DIABÈTE MALIN
fondement troublée, où les émonctoires fonctionnent médiocrement, les agents pharmaceutiques les plus efTicaces doivent être employés avec une grande prudence qui exclut toute action curative sérieuse. Enfin, dans ces cas, on ne saurait songer à instituer une médication anticausale, comme dans les diabètes arthritique ou nerveux. Aussi faut-il renoncer à obtenir non seulement la disparition, mais même une rémission durable des accidents diabétiques. Néanmoins, on ne doit pas, fût-ce dans les cas en apparence les plus graves, perdre l'espoir d'atténuer certains symptômes particulièrement inquiétants et de ramener la maladie à des allures moins rapides.
La diète lïèiyreuve peut nous renseigner à cet égard, en établissant une ligne de démarcation entre les formes sur lesquelles on a quelque prise et la variété franchement maligne, à peu près réfractaire à. toute intervention.
Lorsque la diète d'épreuve n'amène guère de détente, n'abaisse pas sensiblement le taux de la glycosurie, et surtout n'enraie pas la dénutrition, la conviction s'impose que rien n'arrêtera l'eflfondrement de l'économie; qu'au contraire elle détermine une amélioration plus ou moins notable, on peut fonder quelque espoir sur l'action palliative du traitement ultérieur.
Ici l'aphorisme prhmim non nocere doit être toujours présent à l'esprit du médecin, et ce n'est qu'en tâtonnant, en essayant successivement divers régimes, divers médicaments, qu'il peut obtenir des résultats relativement heureux.
En ce qui concerne la diète alimentaire, il faut se départir quelque peu de la rigueur, qui est.de miîe
RÉGIME alimentaire;
dans les autres variétés de diabète où la glycose se forme presque exclusivement aux dépens des principes sucrés et féculents. Il est illogique en effet d'imposer au malade un régime strict très pénible à suivre, du moment où l'on sait que les principes les plus divers fournissent des matériaux à l'hyperglycémie. L'objectif est d'abord de fournir à tous les tissus les éléments de reconstitution pour soutenir et restaurer les forces.
Il faut avant tout que le malade mange, l'appétence dùt-elle ne se produire que pour des aliments peu recommandés aux diabétiques. Sans se départir de l'exclusion des substances sucrées, on sera moins sévère en ce qui concerne les féculents, en insistant plus que jamais sur l'usage des graisses, et tout particulièrement de l'huile de foie de morue. Quant à l'alimentation azotée, malgré ses propriétés reconsti tuantes, elle ne sera prescrite qu'avec modération, de peur d'amener de l'inappétence et de favoriser la production des accidents acétonémiques. Enfin le lait constitue quelquefois une ressource précieuse, alors surtout que le chiffre des urines s'abaisse rapidement, sans que la glycosurie diminue en proportion; et même aux moments où les urines présentent la réaction caractéristique de l'acide diacétique, on se trouve bien du régime lacté exclusif, quitte à le miti-ger si le malade vient à s'en dégoûter, ou à l'abandonner aussitôt que les manifestations prodromiques de l'acélonémie se dissipent.
Cette ligne de conduite prudente doit égalementêtre suivie en ce qui concerne les diverses pratiques hygiéniques destinées à activer les combustions organiques. Ici, surtout, il faut prendre en considération l'état général; si l'exercice est utile, la fatigue
DIABÈTE SUCaÉ 0