CONCLUSIONS
— Dans le choléra-morbus :
1” La recherche des spécifiques est une chimère qui ne peut conduire qu’aux déceptions ;
2° L’emploi des formules ei des recettes, composées d’éléments souvent opposés, peut convenir Üux habitudes du vulgaire, mais non aux exigences de l’art ;
3“ I,a médeciiie des indications rend seule d’inconlefetafaies services ; mais à là condition que — les indications, au lieu d’être hypothétiques, — et que !ës médications, au lieu d’être arbitraires, — seront les iines et les autres positives également ;
4“ Les indications positives se tirent de Xensemble des caractères de la maladie, dé ses formes, de ses variétés, de ses périodes, de ses degrés, de ses complications, etc., etc., itiais suivant une loi de hiérarchie. — Dans le choléra, l’indication principale se lire hahituellement de l’état des forces naturelles et des phénomènes de formation ;
5° Les médications positives sont fournies par la méthode expérimentale appliquée à l’homme sain, — d’après le rapport d’analogie qui existe entre les effets du médicament à employer et les symptômes de la maladie à guérir ;
6° Les médicaments qui, sous ce rapport, correspondent le mieux, par leurs effets, aux indications générales du choléramorbus, sont \ellébore blanc, Xarsenic, le cuivre, Xesprit de camphre, Vacide phosphorique, etc., mais chacun d’eux suivant Xopportunité de son indication.
— Quant à la noix vomique :
7“ IXexpérimentation empirique ne donne sur les effets de ce médicament dans le choléra que des résultats contradictoires;
8° Le système des indications conjecturales le repousse à priori, sans en avoir le droit ;
9“ La méthode des analogies positives, proclamée par l’Ecole hahnemannienne, détermine seule sa'valeur et ses indications;
10° Celte dernière méthode, déguisée plus ou moins, paraît avoir inspiré à ses adversaires mêmes l’emploi de la noix vomique dans l’étranglement intestinal, la cardialgie et le choléra ;
11° Toutefois, dans cette dernière maladie, l’analogie entre les phénomènes morbides d’une part, et les effets médicamenteux de la noix vomique d'autre part, n’est point sufTisanie pour placer cet agent en première ligne dans le traitement du choléra. Il n’a d’efficacité réelle que dans la limite des indications que nous avons déterminées dans ce travail ;
12° Enfin, pour être utile dans la limite de ces indications, la noix vomique ne doit point être employée à des doses capables de produire une action toxique, mais à des doses assez atténuées pour réduire la substance à ses effets purement dynamiques. C’est sur ces atténuations, mal connues, mal appréciées (l’étendue de l’échelle posologique n’ayant jamais été scientifiquement fixée), que nous appelons, en terminant, l’attention sérieuse de nos confrères, et l’épreuve décisive de l’expérience.