‹ Thérapeutique du magnétisme et du somnambulisme appropriée aux maladies les plus communesChapitre 8 sur 21 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

IMMORTALITÉ DE l’àME HUMAINE. EVOCATION DES AMES PAR LES SOMNAMBULES. MANIERE D’OBTENIR CES ÉVOCATIONS ; RÉALITÉS ET ERREURS QUELLES PRɬ SENTENT. CONDITIONS DANS LESQUELES ELLES ONT LE PLU» DE CHANCE DE SUCCES D’APRES DES EXPÉRIENCES DE TRENTE-CINQ ANNÉES SUR CE SUJET!... EXTASE! FACULTÉS DES EXTATIQUES ! MOYENS DE FAIRE EN¬ TRER LES LUCIDES EN EXTASE. DANGERS DE CET ÉTAT : RÉSUMÉ SUR LE SOMNAMBULISME.

Dans les chapitres précédents, nous avons abordé de graves questions métaphysiques qui nous conduisent naturellement à traiter de celles psychologiques. Celles-ci n’offrent lien d’extraordinaire pour celui qui croit en l’existence de l’âme et à son immortalité, mais elles sont très contestées par ceux qui ne se rendent pas compte de cette

existence, ou qui ne veulent pas s'en rendre compte!

Si nous avons pu prouver dans les propositions précédentes, par les détails que nous avons donnés sur les facultés somnambuliques: qu’il y a en chacun de nous deux individualités, l’une agent, l’autre patient; nous devons nous intéresser à ces individualités et chercher à connaître ce qu’elles deviennent à la cessation de leur union terrestre? Nous n’aurions pas le secours du somnambulisme, que nous aurions celui des religions en général, et de la raison en particulier.

Les religions par le secours de la révélation. nous affirment l’immortalité de l’àme humaine, habitant, après sa sortie de l’état matériel, des lieux destinés au résultat de ses actions matérielles; et la raison nous affirme cette proposition par la plus simple des observations qui est celle de notre naissance à ce monde! En effet, avant de nous occuper où nous allons, occupons-nous d’où nous venons? qui nous sommes? qui nous a préparés à cette existence. Questions aux quelles répond le nom d’un créateur! S’il n’en était pas ainsi, il faudrait admettre que l’action la moins réfléchie de notre vie enfanterait seule ce chef-d’œuvre du règne animal, sans que nous en eussions aucune notion! Si c’est au contraire un créateur,

ET BU SOMNAMBULISME

une force, une intelligence première qui nous a tous créés, eiles ont dû le faire de toute éternité, ou il faudrait qu’elles le tissent continuellement! Si elles l’ont tait de toute éternisé, elles nous ont déposé quelque part, dans un état dont nous n’avons aucune connaissance, si au contraire, elles le font au jour le jour, il faudrait admettre dans ce cas, que, ces créateurs, attendraient, le besoin de copulation chez deux êtres, pour en créer un troisième? ne pouvant faire descendre l'œuvre de ces créateurs à une telle condescendance, il est plus sage de laisser ces deux questions pendantes !

Nous ne pouvons nier cependant que nous piéexistions d’une manière quelconque avant de prendre la forme matérielle que nous portons en ce moment. Préexister est une vitalité antérieure qui en fait supposer une ultérieure, qui a lieu quand on nous emballe eutre cinq planches couvertes de larmes versées par la vraie amitié on par l’hypocrisie! moment où l’on nous croit mort, poussière, et anéanti à tout jamais!

Ce mot a quelque chose qui n’éveille pas chez les hommes l’envie de connaître cet état, il les effraie tant, qu’aucun d’eux, pour les plus grandes richesses de la terre, ne serait tenté d’y passer pour en connaître les mystérieux secrets ! Mais l’état mixte du somnambulisme s’est trouvé heureusement mis à la portée de l’homme pour interroger ce cercueil effrayant

représentant le rien, le néant ! cercueil qui nous prouve J'opposé pour consoler notre cœur désespéré, en nous mettant, par son intermédiaire, en rapport avec l’être qu’il renfermait! Etre, qui, en ce jour, vit aussi bien que nous, être qui se souvient de nous, et nous continue sa tendre amitié ! Oui, par l’état somnambulique nous pouvons mieux apprécier l’état matériel et celui spirituel, nos études recommencent avec plus d'espoir de succès. Une nouvelle lumière intelligentielle nous éclaire, nous nous trouvons mieux, et nous nous trouvons être moins malheureux!

Comme beaucoup d’hommes, nous avions souffert, et la souffrance nous avait fait blasphémer contre tout ce que nous ne comprenions pas, surtout en religion. Le nom d’un des nombreux dieux, des professeurs religieux que nous connaissions ne pouvait être prononcé devant nous, sans nous procurer des horripilations! Nous étions par eux devenu Athèe\ par conséquent, le Dieu de notre être. Content de cette manière de voir, nous vivions assez péniblement de notre état de tourneur en chaise, dans la ville de Rambouillet. Il y avait dans cet endroit, comme dans toutes les contrées du monde, des gens qui croyaient aux sorciers, ce qui provoquait dans notre esprit des moments de sévères railleries. L’on citait,entre autre, un monsieur Renard, employé aux hypothèques de cette

ET DU SOMNMABULISXIE

ville, comme étant un bien-aimé de Belzébuth. Il ne nous en fallut pas davantage pour désirer nous rencontrer avec ce monsieur. On nous facilita une entrevue avec lui: Nous fûmes bientôt désabusé en entendant un homme d’un esprit très sceptique et très droit en toutes ses observations ! Nous liâmes connaissance ensemble, au point de ne pouvoir plus nous quitter. Le scepticisme de M. Renard, nous convenait en ce qu’il n’aftirmait jamais sans restriction, ce qui était de la sagesse, et ce qui lui donna un grand empire sur notre esprit fougueux, et beaucoup moins instruit que le sien. Ce monsieur mit sa riche bibliothèque pleine de livres de choix traitant de sciences occultes à notre disposition. Nous y puisâmes à belles mains, nous en fûmes quitte pour absorber autant de poussière de ces bouquins que de lumières qu’ils contenaient.

Nous pûmes bientôt tenter quelques expériences magnétiques qui furent couronnées d’un plein succès, il n’en fallut pas davantage pour apporter une révolution incroyable dans notre esprit. Nous comprîmes bientôt toute l’étendue de cette puissante faculté! Nous pouvons dire que le jour où nous déposâmes une pensée dans un simple verre d’eau, pensée qui fut suivie d’une pleine manifestation, nous vîmes dans ce simple fait, plus que nous ne connaissons encore aujourd’hui. Nous dûmes revenir sur nos pas, pour prendre une autre

route! Monsieur Renard nous l’indiqua, en nous mettanten mâinstm ouvrage & Emmanuel Swedenborg. Mais hélas! nous n’étions pas encore assez préparé pour lire avec fruit ce savant auteur, que nous reléguâmes dansuncoin; nous lui en demandons pardon dans ce jour.

Nous revînmes habiter Paris, où nous nous occupâmes plus spécialement de cette science. Nous eûmes la chance d’y rencontrer Bruno Binet, l’extatique cité dans les Arcanes de la vie future dévoilés, c’était un voisin d’enfance aussi fou et turbulent que nous l’étions, par conséquent, préférant fréquenter un théâtre qu’un temple. Lorsque ce jeune homme entra en parfaite lucidité, il devint un missionnaire à noire égard, qui entreprit de nous faire croire en un autre Dieu que ceux que nous connaissions et de demander humblement pardon au vrai Dieu, à la cause, à la force, à l’intelligence première, à l’inconnu enfin de nos offenses et de nos doutes! Très émotionné, les yeux humides, et la crainte au cœur de n’être pas absous, nous venions au moins de faire acte d’une souple intelligence égarée, qui, au moindre rayon de lumière aperçu par elle, était prête à suivre une autre toute; L’extatique Adèle Maginot acheva rnotre éducation sur cette nouvelle étude. Elle nous avait été annoncée par Bruno, comme devant produire de grandes choses.

Notre nouvelle lucide, à peine sous notre

direction, fut prise d’extases célestes dans lesquelles elle était continuellement en rapport avec les âmes de ses parents décédés.

Conversant avec ces âmes pendant des heures entières, et nous plongeant dans un doute que nous ne pouvions annuler faute de le savoir.

