‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 43 sur 47 · PARALYSIE AGITANTE · texte numérisé non relu

PARALYSIE AGITANTE

sions ; mais peuL-on attribuer ces résultats aux moyens employés, lorsque ces moyens ont tant d'autres fois complètement échoué? Dans l'état actuel de la science, on ne peut raisonnablement espérer guérir la maladie; mais il n'en est pas moins vrai que dans certains cas on peut soulager les malades. Il faut faire un choix parmi les nombreux agents qu'on a successivement employés. Dans une maladie où l'anatomie et la physiologie pathologiques sont également inconnues, la thérapeutique manque d'une base rationnelle; aussi les médications ontelles été tantôt inspirées par des idées théoriques, suivant que la paralysie ou la contracture paraissaient le mieux expliquer la symptomatologie de l'affection, tantôt dictées par le simple empirisme.

Ces médications sont empruntées soit à la pharmacopée proprement dite, soit aux agents physiques.

AgciUs piiarmaccniiqucs. — La plupart d'entre eux n'offrent plus qu'un intérêt historique.

Le sous-carhonafe de fer à hautes doses qui avait guéri un malade d'Eliotson a échoué dans les mêmes mains chez 7 autres sujets, et chez un malade d'Oppolzer.

Viodure de potassium à la dose de 1 à 3 grammes par jour avait amené la guérison ou une amélioralion notable chez un malade d'Axenfeld, chez un autre de Villemin, chez deux autres de Hardv et de Vulpian, dont aucun, chose à remarquer, n'était syphilitique. Il n'a plus depuis lors retrouvé ces succès.

Les médicaments qui agissent comme stimulants de l'action musculaire n'ont pas donné de résultats

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avantageux : ni le sulfate de stryclmine (1) qui, administré jusqu'à production des phénomènes physiologiques et combiné avec l'électrisation galvanique, avait guéri un malade de Caldwel. Entre les mains de Charcot, il a paru plutôt exagérer le tremblement.

Ni Vergot de seigle, k la dose de 50 centigrammes par jour, niles injections d'ergotinine à la dose de 1 à2 milligrammes, qui cependant ont assez réussi dans un cas d'Axenfeld.

Les agents dépresseurs de l'action musculaire ont été également mis à contribution, mais sans eflfet sérieux.

h'opium, la belladone, la fève de Calabar (2) (Ogle) n'ont donné aucun résultat.

Le cMoml, essayé par Althaus chez onze malades, n'a pas eu la moindre utilité; bien plus, chez six d'entre eux, il a déterminé des troubles cérébraux et augmenté le tremblement.

Le nitrcde d'argent (3) qui, dans la sclérose en plaques agit assez bien contre le tremblement, a toujours paru exagérer les symptômes.

Le chlorure de baryum qui à la dose de 0 gr. 04 à 0 gr. 03 cent, par jour, a guéri un malade de Brown-

(1) Sirop de sulfate de strychnine (Trousseau).

Sulfate de strychnine 0,05 centigr.

Eau distillée 4 gr.

Sirop de sucre 196 gr.

20 gr. contiennent 5 milligr. de suif, de strychnine.

4 cuill. à café par jour. — Tous les jours augmenter de 2 cuill. à café jusqu'à production de démangeaisons à la téte et de légères raideurs musculaires.

(2) Poudre do fôve de Calabar; de 0,05 à 0,20 centigr. progressivement.

(3) En pilules de 0,01 centigr.; do 1 à 8 eu 10 par jour progressivement.

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Séqtiard, \q pliosplmre de zinc que Gueneau de Mussy a essayé, el qu'Hammond (1) recommande encore associé à la noix vomique, peuvent également être abandonnés.

Les injections sous-cutanées de solutions arseniccdes ont donné un moment quelques espérances. Eulenburg, attribuant le tremblement à une excitabilité exagérée des nerfs moteurs, ou à une excitation anormale par les nerfs sensitifs périphériques ou centraux, les a employées pour affaiblir ces excitations. Il se servait d'une solution étendue de liqueur de Fowler, (deux parties d'eau pour une de liqueur) contenant 0,33 centigrammes de liqueur arsenicale par seringue ; et chaque jour, il injectait 1 ou 2 fois le tiers ou la moitié de la seringue. Les bons résultats qu'il a obtenus dans sept cas n'ont pas été confirmés par les expériences de Bourneville.

