PROPRIÉTÉS VACCINANTES DES URINES INFECTIEUSES
assez de matière vaccinante pour conférer une immunité complète. Nous pouvons maintenant conclure :
Si la propriété vaccinante et la puissance toxique appartiennent à la fois à une même matière, la propriété vaccinante de cette matière est incomparablement plus énergique que son activité toxique, à tel point que le onzième d'une dose qui n'est nullement toxique est encore complètement vaccinant, auquel cas on ne peut pas dire que cette matière est vaccinante parce qu'elle est toxique.
Si au contraire, ce qui me semble plus probable, deux matières différentes sont sécrétées par le microbe, l'organisme de l'animal infecté élimine plus facilement, ou plus vite, ou plus abondamment, la matière vaccinante que la matière toxique.
Ai-je besoin de dire que je me suis assuré que l'urine normale, injectée dans les mêmes conditions, ne vaccine pas cet animal contre le microbe pyocyanique? Dans un grand nombre d'expériences, nous avions utilisé, M. Charrin ou moi, pour l'inoculation pyocyanique des animaux qui, dans des expériences antérieures, avaient reçu des quantités considérables d'urines de l'homme sain ou malade : ces animaux mouraient comme les autres. Chez trois lapins j'ai inoculé la culture de bacille pyocyanique par les veines à la dose de 0CC,3 et 0cc,/i, deux et trois jours après leur avoir injecté sous la peau de *20cc à 30cc d'urine de lapin bien portant. Les animaux inoculés ont succombé au bout de 36 à kS heures. Un témoin qui n'avait pas reçu d'injection d'urine et auquel on avait inoculé 0cc,k de culture de bacille pyocyanique est mort dans les 48 heures.
Ce que j'ai fait pour la maladie pyocyanique, je l'ai fait pour d'autres maladies, mais avec des résultats différents.
J'ai tenté de faire la vaccination contre le charbon avec les urines des animaux charbonneux, j'ai toujours échoué. Une seule fois, un lapin qui avait reçu graduellement 200Cc d'urine de lapin charbonneux, a été inoculé avec le virus fort et a survécu.
Mais, réinoculé au bout dé 15 jours, il est mort avec des bactéridies dans le sang. Peut-être l'immunité est-elle de courte durée et ne peut-elle être obtenue que par de fortes doses.
J'ajoute qu'il serait désirable que ces essais fussent repris chez le mouton auquel on donne l'immunité plus facilement qu'au lapin.
J'ai fait la même expérience pour la rage ; mais l'animal que j'avais tenté de vacciner avec les urines rabiques a été inoculé avec le bulbe de ce lapin mort déjà depuis plusieurs heures et a succombé à la septicémie le lendemain de l'inoculation comme ceux dont je vous ai déjà parlé.
J'ai entrepris aussi de chercher si les urines de la septicémie du lapin conféraient l'immunité; mais je n'ai pas réussi à dépouiller l'urine des organismes pathogènes qui s'y trouvaient. Mes meilleurs filtres laissent passer le microbe de la septicémie du lapin.
La recherche des matières vaccinantes dans les urines des animaux atteints du choléra des poules ne m'a donné que des résultats négatifs. Un lapin reçoit chaque jour, pendant trois jours, 20cc d'urine filtrée au filtre de porcelaine et fournie par neuf lapins inoculés de douze en douze heures avec le sang de lapins morts après injection sous-cutanée d'une culture virulente de choléra des poules. Trente-quatre heures après la dernière injection d'urine, ce lapin est inoculé, en même temps qu'un témoin, avec une goutte de sang de la rate d'un lapin mort depuis une demi-heure d'un choléra des poules très violent dont la durée, incubation comprise, a été seulement de 9 heures et demie. Le lendemain matin les deux animaux, témoin et vacciné, sont trouvés morts. On trouve chez les deux les lésions du choléra des poules et on constate chez les deux la présence du bacille dans la rate, dans le foie, dans le rein, dans l'urine et dans le sang du cœur.
Enfin, après ces échecs successifs, j'ai obtenu un résultat positif dans une maladie qui offre plus d'intérêt pour nous, dans la fièvre typhoïde.
Trois souris blanches reçoivent en sept jours, par six injections sous-cutanées, les deux premières 4CC,1, la dernière 3CC,5, d'urine filtrée fournie par un malade atteint de fièvre typhoïde. Vingt-quatre heures après la dernière injection, chacune de