‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 34 sur 180 · RÉACTION DE L'ORGANISME · texte numérisé non relu

RÉACTION DE L'ORGANISME

il faut encore tenir compte d'un autre facteur. Impressionnée par les produits des microbes, la cellule réagit, la vie s'éveille et se défend. La réaction commence, la nutrition s'active, la lésion anatomique s'effectue. Ce n'est donc pas tout de reconnaître la cause de la lésion, le microbe, d'avoir pénétré le mode d'action de ce microbe, il faut encore être instruit du mode de réaction de la cellule animale.

Je puis placer sous vos yeux la preuve anatomique de ce que j'avance. Les pièces que je vous présente sont fournies par un lapin auquel M. Charrin a inoculé par voie intra-veineuse le bacille pyocyanique après vaccination préalable. La maladie s'est développée lentement et après trois mois sont arrivées les paralysies, puis l'albuminurie persistante, et vous pouvez constater une altération manifeste des reins, à la fois scléreuse et amyloïde, en même temps qu'une hypertrophie du ventricule gauche du cœur, semblable à celle que nous connaissons dans la néphrite interstitielle de l'homme. Des cultures ont été tentées avec la plupart des organes; la pyocyanine n'a fait son apparition dans aucune. À diverses époques, longtemps avant la mort, mais quinze jours au moins après l'inoculation, on a recherché -également par la culture s'il y avait encore des microbes dans l'urine, dans les matières intestinales; toujours le résultat a été négatif. Ainsi, chez cet animal, l'état infectieux a disparu depuis longtemps, mais les lésions persistent et s'accentuent. Le microbe a éveillé la réaction des cellules et le travail vital commencé a continué pour son compte.

Des exemples analogues empruntés à la pathologie humaine se pressent en foule à l'esprit. Combien de maladies du cœur, «des gros vaisseaux, des centres nerveux, des reins qui reconnaissent pour cause une pneumonie, une scarlatine, une variole, une diphthérie, une fièvre typhoïde, qui semblent sommeiller pendant longtemps, mais qui marchent graduellement et aboutissent au bout de vingt ou trente ans aux accidents les plus graves.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que nous connaissons le travail réactionnel par lequel la maladie persiste parfois, après s'être

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