Nous fîmes part de cet état à Monsieur Renard qui nous conseilla de demander l’apparition d 'Emmanuel Swedenberg, que nous n’avions pu lire, et de recommencer à étudier parle secours d’Adèle,ce qu’a dit si Clairement et avec une précision si mathématique ce grand roi des Extatiques, Nous suivîmes le conseil de notre ami, en mett .nt Adèle en rapport avec ce bon esprit. Nous prîmes note du minutieux signalement qu’elle nous donna de ce savant, signalement dont nous ne pûmes apprécier l’exactitude que plus de six mois après cette première apparition, il était très exact .

Un vénérable abbé de l’église Saint-Sulpice consultant Adèle un jour sur des questions étrangères aux apparitions, se trouva être, très étonné du signalement que cette lucide lui donna d’un prêtre de ses amis décédé depuis quelques années, qui se trouvait être affirmait-elle, auprès d’elle et répondait aux questions scientifiques que posait à cette lucide ce vénérable abbé. Comme on a pu le lire dans l’ouvrage des Arcanes, le consultant fut plusieurs jours avant de pouvoirrou-

ver le nom de cet ami décédé; ami qui avait voulu le lui taire pour des raisons à lui connues. Cette apparition, qui se répéta bien des fois, ne fut pas la seule que monsieur l’abbé désira, il en demanda une autre, d’un autre prêtre également décédé, afin de s’assurer par cette dernière expérience qu’il n’y avait aucune communication de pensée entre lui et la lucide. Cette nouvelle apparition fut conforme à ses désirs, et se trouve être relatée dans l’ouvrage précité. Il ne nous en fallut pas davantage alors pour enlrer dans cette nouvelle route, l’explorer en tous les sens, et admettre qu’Adèle avait pu tout aussi bien voir et converser ainsi avec les membres de sa famille pendant plus de six mois, qu’elle le faisait avec des esprits qui lui étaient étrangers.

Nous donnâmes de ces apparitions à qui nous en demanda, voilà aujourd’hui près de trente-cinq années, sans y trouver quoique ce fût qui pût détruire notre conviction à leur égard.

Nous recueillîmes ainsi, à l’appui de cette nouvelle étude, des procès-verbaux qui furent signés par les hommes les plus humbles comme par les plus sceptiques. Des notabilités en toutes les sciences et de toutes les conditions, furent aussi satisfaites que les plus obscurs prolétaires : nous pouvons dire que du trône à l’autel, nous fûmes mis en demeure de prou-

ver nos propositions sur ce sujet et que tout le monde fut satisfait. Nous publiâmes ces expériences sous le titre Arcanes de la vie future dévoilés en trois volumes dans lesquels figurent huit extatiques différents. Cet ouvrage contient plus de cent questions métaphysiques, psychologiques et théologiques auxquelles répondit presque toujours le même esprit, Swedenborg, sous le patronage duquel nous avions placé Adèle spécialement; nous préférons cet esprit, vu qu’ayant été lui-même, pendantqu’il existait sur la terre, une trentaine d’années en rapport et en continuelle société avec un grand nombre d’esprits, et ayant publié une certaine quantité d’ouvrages traitant de cette question; nous ne pouvions mieux nous adresser pour être renseigné sur celles qu’il nous plairait de traiter avec ce savant, peut-être sans égal en son siècle. Bien nous en prit sans doute, car l’ouvrage précité des Arcanes, écrit presque sous sa dictée, reçut l’honneurde plusieurs traductions en différentes langues et se trouve être très répandu dans ce jour.

Nous sentons que nous faisons là, une conlession qui soulèvera bien des doutes qui, cependant, nous osons l’espérer, n’atteindront pas notre honnêteté ni notre bonne foi, mais qui commanderont un examen, que ce qu’il nous reste à dire élucidera, nous le croyons.

Nous ne nous arrêterons pas à citer ce que

les savants, les ignorants et les gens de mauvaise foi dirent de ces études et de leur auteur; fou aux yeux des uns, idiot aux yeux des autres, charlatan pour beaucoup, et un peu esprit infernal pour les gens d’église, nous ne fûmes pas étudié généralement comme la question le méritait et le commandait. Nous n’apprenions cependant rien de nouveau aux hommes, leurs livres religieux sont pleins de faits semblables : les livres scientifico-philosophiques n’en sont pas dépourvus. Ceux du magnétisme n’en manquent pas. Nous nous sommes donc trouvé faire, à l’égard des apparitions, ce que Mesmer avait fait lui même à celui du magnétisme, ainsi que ce que Puységur avait fait envers le somnambulisme. Nous présentions une étude nouvelle, en ce sens que nous enseignions les moyens d’en provoquer les laits au lieu d’attendre du temps ou de l’incident leur manifestation. Ce plan de notre part nous fit couvrir de l’anathème d.es sommités de la science qui nous occupe. Sommités jalouses peut-être de voir un tel rôle échu à un homme illettré, sans d’autres prétentions que de partager ce joyau avec ses frères!

L’on nous attaqua aussi déloyalement qu’injustement. Nous n’en lûmes pas quitte pour quelques pages de grossières injures ; ce honteux procès fut porté jusqu’au tribunal de Rome où l’on mit à l’index trois de nos ouvrages dans un seul jour! Cet arrêt, joint aux tri-

bulations politiques du temps où nous publiâmes ces ouvrages nous firent perdre le faible bénéfice attaché au fruit de tant de veilles* Mais ce que nous ne perdîmes pas, ce fut le courage et l’espoir de dire un jour encore plus publiquement ce que nous ne pouvions dire qu’imparfaitement; nous remplissons aujourd’hui cette tâche, en enseignant plus complètement la manière de provoquer ces apparitions soi-même, comme l’ont fait, suivies d’une entière ré ussite jusqu’à ce jour, tous les magnétistes qui ont appris à le faire par la lecture des dits Arcanes. Les manifestations des tables tournantes,des esprits frappeurs, etc., qui ont pris naissance en Amérique, n’ont eu lieu qu’après les traductions des Arcanes dans ce pays. Il existe encore, en nos jours, dans ccs contrées, un journal ayant pour titre celui donné aux Arcanes qui est le Celestial teleffraph . Davis, somnambule naturel, fut le premier qui enseigna aux Américains le moyen d’obtenir des décédés des manifestations plus sensibles pour la matière que celles provoquées par nos lucides. Ce fut le médium somnambule qui enseigna, dans un ouvrage qu’il publia en 1850, le moyen de faire la chaîne autour d’une table, et d’entrer, par cet autre moyen d'appel, en rapport avec les esprits.

Ces études ont acquis un tel développement en Amérique aujourd’hui, qu’elles y comptent deux cent cinquante mille adeptes, et que

dix-sept publications mensuelles et quotidiennes en développent, avec un grand succès, les mystérieux effets.

En 1865, les frères Davenport, médiums d’une grande force, désirèrent prouver aux Français, que des rapports entre les deux mondes peuvent exister relevant de certaines conditions ; mais les frères Davenport trouvèrent sur leurs lias ce que nous avions trouvé nous-même: de la mauvaise foi engendrée par de fausses étu ■ des ; ces jeunes médiums furent accusés de fraude; on ne leur permit pas de justification! Us durent quitter la Fiance emportant avec eux une triste idée de l’urbanité française, et surtout de l’impartialité de la presse politique.

Napoléon III voulut juger par lui-même ces fraudes présumées. Il fit venir au palais de St- Cloud ces jeunes médiums, qui, en présence d’une trentaine de personnage de haute condition, produisirent tous les faits contestés par la jalousie.

La multitude de faits obtenus isolément en Europe au moyen des tables et de celui de nos évocations, nous dédommagea de l’injustice des hommes, et nous engagea à continuer de leur enseigner ce que nous apprenons nousjnême au jour le jour !

Manière de provoquer les apparitions.

Lorsque vous pvez un lucide qui vous q

donné des preuves d’une bonne clairvoyance, vous agissez dans cette circonstance, comme vous le faites dans celles des vues à distance, en demandant la personne décédée par ses nom et prénoms exactement. Lorsqu’elle est présente, vous vous en faites donner le signalement comme dans les vues précitées, et vous jugez s’il est exact... Si vous ne dites pas au lucide que la personne demandée est décédée, il pourra arriver que le voyant ne s’en aperçoive pas. Si au contraire vous lui dites, en commençant cette expérience, que la personne que vous désirez qu’il voie est décédée, il pourra vous objecter, selon ses croyances dans son état de veille, (croyance plus ou moins persistantes dans son étatprésent) que cela lui est impossible ; que les décédés n’apparaissent pas aux vœux du premier venu et qu’il préfère voir des personnes encore dans l’état matériel ! Vous ne ferez rien d’un tel lucide si vous ne dissimulez pas avec lui, puisque vous pouvez très bien lui cacher vos pensées; quand même il aurait lalaculté à l’occasion de les connaître; et cela par un effet de votre volonté, vous pourrez donc, dans ce cas, obtenir cette apparition, mais vous en resterez au signalement, en ce qu’il ne pourrait arriver à la connaissance de la maladie ayant occasionné la mort, sans voir expirer l’individu, ce qu’il prendrait pour une fausse vue. C’est pourquoi, dans ce genre d’expérience, il est préférable d’avoir un lucide ayant l’affection de cette étude.

