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ANTISEPSIE DES RÉSERVOIRS

toire des arrosoirs d'eau aseptique ou antiseptique; il opère en quelque sorte sous la douche. Les chirurgiens, je crois, considèrent cet arrosage des plaies au moment des opérations comme défavorable à la rapidité de la guérison, l'imbibition des tissus par l'eau ayant pour résultat de diminuer leur vitalité.

D'ailleurs l'air ne semble pas si redoutable qu'on l'a cru autrefois, et aujourd'hui on obtient, paraît-il, d'aussi bons résultats en supprimant le spray de Lister ou l'arrosage de Volkmann, en supprimant même le lavage de la plaie.

L'emploi des pansements rares, et même du pansement unique laissé à demeure jusqu'à la cicatrisation, l'occlusion par ditférents procédés, couches d'ouate de Guérin, de gaze, sont des applications logiques de la méthode antiseptique et ont réalisé des progrès incontestables.

Je dirai maintenant quelques mots de l'antisepsie particulière des réservoirs ou des conduits qui peuvent déverser leurs sécrétions sur les plaies voisines, du vagin, du rectum. Les microbes fourmillent dans les liquides ou les matières qui s'écoulent périodiquement de ces cavités, et sont une menace constante de complications infectieuses pour les solutions de continuité accidentelles ou opératoires du voisinage. Le chirurgien doit donc s'attacher à pratiquer dans ces régions une désinfection minutieuse; mais il y rencontre des difficultés très grandes. Dans les opérations pratiquées sur l'intestin, dans l'extirpation du cancer du rectum par exemple, on a imaginé de provoquer chez le malade une constipation temporaire; mais celle-ci a l'inconvénient d'exercer des tiraillements défavorables à la cicatrisation de la plaie au moment de l'expulsion des bols fécaux durcis. On a pensé, en empêchant ainsi le contact des matières avec la partie opérée, la préserver des microbes contenus dans ces matières. Mais les matières seront en vain retenues, les microbes qui habitent toujours l'intestin continueront à aller infecter la plaie. Ce qu'il faut, c'est obtenir l'état aseptique de l'intestin. Quelques chirurgiens, frappés des résultats obtenus par l'antisepsie intestinale telle que nous la réalisons par la voie gastrique, ont paru disposés dans ces derniers temps à

soumettre à cette antisepsie les malades sur lesquels ils doivent pratiquer l'extirpation du cancer rectal. Ils se font, je le crains, complètement illusion; il y aura toujours dans la dernière partie de l'intestin assez de microbes échappés à l'action de l'antiseptique ingéré pour infecter la plaie opératoire. Un autre procédé a été récemment proposé par M. L. Tripier, c'est la colotomie préalable qui répond parfaitement aux besoins de l'opération. Cette opération, qui consiste à aller pratiquer dans la région iliaque une ouverture à l'S iliaque ou au côlon descendant, est peu grave dans les conditions d'antisepsie actuelle. Par l'ouverture ainsi faite les matières fécales s'écoulent incessamment sans aller souiller le rectum, dans lequel on peut réaliser alors aussi facilement l'asepsie que dans toute autre région. Cette opération préliminaire ou ce premier temps de l'opération terminé, l'extirpation de la tumeur est faite. Quand la cicatrisation a été obtenue, on rétablit le cours des matières en oblitérant la fistule qu'on avait faite au côlon.

Si l'antisepsie intestinale est impérieusement indiquée , quoique insuffisante, pour les opérations qui se pratiquent sur l'intestin, elle est aussi indiquée pour les traumatismes qui s'accomplissent en dehors, mais à proximité de l'intestin, et pour certaines affections à tendances suppuratives qui peuvent avoir leur siège loin du tube digestif.

J'ai dit souvent qu'il y avait lieu de faire l'antisepsie intestinale chez les femmes qui vont accoucher, chez les gens auxquels on va pratiquer une opération sur l'abdomen, parce que la minceur des parois de l'intestin permet peut-être aux agents infectieux qui y sont contenus de gagner le péritoine et d'y faire naître une complication septique; dans la sérosité d'un sac herniaire, on trouve des microbes sans qu'il y ait eu ni ulcération, ni gangrène de l'anse herniée. Or nous pouvons, si nous le voulons, supprimer presque complètement dans l'intestin les microbes et leurs produits. Quand nous aurons à parler de la furonculose, vous verrez quel parti on peut tirer de l'antisepsie intestinale pour l'arrêter. C'est un fait désormais établi qu'en supprimant l'intoxication d'origine intestinale, on peut mettre tin

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