ATROPHIE
Les poils subissent parfois dans leur structure des altérations que l'on peut regarder comme une véritable atrophie ; ils deviennent secs, rugueux, cassants ; leurs éléments se dissocient, ils se fendent et se brisent dans leur longueur. Ces lésions des poils s'observent le plus habituellement chez les individus dont la nutrition a souffert, a subi un temps d'arrêt soit par suite d'une maladie fébrile, soit par le fait d'un état cachectique dont les causes peuvent être très-variables. Dans quelques cas exceptionnels les poils poussent ensuite définitivement atrophiés, c'est-à-dire grêles et lanugineux. Ce fait, très-connu des vétérinaires, s'observe souvent dans la toison des moutons.
Comme autres formes d'atrophie des poils nous pouvons ranger ce renflement et cet éclatement des poils décrits par Beigel etHebra, et ces renflements fusiformes des cheveux désignés par M. Devergie sous le nom de tricoptilose .
Quant à l'atrophie capillaire consécutive aux affections parasitaires du cuir chevelu, il en sera naturellement question dans le chapitre réservé à ces maladies ; du reste son traitement se confond avec celui exigé par l'affection parasitaire elle-même.
DIFFORMITES
NŒVI
Sous cette dénomination nous comprenons des taches hématiques permanentes, congénitales, ou du moins survenant peu de temps après la naissance, qui sont constituées par la dilatation des vaisseaux capillaires de la peau. (Il a déjà été question des nœvi pigmentaires à propos du lentigo.) Les nœvi vasculaires se manifestent sous l'aspect de taches, parfois légèrement saillantes, d'une coloration rouge ou violacée, bleuâtre, lie devin, augmentant sous l'influence de toute cause excitante (colère, menstruation), disparaissant momentanément sous la pression du doigt et dont la dimension varie depuis celle d'une lentille jusqu'à celle de la paume de la main et même davantage. Quelquefois ces taches sont 1 siège de petites saillies inégales qui leur donnent une apparence spongieuse, turgescente; au toucher, elles sont, dans ces cas, facilement compressibles, elles constituent alors le fungus hematodes des anciens auteurs.
Les nœvi vasculaires s'observent de préférence à la tête, notamment à la face ; on en rencontre aussi sur le tronc et aux grandes lèvres chez la femme, etc.
Les taches sanguines peuvent persister pendant toute la vie avec l'aspect, l'étendue et tous les autres caractères qu'elles avaient au moment de la naissance, leur coloration seule variant sous l'influence des causes que nous avons indiquées. D'autres fois les nœvi se développent après la naissance durant un temps variable, et, lorsqu'ils ont acquis une certaine dimension, ils restent ensuite indéfiniment stationnaires.
Les nœvi vasculaires proéminents ont en général une plus grande tendance à s'étendre que la variété précédente, soit
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en surface, soit en profondeur. Ces nœvi sont parfois le siège de granulations fongueuses produites habituellement par les frottements ou les grattages du malade; on a vu, dans quelques cas, survenir à leur surface un véritable épithélioma.
Les causes des nœvi vasculaires sont complètement inconnues; la croyance populaire qui rattache l'apparition de ces taches à des « envies de femme enceinte » ne mérite même pas d'être discutée. Parfois on a signalé l'hérédité.
Traitement. — Le traitement des nœvi vasculaires rentre dans le domaine de la chirurgie. Nous nous bornerons donc à rappeler d'une manière sommaire qu'on a proposé pour les guérir, ou du moins les modifier, une foule de moyens : la ligature, les injections coagulantes, la vaccination, la cautérisation à l'aide du fer rouge ou de différents caustiques, l'électrolysc, l'excision, etc. Toutes ces méthodes peuvent donner de bons résultats ; ce sera au chirurgien à apprécier, nonseulement quelle est celle à laquelle il doit donner la préférence, mais encore à quel moment il sera utile d'intervenir. Rappelons toutefois que, dans certains cas, les nœvi peuvent guérir spontanément. On voit alors la tache vasculaire pâlir et disparaître graduellement après un temps plus ou moins long. A la place du nœvus la peau présente une simple pigmentation plus prononcée qu'à l'état normal ou une cicatrice atrophique.
Dans d'autres cas, ils peuvent guérir sous l'influence d'une inflammation et même d'une gangrène soit survenues sans causes appréciables, soit dues à des violences extérieures.
Mais ces guérisons sont toujours des faits exceptionnels.
Sous le nom de naevus àpernione, M. Bazin comprend ces taches rougeâtres, indolentes, indélébiles que l'on trouve sur les points où des engelures ont persisté pendant longtemps. Cette forme de n[evus s'observerait fréquemment aux mains et à la face.