VACCINATION ET IMPRÉGNATION
maladie dans un organe sans importance physiologique (c'est le cas pour la péripneumonie épizootique). Pour ces deux maladies inoculées, la bénignité est obtenue grâce au soin qu'on a pris de circonscrire le développement du virus. Si la dissémination avait pu se faire d'emblée dans toute l'économie, si le contage avait été injecté dans les veines, on aurait eu dans un cas la pneumonie avec toute sa gravité au lieu d'un phlegmon gangreneux facile à guérir; ou bien on aurait eu une variole générale d'emblée, plus grave que la variole naturelle, de même que la variole fœtale ou la syphilis congénitale sont plus graves que les mêmes maladies développées chez l'adulte dans les conditions habituelles de la contagion. Pour certains virus, tout C3 qui facilite leur diffusion rapide augmente la gravité de la maladie, tout ce qui la circonscrit assure la bénignité du mal sans amoindrir l'immunité qu'il confère.
On dit alors que pendant cette maladie locale il y a eu imprégnation de l'économie. On ne croyait pas si bien dire; mais cette métaphore a été une divination. Il y a dans ce mot une théorie qui restait vague et incertaine dans l'esprit de ceux qui Font ainsi exprimée et qui est cependant vraie à la lettre. Ce n'est pas la maladie locale qui vaccine, c'est bien l'imprégnation de toute l'économie.
Quand M. Pasteur inocule le virus atténué du choléra des poules, il fait à la place de la maladie générale qui tue, une maladie locale qui ne tue pas; et l'animal est vacciné. On ne peut pas affirmer que l'immunité est due à ce que la maladie a été locale. Quand M. Gharrin inocule au cobaye la culture de bacille pyocyanique non atténué, il provoque une lésion locale; il nous dira quelque jour si à la suite de cette lésion l'animal est vacciné. Mais, quand il inocule le même virus à un lapin sous la peau, il ne produit pas de lésion locale et cependant l'animal est vacciné. Ce n'est donc pas par la lésion locale nécessairement que certains virus confèrent l'immunité. Cette immunité qui dépend forcément d'une action générale, on a pu l'interpréter en disant, comme je vous l'ai fait remarquer il y a quelque temps, que l'inoculation sous-cutanée