Pour obtenir une preuve assurée que le sujet voit bien le décédé demandé, nous ne nous contentons pas du signalement très détaillé de cet esprit, nous demandons à connaître la cause de son décès, quel était son caractère? ses affections? et quelques particularités de son existence matérielle s’il est possible ? Il nous est arrivé plusieurs fois, comme on a pu le lire dans les Arcanes, d’obtenir des renseignements auxquels le demandeur ne s’attendait pas.

Nous avons tenté de pousser nos investigagations jusqu’à vouloir connaître l’état présent de ces esprits, et de leur demander des conseils sur des affaires d’intérêt concernant les personnes qui réclamaient cette bienveillance de leur part.

Nous avons obtenu souvent de bonnes révélations et d’autres privées de tout contrôle, par cela même paraissant au savant observateur comme à l’ignorant argumentateur n’être que des rêveries. Nous ne saurions dire ce que ce genre de recherches nous a coûté de peine pour les élucider, et nous a rapporté de ridicule?

Le lucide après avoir donné le signalement exact de Ja personne demandée, et avoir également donné quelques détails sur sa vie privée, est prêt à servir d’interprète entre vous et cet habitant des sphères supérieures, mais dans le langage mystique

comme dans tout ce que fait le lucide dans les autres communications, il y a la vaste part des erreurs ! L’on comprend qu’il en doit être ainsi, car s’il lui était permis de connaître la vraie vérité , (comme la nomment nos hommes politiques), dans quelque temps que ce fût et dans quelque lieu que ce soit, l’homme aurait la prescience spirituelle. C’est la moindre des choses que le monde agent, conserve pour lui cette puissante faculté, qui serait pour nous une doueur de plus à ajouter aux autres et non a moins pénible à supporter.

Dans l’état somnambulique, comme dans l’état de veille, l’homme erre.

Dans l’état prophétique, comme dans l’état extatique, il laisse toujours au fond du vase, dans lequel il verse ses connaissances, des erreurs plus ou moins graves! Les livres prétendus sacrés fourmillent eux-mêmes d’erreurs plus ou moins dangereuses à admettre, c’est ce qui nous prouve que la connaissance de la vérité sur beaucoup de choses, n’est pas du domaine de l’homme dans son état présent.

Dans le genre d’expérience que nous proposons, il y a cependant une manière de conduire les lucides, qui, sans être assurée de ne pas rencontrer d’erreurs, est plus convenable au point de vue d’une meilleure réussite et du respect qu’on doit à cette

intéressante étude ainsi qu’aux intelligences invisibles qui la conduisent, nous ne pouvons donc admettre qu’on oublie à son sujet d’observer les convenances jusqu’à rire du plus ou du moins de probabilité de sa réussite. Nous désirons qu’on se souvienne qu’il y a entre le lucide et le demandeur un nom en jeu, qui n’appartient plus à la terre, et qui mérite au moins les mêmes égards que ceux dont on usait envers lui quand il était parmi nous.

Le rire ou l’insouciance dans une telle circonstance, donnent la mesure de l’attachement et du respect qu’on avait pour celui qui n’est plus présent à nos yeux, nous n’admettons pas, par conséquent, la manière insolente et vaniteuse, dirons-nous, avec laquelle des milliers d’êtres en nos jours, interrogent les esprits qui, dit-on, produisent les manifestations des tables tournantes et parlantes, ainsi que toutes celles qui se font en nos jours en ce genre. Le tutoiement, plus dominateur que fraternel qu’on emploie à l’égard de ces esprits, nous donne la mesure de ce qu’ils font, en revanche, à l’égard de leurs insolents questionneurs, en jelant ces derniers dans des erreurs plus ou moins préjudiciables à leur intérêt ainsi qu’à leur avenir spirituel, ils ne font que de leur donner une leçon de meilleure étude et leur prouver que le savant véritable n’est

pas toujours à la discrétion de qui croit les dominer.

Causes des erreurs dans les apparitions.

1° Une simple expérience, bien réussie en ce genre, offre instantanément la preuve irrécusable de l’existence ultérieure à la matière de I’ame qui l’a animée. Elle offre, en même temps, la preuve de la faculté qu’ont les lucides magnétiques d’entrer en rapport avec cette âme. Ce fait admis conduit naturellement à le généraliser en disant : si une âme peut apparaître ou être vue ainsi, à la simple demande d’un lucide, toutes les âmes qui sont dans le même état peuvent faire la même chose. Cela est vrai, et c’est parce que cela est vrai, que ce fait enfante des erreurs incalculables.

Sans entrer ici en matière sur les notions qui nous ont été données, concernant les lois de l’existence future de l’âme humaine, nous dirons cependant que si l’on vit au delà de le tombe, c’est pour penser, agir et affectionner, sinon comme sur la terre, au moins dans un sens plus élevé qui, cependant, ne doit pas offrir une trop brusque transition aux affections terrestres de chaque être, au point de la transporter trop brusquement du connu dans l’inconnu, du pressenti dans Yimpressenti.

C’est directement le point fondamental de nos propositions que nos antagonistes veulent combattre et que nous tenons considérablement à défendre, parce qu’elles sont en rapport et ne trangressent pas aux lois naturelles connues; qu’elles sont, en plus, la preuve la plus positive de l’harmonie de la création.

L’existence du monde spirituel, ou monde des esprits, n’est donc, et ne doit être aux yeux de tout impartial observateur qu’une succession des affections de la vie terrestre , et rien de plus, hors les angoisses et les appétits grossiers de la chair; le reste est une suite des aspirations envers telle croyance ou telle étude qui nous conviennent; telle vertu ou telle passion que nous caressons; ce qui a fait admettre avec raison l’existence de bons et de mauvais esprits, conseillers ou guides. Ceci est exact et peut être contrôlé par chacun par le secours des lucides maguétiques.

2° Si tous les esprits bons ou méchants, savants ou ignorants peuvent ainsi apparaître aux dits lucides, il peut et doit arriver, lorsque vous demandez l’apparition de Pierre, votre parent, si vous êtes, ainsi que le lucide, dans une disposition insouciante ou négative d’esprit, qu’un Pierre inconnu de vous, ayant mal compris votre appel, vienne troubler cette étude en se présentant à votre lucide dans ou hors les conditions du signalement du Pierre demandé, vu que tous les esprits peuvent, par

une faculté de pensée qui leur est propre à chacun, paraître être ce qu’ils désirent être ; ou en tel lieu qu’ils désirent visiter ! Ce faux Pierre peut même pousser sa puissance de cognition spirituelle, jusqu’à vous répondre sur certaines particularités du Pierre qu’il représente, particularités qu’il empruntera à la mémoire du vrai Pierre, vu qu’il peut s’insinuer en elle et en connaître ce qu’il désire. Ce que fait ce faux Pierre n’est simplement que la satisfaction pour lui de l’atï'ection qu’il avait sur la terre, affection de tromper qui continue de le dominer pendant un temps plus ou moins long.

3° Beaucoup de lucides, dans toutes les expériences que nous avons citées, se disent être instruits, éclairés, ou conduits par des esprits qui leur sont plus ou moins supérieurs en savoir et en prescience, esprits qui formulent leurs ordonnances médicales, ou leur dictent leurs réponses aux questions que vous leur adressez.

Ces mêmes lucides accusent encore généralement être placés ainsi sous la tutelle de deux esprits, l’un de lumière et l’autre des ténèbres. Il arrive fort souvent à l’esprit des ténèbres d’imiter l’esprit de lumière et de jeter à l’improviste le lucide dans des erreurs très grossières. Nous n’osons entrer ici dans des détails circonstanciés à cet égard, nous nous permet-

Irons seulement de signaler que cela peut arriver et qu’il est bon d’en prendre note.

Il nous est facile, par ce faible aperça, d’entrevoir en un instant le vaste domaine d’erreurs dans lequel peuvent entrer ceux qui n’auraient aucune connaissance de ces choses ou qui n’y feraient aucune attention! L’on pourra argumenter qu’il devient très difficile, dans ce cas, de connaître si l’on est en rapport avec de bons ou de mauvais esprits, nous répondrons que les résultats de ces communications sont les seules preuves irrécusables qui éclairent sur ce sujet. Nous dirons en plus que les esprits desharmoniques, d’erreur et de troubles, connaissent et traitent très mal des questions religieuses, fraternelles et honnêtes, qu’ils ne font en ce genre que ce qu’ils peuvent.

