‹ Thérapeutique des névrosesChapitre 7 sur 47 · DÉFINITION ET NATURE · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET NATURE

appelle, par compai-aison avec le champ visuel, champ de la conscience le nombre le plus grand des phénomènes simples qui se présenlenl à la fois dans une même conscience, on peut dire avec P. Janet (1) qui emprunte le mot à Herbert Spencer, qu'il y a chez l'hystérique rétrécissement du champ de la conscience.

Que cette puissance de synthèse diminue, le malade va renoncer à percevoir les sensations de telle ou telle espèce ; sans s'en rendre compte, il renonce aux sensations qui lui viennent d'une partie de la peau, d'un œil ou d'une oreille. « En un mot l'anesthésie systématisée ou même générale est un affaiblissement, non de la sensation, mais de la faculté de synthétiser les sensations en perception personnelle, qui amène une véritable désagrégation des phénomènes psychologiques. »

Les contractures et les paralysies ne sont pas plus réelles, et peuvent être expliquées par une hypothèse analogue. La paralysie est une amnésie; le mouvement des membres étant déterminé par la succession de certaines images dans la conscience, il suffit, pour perdre le mouvement, d'oublier ces images motrices. La contracture, par contre, parait tenir à la persistance indéfinie de quelques images motrices, en dehors de la conscience du sujet, qui les ignore et ne peut s'opposer à leur action.

Enhn on s'explique aisément l'importance exagérée que prennent chez de tels sujets toutes les idées qui parviennent à pénétrer dans le champ restreint de leur conscience, c'est-à-dire leur suggestibilité.

Tabiean ciiiii<,nc. — Cette théorie ingénieuse a

(1) Pierre Janrt. Iajc. cit., p.

IIYSTKKIE

l'avanLage de montrer le Irait d'union qui relie la foule si disparate des phénomènes constituants de l'hystérie, d'expliquer leur mutabilité et leur peu de profondeur, lïlle fait comprendre aussi pourquoi la description de l'état mental hystérique doit venir en première ligne.

1° Stigmate psychique. — Pour l'étudier, il faut d'abord tenir compte de ce fait, que l'hystérie, maladie héréditaire par excellence, peut présenter à côté desesstigmatespropres tousles stigmates psychiques de la dégénérescence mentale ; ils s'accolent à elle sans se confondre jamais. Ensuite il faut écarter bien des idées erronées sur l'état mental des hystériques, dont l'unique source est l'ignorance où l'on était de leurs stigmates somatiques.

La caractéristique mentale de l'hystérique, c'est sa suggestibilité; ce trait spécial existe chez l'homme comme chez la femme. Chez l'homme cependant, quand l'hystérie le frappe à l'âge adulte, comme du reste chez la femme, lorsqu'elle l'atteint vers la ménopause, la neurasthénie combinée avec l'hystérie modifie et assombrit le tableau. La suggestibilité est la même, mais associée avec de la déchéance intellectuelle, de l'apathie cérébrale, des lacunes de mémoire qui peuvent parfois donner le change sur la nature vraie de la maladie.

Cette suggestibilité peut être mise on œuvre par des suggestions du dehors ou du dedans. L'auto-suggeslion a une importance extrême. Elle se manifeste ou dans l'attaque ou en dehors d'elle. Dans l'attaque, c'est dans la période du rêve ; ce rêve, qui presque toujours est le rappel de faits antérieurs, influence le cerveau du malade pour plusieurs jours, tantôt lui laissant une impression vague de plaisir ou plus

souvent de trislesse, sans souvenir exact de l'hallucination provocatrice, tantôt au contraire si intense que, l'attaque passée, il laisse l'illusion d'un fait accompli réellement. Eu dehors de l'attaque, c'est pendant le sommeil si agité d'ordinaire de ces malades: des hallucinations peuvent se produire toutes les nuits, elleur importance est d'autant plus grande qu'elles sont facilement méconnues. Elles agissent cependant sur l'état mental du lendemain, et provoquent cette mobilité de caractère si difTicile à expliquer et à prévoir. Comme les hallucinations de l'attaque, elles peuvent produire des troubles psychiques : paraplégie, troubles trophiques, etc. Comme elles aussi, elles peuvent laisser l'illusion du fait accompli : de là ces innocents accusés de crimes imaginaires, ces histoires d'incubes et de succubes, dont les procès de sorcellerie sont remplis, et qu'on a même vus se reproduire de nos jours.

