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CHAPITRE PREMIER

Considérations générales sur les întlîcations dii traitement liydromînéral.

Le diabète sucré est un des états morJjides où le traitement hydrominéral se montre le plus efficace. Si les cas de guérison complète, définitive, qu'on peut lui attribuer sont, en somme, assez rares, sauf en ce qui concerne le diabète accidentel, d'essence transitoire, l'obserYation clinique inscrit tous le» jours àson actif, dans les formes chroniques ou subaiguës, des faits d'amélioration très marquée qui se traduisent soit par une atténuation habituellement très accusée de tous les phénomènes cardinaux du syndrome diabétique, soit même par une rémission plus ou moins prolongée durant de quelques semaines à quelques mois.

Peut-on soutenir, avec certains médecins sceptiques à l'égard des propriétés curatrices des eaux minérales, que ces heureux résultats sont dus en ma-

152 UTILITÉ DES CURES UYDROMIiNÉRALES

jeure parlie à l'hygiène, dont les prcscripUons sonl mieux suivies dans une ville d'eaux que partout ailleurs? Certes, il n'est pas douteux que les diabétiques s'y trouvent dans les meilleures conditions hygiéniques, loin de leurs affaires, à l'abri des préoccupations de tout genre, vivant au grand air, faisant par la force des choses de l'exercice, menant une existence régulière et en quelque sorte végétative où le soin de leur santé constitue leur unique souci. Mais sulFit-il de les envoyer pendant quelques semaines en villégiaturé pour amener une détente semblable à celle que produisent certaines cures thermales? Évidemment non; les eaux minérales agissent par elles-mêmes, indépendamment des questions de milieu, de genre de vie, etc., à telles enseignes que souvent leur influence bienfaisante so fait sentir, sans que les malades s'astreignent pendant leur cure à une diète alimentaire aussi rigoureuse que dans leur existence habituelle.

Mais ce mode d'intervention thérapeutique est-il indiqué dans toutes les variétés du diabète? Au premier abord, abstraction faite des cas où la maladie est arrivée à la période de cachexie ultime, on pourrait le croire, étant donné que l'emploi des eaux qui se partagent ce genre de clientèle, comme Vichy ou Carlsbad, amène presque constamment une atténuation de certains phénomènes diabétiques, tels que la glycosurie, la polyurie, la polydypsie? Mais de là à prétendre que l'état morbide dans son ensemble soit toujours amélioré, il y a loin; car ces rémissions partielles, souvent très éphémères, sont plus que compensées chez maints malades par l'aggravation d'autres symptômes, non moins inquiétants, tels que le dépérissement progressif, si bien que la cure

ACTION DES CURKS U VDROMINÉRALES l-ld

thermale nous les rend parfois dans une situation beaucoup plus précaire qu'au début de ce traitement qui avait suscité tant d'espérances.

Pour pouvoir s'expliquer cette variabilité dans les résultats du traitement hydrominéral, il faudrait connaître exactement son mode d'action. Or, nous devons reconnaître qu'à cet égard nous sommes très imparfaitement renseignés. Qu'on expérimente, un à un ou réunis, les divers principes contenus dans les plus réputées des eaux minérales, les eaux bicarbonatées et sulfatées sodiques, on est loin d'obtenir des effets similaires à ceux que produit une cure thermale, par exemple à Vichy ou à Carlsbad. Bien plus, ainsi que l'observation journalière le montre, il en est de même pour l'emploi à domicile des eaux transportées. C'est ainsi que divers auteurs allemands ont constaté que l'eau de Mûhlbrunnen, à Carlsbad, chauffée, n'a pas, lorsqu'elle est absorbée loin de la source, une action supérieure à celle de l'eau chaude vulgaire. Faut-il en conclure, ainsi qu'on l'a prétendu, que c'est à leur thermalité seule que les eaux alcalines doivent leur efficacité? Cette thèse n'est pas soutenable; car si, comme nous l'avons vu, l'eau chaude exerce par elle-même une influence favorable sur le processus artliritique en général et par suite sur certaines formes de diabète, si, par conséquent, la thermalité constitue un élément important de l'action hydrominérale, on ne saurait oublier que, parmi les sources utilisées à bon droit contre cet état morbide, il en est de froides.

Il y a donc là, comme du reste pour la plupart des eaux minérales, un nesrio quid qui échappe encore à l'expérimentation. Mais à défaut de données de cet ordre, l'observation clinique assigne aux eaux alca-

KAUX ALCALINES

lines deux propriétés fondamentales. D'un côté, et avant tout, elles modifient, par des voies encore mystérieuses, les échanges nutritifs, et à ce titre agissent à la façon des médicaments altérants contre l'arthritisme dans toutes ses modalités; d'autre part, elles influencent les fonctions digestives, toujours intéressées dans le diabète, qu'il soit d'origine arthritique ou qu'il relève d'une autre dy<5crasie, hépatique ou pancréatique. On conçoit dès lors que, souveraines dans le diabète arthritique où elles interviennent à titre de médication anticausale en même temps que symptomalique, elles sont beaucoup moins actives dans les autres variétés de la maladie où elles ne s'adressent qu'à certains éléments du processus morbide, non les plus redoutables.

La notion pathogénique doit donc ici encore guider la thérapeutique, et les indications du traitement hydrorainéral découlent de la classification des formes du diabète que nous avons essayé d'établir au début de ce travail. Aussi, avant de se décider à cet égard, le médecin devra-t-il toujours soumettre pendant quelque temps son malade à un traitement d'épreuve diététique et pharmaceutique, qui lui apprenne à quelle variété de diabète il a affaire et ce qu'il peut attendre d'une cure thermale.

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