Tout esprit qui, dans les conseils qu’il vous donne, tend àvous éloigner de la connaissance de Dieu, et de l’amour pour vos semblables, est un esprit ténébreux duquel vous avez à vous métier.

Tout esprit qui cherche à vous conduire dans des spéculations illicites, qui flatte des affections réprouvées parla morale etl’honnêteté, est un agent de troubles qui, tôt ou tard, vous plongera dans un bourbier affreux duquel il n’est pas facile de se tirer. Il est plus facile de reconnaître les esprits de sagesse et de lumière aux tendres marques d’amour qu’ils

vous donnent en vous conseillant la confiance en la bonté de Dieu, l’amour envers le prochain, la probité dans vos relations sociales, l’oubli des injures, l’indulgence envers ceux qui pensent mal, qui vous exhortent à croire en une vie meilleure que celle-ci, vie dans laquelle se trouvent l’harmonie la plus parlaite ainsi que la connaissance de l’utilité de de toutes les manifestations terrestres, la compensation de toutes les douleurs, la satisfaction de toutes les privations, et la jouissance calme et modérée de toutes vos affections, tant qu’elles ont pour but votre bonheur fondu dans le bonheur commun de tous les hommesl

4° Nous avons dit dans l’étude précédente, que le lucide ainsi que son magnétiseur avaient la puissance d’émaner des images par lesquelles ils représentent le sujet de leur pensée, image qui il y a deux mille ans, Lucrèce nommait simulacres; très fausse dénomination, qui ne pouvait convenir qu’à des hommes comme Lucrèce, dont les études ne tendaient qu’à prouver, comme le docteur Buchner en nos jours, que la matière seule existe; sans préexistence ni surexistence pour l’individualité des parties qui la composent et la gouvernent. Les images desquelles nous parlons sont loin d’être des simulacres sans vie, et sans action ; ce sont bien des fractions de la vie même des êtres et des formes ; frac-

tions, fonctionnant et remplaçant à l’occasion l’être dont elles sont plus ou moins disjointes. Nous devons revenir sur cette question importante, car ce que peuvent les âmes encore enfermées, dans la matière, le peuvent à plus forte raison celles qui en sont dégagées !

Cet échange de pensées ainsi daguerréotypêes leur sert, qui plus est considérablement dans leurs moyens de communication avec les lucides; car il peut arriver comme nous l’avons vu souvent, qu’on demande l’apparition d’un décédé dont le langage est totalement inconnu du lucide ainsi que du magnétiste ou du demandeur. C’est alors que les lucides accusent généralement, entrer en rapport avec de tels esprits par trois modes de communication qui sont: 1° Par la parole, langage que connaît et parle le lucide, 2° par le secours d’images représentant les êtres ou les choses à connaître, 3° par l’intuition, espèce de sensation parlant à nous ne savons quel sens; mais dont les définitions valent bien les nôtres.

Nous ne savons encore aujourd’hui, après trente-cinq années d’études en ce genre, auquel des deux derniers moyens nous devons attribuer la langue unique des êtres, langue qui existe dans l’univers céleste. Ce qu’il reste prouvé pour nous dans cette question, c’est que le lucide sait ce que nous 'désirons qu’il connaisse que nous le sachions ou ne le sachions pas nous-mêmes; que nous le biiex-

primions par un moyen quelconque ou que nous ne lui exprimions pas; que nous le mettions en rapport avec un étranger ou avec des lieux inconnus de nous deux, il voit etsai, ce qu’il ne nous est pas possible de voir ni de savoir.

Si on lui demande comment il voit ou sait ces choses? il répond, je vois, je sais ou je sens; il est donc très difficile, d’après ces trois réponses de prononcer si le langage unique des esprits est un échange d’images ou une sensation. Nous sommes cependant porté à croire que c’est un échange d'images qui, dans certaines circonstances, peut être appuyé de la sensation par une combinaison qui détermine alors le savoir. Ce qui nous conduit à admettre cette proposition, c’est que nous avons été à même de l’étudier directement par des communications spéciales,et par ce qui nous a été révélé par le secours des lucides en communication avec l’e sprit Swedenborg, esprit qui nous a affirmé que toutes nos pensées sont des êtres vivants s’offrant aux yeux de l’âme sous la forme de la chose dont la dite âme prend copie pour en représenter la forme dans tout ce qu’elle façonne matériellement. Nous avons même pu faire comprendre à tous ceux qui l’on t désiré jusqu’à ce jour, la réalité de cette proposition. Cette communication ne serait pas autre chose que la vue de la forme de leurs pensées, au lieu de les formuler par le secours

de la parole. Cette proposition est d’ailleurs très admissible devant les résultats que nous obtenons, en somnambulisme, elle n’a rien qui répugne à notre examen, surtout si nous admettons l’existence de ce langage unique.

Il est indubitable que, par le secours de la parole, le langage dont nous parlons semble être bien moins possible que par le secours de la vue représentative des choses passées, prenons pour exemple que nous tussions dans un pays étranger dont nous ne connaissons point la langue, et que nous ayons besoin de pain, ou d’uD ustensile quelconque. Si nous ne savons comment l’on nomme en cette langue ce que nous voulons, nous ne pouvons faire comprendre notre pensée, mais il en sera autrement, si nous pouvons trouver l’objet ou l’image de notre désir sous notre main, nous le montrerons à ceux dont nous désirons être compris. En tous pays, nous reconnaîtrons du pain, un lit, une table, du feu et nous ne pouvons en aucune langue nommer ces choses, si nous ne parlons pas cette langue, il est donc admissible de croire que le langage unique est un échange de pensées, formes typiques ou imagées de la chose qu’on désire faire connaître ou connaître soi-même, plutôt qu’une parole sonnante, et impressionnant de différentes manières selon les lieux et les êtres avec lesquels l’on se trouve en rapport. Les premiers signes employés par les hommes pour

se comprendre entre eux, écrire leurs connaissances et leurs histoires n’ont été autres que des images hiéroglyphiques, comme nous le remarquons sur l’obélisque à Paris, et sur tous les anciens monuments égyptiens et autres.

Cette proposition admise, il n’en découle pas moins des erreurs incalculables pour celui qui n’a pas l’habitude de transmettre ainsi sa pensée. Erreurs auxquelles les lucides plus ou moins élevés sont sujets.

5° Nous avons dit qu’il existait des images déposées en tous les lieux où ont séjourné des objets quelconques, images que le lucide retrouvait en tous temps.

Il doit découler de cette proposition, que chaque phase de la vie des êtres doit être représentée en eux par des images de ces phases. C’est ainsi, par exemple, que le lucide peut retrouver, chez l’esprit qui lui apparaît, les états dans lesquels il a passé, à partir du berceau à son âge présent. Il peut également, retrouver en cet homme toutes les actions de sa vie, dans le domaine de la mémoire de ce dernier. C’est ainsi qu’il nous décrit les vêtements que nous portions à tel âge, les affections que nous avions, ainsi que les particularités les plus saillantes de-cet âge. Le passé, le présent et le futur, ne sont alors qu’un présent , plein d’actualité et de vibrations aux yeux du lucide, ce qui nous prouve que ce n’est par un seul être qu’il voit ainsi, mais

bien autant d’êtres qni se succèdent les uns aux autres.

Nous sentons que nous entraînons le lecteur ici malgré lui dans un labyrinthe que nous voudrions lui éviter de visiter; mais nous ne pouvons cependant pas traiter convenablement cette question sans parler de ces mystères.

Si superficiellement que nous le fassions, nous prions de nous pardonner en faveur de notre envie d’initier l’étudiant à de très grandes études, qu’il trouvera plus ou moins dans nos autres ouvrages et surtout dans ceux d’ Emmanuel Swedenborg. Nous affirmons ici qu’il n’existe et ne peut exister un corpuscule, si petit soit-il, dans la création, qui ne soit immortel. Il en est de même de toutes les actions de son existence terrestre. Ce qui le prouve, c’est la perception qu’enfontles lucides en eux-mêmes, par le secours de leur mémoire. Oui, il est possible, dans certaines circonstances de lucidité, à un somnambule, de vous dire ce que vous avez fait et dit tel jour et à telle heure, il peut vous dire à quel propos vous avez dit ou fait ces choses. Il peut, de la même manière, vous donner le signalement très exact de votre corps et des vêtements qui le recouvraient alors. Ne croyez pas qu’il ne puisse faire ces choses, que parce que vous êtes en rapport avec lui, et qu’il les voit dans votre pensée. Ce qu’il peut

ET Dü SOMNAMBULISME

à votre égard, il le peut à celui de la première personne, que vous aurez la fantaisie de lui nommer ainsi qu'à l’égard de toute existence passée de laquelle vous n’aurez aucune connaissance présentement.

