DIA15ÈTE MALIN
d auli-es cas, ceuK môme où il fait éclos.on dans des organismes vigonveuK, indemnes de toute lare arthritique personnelle ou héréditaire. Ce n est pas insidieusement, c'est brusquement, en pleine saute, que la maladie éclate ; d'emblée elle se caractérise par ses phénomènes cardinaux, polydypsie, polyurie, appétit insatiable, dénutrition, tous très prononcés'; le diabétique rend par jour six, huit, dix litres d'urine, renfermant parfois des quantités énormes de sucre, de 150 à 500 grammes et même davantage. Si le régime alimentaire approprié abaisse le taux de la polyurie et de la glycosurie, ce n'est jamais d une manière aussi nette et aussi rapide que dans le cas précédent, et, malgré tous les efforts de la thérapeutique et de l'hygiène, la maladie ne rétrocède pas ou ne présente que des rémissions peu marquées et passagères. De jour en jour, alors même que la glycosurie et certains phénomènes connexes semblent s'atténuer, l'amaigrissement se prononce, la déchéance physique et intellectuelle s'aggrave, et la mort survient en une ou deux années, trois au plus, parfois même plus vite, du fait soit d'une complication, soit de la cachexie progressive. C'est une maladie subaiguë, parfois même aiguë, à caractère essentiellement progressif, sinon malin, qu'il est possible d'enrayer, mais non de guérir.
Peut-on dire qu'entre ces deux types il n'y a qu'une question d'intensité, diabète léger et chronique d'un côté, diabète grave et aigu de l'autre? Mais comment s'expliquer avec cette interprétation que la maladie affecte toujours ou presque toujours chez l'arthritique un début insidieux, une marche bénigne avec ces rémissions et ces alternances, tandis que, survenant en dehors de cette dyscrasie, elle présente le
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plus souvent des caractères opposés. D'ailleurs la mahgni e n est pas un caractère absolu du diabète non arthritique ; parfois, en effet, après un début à grand orchestre, il présente une marche relativement lente mais sans rétrocéder, et en se montrant toujours refractaire à l'intervention thérapeutiquece qui n'est jamais le cas pour le diabète arthritique' Aussi n hésitons-nous pas à conclure que ces deux modalités pathologiques se différencient non seulement par l'intensité, mais aussi par la nature du processus morbide.
Une troisième variété de diabète comprend les cas ou la maladie relève d'une dyscrasie accidentelle du pseudo-arthritisme accidentel; ici les phénomènes morbides, sauf la dépression psychique, sont généralement peu accusés, s'atténuent assez rapidement sous l'influence du régime et de la thérapeutique et disparaissent plus ou moins vite après que son fac teur étiologique, surmenage, ménopause, etc., a cessé d'exercer son action.
Quant au diabète lié à une perturbation nerveuse, il ne se prête à aucune description d'ensemble ; en général cependant, les symptômes fondamentaux, la glycosurie surtout, ne présentent qu'une médiocre intensité, et sa marche dépend de la nature et de l'évolution essentiellement variables de la lésion cérébro-spinale qui le commande.
En nous appuyant sur les considérations de diverses natures que nous venons de développer, nous voyons dans le diabète sucré non une maladie, mais un syndrome, se présentant sous quatre modalités distinctes que différencie l'observation clinique et qui, dans une certaine mesure, con-
CLASSIKICATION DES FOKMES UU DlABKTIi 2.J
servent leur individualilé devant la IhérapeuLique : 1" Diabète constitutionnel arthritique, ou mieux modalité diabétique de l'arthritisme, à début insidieux quand un choc nerveux ne le commande pas, à phénoménologie modérée, à évolution lente, à rémissions plus ou moins prolongées, alternant souvent avec d'autres syndromes arthritiques, s'améliorant toujours, guérissant parfois sous l'influence ,de la thérapeutique, lorsque les conditions hygiéniques sont bonnes.
2° Diabète pseudo-arthrilique accidentel, causé par un état dyscrasique passager, à symptômes peu accusés, s'atténuant rapidement sous l'influence du régime et du traitement appropriés et disparaissant d'ordinaire avec l'état dyscrasique qui lui a donné naissance.
3° Diabète nerveux, à marche et symptomatologie très variables, différencié par son origine le plus souvent évidente.
4° Diabète p)rofjressif, malin, dont la cause reste encore indéterminée pour qui n'admet pas qu'il dépend d'une lésion du pancréas, à début brusque, à symptômes très accusés, évoluant à la manière d'une maladie subaiguë, ou même aiguë, réfractaire à l'intervention thérapeutique, ne présentant guère de rémissions et entraînant plus ou moins vite un dénouement fatal. Faute de mieux, nous donnerons ici à cette forme de diabète la dénomination de diabète mcdin.
Cette conception du diabète sucré nous servira de guide dans notre exposé.
Nous commencerons par passer successivement en revue les diverses médications , hygiéniques ou
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pharmaceutiques, du syndrome diabète sucré, envisa^'é en lui-même, pour leur assigner leur valeur el leurs indications thérapeutiques.
Puis, nous plaçant sur le terrain de la clinique, nous appliquerons ces données générales au traitr;ment individuel des formes du diabète, en y ajoutant, là où faire se peut, la médication pathogénique. Ainsi chez le diabétique arthritique il faut combattre en même temps le syndrome diabétique et la dyscrasie originelle.
La médication hydrominérale, en raison de son importance majeure, fera ensuite l'objet d'une étude spéciale.
Nous terminerons par le traitement des épiphénomènes et des formes compliquées du diabète sucré, en tant du moins qu'ils nécessitent une intervention thérapeutique particulière.