Quelques médicaments cependant peuvent être employés avec avantage ; et s'ils ne guérissent pas, ils réussissent souvent à soulager. De ce nombre est le hromure de camphre. Bourneville, en commençant par 2 pilules de 0,10 centigrammes portées progressivement au chiffre de 8 à 10, a plusieurs fois diminué le tremblement et la sensation de chaleur, et même dans un cas augmenté la force dynamomé- Irique.

De même Vhijoscyamine^ donnée en granules de 0,001 milligramme à la dose de 2 à 4 par jour, sans agir sur le fond même de là maladie, exerce une action palliative sur le tremblement ; elle a réussi

(1) Phosphurc de zinc 0,15 cent.

Extrait de noix vomique 0,30

pour 30 pilules. — Prendre 1 pilule trois fois par jour.

IIYOSCYAMINE — DUBOISINE — BORAX 319

plusieurs fois entre les mains de CharcoL (l) el d'Oulmont (2).

Plus récemment le sulfate de JuMsine administré sous forme d'injection hypodermique, à la dose de 2à3 dixièmesde milligrammes, adonné d'excellents résultats à Mendel (de Berlin) (3). Chez 12 malades, l'injection a toujours, au bout d'un quart d'heure, atténué assez le tremblement pour permettre d'écrire lisiblement ; la marche devenait aussi plus facile ; l'injection du soir amenait un sommeil réparateur. L'action calmante du médicament durant environ de 3 à 5 heures l'auteur propose de faire 3 injections par jour.

Le lorate de soude aussi parait avoir exercé une action favorable entre les mains de Sacaze et de Grasset (4); Sacaze l'a administré à la dose de 1 gr. en 2 cachets, poussée lentement à 3 grammes, à un Parkinsonien typique. L'amélioration déjà sensible au bout de 8 jours était après 4 mois des plus remarquables : disparition presque totale du tremblement, lequel ne se montre plus guère que sous l'influence d'une émotion, d'un acte difficile ; atténuation très notable de la rigidité ; augmentation de la force dynamométrique ; le malade peut écrire sans difficulté, mange seul, dort bien, n'a plus de sensations de chaleur. Un autre Parkinsonien traité de la même façon paraît également s'améliorer rapidement. Ces résultats sont faits pour encourager de nouvelles tentatives.

Agents physiques. — Tous ceux dont l'emploi est

(1) OE.DENSTEIN. Th. Paris, 61.

(2) Bulletin de Therapeidique, IS décembre 1872.

(3) Semaine médicale, 10, 1893

(4) Semaine médicale, 18 janvier 1893.

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usuel dans les maladies du sylème nerveux ont été mis à contribution.

V hydrothérapie proprement dite est sans action. Les eaux thermales faiblement minéralisées n'agissent pas davantage. Cependant Néris, d'après de Ranse (1), aurait chez deux sujets sur cinq diminué quelque peu le tremblement, mais amélioré surtout l'état général. Bagnères de Bigorre aurait aussi chez un malade de Chabbert(2)amendéle tremblement et la rigidité. Il faut citer avec les plus grandes réserves le cas de Betz (3) qui dit avoir guéri avec six bains chauds à 27° Réaumur une paralysie agitante datant de six mois.

V électricité peut donner des résultats un peu plus satisfaisants. Le procédé le plus usuel est celui des courants continus ; grâce à eux, plusieurs auteurs ont obtenu des guérisons trop remarquables pour ne pas inspirer quelques doutes. Russel Reynolds (4), en S séances d'une demi-heure à une heure, a guéri uue paralysie agitante limitée au bras droit; il appliquait sur le membre malade 120 anneaux de la chaîne de Pulvermacher. Remak (3) et Benedikt (6) ont également guéri 2 malades; ce dernier plaçait le pôle positif sur le rachis, et promenait le pôle négatif sur les côtés de la colonne vertébrale à l'émergence des racines nerveuses. Ghéron (7) appliquait les courants continus au niveau du buli)e ; sur 7 cas, il a obtenu 2 guérisons complètes, 2 amélio-

(1) Clinique thermo-médicale de Néris ISIS.