Nous le répétons le lucide est semblable à une onde calme qu’agite la moindre pierre qu’on jette en son sein en lui lésant perdre le oeau miroitage qu’elle avait avant cette agitation. Voyez combien il faut de patience, d’observation et de précaution à l’homme qui cherche à connaître et à démontrer des propositions aussi délicates que celles que nous traitons en ce jour, pour être à l’abri de tout soupçon. Nous ne voulons pas effrayer sur les difficultés qu’offre cette étude, vu qu’à la première obtention d’un des faits cités, l’on sera encouragé à continuer : Mais nous conseillons d’ètre prudent, si l’on veut traiter de cette question avec les incrédules, car on pourrait peut-être ne pas toujours être les vainqueur.

6° Nous avons encore reconnu que les consultants demandaient très souvent avec une espèce d’indifférence leur père ou leurs parents, quand ils auraient autant désiré demander un ami pour lequel ils avaient une plus tendre affection, et auquel ils pensaient en ce moment. Le lucide voyait alors cet ami auquel pensaient ces person-

nés, et ne voyait pas le parent démandé, cela provient qu’il nous suffit de penser ardemment un instant à un décédé, ayant l’idée de converser avec lui, pour qu’il soit instantanément auprès de nous, et converse avec votre âme à l’insu de notre corps. Nous avons tous, dans cette circonstance, la même faculté que les lucides, la seule différence qui existe entre eux et nous, est que nous n’avons aucune connaissance de cette communication. Ce fait n’est pas plus à mettre en doute que de faire questionner une personne terrestre à distance par un lucide, personne qui, par le secours de son âme s’entretiendra très bien avec le lucide. Ce dernier obtiendra d’elle des renseignements exacts qu’il lui sera facile de connaître plus tard. Nous avons vérifié cette faculté des lucides, vous pouvez la vérifier comme nous, en leur faisant questionner à son insu, une personne éloignée de vous et en prenant note de l’heure, vous apprendrez que peut-être à cette heure, cette personne prononçait un discours ou chantait un morceau de musique sans avoir été distraite en rien de ses occupations présentes : le lucide n’en éprouvera pas plus de difficulté.

Par le fait de cette simple expérience, vous accorderez bien la même faculté à l’âme des décédés, surtout si vous avez déjà été convaiueu de la promptitude avec laquelle elles

viennent parler .aux lucides. Vous en conclurez donc que la possibilité des expériences précitées fait admettre celle que nous vous proposons, qui est que vous pouvez, comme les lucides, vous entretenir inimement par la pensée avec les décédés.

L’indifférence que nous venons de signaler dans ce genre d’évocation peut donc, comme nous l’avons fait entrevoir, enfanter une nouvelle source d’erreurs pour le lucide. Les erreurs dont nous venons de parler ont été saisies de suite par nos antagonistes, pour appuyer leur argument de la comunications de la pensée envers laquelle elles paraissent vouloir conduire; mais, malheureusement pour ces savants, ils ont rencontré dans notre personne un homme qui avait étudié cet argument sans y trouver rien d’admissible, aussi leur proposâmesnous ce contre-argument.

Si le lucide voit seulement l’image de la personne décédée imprimée dans la mémoire du consultant, il ne peut voir que ce que ce dernier a vu lui-même. Comment pourrait-il voir alors l’état présent de cet esprit que le consultant n’a pas vu vingt ou trente ans avant son décès et donner au consultant des détails, tant sur le signalement que sur les actes de cet être, actes postérieurs bien entendu à ceux qu’il a connus. Si les détails du lucide sont re-

connus exacts, par voie de renseignements, sera-t-on encore en droit de dire que cette apparition est une communication de pensée entre le consultant et le lucide? Non, il restera prouvé que l’âme du décédé demandé est bien devant le lucide, se présentant à lui dans des conditions à être reconnue, conditions qui sont dans la corpulence, le physique, les habillements et même les difl'ormités que le corps pouvait avoir étant sur la terre. Nous avons expérimenté à cet égard, de cent manières différentes, et dans toutes ces expériences uous avons obtenu une satisfaction que vous obtiendrez, nous en sommes assuré. Que nous ayons connu ou non ces décédés; que les consultants aient été dans le même cas, ou que nous ayons fait de ces apparitions par correspondance sur le simple nom du décédé pour le compte de personnes qui nous étaient totalement inconnues, nous avons toujours fait la même opération, et obtenu la même réussite. Dans ce dernier cas, nous prenons même la précaution de ne point remettre la lettre entre les mains du lucide, afin qu’il ne pût lier aucun rapport avec la personne qui l’a écrite.

Pour ce qui nous concerne, nous n’avons plus d’arguments à poser contre la question que nous traitons en ce moment, nous sommes convaincu qu’elle est exacte, nous

ne nous occupons plus que de la connaissance de ses lois et de ses erreurs.

7° Nous devons dire également qu’il existe des apparitions multiples, il est arrivé qu’en demandant Jacques Duchesne, par exemple, le lucide voyait cinq ou six membres de cette famille avant de voir celui demandé.

Ces membres apparaissaient à la lois, ou se succédaient, d’aïeul, au grand-père, au père, au dis. Chacun d’eux voulait répondre au nom demandé, en disant qu’étant de la lamille, il était assurément celui qui ne venait pas. Ce groupe d’esprits, qu'on ne reconnaissait pas toujours au premier abord, jetait le trouble et i’indé.cision dans cette étude et faisait douter que le lucide lût en bon état de lucidité. Loin de répudier cette apparition multiple, nous engagions au contraire le consultant à méditer sur elle et à chercher dans ses souvenirs ou dans ceux de sa famille, si les particularités décrites par le lucide ne seraient pas applicables à quelques membres décédés de cette famille. Les renseignements pris ont souvent lait reconnaître l’exactitude de la vision, ce fait nous a convaincu encore davantage que l’argument en la laveur de la-communication de pensée était faux.

Il n’est pas rare non plus, en demandant un décédé, que ce soit un ami de ce décédé qui se présente le premier au lucide, cela

thérapeutiqhe du magnétisme

nous est arrivé quelquefois. Sans la persévérance que nous mettions à nous faire donner un signalement très détaillé de cet ami, nous n’aurions jamais pu penser que le lucide voyait juste. Le consultant finissait par reconnaître cet ami, qui ne voulait pas toujours dire son nom, nous ne savons pourquoi. L’on dirait que ce genre d’entraves apporté à cette étude, est au contraire une combinaison de la providence qui veut détourner nos soupçons et nous donner une affirmation plus puissante sur l’existencce de la vie future (1).

Conditions dans lesquelles les évocations ont le plus de chances de succfs.

Comme nous l’avons déjà dit, la première des conditions a observer dans ces sortes de séances, est d’y apporter le respect et la bienveillance qu’on avait envers l’être décédé, lorsqu’il était parmi nous, si l’on n’est pas tenu de croire à la possibilité de cette apparition, l’on est tenu d’en douter au moins loyalement, et de désirer la voir plutôt réussir que de la voir manquer... Si l’on n’est pas tenu d’observer aucun acte religieux, il est toujours préférable de placer

(1) Voir les Arcanes de la vie future dévoilés , et l'encyclopédie magnétique.

son espoir en Dieu, et de le prier de permettre à cette âme, plus ou moins rapprochée de lui, de venir auprès de nous, nous apporter la preuve irrécusable de son existence et de nous donner connaissance de l’étendue plus ou moins grande de son bonheur.

Nous n’endormons jamais nos lucides pour tenter une telle expérience sans adresser à Dieu, mentalement, cette courte prière.

« Daignez, ô mon Dieu ! répandre un rayon de votre divine lumière sur ce lucide qui lui permette de voir et de converser avec l’âme de P... M... Si vous trouvez cette communication utile à notre bonheur, et si vous nous trouvez digne de l’obtenir. » Je m’adresse ensuite ainsi mentalement à l’esprit évoqué. < P... M... notre frère en l’Eternel, je vous prie d’apparaître à ce lucide dans toutes les conditions nécessaires pour être reconnu, et de répondre à ce que vous trouverez convenable dans nos questions, pour la consolation de la personne qui vous prie de venir auprès de nous. »

Nous ignorons si les magnétistes, qui depuis la lecture des Arcanes, font de semblables évocations, ont recours à ce genre de prière mentale. Nous ignorons même si elle est utile? Mais ce que nous n’ignorons pas, c’est qu’il nous semble doux de la faire, et qu’elle raffermit notre foi.

