‹ Thérapeutique du magnétisme et du somnambulisme appropriée aux maladies les plus communesChapitre 7 sur 21 · THIÎRÀPErTIQUE DIT MAGNETISME · texte numérisé non relu

THIÎRÀPErTIQUE DIT MAGNETISME

d’honnêtes professeurs. Ceux les non moins à craindre, ce sont les cerveaux faillies, enthousiastes, qui acceptent sans examen, et qui affirment sans connaissance de cause. Espérons vaincre ce débordement de fausses études, présidées par l’orgueil, la sottise et de mauvaises passions, qui menacent d’annuler tout vrai savoir, et toute vraie vérité au profit directement de ces mêmes professeurs religieux dont on sent le besoin de s’éloigner.

Causes des Erreurs en Somnambulisme

Avant de cesser de parler des facultés somnambuliques nous devons quelques explications sur la cause des erreurs qui surgissent, non pas dans les plus mauvais moments de lucidité du sujet, mais fort souvent dans ses meilleures dispositions; on le comprendra facilement lorsque nous en aurons traité.

C’est directement comme complément de cette étude que nous devons ces détails.

1° Mous venons de dire que le lucide dans l'état somnambulique peut voir à de très grandes distances, comme à de très rapprochées, à travers les corps opaques. Nous devons penser qu’en lui accordant la puissance d’arrêter juste sa vue sur l’objet qu’on désire qu’il perçoive, l’exactitude ou l’erreur sont la.

Si le lucide peut arrêter ses regards sur la

douzième carte du jeu, par exemple et qu’on lui demande comment il voit cette carte, il répondra qu’il voit selon son désir.

Si on lui adresse cette autre question : Ne voyez-vous pas les cartes qui la couvrent et celles qui sont sous elle? Il répondra : Je ne les vois pas parce que vous ne le désirez pas plus que moi. Je les verrais toutes les trente-deux si telle était notre volonté commune. Il résulte donc de ces réponses qui sont unanimes comme nous venons de le dire, que tous les lucides qui ne voient que ce que l’on les prie de voir, ne sont, qu’ou l’on désire qu’ils soient, ne peuvent par conséquent n’étudier que ce que vous leur proposez. Si le lucide, disons-nous, s’arrêta juste sur la douzième et qu’il ne voie p les autres cartes, rien ne dit que si sa vue était moins lucide, il ne s’arrêterait pas sur la cinquième ou si elle était extra-lucide qu'elle n’irait pas jusqu’à la vingtième.

Voici donc des erreurs apparentes, qui seraient dues au trop, ou trop peu de lucidité du voyant!.. Serait-on en droit de dire, que ce lucide ne voit pas?non, l’on ne pourrait que dire qu’il ne voit pas juste, ce qu’on désire qu’il voie.

2° Il en est de même dans les vues à distance, où les montagnes, où les murailles matérielles n’existent pas pour le lucide puisqu’il est à l’instant où il désire être; et que sa vue ne

s’arrête que sur les sujets demandés, ou qu’il désire voir lui-même. Ce ne peut donc pas être le matériel de ces choses qu’il voit ainsi, ce n’en peut être que le spirituel, que le type, que la forme immortelle, que nous nommons ame, il ne peut exister, qu’on en soit assuré, aucun des objets frappant nos regards qu’ils soient fabriqués par la main des hommes, ou par la nature, qui ne soient la copie d’une pensée quelconque habillée, peinte et rendue sensible par l’homme ou la nature, à nos yeux matériels, il s’en suit donc que la pensée de cet objet se trouve quelque part à l’état latent et inappréciable, d’image vivante, n’attendait que le moment d’entrer en rapport spirituellement ou matériellement avec les êtres en général, qui entreront dans un état semblable au sien. C’est ainsi que i’âme humaine dont la forme est inappréciable à nos sens matériels par sa non pondérabilité devient sensible en l’enfermant dans le menstrue matériel et l’habillant dans ce menstrue au moyen d’une substance plus pondérée en apparence que la sienne. Ce que fait l’âme humaine dans cette circonstance, pour se rendre visible, et sensible aux sens matériels, les germes de toutes choses le font généralement ainsi que toutes les pensées dont nous sommes possesseurs.

C’est ainsiqu’un ébéniste, par exemple, assemble des planches pour faire un meuble dont son âme a vu l’image par le secours d’une

pensée qu’elle a en elle ou qui l’entoure, et par le besoin que cette âme a ressenti de rendre l’image de cette pensée objective aux yeux de son corps matériel.

Elle ne peut arriver à ce but qu’aux dépens de la substance pondérée qu’elle façonne et qu’elle nomme un meuble.

