‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 15 sur 58 · VÉGÉTATIONS · texte numérisé non relu

VÉGÉTATIONS

Quelque habilement que l'excision ait été faite, bien qu'on ait eu soin de comprendre dans la section une petite partie du tégument sous-jacent, il y a quelquefois récidive. Il faut alors, après l'excision faite à nouveau, cautériser la ou les racines. Mais ici se présente une difficulté. Si vous cautérisez immédiatement, le sang qui coule encore délaiera le caustique. Remettez-vous au lendemain?... un nouvel obstacle va résulter de ce que la petite plaie est alors déjà réunie. Je recommande, en ce cas, au malade excisé de revenir dans deux heures. A ce moment, la plaie ne saigne plus, mais elle est encore ouverte. J'y porte vivement le bout pointu d'une allumette, trempé dans l'acide nitrique — et bien égoutté — ; la douleur est cuisante, mais la garantie est complète.

Lorsque des végétations anciennes, confluentes, stratifiées forment à la vulve, à l'anus, sur le gland, des champignons énormes, qui gênent les fonctions et altèrent la forme des organes, il faut opérer avec le bistouri, après anesthésie ; et souvent ensuite le fer rouge doit intervenir comme moyen hémostatique, ainsi que pour détruire les restes de la masse végétante.

Les végétations non pédiculées sont toujours beaucoup plus difficiles à détruire. On y parvient cependant quelquefois assez aisément lorsqu'elles sont partagées en lobes distincts, en portant l'allumette taillée à plat et imbibée du caustique, dans le fond de chacun des sillons qui séparent ces lobes. On peut substituer à l'acide acétique l'acide nitrique qui est plus actif. Mais si la surface est unie, il faut procéder autrement ; et je ne connais pour ce cas que deux bons moyens.

Voici le premier, le plus simple :

N° 54. — « Deux fois par jour, frotter chaque végétation avec le bout du doigt, ou avec une petite spatule chargée de la poudre suivante :

Poudre de sabine 1 „

„ , , . , aa o fframmes.

» a alun calcine ) °

550 VÉGÉTATIOiSS.

(Pulvérisez séparément chaque substance, et mêlez-les trèsintimement — Formulaire de V Antiquaille) .

« Continuer les frictions plusieurs jours, jusqu'à ce qu'elles aient déterminé de l'irritation à la surface. Les cesser alors ; et les recommencer lorsque l'irritation aura cessé. »

Par une série de ces frictions faites avec persévérance, on peut obtenir la diminution graduelle et finalement la disparition totale des végétations.

Ce procédé, cependant, n'est rien moins qu'infaillible ; et parfois il faut en arriver à la cautérisation réellement destructive de la couche épigénique implantée par une large base sur le tégument. Pour en venir à bout sans trop de dégâts, sans s'exposer à faire porter inutilement la destruction à unelargeur et à une profondeur trop grande, je donne la préférence au caustique dont on peut le mieux mesurer et limiter l'action dans tous les sens, à la pâte de Canquoin. On l'appli-. que comme je l'ai dit ci-dessus (v. p. 101 ), après avoir mis à vif la superficie de la masse végétante, au moyen d'une couche de pâte de Vienne laissée en place pendant 5 ou 4 minutes.

Quoiqu'elles ne siègent jamais à plus de 10 ou 15 millimètres de profondeur, les végétations intra-urétrales nécessitent parfois, pour être excisées complètement, le débridement préalable du méat.

Malgré la multitude des moyens que nous venons de passer en revue, on voit certaines végétations récidiver invinciblement. Je devrais plutôt dire qu'on le voit chez certains individus : car il est des sujets, et chez ces sujets, il est des périodes de leur vie, où les végétations, quelque bien coupées, brûlées, desséchées qu'elles aient été, repuliulent obstinément. Ceci, d'ailleurs, n'a rien de propre aux végétations; cela s'observe de même, et journellement, pour leur parfait analogue anatomique, pour les verrues.

Il faut, en conséquence, qu'on le sache : toute végétation n'est pas exclusivement justiciable des ciseaux et du causti-

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