Les suggestions du dehors agissent de toutes parts à l'état de veille. Le traumatisme d'abord a une action considérable, et l'hystérie traumatique est venue former dans ces derniers temps un nouveau chapitre, et des plus étendus ; il agit ou immédiatement, ou après un certain intervalle, suivant l'état de suggestibilité cérébrale du malade. Plus fréquemment, ce sont les moindres actes de la vie journalière, les joies, les contrariétés les plus minimes, la vue de ce qui les entoure, les histoires qu'ils entendent, si bien qu'un hystérique très suggestible vit à l'état de pur automate. S'il simule, ce n'est pas d'une façon active et raisonnable comme les dégénérés, mais d'une faron inconsciente. C'est, comme l'a très bien dit Gilles de la Tourettc, « un être passif, une plaque photographique qui a enregistré ses impressions, et

() iivsTÉiui':

les sei-L telles qu'elles les a reçues, parfois amplifiées cependant, mais toujours avec la bonne foi de l'inconscience. » Aussi, est-il toujours esclave de la suggestion du moment, et par conséquent il tourne à tous lesvents, et ne se prête pas aux longues combinaisons.

La suggeslibilité explique également la quiétude de l'hystérique atteint d'une détermination locale, si gênante qu'elle soit. Pour que laguérison survienne, il faut qu'une suggestion chasse l'autre. Àussi bien qu'elle a pu amener la maladie, elle peut provoquer la guérison; et c'est à elle qu'il faut attribuer l'influence curative des suggestions miraculeuses ou médicales.

2° Troubles de la sensibilité. Ils apparaissent sous deux formes : anesthésie ou hyperesthêsie.

A. L' anesthésie peut afl'ecter la peau, les muqueuses, les organes des sens, les organes profonds et les viscères.

Vanesthésie cutanée est totale, c'est-à-dire porte sur toutes les perceptions sensilives, tact, douleur, température, sensibilité électrique; ou partielle, et elle est complète (anesthésie proprement dite) ou incomplète (hypoesthésie). Enfin elle est généralisée, ce qui est rare ; disséminée, ce qui est plus fréquent, et alors se présente sous forme d'îlots disséminés ou de territoires géométriques; mais le plus souvent hémiplégique.

Les muqueuses peuvent être le siège d'anesthésies comparables à celles de la peau. A noter spécialement celles du pharynx, de l'épiglotte et de l'orifice supérieur du pharynx, et celle do la conjonctive, surtout gauche, si fréquente que Briquet en faisait déjà un signe caractéristique de l'hystérie.

Tous les sens peuvent être atteints. Leur anesthésie

est presque toujours, sinon toujours, en rapport avec la dislrilnition de l'anestliésie cutanée. De plus, plusieurs muqueuses étant elles-mêmes des organes spécialisés, le stigmate sensoriel est superposé au stigmate sensitif (Charcot, Gilles de laTourette). L'anesthésie peut donc porter sur le //oiit, sur Yodoraf, sur Vouïe^ sur la vi/e. Les troubles oculaires jouent un rôle si important qu'ils méritent un peu plus de détail. C'est d'abord lerétrécissement concentrique du clump visuel (1), le plus fréquent des stigmates hystériques, ordinairement bilatéral, mais plus marqué d'un côté et alors du côté anesthésique. Quand la macula est envahie, l'amaurose est complète; mais l'amaurose bilatérale est rare, et par conséquent rare aussi la récité hystérique. L'amblyopie s'accompagne très fréquemment de djjschronmtopsie ou cVfU'hromato])sie (Galezowski) (2), la notion des couleurs disparaissant dans l'ordre suivant (3) : violet, vert, rouge, orangé, jaune, bleu, avec cette exception que fréquemment le rouge et non le bleu disparaît en dernier (Charcot). Rarement, et d'une façon transitoire, la notion des couleurs est altérée du fait d'un autre trouble, le scotome central (Parinaud). L'acuité visuellereste ordinairement à peu près normale. Il faut citer aussi certains troubles de l'accommodation (4), la polyopie monoculaire, avec micropsie ou macropsie, et enfin diverses affections des muscles de l'œil (o), contrac-

(1) Paiunaud. Aneslti. de la ré/iiii;. — Commun, à l'Ac. do mod. de Bruxelles, 1S"6. — HniEii. Thc.so de Paris, 1886.