Conduite h tenir dans les apparitions.

Lorsque le lucide accuse voir le décédé, nous lui adressons ces trois questions:

1° Quel est l’âge à peu près de cette personne?

2° De quelle couleur sont ses cheveux?

3° De quelle taille vous paraît-elle être?

Si les trois réponses faites par le voyant sont exactes, selon l'affirmation ou la négation du consultant, nous renvoyons l’esprit apparu, ou nous continuons en priant le lucide de compléter les détails du signalement. Nous n’adressons pendant ce temps-là aucune question au consultant, nous le prions même de ne nous en adresser également aucune.

Si les détails donnés par le lucide sont reconnus exacts, nous adressons alors au décédé les questions qu’il plaît au consultant de lui soumettre.

C’est en ce moment où nous avons besoin d’être humbles, croyants et francs ; car selon le sens captieux ou douteux des questions, se trouvent être les réponses qui y seront faites. Si le consultant adresse au décédé des questions dont il connaît d’avance les réponses, comme celles-ci: Étiez-vous marié? A quel âge êtes-vous mort! Aviez-vous des enfants? Combien? toutes questions faites dans le but de surprendre la mémoire du décédé en défaut,

ou de nier la lucidité du somnambule, il peut être assuré que les réponses seront telles il les prépare vu que des erreurs s’y glisseront à profusion. L’on dirait qu’une puissance supérieure, qui connaît le sot argument de la communication de pensées, prend plaisir à l’annuler par ces erreurs qui ne devraient pas exister, si cette communication avait vraiment lieu. Nous nous trouvons punis dans ce cas par là ou nous péchons. Si, au contraire, on laisse le lucide libre de dire tout ce qu’il voit, et de converser à son gré avec le décédé, l’on obtient des éclaircissements et des confidences bien supérieures fort souvent à ce qu’auraient produit les questions douteuses posées par la méüance.

Il est donc utile de ne point semer l’erreur, car elle pousse vite dans le champ de l’inconnu. Il est non moins utile de ne pas être indiscret, car on trouve une réserve très sévère. Ne questionnez jamais un décédé sur des sciences ou des études dont il n’avait pas l’affection sur la terre, car il pourrait arriver qu’il ne sût quoi vous répondre.

Ne lui demandez pas de secours pour trouver un trésor, gagner un procès, réussir dans telle ou telle entreprise plus ou moins loyale, car il est comme vous soumis à des lois qu’il ne lui est pas donné de braver.

Soyez probe et humble dans vos questions ; que l’intérêt matériel ne vous domine pas;

comme il a pu 'peut-être vous aider à ensevelir avec plaisir ce décédé ; car vous êtes devant un être qu’il n’a plus besoin des richesses, ni des honneurs de la terre, et qui les a assez oubliées pour ne plus pouvoir comprendre comment vous pouvez aimer des choses aussi passagères. Il connaît votre fin plus ou moins prochaine, il considère ce que vous avez encore à rester sur la terre, comme quelques heures, et jette un coup d’œil à la dérobée sur vous comme une tendre mère le tait sur le berceau de son enfant endormi pour voir s’il n’ouvre pas les yeux à la lumière.

D’après ce que nous avons pu connaître do l’existence spirituelle, nous en avons conclu qu’il n’y a rien de surnaturel dans cette existence, elle n’est qu’une continuation de celle terrestre, ce que nous affectionnons sur la terre nous continuons de l’affectionner au monde spirituel jusqu’à entière satisfaction, et satiété dirons-nous! Combien de fois sommesnous séparés sur notre globe, d’un parent ou d’un ami d’enfance, pendant de longues années sans y penser. Combien de fois nous disons-nous : Si je ne pouvais plus voir telle personnequej’en serais heureux! ce qu’on ne peut faire en ce genre dans l’état matériel peut très bien se faire dans l’état spirituel; car cet état n’étant qu’une continuelle source de satisfactions, il est indubitable, qu’on ne désirera pas le contact de personnes qu’on n’affectionne

pas. L’état spirituel n’est donc préférable à l’état matériel qu’en ce qu’il ne nous soumet pas aux nécessités, aux usages, et aux mille et une singeries, que l’âme libre méprise, et qu’elle est fort souvent contrainte d’accepter pour vivre en paix avec ceux dont c’est l'affection.

Comme notre intention n’est pas de faire un cours détaillé sur l’existence future, nous renvoyons à nouveau, pour mieux connaître cette question, aux ouvrages d 'Emmanuel Swedenborg, ainsi qu’à ceux que nous avons publié traitant spécialement de cette existence; par conséquent, nous n’enseignons que les notions indispensables à connaître pour guider dans les expériences que nous proposons.

Qu’on ne croie pas également que le lucide pourra converser selon nos vœux avec tel ou tel décédé, il le fera plus ou moins facilement selon les sensations qu’il éprouvera à son contact. 11 pourra arriver que leurs sphères ne s’unissent pas, par conséquent il en résultera une gêne réciproque dans leur dialogue. Le décédé peut d’un autre côté n’être pas communicatif, être plus ou moins persuadé de ce qu’il dit, et être avancé plus ou moins dans son état présent, ce qui le rend moins compréhensible, et cause des erreurs d’appréciation, très nombreuses. C’est à ce sujet que nous prions de ne pas perdre de vue ce que nous avons déjà dit sur la manière de converser des esprits

entre eux, et faire la part des difficultés qu’elle offre.

Le décédé conserve la mémoire de son existence terrestre; mais il peut arriver qu’il n’aime pas plus y fouiller, que nous n’aimerions le faire en pareil cas, s’il nous fallait, pour satisfaire à la curiosité d’un importun, nous remémorer quelque particularité de notre existence qui nous impressionnerait désagréablement, et surtout si nous étions en ce moment à un brillant spectacle, à un harmonieux concert, ou livré à une étude profonde, nous n’aurions hâte que de quitter celui qui viendrait ainsi nous troubler, pour nous demander si nous n’avons pas habité il y a vingt ans, une chambre telle rue, avec prière de lui dire de quelle couleur était le papier qui la tapissait, etc.? L’état spirituel étant un état tout de paix et d’allégresse, les réponses que les esprits font aux lucides en ce genre sont celles que nous ferions nous-mêmes. Si nous étions dans cet état, nous répondrions: Est-ce que je me souviens de ces futilités? est-ce que je sais ce que vous me demandez? de qui, ou de quoi venez-vous me parler? etc.

Nous présentons ces observations parce que les observations de ce genre sont indispensables dans les études dont nous traitons. Si on ne les connaissait pas, on pourrait en premier lieu n’admettre la possibilité de telles réponses, en ce qu’on croit généralement que

l’homme rendu à l’état d’esprit doit s’intéresser à nous. Ainsi, qu’on le sache et qu’on n’attende pas d’eux des réponses satisfaisantes à son gré, car le savoir de l’esprit questionné peut être très restreint, comme il peut ne pas avoir affectionné; ou ne plus affectionner maintenant les choses dont on l’entretient.

Les erreurs dont nous avons parlé en traitant du somnambulisme, se présentent telles qu’elles dans les évocations, tant en mauvaise lucidité, qu’en productions d’images trompeuses, influence malveillante; crédulité:

duperies, hallucinations causées par des esprits ténébreux, tout cela.se reproduit dans les évocations. Nous ne pouvons terminer cette étude sans dire quelques mots sur l’état extatique.

Extase.

L’extase produite par le somnambulisme est un état supérieur à tous ceux que développe le puissant agent magnétique. Il a des phases aussi différentes que nombreuses, ce qui le caractérise en général ; c’est une surexcitation de l’intelligence, et une soumission incroyable de la matière. Nous ne chercherons pas à décrire avec détails tous les aspects sous lesquels il se présente, nous ne saurions le faire et, le saurions- nous, que nous ne le pourrions dans le cadre rétréci de ces études, ainsi que par le secours de la parole,

vu que la nôtre est privée de toute la richesse de style qu’exige un tel sujet. L’extatique luimême ne peut exprimer ce qu’il ressent, ni décrire ce qu’il voit. Il est transporté par une note de musique, dans un ciel de béatitudes ineffables et indescriptibles, ciel qui est à la fois la source de l’arôme des fleurs, de la vibration des sons, de l’harmonie des couleurs, de la naissance, de la lumière et de la vie éternelle d’un printemps sans commencement ni fin.

