CHAPITRE IV
Complications cardiaques.
Le cœur et les vaisseaux sont souvent touchés chez les diabétiques. Non qu'il faille d'ordinaire attribuer au diabète lui-même les altérations organiques ou les désordres fonctionnels qui se produisent dans l'appareil circulatoire ; si l'adultération du sang et le trouble général de la nutrition qu'occasionne cette dystrophie peuvent déterminer certaines variétés de myocardite et môme, d'après Lecorché, des endocardites valvulaires, il est indubitable que ces états morbides relèvent d'habitude soit de processus infectieux anciens, soit de la dialhèse arthritique. Cependant la question se pose peut-être en d'autres termes en ce qui concerne l angine de poitrine. Comme les crises A'angor ^wi'om coïncident parfois avec d'autres manifestations nettement diabétiques, telles que la sciatique, et qu'elles disparaissent en même temps que la glycosurie, il est permis de croire qu'ici le rôle de cause efficiente appartient au diabète même (Vergely, Mayer).
Reste enfin le collapsm cardia([ue diahétiqve qu'a décrit Schmitz; d'après cet auteur on rencontre chez un grand nombre de diabétiques des phénomènes d'asthénie du cœur, tels que faiblesse de l'impulsion cardiaque etarlérielie, somnolence, vertiges, nausées,
DIABÉTIQUES MITIUUX '
tendance aux lypothymies. D'ordinaire le repos atténue et même dissipe ces accidents ; mais parfois aussi les malades succombent par collapsus cardiaque, à la suite d une syncope ou de manifestations comateuses qui ne se différencient guère du coma diabétique que par l'absence de la réaction acétonémique des urines. Tout en considérant ce complexus morbide comme beaucoup plus rare que ne le pensait Schmitz, il faut tenir compte de cette tendance parétique chaque fois que le cœur est touché dans le diabète; d'où la nécessité de préciser les indications thérapeutiques chez les diabétiques cardiaques.
On peut classer ceux-ci en trois catégories à ce
point de vue :
Dans la première classe rentrent les diabétiques porteurs d'une affection mitrale ou d'une lésion chronique du myocarde, mais sans phénomènes asystoliques. Parmi les médicaments antidiabétiques, les alcalins elles arsenicaux restent en situation; par contre les opiacés ne doivent être employés qu'avec beaucoup de circonspection. L'iodure de potassium ou de sodium, si utile en pareil cas contre la dystrophie myocarditique, n'exerce pas d'influence fâcheuse sur la glycosurie. Mais on éprouve plus de difflcultés au point de vue du régime alimentaire. Car il [ne faut pas abuser des graisses, pour ne pas amener, surtout chez les diabétiques obèses, une surcharge adipeuse du myocarde; aussi se trouve-l-on souvent bien de l'usage du lait. Enfin, si tout exercice physique violent doit être interdit, le travail musculaire modéré, comme il se pratique par exemple dans ce que les Allemands appellent les cures de terrain, est cl recommander.
DIABETIQUES AORTIQUES
Dans un second groupe se placent les aortiques le, au contraire, les opiacés, à dose faible, sonUrès nd.ques a.nsi que Fiodure et le bron.nre Ïs sium ou de sodium ; nous ne craignons même p^s de recouri. aux injections sous-cutanées de m n'ine lorsqu II se produit de l'angoisse ou des crises d s
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Qu'enfin les signes d'asthénie cardiaque apparaissent, Il ne faut pas hésiter à instituer une médication énergique; car il n'est pas rare, comme nous lavons vu, que le myocarde fléchisse brusquement pour donner lieu à des accidents de coliapsus qui peuvent avoir une marche extrêmement rapide et rendre soudain très critique la situation d'un malade qu on ne croyait pas sérieusement menacé. Sans se préoccuper du diabète, on ira au plus pressé en employant pendant quelquesjours le régime lacté, avec I lodure de potassium etla caféine.Lorsque la polyurie persiste ou qu'au moins l'excrétion urinaire ne tombe pas au-dessous de la normale, cette médication réta- J) it d habitude au bout de quelques jours l'équilibre etl on peut revenir progressivement à la médication antKhabétique. Qu'au contraire il se produise de ohgurie, l'indication de la digitale est formelle à la condition toutefois que le myocarde ait conservé quelque tonicité. Dans le cas contraire, ce médicament perd toute efficacité et la thérapeutique est à peu près désarmée dans sa lutte soit contre l'asystohe croissante, soit contre le coliapsus imminent. Si c'est la note asystolique qui domine, on recourra aux moyens usités en pareille circonstance régime lacté absolu, révulsifs, purgatifs, iodure de