‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 35 sur 58 · BOUTON D'ALEP · texte numérisé non relu

BOUTON D'ALEP

adhérente, qui se crevasse pour donner issue à la suppuration. Cette nodosité ulcérée est entourée d'une auréole rouge sur laquelle se trouvent implantées d'autres nodosités beaucoup plus petites ; dans ce cas, le bouton d'Alep est femelle ; on le dît mâle, au contraire, s'il est unique.

Au bout d'un certain temps, en général assez long, la petite tumeur commence à s'affaisser, la sécrétion diminue , la croûte se dessèche de plus en plus et finit par tomber en laissant une cicatrice indélébile.

L'évolution du bouton d'Alep dure en général un an ; aussi les Arabes lui ont-ils donné le nom de habah el seneh (ulcère d'un an). Le plus habituellemeut le bouton d'Alep est indolore ; il existe seulement un prurit plus ou moins prononcé autour de l'ulcère.

Le bouton d'Alep peut se développer sur toutes les parties du corps, mais il survient presque toujours à la face et aux membres.

Les indigènes et les étrangers en sont également atteints. En général, l'éruption n'apparaît qu'après un séjour d'une certaine durée, mais, d'autre part, le bouton d'Alep peut survenir alors même qu'on a quitté le pays depuis quelque temps.

Il est encore impossible de préciser, d'une manière exacte, les causes de cette affection. Parmi les auteurs qui l'ont étudiée, les uns l'attribuent presque exclusivement à l'usage des eaux de la rivière Koïq (Guilhou, Thomasini, Yillemin, etc,). Les habitants qui boiraient de l'eau provenant d'autres sources en seraient exempts. Mais, comme le remarque très-judicieusement M. A.Barralier\ il est difficile d'admettre une opinion aussi exclusive, puisqu'on rencontre cette même lésion nonseulement dans d'autres pays que ceux arrosés par le Koïq, mais encore dans^des régions très-éloignées d'Alep, notam-

* Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , tome Y, page 494.

ment à Mossoul, à Bagdad, à Ispahan, dans le Liban, dans l'île de Candie, en Egypte. Faudrait-il donc croire que les eaux potables de ces divers pays présentent une composition analogue ? 11 paraît plus rationnel de supposer que des causes diverses qui nous échappent encore président à l'origine de cette maladie.

Traitement. — Les indigènes se bornent, en général, à de simples lotions adoucissantes et à des soins de propreté. Autant que possible on met l'ulcère à l'abri du contact de l'air, soit à l'aide de feuilles, soit en le recouvrant de tranches de citron. En un mot, les Alepins traitent cette maladie par l'expectation. Quelques médecins ont conseillé les cautérisations pratiquées au début comme méthode abortive. Salina recommande la cautérisation avec le fer rouge, avant que la nodosité ne s'ulcère, de manière à détruire toute la partie malade; ce traitement abrégerait la durée du bouton d'Alep.

Page 1