‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 75 sur 180 · VACCINATION PAR VIRUS ATTÉNUÉS · texte numérisé non relu

VACCINATION PAR VIRUS ATTÉNUÉS

D'autres fois on s'est servi de l'oxygène pour atténuer les virus. Ainsi la bactéridie charbonneuse perd une partie de sa virulence quand M. Chauveau la soumet à l'action de l'oxygène sous une pression de 8 atmosphères.

La lumière, même en dehors de la chaleur et de l'oxygène, a permis à M. Arloing de réaliser cette atténuation.

Pour certains microbes, on obtient le même effet par la dessiccation.

L'action un peu prolongée des antiseptiques agit de même.

Le passage d'un virus de certaines espèces animales à certaines autres exalte quelquefois sa virulence, mais peut aussi l'atténuer.

C'est par les uns ou les autres de ces procédés qu'on a créé les vaccins du choléra des poules, du charbon, du rouget des porcs, du charbon symptomatique , de la pneumo-entérite du porc. Pour conférer l'immunité par ces vaccins, il faut souvent faire des inoculations répétées, injecter de fortes doses, ou employer des virus de force graduellement croissante. Souvent on est obligé d'employer de fortes doses de ces virus atténués.

L'effet de ces vaccinations par les microbes dont on a amoindri la virulence, c'est d'abord de produire une maladie, maladie peu intense et qui n'est pas mortelle, mais en somme maladie avec les chances plus ou moins défavorables que peuvent avoir dans un avenir très rapproché ou très éloigné la plupart des maladies virulentes. Quand il s'agit des bœufs et des moutons auxquels on ne cherche pas à assurer une longue survie, qu'on veut empêcher de mourir de maladie, mais qu'on se propose de tuer à échéance peu lointaine, ces complications tardives possibles sont indifférentes. Il n'en serait pas de même pour l'homme auquel on n'a pas encore appliqué d'ailleurs cette prophylaxie par les virus atténués. Je puis vous faire connaître deux expériences qui donneraient à réfléchir si ce genre de vaccination venait à être proposé pour l'homme.

Le 12 avril 1888, un lapin reçoit dans les veines 8CC de premier vaccin charbonneux; le 23 mai, on fait une nouvelle injection intra-veineuse de 10cc de premier vaccin; enfin le

l'avenir est aux vaccins solubles 165

h mai, nous injectons 12cc de deuxième vaccin. Aujourd'hui 15 mai, 11 jours après cette dernière vaccination, vous pouvez voir quelle albuminurie intense présente cet animal.

Le 17 mars 1888, chez un autre lapin, nous injectons 15ce de premier vaccin charbonneux sous la peau et 15cc du même vaccin dans les veines; le 31 mars, l'animal reçoit icc de deuxième vaccin dans les veines et 8CC de ce même vaccin sous la peau. Deux jours après cette dernière vaccination, le

2 avril, l'animal est paraplégique. On l'inocule sous la peau le

3 avril avec le virus fort, il meurt le 11 avril. Cette mort, 8 jours pleins après l'inoculation, n'est pas attribuable au charbon, l'examen microscopique l'a d'ailleurs démontré. L'animal était bien vacciné, mais il avait été rendu malade par les inoculations, et la paraplégie, qui a précédé la mort de 9 jours, a été le premier symptôme apparent de cette maladie.

Il ne me reste plus qu'à vous signaler la vaccination par les vaccins solubles, non vivants.

J'ai traité avec assez de développements cette question dans les leçons précédentes pour pouvoir me dispenser d'y revenir aujourd'hui.

Vous savez qu'on a pu, avec les matières vaccinantes solubles sécrétées parles microbes, conférer l'immunité pour la maladie pyocyanique, pour la gangrène gazeuse, pour la fièvre typhoïde, peut-être pour le choléra des porcs. C'est peu assurément; mais vous n'ignorez pas que, suivant toute vraisemblance, c'est par les vaccins solubles qu'agissent les autres méthodes qui vaccinent, soit par les virus forts, soit par les virus atténués. C'est dans cette méthode que j'entrevois l'avenir de la prophylaxie, mais surtout l'avenir de la thérapeutique des maladies virulentes.

Je me résume. On vaccine en inoculant une maladie autre que celle contre laquelle on veut prémunir; on vaccine aussi avec le virus de la maladie qu'on veut combattre; on peut inoculer le virus non atténué, mais alors on l'oblige à donner une maladie légère en changeant, par un artifice, sa voie habituelle d'introduction; on emploie plus souvent un virus atténué; un emploie enfin les vaccins chimiques, non vivants, non virulents.

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