(2) CfiAricoT. P)'or/rès médical, p. 36, 1878, et Gaz. Hdpil., p. 07, 92, 1878.

(.'i) Lanuolt. Laçons sur le diag. des niai, des yeux, p. 133. (t). I'aiunaui). Iaic. cit. — Baruat. Th. Bordeaux, 1888. (.'■>) BoREi,. A/f. In/stériques des muscles oculaires. Arc/i. d'Oplilli., 1886-87. Annal. d'ocuHsL, nov. 18S7.

lures des muscles extrinsèques, strabisme spaslique, mydriase et myopsis, kopiopie par insuffisance de la convergen''e ; quant à l'ophtlialmoplégie, elle est sinon douteuse, au moins exceptionnelle, et s'accompagne encore plus fréquemment de spasmes que les paralysies organiques.

Les tissus profonds peuvent aussi être frappés par l'anesthésie : périoste et os, ligaments articulaires, troncs nerveux, muscles. Les malades perdent la conscience musculaire (Duchenne, Lasègue) et ne peuvent plus exécuter d'actes précis sans le contrôle de la vue. Ils peuvent ne plus avoir la notion de la position des membres, et même le sentiment de leur existence.

Enfin les viscères peuvent aussi être insensibles. On « secourait » les convulsionnaires de Saint-Médard en leur appliquant sur le ventre d'énormes coups de chenets, qui, disaient-elles, les soulageaient. L'anesthésie profonde de l'épigastre a au moins autant de valeur que celle du pharynx et de la conjonctive (Pitres).

B. Lliyperesthésie peut porter également sur lo peau, les muqueuses, les viscères ; elle atteint rarement les tissus intermédiaires, muscles ou articulations. Comme l'anesthésie, elle est générale, hémilatérale, ou répartie soit en îlots disséminés, soit en territoires géométriques.

Cette dernière forme se retrouve surtout dans l'arthralgie hystérique, superposée souvent à la contracture musculaire qui donne à ces affections un caractère si spécial. U arthralffie hj/stériqi{e{i) peulèlve

(1) Brodie. Lectures illi/slralives, of c. loc. affeclions . Lon- <lon 1837. Various formes of loc, In/sl. Affecl. Trad. Aigre,

1 ooU .

TABLEAU CLINIOl'lC 9

la première manifeslationde l'hystérie. Elle succède souvenl à un traumatisme^ qui joue simplement vis-à-vis d'elle un rôle de suggestion, et en est toujours séparé par un certain intervalle, période de t< méditation psychique », très importante au point de vue du traitement. Elle se produit le plus fréquemment au genou et à la hanche. A. la hanche en particulier, elle peut simuler complètement la coxalgie organique, d'autant plus qu'elle est parfois accompagnée de troubles trophiques, œdème, amyotrophie de nature également hystérique. Enfin si quelquefois elle guérit brusquement, elle peut durer de quelques mois à plusieurs années.

A l'hyperesthésie appartiennent les zones lujstéro- (fenes, quoiqu'elles coïncident souvent avec l'anesthésie cutanée (Charcol). Ces zones sont, d'après la définition de Pitres (1) « des régions circonscrites du corps, douloureuses ou non, d'où partent souvent, pendant les prodromes, des attaques spontanées, des sensations spéciales qui jouent un rôle dans fensemble des phénomènes de l'aura hystérique, etdont la pression a pour but, soit de déterminer l'attaque convulsive ou une partie des phénomènes spasmodiques de l'attaque, soit d'arrêter brusquement les convulsions ». Ces zones sont spasmogènes ou frénatrices, souvent les deux à la fois, suivant l'intensité plus ou moins grande de la pression. Cutanées ou sous-cutanées, elles siègent aussi sur les muqueuses ou les viscères. Souvent leur dimension est très réduite.

fesplus rcnuirquables parmi les zones cutanées sont : Ui dou hijHlèrigve^ la céjiMlalgie hysiérique^ la

(I) Pitres. Des anesllu-sics hystériques, in-8". Bordeaux, 1887.

