VÉGÉTATIONS
et restent longtemps méconnues, les clients s'obstinant à n'y voir qu'une simple gerçure de la végétation. — Enfin toute végétation tendant à croître et à se multiplier, plus vous temporisez, plus par conséquent elles deviennent difficiles à traiter, plus même quelquefois elles prennent, comme je l'expliquerai tout à l'heure, droit de cité dans l'organisme.
iVu point de vue du traitement chirurgical — le seul qui serve — il n'y a qu'une distinction à faire entre les végétations, et c'est selon qu'elles sont pédiculées ou sessiles.
Dans le premier cas, si le pédicule est très-grêle (poreaux), étreignez sa base avec un fil de soie ciré : il tombera en deux ou trois jours.
Dans la variété la plus conisrMue (fraises, choux-fleurs), je commence presque toujours par essayer l'effet de la prescription suivante :
N" 55. — « Tremper dans l'acide acétique (8 grammes), le bout d'une allumette taillé en pointe presque piquante ; l'égoutter sur le bord du flacon; puis le porter, en le tenant dans la direction d'un angle de 45°, successivement sur tous les points de la circonférence de la base de chaque végétation. Il faut l'appuyer assez fortement pour que, sans qu'il y ait saignement, la pointe pénètre en partie dans l'épaisseur du tégument.
« Réitérer cette petite opération tous les jours ; jusqu'à ce que la végétation se flétrisse assez pour que, en la poussant du bout du doigt, on puisse la détacher. »
Lorsqu'elles sont très-nombreuses, il serait trop laborieux de traiter les végétations ainsi toutes à la fois. Recommandez alors au malade de commencer par les plus grosses ; il arrive parfois que, celles-ci détruites, les autres tombent spontanément. La mère entraîne toute la famille dans sa ruine.
Ceci a-t-il échoué, ou est-il impraticable.^ On en vient à l'opération radicale, à l'excision ^ Mais si les végétations sont
^ Toute opération sanglante est contre-indiquée chez une femme enceinte :
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humides, rouges, spongieuses; si, par conséquent, on a à prévoir beaucoup de saignement, il convient d'abord de les dessécher; ce qu'on obtient en les encapuchonnant chacune, trois fois par jour, de charpie humectée d'une forte solution d'acétate de plomb. On continue ces pansements pendant les cinq ou six jours qui précèdent l'excision. Faute de cette précaution, le sang masquant les surfaces malades, on risquerait de ne pas couper exactement en entier les pédicules et surtout de laisser intactes plusieurs végétations inaperçues : ce qui nécessiterait une seconde opération. — Avec le dessèchement préalable, j'ai depuis longtemps réalisé, dans cette chirurgie minime, les bienfaits de l'ischémie.
Ainsi préparé, le sujet étant debout, s'il s'agit du gland, assis si c'est la vulve, le chirurgien met successivement à découvert et en saillie chaque végétation, en déployant de la main gauche le tégument qui la supporte. 11 faut ne tendre ce tégument qu'au degré suffisant pour en effacer les plis : trop distendu, sa section donnerait lieu à une perte de substance plus large qu'il n'est nécessaire.
La végétation ainsi mise en relief, on la coupe d'un seul coup de petits ciseaux courbes sur le plat, à lames minces. Si le malade est ferme et docile, le chirurgien expérimenté et doué d'une bonne vue, l'opération peut se terminer en quelques minutes. Ceux qui ont vu Ricord faucher ainsi l'hortolage du clos des Capucins n'oublieront jamais l'instructive leçon de ce spectacle. On arrose de temps en temps la partie d'eau froide. Presque jamais il n'est besoin de ligatures. Pour pansement, mettez un peu de charpie sèche sur laquelle vous appuyez quelques minutes ; si le saignement persiste, faites coucher le malade dans une situation telle que la région opérée soit la plus élevée. Cela suffit pour arrêter l'hémorrhagie.
d'abord l'émotion résidtant de l'acte opératoire pourrait causer un avortement; puis, le plus souvent, on voit les végétations guéi'ir d'elles-mêmes, après Taccouchement.