Le musicien y jouit du doux accord du chant des anges.

Le poète du savoir des muses.

L’astronome de l’harmonie des mondes.

Le physicien des lois qui président aux manifestations terrestres.

Le mathématicien, de l’heureuse combinaison des nombres, dans leur rapport du tout à la la partie.

Le mécanicien, de la pertection des sphères et des carrés.

Le chimiste, de l’immense puissance des molécules éthérées.

L’humble artisan, des riches produits de son art.

Le sage religieux, des bontés infinies de l’Eternel : aussi voyons-nous dans l'état d’extase, une pauvre paysanne, qui connaît en musique tout juste l'air du clair de lune, le chantant même tort mal, promener ses doigts

inhabiles dans ce genre d’exercice sur un piano, en captivant notre ouïe par des notes et un chant aussi harmonieux qu’exécuté avec goût et justesse. Vient l’enfant de l’atelier, qui n’a jamais su en harmonie, que dresser une planche à l’aide de son rabot, ou une barre de fer à l’aide de son marteau, qui nous fera des vers, que ne peut répudier la plus stricte exigence. Il en est ainsi du physicien dont les propositions ne pourront être récusées par notre fausse logique. Mécaniciens , chimistes , mathématiciens étant de la même ignorance dans leur état normal se trouvent devenir très supérieurs étant en extase. La connaissance qu’ils acquièrent dans cet état semble être due à l’ardent désir qu’ils ont dans leur état de veille de connaître ce qu’ils ignorent.

Il peut aussi arriver que ce soit un échange, une communication du savoir du magnétiste, avec lequel l’extatique est tellement identifié danscertains moments qu’ils nefont ou paraissent ne faire qu’une seule âme, n’éprouver qu’une seule affection. Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il peut arriver que l’extatique et le magnétiste n’aient aucune affection pour le genre d’étude que le premier connaît comme à l’improviste,ou, comme par un effet de possession spirituelle, qui ferait croire que l’on a devantsoi un Va u c ans on, u n M a Ibr anche ,uu Ne wton ou autre. Nous devons voir dans ce fait autre

chose qu’une surexcitation d’une intelligence qui ne nous a jamais donné lieu de penser qu’elle pouvait être ce qu’elle est en ce moment; nous devons voir, an contraire, dans ce fait, l’infinie sagesse de la création, qui nous en cache le ressort en ce qu’à peine pourrions-nous expliquer le merveilleux de ces phénomènes, nous en déduirions des conclusions qui les classeraient dans les manifestations ordinaires qui nous étonnent à leur apparition, nous charment tout le temps qu’elles satisfont à nos besoins, et que nous méprisons quand nous en sommes saturés!...

Oui, la cause à laquelle nous devons l’être a voulu garder sagement dans son sanctuaire sacré, cet arcane, qni nous prouve à tout jamais, que nous sommes les patients et elle l’agent.

Pour ce qui concerne l’extatique religieux, c’est le dernier échelon de cette échelle infinie dont les pieds trempent dans la boue de notre globe et dont le sommet touche les cieux. L’extatique religieux est dans une humble et noble contemplation des domaines de l’inconnu dégagé des liens de l’état terrestre, il s’incline devant ce qu’il voit, converse avec des êtres qu’il nomme anges, prête une oreille attentive au chœur sacré des archanges, ouvre son âme à toutes les béatitudes célestes, comme à toutes les douleurs terrestres. Il prie Dieu pour son plus cruel

ennemi, comme pour son ami le plus intime.

Souffrant lui-même, il demande à supporter les douleurs morales de ses frères et à se charger de leurs plaies inguérissables. Sa vie, son sang, sa chair ne sont plus à lui, il aime tout ce qui respire ici, là bas, la haut, et dans l’inconnu. Il se divise en innombrables fractions d’amour, et cesserait d’être lui, pourvu que ses frères fussent heureux. Ses exhortations sont aussi douces que fraternelles, son regard est aussi plein d’amour que de calme, ses gestes sont aussi suppliants que libres. Enfin l’extatique est toute une création trop méconnue des hommes.

Lé corps de l’extatique, peut être dans l’immobilité la plus absolue, comme exécuter une gymnastique inadmissible par les lois de l’anatomie et de la physique. L’extatique peut être élevé à quelques mètres du sol; comme il peut y adhérer avec une force inconnue.

Il peut être stigmatisé, et invulnérable à tous les agents de destuction. Il peut tomber mort instantanément ou devenir fou sous une impression fâcheuse. Il peut guérir ou adoucir les maux des malades qu’il touche et opérer des prodiges médicaux incroyables. Sa vie peut être, à l’égard de son magnétiseur, semblable à un fil d’arai- . gnée que brise le passage d’un insecte, comme il peut briser lui-même tous les res-

sorts de l’imagination et de la puissance de ce magnétiseur. Il peut se rendre invisible comme obtenir des apports d’objets matériels, à travers la pondérabilité de la matière sans que cette dernière en paraisse être altérée.

L’extatique peut tant de choses dans cet état qu’il est plus raisonnable de conseiller de l’étudier, que de chercher à expliquer ces faits incroyables, explication qui nous ferait perdre dans l’esprit du lecteur la bienveillante confiance qu’il peut placer dans notre parole. Comme ces choses ne sont pas du domaine de la volonté humaine, elles peuvent donc, en tous les temps, être récusées faute de se manifester à tout désir, elles peuvent se présenter également accidentellement, et à l’improviste, on ne peut pas toujours appeler à soi des témoins pour les constater. Chaque magnétiste qui en a obtenu de semblables, se trouve convaincu de leur réalité, et cesse d’appartenir à l’école des argumentateurs qu’il fréquentait la veille, mais ce n’est qu’un de convaincu dans des millions, et son témoignage est si faible, qu’il lui fait délivrer de suite un brevet de fou! Faites ce que nous conseillons, observez sans prévention aucune, et peu vous importe si vos frères vous traitent de fou, vous n’en plaindrez que plus leur ignorance.

L’extase est un état accidentel, nous le répétons, mais cependant il peut être provoqué par une volonté ferme de l’obtenir, ainsi que par une surcharge, dirons-nous, du fluide magnétique sur toute l’étendue du cerveau, nous l’avons obtenu souvent en posant une main à plat sur le sommet de la tête du sujet en état de somnambulisme, et l’autre main la paume appuyée sur le cervelet, ou la fossette du cou (comme nous le disons vulgairement), les mains posées de manière que la pointe des doigts soient près de se toucher.

Nous l’avons également obtenue, les doigts de la main droite réunis en pointe, et ajustés à trois centimètres environ du sommet de la tête, pendant dix minutes.

Il en est ainsi de la région du cœur, et de celle du creux de l’estomac, poser les doigts des mains réunis sur ces organes.

Un moyen moins mécanique et pour le moins aussi assuré, c’est celui de la douce quiétude de l’âme du magnétiste, qui par une conversation appropriée au but qu’il se propose, dispose son sujet à entrer dans cet état. La moindre exaltation des pensées du magnétiste, se répercutera au quadruple sur celles du lucide: et les électrisera (oseronsnous dire) à un tel point qu’elles atteindront aux degrés les plus supérieurs.

Nous avons employé également la puis-

sance de la musique, et celle des stimuents narcotiques; mais nous ne conseillons pas ces dernier moyens, qui exigent une grande connaissance des puissances de ces adjuvants, de celles des forces des sujets et des vôtres, puis surtout, des troubles qui peuvent en découler. Il n’est jamais bon de laisser des sujets trop sensibles, trop longtemps dans cet état, surtout dans l’extase religieuse, car on pourrait être exposé de ne pouvoir faire rentrer facilement cette âme libre dans les liens du corps, qu’elle méprise souverainement.

Dix minutes ne doivent jamais être dépassées sans s’exposera de graves accidents, dont le non moins à redouter pour le lucide, serait la mort, mais fort à craindre pour nous. Nous conseillons donc de ne jamais perdre de vue son sujet dans cet état, et d’être très sévère envers lui pour le faire rentrer dans celui normal qui est (par rapport à celui dans lequel il se trouve, en ce moment) l’état somnambulique. Il arrive souvent à l’extatique de vous prier de le laisser ainsi à son aise, n’accédez jamais à cette demande, sans convenir avec lui du laps de temps que vous lui accordez pour en jouir, et de le laire s’engager en présence de Dieu, qu’il ne dépassera pas les conventions passées entre vous et lui. Si vous vous aperceviez qu'il ne peut rentrer facilement d’un état dans l’autre à l’heure convenue, aidez-lui

à le faire, en lui déchargeant la tête par quelques passes transversales , et 4«i soufflant « une- fors - -eu,..deux sur le--front. Nous le - répétons, qu’on soit aussi sévère que vigilant à surveiller cet état.

