KAU.V ALCALINES
ces stalions, il importe de se prononcer au suiel d une thèse qui trouve encore des défenseurs parmi les médecins et qui surtout n'a pas perdu son crédit dans le grand public : celle de la cachexie alcaline bans doute, à l'envisager au point de vue de la chimie biologique, cette conception n'est plus défendable • mais il n'en demeure pas moins certain que les eaux alcalines fortes, celles en particulier qui possèdent une action déplétive prononcée, ont une inOuence trop accusée sur les échanges nutritifs pour ne pas être dangereuses, quand elles sont employées mal à propos ou sans ménagements, de môme qu'elles peuvent entraîner une perturbation de l'économie à redouter chez des individus dont la résistance organique est trop aflaiblie. Tout en condamnant l'alcalinophobie, on ne doit pas tomber dans l'excès contraire en négligeant ce côté de la question, et dans les cas douteux il faut savoir se contenter de cures thermales à résultats moins brillants, mais aussi moins perturbatrices, et qui joignent à leur action antiarthritiqufe des propriétés toniques et reconstituantes.
Si mentionner ici tous les types cliniques de diabète arthritique constituerait une tâche aussi stérile que fastidieuse, nous pouvons du moins en signaler les principaux.
■ Tout d'abord une distinction s'impose entre deux catégories de malades : les premiers, diabétiques avant tout, chez qui le diabète est absolument au premier plan; les seconds, arthritiques plus que diabétiques et à ce titre présentant à côté de la glycosurie d'autres manifestations dyscrasiques dont il faut tenir compte, plus parfois que de riiy^jergly-
Gemie.
VlCllY ET CARLSBAD lO'
Dans le diahète arthritique jmr, deux stations thermales, Vichy ai CarUhad, sont sans rivales ; car, à tort ou à raison, les eaux, même les plus minéralisées, de Vais sont surtout employées comme eaux de table. Et cependant— ce qui prouve le peu de valeur au point de vue thérapeutique des classifications hydrologiques fondées sur la composition chimique, — Vichy et Carlsbad appartiennent à deux catégories distinctes, puisqu'elles constituent le type, l'une des bicarbonatées sodiques, l'autre, des sulfatées sodiques.
Leur action est rapide, leurs effets parfois merveilleux. Au bout de quelques jours on voit d'habitude la glycosurie diminuer de moitié et même davantage, pendant que la soif et la polyurie, surtout nocturne, s'atténuent, que la sécheresse de la bouche disparaît. Souvent, à la fin de la cure, que d'ailleurs il ne faut jamais prolonger outre mesure, les urines, après des oscillations en sens divers, qui demeurent inexpliquées, sont revenues entièrement ou à peu près à la normale, les fonctions digestives se sont régularisées, enfin la dépression physique et intellectuelle, corollaire habituel de l'hyperglycémie, a fait place à une sensation de bien-être. Ce n'est souvent, il est vrai, qu'une rémission qu'il convient parfois, à Vichy du moins, d'accentuer, en faisant une seconde cure deux mois après la première ; mais, d'habitude, l'amélioration est si accusée que le diabétique attend avec impatience le moment où il pourra se retremper de nouveau à la station thermale qui lui a valu plusieurs semaines, plusieurs mois même, d'allégement à ses soutVrances.
Mais Vichy ou Carlsbad peuvent-ils être employés indifl'éremment? Doit-on surtout, avec certains au
VICIIY ET CARLSBAD
leurs allemands, accorder la prééminence à la station de Bohême, si Tière de ses douze sources puissamment minéralisées, et particulièrement de la majestueuse gerbe d'eau hyperthermale du Sprudel? A ces deux questions nous n'hésitons pas à répondre par la négative en nous appuyant surtout sur l'observation de malades successivement envoyés à Vichy et à Carlsbad. Pour nous, Vichy s'applique à la généralité des diabétiques arthritiques; Carlsbad ne doit lui être préféré que dans des cas spéciaux, bien déterminés.
Sont particulièrement justiciables de Carlsbad les diabétiques obèses, à ventre gros, hémorrhoïdaires, atteints de dyspepsie intestinale avec constipation rebelle ou diarrhée tenace, ou chez qui le foie, la rate, les reins sont congestionnés, et même en voie de dégénérescence, en un mot ceux qui présentent cet état morbide qu'on a désigné sous le nom de stase veineuse, de pléthore abdominale. Dans ces cas, l'action profondément altérante et aussi déplétive à volonté des eaux de Carlsbad trouve son indication, pourvu toutefois que l'organisme ait assez de vitalité pour résister à leur influence perturbatrice. Nous avons en effet constaté maintes fois que beaucoup de malades, ceux d'un certain âge surtout, sont fort éprouvés pendant quelque temps par cette cure et qu'ils en reviennent améliorés au point de vue de la glycosurie, mais avec une dépression très marquée des forces, avec de l'anémie, des sensations vertigineuses, etc. On peut, il est vrai, remédier à cet ébranlement de l'économie en faisant suivre la saison de Carlsbad d'une cure d'air dans les montagnes à altitude modérée : pratique que nous ne saurions trop recommander.