(2) Arcliiues de Neiiroloffie n° 76, 1893.

(3) Mémorahilieu 1870.

(4) Lancet, décembre 1859.

(5) Schmidls Jarbucher, p. 102, 18.ï7.

(6) Méd. Chir. Rundschau. Wien, 1864.

(7) Revue thérapeutique méd. chirurg., n» 18, 1869.

ÉLECTRICITÉ — MASSAGE 3'^2l

rations notables, et 3 fois un soulagement appréciable. Caldwell (1) faisait tous les 2 jours passer pendant 15 minutes des courants continus à travers la moelle et le grand sympathique ; les jours intermédiaires, il faradisait les muscles malades: en 4 mois sou malade était guéri. En revanche, de nombreux auteurs ont essayé cette méthode sans aucun succès. L'électricité statique, d'après Vigouroux, est sans influence.

Le massage méthodique est pratiqué depuis trop peu de temps pour qu'on puisse se prononcer sur sa valeur réelle. Divers spécialistes d'Allemagne le recommandent, Hunerphart, Dumm, Nebel. P. Berbez (2) l'a appliqué chez dix malades de Charcot, employant tour à tour l'effleurage, la flagellation, les mouvements actifs et passifs, dans un ordre déterminé par la gravité du mal et les forces du sujet. Sous l'influence du ce traitement, la rigidité et le tremblement ont diminué, les mouvements sont devenus plus souples, la force dynamométrique a augmenté. Ce sont là des améliorations assez notables pour qu'on soit encouragé à appliquer de nouveau le massage.

On peut rapprocher du massage la médecine vibratoire ûox\i]W déjà exposé les applications à la neurasthénie (3]. Charcot avait remarqué depuis longtemps le soulagement qu'éprouvent les sujets atteints de la maladie de Parkinson, lorsqu'ils font un voyage un peu long en chemin de fer ou en

(1) Virginia méd. Monthb/, 18T6.

(2) Du massage inolhodiquc, dans la maladie de Parkinson. Bidlelin Soc. ThérapeiUiqne 1887, n" 18, 19, 20, p. 14.'i.

(3) Charcot. Leçon cliniquo à la Salpôtriùro. Semaine iiie'dicale, m2, p. 289.

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voilure. Les sensations si pénibles qu'ils éprouvent, s'atténuent, non seulement pendant le trajet, mais encore pour un certain temps. S'inspirant de ce principe, Jégu fit construire un fauteuil qui produit une trépidation analogue à celle d'un train en marche, grâce à un mécanisme spécial qui imprime des mouvements rapides d'oscillation autour d'un axe antérieur et latéral. Ces essais, continués par Gilles de la Tourette, ont porté sur huit sujets, et ont donné des résultats fort encourageants. L'amélioration a été constante : atténuation de la raideur ; facilité plus grande de la marche ; disparition de l'agitation nocturne qui fait place à un sommeil calme ; mais le tremblement, sauf dans un cas, n'est pas modifié. Le bien être n'apparaît qu'après cinq ou six séances, et comme celles-ci, dans ces premiers essais, n'ont eu lieu que tous les deux jours, il ne dure guère au delà du jour même du traitement ; il semble donc utile d'imposer aux malades des séances quotidiennes et probablement prolongées.

Un autre procédé, sur lequel il y a lieu de faire de sérieuses réserves, a produit une amélioration notable chez un malade de Luys et Gaucher (1) ; c'est Yhypnotisation à l'aide des miroirs rotatifs. Ces miroirs produisent un sommeil spécial que les auteurs qualifient de sommeil mécanique, et qui parait doué d'une puissance sédative remarquable. Le malade, atteint depuis quatre ans, est soumis à des séances quotidiennes de trois quarts d'heure. Endormi au bout de huit séances seulement, il éprouve dès la quatorzième un soulagement notable ; sa physionomie s'anime, la raideur du cou disparait, le trem-

(1) BuUelin de la Soc. méd. des Ilôpifaii.r, 1889, p. 15).

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