Dans cette opération qu’a-t-elle fait? Elle n’a bien assurément que copié la forme de la pensée que lui a représenté ce meuble à l’état déformé. Pensée immortelle, vu qu’elle n’est point dépendante des désagrégats de la matière, par conséquent qu’elle ne peut être plus endommagée, qu’une lumière n’est appauvrie parce qu’on tire de son foyer des centaines de lumières semblables.

Si nous avons pu rendre notre pensée bien saisissable, l’on comprendra que, pour qu’il en soit ainsi, il doit exister deux genres de substances différentes dans toutes les manifestations de la nature, l’une à l’état d’âmes ou de pensées invisibles à nos yeux et impalpable à nos sens, substance qu’on nomme spirituelle, et l’autre visible et palpable, qui forme les corps, qu’on nomme substance matérielle. Ces deux genres de substance n’en font qu’une selon nous, en ce que leur impondérabilité et leur pondérabilité ne sont qu’un effet d’agrégation ou de désagrégation atomique et moléculaire. Nous pourrions aller plus loin, en disant qu’elles ne sont qu’un état de notre optique.

Nous n’allons pas jusque-là, en ce que des rieurs nous épient!

Nous ne pouvons nous empêcher de traiter peut-être longuement de la puissance d’optique des somnambules, et do sa faiblesse en même temps, mais cela est utile.

1° Il n’est aucun de nous, nous le pensons, qui, lorsque son souvenir se porte vers un lieu, un être, ou un objet quelconque, qu’il y a longtemps qu’il n’a vu, ne voie, instantanément, ces choses présentes en images plus ou moins objectives intérieurement en lui.

Ce que nous voyons tous ainsi incomplètement, il est vrai, est une vue de l’âme, et non une vue des yeux du corps matériel.

Le lucide dont la vue est supérieure, so trouve donc être à notre égard comme un opticien, qui, avec un instrument préparé à cet effet, verrait aune plus grande distance que nous ne pourrions le faire avec notre vue matérielle. L’œil du lucide se trouve donc être modifié, comme l’est le microscope à l’égard des conserves, il voit avec plus de facilité et de détails ces mêmes images, que nous les voyons nous-mêmes imparfaitement.

Mais chez lui, il se trouve que les exigences sont les mêmes que pour l’opticien, s'il faut, chez l’un, que les verres de l’instrument soient bien nettoyés, il faut, chez le voyant, que son œil soit bien pur.

2° Lorsque nous pensons à un lieu, à une

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persouue, ou à uu objet que nous n’avons pas encore vus matériellement, nous avons moins de facilité de percevoir l’image vraie de ces choses, et nous n’y parvenons, dirons-nous, qu’en les habillant à notre fantaisie : aussi, sommes-nous bien plus loin de la vérité que dans le premier exemple que nous venons de citer. Il en est de même pour le lucide, s’il suit les mêmes errements, c’est-à-dire si, au lieu d’appeler à lui ces images avec désintéressement et indifférence, il se dise, au contraire, ce lieu OU cet être ne seraient-ils ‘pas comme celai Oh 1 ces seuls mots ne seraient-ils pas comme celai lont déjà l’adjonction d’une deuxième image qui recouvre celle que sa lucidité ne lui a pas permis de voir, quoiqu’elle fût devant lui à son appel. Il erre alors dans une succession d’adjonctions semblables qu’on nomme créations imaginaires très improprement, et qui sont, au contraire, une agrégation d’images étrangères, dans lesquelles il a enfoui la véritable qu’il desirait voir. Il y a donc encore, dans ces deux propositions, une source infinie d’erreurs.

3° Si vous questionnez un lucide qui ait la faculté de communiquer de pensée avec vous,' c’est-à-dire de percevoir le vaste panorama de votre mémoire dans lequel toutes les images des lieux, des êtres, et des choses que vous avez pu voir pendant votre existence, sont empreintes, daguerréotypées, imagées, enfin, il est indubitable qu’il ne verra que les

images, et ne vous en donnera qu’une description en rapport avec ce qu'étaient leurs types au moment où elles sont entrées chez vous.

Cette vue vous satisfera pour le passé, mais elle vous semblera fausse bien entendu, pour le présent, quoique cependant elle ait son côté exact.

4 » Pour donner quelque force à notre deuxième proposition nous dirons que si vous faites par la pensée ce que le lucide peut faire, en habillant les lieux, les êtres et les objets d’images qui leur sont étrangères, il ne verra ces choses que telles les lui présentera votre pensée: vous l’aurez jeté vous-mème dans l’erreur.

5° Si les assistants, qui assistentà cette étude, pensent et présentent intérieurement de telles images au voyaut (qui, n’étant pas dans un complet isolement à leurs regards), il verra les dites fausses images comme étant celles qu’on le prie de voir. Qu’on juge par ce faible aperçu la multitude d’erreurs qui peuvent surgir d’un faux point de départ, même chez un excellent lucide?

