HUITIÈME LEÇON
(21 avril 1888.)
Résumé de la question des intoxications et des infections putrides. — Le type le plus fréquent d'auto-intoxication est la résorption des produits putrides contenus dans l'intestin : dans l'empoisonnement par les viandes gâtées, dans l'indigestion, il y a une part à faire à l'infection et une à l'intoxication par les poisons sécrétés par les microbes.
Les microbes pathogènes des maladies virulentes sécrètent-ils aussi des poisons solubles? — Travaux sur la question : Tiegel et Zahn, Toussaint, Chauveau, Pasteur. — Mes recherches sur la transmission au lapin des symptômes du choléra par injection intra-veineuse d'urines de cholériques. — Typhotoxine de Brieger. — Démonstration par Gharrin de la part qui revient à l'intoxication dans les accidents causés par l'injection de culture pyocyanique.
Puisque nous pouvons faire varier la virulence des microbes, j'ai pensé qu'il y avait intérêt à savoir en quoi consiste cette virulence. Si elle est la résultante de propriétés complexes, il était indispensable d'étudier, ainsi que nous l'avons fait avec une arrière-pensée utilitaire, quelles sont, parmi les fonctions qui rendent les microbes nuisibles, celles que nous pouvons influencer.
J'ai admis d'abord que les microbes pathogènes peuvent nuire à notre organisme par une action mécanique, traumatique, exercée sur les cellules dans l'intimité des tissus; contre cette action, malheureusement, notre thérapeutique ne peut intervenir.
J'ai admis aussi qu'une concurrence vitale entre les microbes et les cellules de notre économie était réelle, et qu'il était possible, quoique non démontré, que cette concurrence fût défa-