Nous voudrions pouvoir compléter cet enseignement en disant à quel signe se reconnaît l’état d’extase ; mais il apparaît sous tant de nuances différentes, qu’il est très difficile de s’arrêter plus à telle expression de physionomie, qu’à telle autre : car la physionomie peut être très animée, comme très immobile... très colorée, comme très pâle, très gracieuse, comme très insignifiante, les yeux peuvent être grands ouverts, très fixes, comme vitreux. L’extatique peut parler, chanter, gesticuler comme il peut être complètement muet, et dans une immobilité effrayante. Cet état peut être accidentel, comme annoncé ou provoqué. Nous venons d’en dire assez dans ce peu d’observations pour donner une idée générale qui aidera à connaître que le lucide n’est pas dans son état normal.

La moindre question qu’on lui adressera à cet égard, éclairera instantanément, il saura bien dire dans quel état il est ou l’indiquer par son silence. Dans le premier cas, il priera de le laisser tranquille un instant, et dans le deuxième, il enseignera de le rappeler à son état normai.

Ce rappel se fait, comme nous l’avons dit, en

en lui dégageant le cerveau, comme si on le réveillait, on se trouvera alors devant un phénomène qui subjuguera l’observation en commandant à l’étudiant beaucoup d’humilité, envers ces études, que nous fuyons trop avec une impardonnable insouciance.

Pour résumer toutes les questions que nous avons plutôt effleurées que traitées à fond, nous dirons que notre désir a été de démontrer qu’à l’exemple de tous les corps animés, et dits inanimés , l’homme possède la faculté d’une émission corpusculaire ou vibratoire, nommée généralement magnétique par les magnétistes, et fluidique par les êtres doués de la propriété d’apprécier cette émission. Les corpuscules desquels elle est composée sont dépendants et indépendants de l’être qui les émet : 1° Ils sont dépendants dans l’action de magnétiser quand le corps auquel ils appartiennent les dépose où il trouve convenable de le faire, les animant de sa pensée et les forçant', dirons-nous, d’obéir à sa volonté. 2» Ils sont indépendants dans l’émission pe manente qu’on font sans exception tous les corps. C’est cette émission corpusculaire, que suit le chien et tous les animaux qui savent retrouver la trace de leur maître ou de leur nid. Comme nous l’avons dit dans notre première étude, l’on ne peut douter de cette vérité. Ce que l’on est convenu de nommer le magnétisme astral ou animal ne sont qu’une telle émission de

corpuscules invisibles à notre œil matériel.

Celui qui, parmi nous, pourrait en douter, serait obligé de rapporter ces faits, aux vibrations desquelles nous avons parlé, ou à une faculté de communication dont nous ne pouvons guère nous faire une juste idée dans notre état présent. C’est pourquoi nous continuons de rapporter ces laits à l’émission d’un fluide quelconque, définition la plus reçue en nos jours. Si nous avons confondu ce fluide avec les vibrations, c’est que nous avons reconnu que les deux peuvent exister et se compléter l’un l’autre.

Il doit résulter de l’émission de ce fluide corpusculaire, que les êtres en bonne santé, et pleins de vie ne peuvent émaner d’eux que des corpuscules aussi sains, et aussi actifs qu’ils le sont eux-mêmes. Nous conclurons donc que si l’homme par exemple dépose ces corpuscules chez un être qui est dans un état différent du sien, dans un état maladif, par exemple: il est indubitable que les corpuscules, pleins de vigueur que ce malade recevra de son semblable, lui communiqueront la vigueur dont ils sont pourvus eux-mêmes. Il en découlera irrésistiblement un changement avantageux pour lui, dans l’état de sa santé. Il est à présumer que ce malade peut attendre de ces corpuscules ce qu’il attend de ceux désagrégés d’une plante infusée, qu’il nomme tisane.

214 thérapeutique bu magnétisme

Si nous admettons qu’une décharge électrique, qu’un courant galvanique, que l’orage, la lune, le changement de température, certains millieux, certaines idées influent sur notre état normal, sans préméditation aucune bien entendu, l’on peut bien admettre qu’avec préméditation la puissante volonté de l’homme puisse diriger ses propres émanations corpusculaires, en tel endroit qu’il lui plaît de le faire afin d’atteindre le but qu’ils se propose.

Si, comme nous l’avons vu, ces corpuscules ont la puissance de stimuler la vie matérielle, et d’ajouter de l’huile dans la lampe (permettez-nous cette expression), nous devons logiquement admettre, que qui se porte mieux pense mieux, par conséquent que l’intelligence en reçoit également quelque chose.

Nous avons étudié les diflérents états par lesquels passait le corps et l’âme humaine, sous l’action magnétique, dont le non moins curieux estcelui nommé somnambulique. Nous avons accordé de grandes facultés à cet état, facultés que nous avons présentées à titre de propositions et que nous prions ardemment d’étudier. Les faits que nous avons cités étant irrécusables, nous ne voyons pas pourquoi nous refuserions aux somnambules magnétiques les facultés que la science officielle accorde sans restriction aucune, aux somnam-

ET DU S0MN4MBULISME, 215

bules naturels. A partir du moment ou la science officielle reconnaît dans l’homme de telles facultés, il ne s’agit plus de discuter leur possibilité d’être, ni de ne les accorder qu’à ceux qui les possèdent naturellement. Ce qui existe là, peut exister là-bas, ce qui existe naturellement, peut exister artificiellement.

Nous avons abordé d’autres études qui ne présentent pas, nous le savons, à notre exigeante raison, les mêmes degrés de certitude, les mêmes preuves matérielles, mais aussi pensons-nous avoir suppléé à ce manque de preuves palpables par des déductions irrécusables. Ce qui nous a conduit à ces déductions, c’est que si le lucide, peut voir dans son état, des lieux, des êtres et des actions, soit au passé, au présent, ou au futur, comment n’en déduirions-nous pas que si ce qui n’est plus présent à nos yeux, soit par l’effet des distances, ou d’une apparence de destruction, est présent aux yeux de ce lucide que c’est que ces lieux, ces êtres, ou ces objets existent. Comment n’en aurions-nous pas déduit, que pour voir, entendre, palper, et apprécier ainsi ce qui n’est plus pour nous, il faut qu’une deuxième manière d’être existe pour le lucide ou pour les choses dont il nous entretient, la déduction ne peut nous être contestée dans ce cas, par conséquent nous sommes entrés de plein droit dans le temple de l’inconnu, qu’en avons-nous rapporté?

THÉRAPEUTIQUE 1)U MAGNÉTISME

Beaucoup de propositions qui sont toutes plus consolantes les unes que les autres, en ce qu’elles nous assurent toutes une immortalité et des éternités d’existence, dont la moins longue et la plus pénible est sans contredit celle que nous subissons sur la terre, nous en avons rapporté une immensité d’études aussi neuves, qu’intéressantes, aussi dignes de notre jugement que de notre vénération. Nous avons entin appris à lever notre front vers les cieux notre patrie regrettée, dans laquelle nous avons laissé les connaissances de Dieu, de la vertu, de la fraternité, et surtout de notre liberté. Nous engageons donc d’essayer d’obtenir, par les moyens que nous avons enseignés, les états dont nous nous entretenons.

Qu’on ne mette dans cette étude ni enthousiasme, ni incrédulité, que la vraie raison, comme la vraie vérité nous conduisent et que l’éternel nous éclaire.

Sachons verser des pensées pures dans le vase où nous désirons qu’elles fructiüent, ne nous éloignons jamais de l’humilité, de la pudeur, ni de la fraternité, car tel nous serons, tels seront nos lucides.

Soyons studieux, patients et persévérants, notre moisson sera digne de nos vœux.

Nous voudrions quitter le lecteur sur cette phrase ; mais nous nous sentons encore poussé à recommander la méfiance envers les faux lucides, qu’on craigne surtout de rencontrer;

ces antidotes du savoir, de la vertu et de la vérité qui, en vue d’un obole, d’un reflet de gloire, ou de sales passions, ferment les yeux pour combiner plus sûrepient leurs roueries, et ne pas rougir de leur exécution. Ayons les yeux ouverts sur les coquettes, l’observation tendue sur les prétendus prophètes, et le cœur en arrêt sur les idiots; car ces êtres sont autant d’épines qui ne déchirent pas seulement les chairs, mais qui empoisonnent notre raison et nous laissent en scène sous des sifflets mérités.

L’homme est une créature divine, cela se peut; mais il n’est guère resté divin, étudions

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