UYSTÉRIE

pseudo-mèningite^ qui esl un élaL de mal hystérique à forme céphalalgique (1), la névrahjie faciale (2), la rachiahiie^ qui peut simuler le mal de Pott et le tabès dorsal, \ei pseudo-anfjine de poilrine (3).

Parmi les zones des muqueuses, le vaginisme est constitué par la superposition d'une zone hyperesthésique ou hystérogène à la contracture de l'orbiculaire du vagin. Localisée sur l'oeil, une zone hystérogène peut donner lieu au complexus de la migraine ojyhthahnique ; sur le tympan, à celui du vertige de Minière.

Parmi les viscères atteints, le testicule peut être le siège d'une zone hystérogène non seulement cutanée, mais glandulaire (Terrillon) ; au sein^ l'hyperesthésie peut également atteindre la peau et la glande. Dans certains cas, elle coïncide avec des troubles trophiques,gonflementbrusque sans rougeur ni chaleur, dont l'ensemble constitue le sein hystérique (i). Enfin à ïovaire siège l'ovarie (o), la zone hystérique la plus fixeet lapins puissante. Lesrègles données par Charcot pour l'exploration de cette glande démontrent que c'est bien elle quiest le siège de la zône. L'homme peut cependant présenter au même niveau une zone pseudo-ovarienne dont le siège est cutané.

3° Les stigmates de la motilité se manifestent

(1) Saint-Ange. P'oi'mc inéningo-encèpliMliimc de l'H. Gaz. Méd. de Bord. 187,3. — Arnozax. .VUikiuc il H. à f. inoning. Ibid. 1873.

(2) Gilles de la Tourette. Note sur quelques paroxysmes Ivàs peu connus. Proqr. méd. 1891. — Artii'cues. Névral. fnjsl. Th. Paris 1801.

(3) Mauiiî. Doux obs. d'ans^. de poitrine dans l'H. Rev. de méd. 1882.

CO lîaoDiK loc. cil. — rcoiiugrap/iie de lu Siilp., l. II. (3) CiiAucoT. /,(■{■. gur l'/n/peresl/i.ocar. 1873.

TABLEAU CLIiMQUE

SOUS trois formes : dialhèse de conlracLure, amyoslhénie, tremblements.

A. La diathèse ou état cV opportunité de contracture (1) prédispose aux diverses contractures, comme l'amyoslhénie aux diverses paralysies. Elle ne se dislingue par aucun signe objectif; comme tous ou presque tous les stigmates permanents, elle veut être cherchée. Elle peut être provoquée soit par un accident fortuit, soit par les recherches médicales : excitation directe du musde ou du nerf correspondant, excitation indirecte par action sur la peau, par intluences psychiques. Généralisée ou partielle (2), elle porte sur les muscles de la vie végélative comme sur ceux de la vie de relation, est presque toujours, suivant la loi constante de l'hystérie, subjacente à des troubles de sensibilité, et s'accompagne toujours d'exagération des réflexes et de modilications de l'excitabilité électrique. Quant aux contractures confirmées, elles présentent des formes cliniques correspondantes : hémiplégique, paraplégique, circonscrite à un membre ou à un groupe musculaire. Leur durée varie de quelques instants à plusieurs mois, à plusieurs années; elle peut être même presque indéfinie. Lorsqu'elles frappent les muscles lisses, leurs manifestations varient suivant les organes atteints : du côté du tube digestif, c'est la boule hystérique, le rétrécissement spasmodique de l'œsophage, les vomissements qui, dans certains cas, vont jusqu'à simuler l'obstruction instostinale ; du côté de l'appareil respiratoire, ce sont les troubles vocaux : aboiement, hurlement, etc.,

(1) Cii AiicoT. Local, dan.i les mal. du cerveau, l.'i" leçon, 187-680.

(2) PciciiER. l'aralysics el coulraclures liyslérlqiie.s. Mémoire inédit, 1883. ■ ■

la toux hystérique, le hoquet, les éternuements, les bâillements, etc.