60 Nous avons dit, dans l'étude traitant de la faculté médicale des lucides, que nous n’aimons pas consulter sur des cheveux ou des objets portés par les malades: si nous agissons ainsi, c’est que nous avons reconnu des

erreurs dans ces perceptions qui exigent au contraire, dans l’intérêt des malades, qu’il y ait une grande exactitude dans cette étude ! il nous est arrivé, comme à tous lesmagnétistes, d’entendre des lucides donner des descriptions de maladies totalement étrangères à celles pour lesquelles on les consultait, les maladies ainsi décrites se trouvaient affecter directement la tierce personne qui apportait ces objets ou celle qui les avait préparés!... Il nous est également arrivé de recevoir le signalement exact de plusieurs personnes qui avaient touché la lettre dans laquelle étaient renfermés les cheveux du malade et de ne pouvoir obtenir le sien... Nous avons en plus obtenu des détails sur des maladies passées ou à venir qu’avait subies ou que subirait le malade sans pouvoir avoir des détails sur celle présente. Ces faits qui sont très communs nous prouvent donc irrécusablement: 1° l’existence de telles images dont la permanence d’existence semble leur assurer une immortalité relative. 2° Elles nous prouvent également que le simple attouchement d’un étranger suffit pour que l’image de cet étranger soit vue, au gré du lucide, en tous les temps qu’il lui plaira de l’appeler à lui, qu’il peut en agir de même envers tous les objets qu’il pourra toucher. Le docteur Teste rapporte sur ce sujet, qu’un jour il endormit sa lucide dans un salon, où cette lucide vit six petites filles assises sur six sièges qui garnis-

saient ce salon. Ne comprenant rien à cette vision, il en parla aux maîtres de la maison, et sut que leur petite tille avait un instant, avant le sommeil de la lucide, sauté sur chaque siège comme font les enfants quand ils jouent.

Nous voyons par ce seul fait que les images desquelles nous parlons peuvent être prises pour des réalités, en ce qu'elles ne sont pas que des images automatiques, mais bien des images possédant en elles tout ce que possèdent l’être ou l’objet desquels elles sortent, elles ont en plus le mouvement, la parole et la pensée comme nous les possédons.

Plus nous vou.ons traiter de ce phénomène, plus nous le rendons incompréhensible! Cependant il existe tel nous le décrivons!...

Comment, devant de tels faits, ne pas admirer l’immortalité des œuvres de la création, et ne pas croire à celle de l’âme ; du point émanant ces images, ne dût-elle exister qu’en elles? Comme ces images ont la même puissance d’émanation, quand peut en exister l’anéantissement?

Combien le grand livre dans lequel lit le lucide possède-t-il de combinaisons semblables qui, étant mal appréciées, peuvent conduire à des erreurs qui doublentles difficultés déjà si grandes de cette étude? il est vrai de dire qu’elles rapportent plus de fatigues à l’esprit que de satisfaction ; mais ce n’est pas une raison pour les laisser là.

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Nous avons indiqué les erreurs que pouvaient iaire les meilleurs lucides par la lausse route qu’ils prennent souvent dans cet immense labyrinthe d’images spirituelles, ainsi que les erreurs que p nvent provoquer sciemment ou inconsciemment les consultants, si bienveillants fussent-ils, pour ce genre d’études ; mais nous n’avons pas parlé de celles provoquées à dessein par nos antagonistes.

Celles-là sont nombreuses et peuvent être produites avec tant de facilité, par la grande fragilité du sujet, que nous n’osons en parler.

Que ceux qui désirent les erreurs pour mettre la clairvoyance du lucide en défaut se rassurent, ils peuvent en provoquer à plaisir : c’est ainsi qü’on en a vu apporter des poils d’animaux à de bons lucides, pour les consulter sur des personnes éloignées ou malades, auxquelles appartenaient les cheveux ! Ces incrédules trouvaie t alors ce qu’ils cherchaient, le lucide voyait quelque personne à laquelle pensait le consultant, lui en donnant le signalement peut-être exact, mais qui faisait sourire notre savant mystificateur, qui alors développait son paquet et montrait aux assistants à cette séance, des poils de chien ou d’un autre animal, eu s’écriant : La lucidité du sujet est parfaite !

Hélas ! c’est peut être par cet accès d’ironie que l’on eût obtenu une revanche pour le lucide, qui n’est pas exempt d’orgueil et qui, se voyant

pris en défaut de lucidité, eût pu mieux disposer de sa lumière à laquelle, dans certaine circonstance, rien ne peut être caché, et qu’il eût pu confondre son agresseur, en lui citant quelque fait de son existence que celui-ci tenait à cacher, mais ayant plus de générosité que lui, le lucide gardait le silence !

Nous remettons au prochain chapitre de compléter celui-ci, en traitant de l’àme humaine et de son immortalité.

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