‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 6 sur 47 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

est devenu une maladie infeclicuse à détermination médullaire, due au bacille de NicolaïeF. Les éclampsieSjles convulsions de l'enfance qui, au point de vue pathogénique, peuvent être, en tant qa'épilepsies aiguës, rapprochées de l'épilepsie ordinaire, sont trop étroitement liées dans leurs évolutions aux maladies ou aux lésions qui les provoquent pour qu'on puisse les en séparer. La léthargie, la catalepsie, le somnambulisme font partie intégrante de l'hystérie.

Sans pousser plus loin la discussion nosologique, je conserve les névroses que tout le monde s'accorde à reconnaître, bien qu'il y en ait parmi elles dont la présence serait à bon droit discutable, la tétanie par exemple; et j'étudierai dans l'ordre suivant l'hystérie, la neurasthénie, le goitre exophlhalmique, l'épilepsie, la migraine, la chorée, la paralysie agitante et la tétanie.

A chaque chapitre de cette étude, tout en supposant l'alfection connue au point de vue clinique, j'ai cru indispensable de faire précéder la partie théi-apeulique d'un exposé très court des symptômes, insistant surtout sur les phénomènes qui méritent des indications spéciales et sur les points d'éliologie et de pathogénie qui peuvent influer sur la dii-eclion générale du Irai lement. Pour ce qui est du Irailcment lui-môme, je n'ai pas cru devoir me borner à l'exposé des médications nombreuses et souvent incohérentes

IV AVANT- l'ROPOS

qui ont été proposées tour à tour ; j'ai essayé d'en faire l'étude critique, et de mettre à profit les données pathogéniques et physiologiques dont on dispose actuellement, pour établir la thérapeutique de chaque névrose sur des bases vraiment rationnelles.

ÏHÉRAPEUÏIQUE

Il y a quelques années à peine, l'hyslérie paraissait échapper à toute étude thérapeutique positive et scientifique. Son territoire mal délimité se confondait en bien des points avec la neurasthénie, 1 epilepsie, la folie, tandis que l'état mental qu'on prêtait à l'hystérique, <. état malicieux », disait Daly (1), sa tendance constante à tromper son entourage, enlevaient toute certitude à l'observation. Aussi Dujardin- Beaumetz (2) pouvait dire avec raison : u Tout résultat thérapeutique qui n'aura pour base que des applications sur les hystériques, sera, par cela même entaché d'erreur, et l'on ne peut jamais affirmer que tel médicament ou telle médication donnera des résultats identiques dans les autres cas d'hystérie.

Les travaux de Charcot et de l'école de la Salnè- Irièreont bien changé l'état de la question. En prou-

(1) Mémoires, Soc. de ThérapeuUr/ue, 1881

(2) Clinirfite Ikérapeuiique, troisième vol., p. [27. NÉVROSES ,

vanll'existenced'unordreréeldansdesmanifestalions qui avaient paru jusque-là échapper à loule réglemenlalion, ils ont faii de l'hyslérie une maladie bien définie, ayant des caractères scientifiquement établis.

Au point de vue symptomatique, c'est une névrose caractérisée par des troubles permanents du côté de l'intelligence, de la sensibilité, de la motilité, troubles qu'on peut appeler stigmates à cause de leur caractère indélébile; ils forment par leur ensemble un fonds commun, l'étatgénéral hystérique, sur lequel se détachent des manifestations éclatantes et temporaires, ou paroxysmes.

Au point de vue de la physiologie pathologique, c'est l'expression d'un trouble mental, une psychose, tenant sous sa dépendance des troubles somatiques nombreux et variés. La psychologie contemporaine a donné de ces phénomènes une explication très ingénieuse, mais hypothétique encore en certains points. D'après elle, on peut regarder la perception consciente comme une opération à deux temps (1). Dans le premier, se produisent im certain nombre de sensations, simultanément et isolément les unes des autres, venant d'une impression actuelle faite sur les divers organes des sens. Dans le second, ces sensations s'agrègent, se fusionnent en un état unique, auquel une sensation principale donne sanuance, mais qui sans doute ne ressemble d'une manière complète à aucun des organes constituants : ce phénomène, c'est la perception. Chezl'liystérique, l'atVaiblissement de cette synthèse psychique ne lui permet pas de réduire dans une même perception les nombreux phénomènes sensitifs qui se passent en lui. Si 1 on

(1) PiciTo Jankt. L'automalisme psychologique. Paris, 1889.

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