B. Uami/ostliénie (1) veut également être recherchée ; elle coïncide aussi presque constamment avec des troubles de la sensibilité. Elle est également généralisée ou partielle, mais dans ce cas elle n'atteint presque jamais un groupe musculaire à l'exclusion des antagonistes. L'amyosthénie est l'avantcoureur de la paralysie. Circonscrite parfois, monoplégique, paraplégique, celle-ci affecte fréquemment la forme hémiplégique, et dans ce cas, sans compter les autres stigmates, en particulier l'anesthésie spéciale, la rareté de l'hémiplégie faciale, qui du reste présente lorsqu'elle existe certaines particularités, entre autres celle d'être systématique, et l'existence d'un spasme glossolabié la distinguent de l'hémiplégie due à une lésion matérielle du cerveau. Sa durée est variable, souvent fort longue; sa disparition, brusque ou graduelle. Parfois elle s'accompagne de contracture, et même de troubles Irophiques, et simule à s'y méprendre les vieilles hémiplégies organiques.

C. Len fypmhlements^ les moins fréquents des stigmates somatiques, présentent les mêmes variétés de répartition que ceux-ci (2). Charcot et Diitil les ont classés en trois groupes: le premier, à oscillations rapides, imite le tremblement de la maladie de Baâedow, du tremblement alcoolique, de la paralysie générale; le deuxième, îi oscillations moyennes, rappelle le tremblement mercuriel lorsqu'il exisic ou non au repos et qu'il est exagéré par les mou-

(1) HiciiEn. Loc. cil.

(2) DuTiL. Contribution à l'étude des Iremblemenls hystériques. Thèse Paris, 1891.

vemenls volontaires, et celui de la sclérose en plaques, lorsqu'il a le type intentionnel pur; enfin le troisième, à oscillations lentes, persistant au repos, peu influencé par les mouvements volontaires , imite la paralysie agitante et le tremblement sénile.

40 Paroxysmes. — L'attaque type est la grande attaque^ Tattaque cVhystéro-épilepsie (hysteria major), si bien étudiée par Charcot, et magistralement décrite par Richer (1) dont je suivrai la description pas à pas. Après des jirodromes variables, qui peuvent se manifester du côté de l'intelligence, des fonctions organiques, de la motilité ou de la sensibilité, prodromes qui peuvent durer plusieurs jours, apparaît l'attaque. Elle est précédée d'une aura qui part d'une zone hystérogène, le plus souvent la région de l'ovaire. L'attaque se compose de quatre périodes : la première est la période épllepMde avec sa phase tonique, sa phase clonique, et celle de la résolution musculaire. Après un temps de repos assez court commence la deuxième période, celle du clonisme avec ses phases successives : celle des contorsions^ pendant laquelle la malade prend les positions les plus variées et les plus invraisemblables, dont le type le plus fréquent est l'arc de cercle ; puis celle des grands mouvements, tantôt réguliers, tantôt ressemblant à ceux d'une lutte plus ou moins violente. La troisième période est celle des attitudes passionnelles, ha. quatrième, qui est « comme un reste de l'attaque qui s'épuise », est celle du délire. C'est le plus souvent un délire de mémoire ; il esl triste et mélancolique, ordinairement coupé d'hallucinations.

(i) Éludes clin, sur la rjr. Iii/.ilc'r. ou liys/. ép. 1885, Paris.

l-i. HYSTÉRIE

doiiL la noie dominante est la fréquence et la persistance des visions d'animaux.

La première et la deuxième période durent chacune en moyenne de 1 ci 3 minutes, la troisième de o minutes à un quart d'heure. Ces trois périodes constiluentà. proprement parler l'attaque; la quatrième, qui en est plutôt une prolongation, dure de quelques minutes à quelques heures et même à plusieurs jours.

Très rarement isolée, elle se répète plusieurs fois de suite, et, dans ce cas, forme des séries qui consliluent X état (le mal lujstèro-qnleptUiue .

Vattaqtic dniijstérie vulgaire (hysteria minor), celle que le praticien rencontre le plus souvent, peut être' regardée comme l'état rudimentaire de l'allaque hystéro-épileplique.Tous les traits du tableau précédent s'y retrouvent, mais épars et atténués.

