RÉGIMES DE TRANSITION
la glycosurie qui est finalement ramenée à un taux au-dessous duquel elle ne tombe plus. En même temps, tous les autres symptômes morbides disparaissent à peu près, si bien que, n'était la présence d'une certaine quantité de sucre dans les urines, le malade semblerait guéri. Une fois ce résultat atteint, il est bon, sans modifier encore la diète alimentaire, de suspendre pendant quelque temps toute médication, sauf celle de la dyscrasie arthritique, mais pour y revenir au cas où la glycosurie augmenterait de nouveau. Si, dans ces conditions, l'amélioration se maintient, on adoucit progressivement le régime en permettant, par exemple, une plus grande quantité de pain ou de féculents, et surtout de lait, mais sans autoriser l'emploi du sucre. Bien souvent, en effet, semblable tolérance conduit à l'abus, et il faut faire une campagne plus tenace que la première pour obtenir à nouveau l'exclusion des principes sucrés.
Qu'enfin la glycosurie disparaisse, l'on revient progressivement à l'alimentation normale. Mais on doit compter avec des retours offensifs de la maladie qui sont, en général, de moins en moins intenses à mesure que l'individu avance en âge, et pour ce motif surveiller les urines pendant longtemps.
Telles sont les grandes lignes de l'intervention thérapeutique dans la forme moyenne, habituelle, du diabète arthritique. Nous pourrons être plus bref en ce qui concerne les formes légères.
Quant aux soi-disant formes très graves, elles n'existent pas en réalité. Nous l'avons déjà dit, chez l'homme qui a dépassé la quarantaine, le diabète arthritique revêt presque toujours les allures d'une maladie chronique qui compromet rarement l'cxis-
DIABÈTES ARTUIUTIQUES LÉGERS 133
tcnce, et le dangei* vient seulement de complications que nous aurons à étudier plus loin, qui sont imputables à des perturbations nerveuses brusques, des excès, ou enQn à l'inobservance des prescriptions hygiéniques. Aussi n'avons-nous jamais observé dans la classe aisée, en dehors de ces cas exceptionnels, de dénouement fatal qui incombe au diabète arthritique même, tandis que nous avons, vu succomber plusieurs de nos malades d'hôpital, chez qui l'intervention thérapeutique avait été trop tardive et les conditions hygiéniques trop défectueuses.
Par contre, les formes bénignes du diabète arthritique sont très fréquentes. Parfois la phénoménologie y est si peu accusée que l'affection reste méconnue jusqu'au jour où l'on est amené à examiner les urines à la suite d'un incident pathologique, comme un eczéma vulvaire ou une poussée de furoncles. D'autres fois, l'affection assez légère pour passer inaperçue acquiert tout à coup de l'intensité sous l'influence de chocs nerveux, de chagrins, d'excès, etc. En pareil cas, il sufQt d'ordinaire d'un régime alimentaire rigoureux pour réduire le diabète presqu'au minimum. Aussi, après la diète d'épreuve, voit-on la glycosurie tomber à un chiffre très bas, pendant que l'excrétion urinaire et la soif redeviennent à peu près normales et que l'asthénie nerveuse disparaît.
Dès lors, c'est la diathèse arthritique qu'il faut combattre avant tout, et ce par les moyens que nous avons indiqués, les alcalins notamment. Quant à la di(Mc alimentaire, elle pourra être moins rigoureuse, analogue à celle que nous avons préconisée dans les périodes d'accalmie du diabète d'intensité moyenne. Il y a grand intérêt à ne pas se monirer Irop absolu
PETITS DIABÈTES
à cet égard, sous peine de voir apparaître d'aulres manifeslations arthritiques, plus douloureuses ou plus sévères que le diabète [diabète alternant).
C'est surtout dans ces cas que l'on peut, sans trop de ménagements, recourir aux exercices physiques divers qui activent le processus nutritif. Le surmenage intellectuel comme la vie sédentaire sont les pires ennemis du diabétique arthritique.
ku-x.petits diabètes ressortit également le diabète intermittent dont nous avons observé maints exemples chez les arthritiques. Beaucoup de ces faits, il est vrai, rentrent plutôt dans le domaine de la glycosurie alimentaire qu'ils n'appartiennent au diabète proprement dit. Cependant il est des cas où l'atteinte brusque portée à l'état général n'autorise pas cette interprétation; néanmoins, les allures de ce diabète sont toujours bénignes et on peut enrayer facilement chacune de ces crises diabétiques en instituant d'emblée un régime très sévère qui est d'autant plus facilement accepté par le malade que celui-ci aura pu constater antérieurement sa rapide efTicacité. Les alcalins et les sels de quinine trouvent ici une indication formelle.
Nombreux enfin sont les cas de diabète mixte où l'arthritisme et des influences morbides d'ordre nerveux semblent combiner leur action pathogène (diabète nervoso-arthritique). Il est souvent diflicile alors de déterminer auquel de ces deux facteurs étiologiques répond l'indication thérapeutique primordiale. En tous cas, en dehors des alcalins utiles, ne serait-ce que pour sauvegarder les fonctions digestives qu'on doit avant tout ménager chez les diabétiques, les médicaments nervins sont ici tout spécialement de mise.
DIABÈTES MIXTES 13o
C'est le bromui-e de potassium ou les préparations polybromurées qui réussissent le mieux d'ordinaire; mais, comme ils n'agissent qu'à doses assez élevées, de 3 à o grammes par jour, on ne les admmistrera qu'avec précaution, en particulier chez les individus déprimés au point de vue psychique ou chez ceux qui ont le tégument cutané très impressionnable. L'antipyrine, qui d'ailleurs possède une efficacité de beaucoup moindre, trouve plutôt, en dépit de certains faits expérimentaux, son application dans les cas où, la glycosurie étant relativement peu prononcée' c'est la polyurie, avec azoturie ou non, qui domine la scène. On doit la donner, additionnée de bicarbonate de soude, k la dose de trois à quatre grammes, divisée en trois cachets à prendre au moment des repas. Lorsque ces deux médicaments sont, pour un motif ou un autre, mal tolérés, on peut recourir à la valériane, sous forme d'extrait, à doses assez élevées (quatre à cinq grammes), mais sans se dissimuler qu'elle est plus active dans le diabète insipide ou azoturique que dans le diabète sucré. Les sels de quinine sont également utiles.
Enfin, dans ces cas, les pratiques hydrothérapiques constituent une précieuse ressource et l'hygiène morale doit être l'objet d'une surveillance toute parculière.
A côté du nervosisme, d'autres éléments morbides peuvent susciter des indications thérapeutiques spéciales. C'est ainsi que chez les sujets lymphatiques on essaiera de forcer la dose d'arsenic ou de faire accepter l'huile de foie de morue qui s'accorde très bien avec le régime antidiabélique. Mais ces deux agents ne conviennent guère aux malades trop obèses : ici la médication iodée sous forme de tein-