous l'influence de cette doctrine.
Succès remarquables obtenus par le traitement local des maladies infectieuses chroniques. — Évolution de la thérapeutique dans le sens chirurgical. Nécessité pour le médecin d'acquérir l'habileté manuelle et de se familiariser avec la pratique de l'antisepsie locale.
L'antisepsie générale pourra-t-elle obtenir des succès équivalents à ceux de l'antisepsie locale? — Objections principales faites à l'antisepsie générale. Réponse à ces objections. — La médecine a été éclairée, mais non simplifiée par les doctrines microbiennes. — La thérapeutique antiseptique jugée par l'étude de la thérapeutique des maladies infectieuses I
DEUXIÈME LEÇON Puissance de l'homme sur les microbes.
L'homme maitre des microbes. — Rôle en général utile des microbes dans la nature. Ils rendent possible l'organisation de la matière minérale par les végétaux. Ils complètent la destruction de la matière organisée pour en rendre les éléments au monde minéral. Les microbes asservis par l'homme pour son alimentation et son industrie.
Microbes pathogènes. — L'homme a su les asservir aussi. Atténuation des maladies infectieuses par suite des progrès de la civilisation. Exemples tirés de la pathologie historique : la peste noire, la lèpre, la syphilis. — L'anarchie et la barbarie favorables à la pullulation des microbes. Le poison paludéen chassé par le défrichement du sol. Deltas incultes et deltas
BOUCHARD. Maladies infectieuses. 23
TABLE DES MATIÈRES
cultivés. L'homme peut agir sur les microbes en changeant les milieux où ils vivent.
L'homme peut, sans toucher à la vitalité des microbes, diminuer leur nombre, changer leurs formes, pervertir leurs fonctions, faire varier leur virulence.
La gravité des maladies infectieuses est proportionnelle au nombre des microbes pathogènes introduits dans l'organisme. Expériences de M. Chauveau et de M. Watson-Cheyne 14
TROISIÈME LEÇON Le nombre des microbes et la gravité des maladies.
Exemples tirés de la maladie pyocyanique. Importance de cette maladie expérimentale nouvelle, véritable maladie d'étude, constituée de toutes pièces par M. Charrin.
Le pus bleu chez l'homme. — Le bacillus pyocyaneus découvert par M. Gessard. La pyocyanine isolée par Fordos.
Travaux de M. Charrin. Caractères généraux de la maladie pyocyanique chez le lapin. Rôle de l'infection et de l'intoxication dans cette maladie. Différences des résultats obtenus suivant qu'on introduit le bacille pyocyanique sous la peau ou dans les veines; différences des résultats suivant les doses de culture inoculées.
Mes expériences pour déterminer l'influence du nombre des bacilles pyccyaniques inoculés ou de la quantité de pyocyanine injectée sur la durée de la maladie, — sur l'intensité des symptômes : fièvre, albuminurie. Importance de la voie d'introduction des microbes. Injections sous-cutanées et injections intra-veineuses. Infection locale et infection générale 25