L'attaque peut encore revêtir des formes multiples, très diverses et très dissemblables au premier abord, mais qu'on peut, avec Riclier, rattacher à la grande attaque. Elles en reproduisent une des phases avec exagération, tandis que les autres sont atténuées ou même snpprimées.

Ainsi, l'on peut rattacher à la période prodomique Xattaque suncopale^ du reste très rare, où la perte de connaissance s'accompagne d'arrêt momentané, ou du moins, d'affaiblissement notable des battements cardiacjues et des mouvements resi)iratoires ; X attaque de spa.wm^ uniquement formée par l'aura de la grande attaque, avec exagération de la douleur ovarienne, sensation de boule ascendante, et troubles de la déglutition (jui peuvent parfois simuler une crise liydropii()lM,juo. L'attaque cpileptoïde est la grande attaque réduite à sa iiremière période. Tantôt c'est

TAI3LEAU CLIMOUE 15

un accès inconipleL, semblable à un verlige épileplique accompagné de quelques conlracLions musculaires rapides et localisées; tanlôt c'est un élal de mal épileploïde, qui peut se prolonger jusqu'à des semaines sans trouble sérieux de l'organisme.

A la deuxième période se rattachent Y attaque démoniaque^ caractérisée par l'exagération des contorsions, qui rappelle l'aspect efl'rayant des anciens possédés, et par la prédominance de la contracture douloureuse, et Yattaque de donisme qui rappelle les exercices des acrobates. La première exagère la phase des contorsions ; la seconde celle des grands mouvements.

A la troisième partie se rattache Yattaque d'attitudes ]}assionnelle>< ^ qui se succèdent rapidement, ou varient peu pendant la durée de l'attaque, reproduisant l'extase ou des séries de poses plastiques.

Enlin le délire de la quatrième période peut occuper la scène d'une manière exclusive ou presque exclusive. Il peut même se montrer isolément chez un malade qui a d'autre part des attaques convulsives, ou même qui n'en a jamais eu. A cette période on peut aussi rattacher les crises de contractures^ qui, en dehors des contractures permanentes, apparaissent soit isolées, soit mêlées à quelques autres |)hénomènes de l'attaque.

Divers phénomènes peuvent encore intervenir au cours de la gi'ande attaque, et y occuper une place plus ou moins prépondérante, créant ainsi de nouvelles variétés. La tétlturijie se montre sous forme d'attaques de léthargie simple, ou de sommeil, de léthargie avec mort apparente, de léthargie compli- (jiiée s()it d(; contractures partielles ou généralisées, soil d'état catalepliforme.

Enfin, la caialepsie comme le somnambulisme peuvent compliquer les alliludes passionnelles de la deuxième période de la grande attaque, ou s'accompagner de divers phénomènes appartenant aux différentes périodes de cette attaque, ou encore se montrer sous formes d'accès distincts.

Traitcnicut.

Si la mort est exceptionnelle dans l'hystérie, et si ses manifestations sont le plus souvent fugaces et superficielles, elle n'en est pas moins une maladie très tenace, très rebelle, aussi pénible pour le patient que pour sa famille, digne par conséquent de tous les efforts de la thérapeutique. Expression d'un trouble menJal, elle est avant tout justiciable de la psychothérapie; en seconde ligne, certains agents externes, d'usage constant dans le traitement des névroses, peuvent rendre des services ; mais par contre la pharmacopée reste, ainsi qu'on peut s'y attendre, le plus souvent impuissante (1).

Aussi, après avoir étudié : 1" La prophylaxie de l'hystérie, j'examinerai d'après leur ordre d'importance :

2° Le traitement psychique;

3° Le traitement externe ;

4" Le traitement médicamenteux;

o" Je dirai quelques mots en terminant du traitement chirurgical.

Après avoir étudié ces diverses médications au point de vue général, je montrerai leur application :

1° Aux différentes formes de l'hystérie;

2° Aux accidents qui possèdent une individualité

(1) P. Bloccj. TraitemeiU de riivstcric. Gazelle des Hôpitaux, 21 juin 1892.

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