‹ Thérapeutique infantile (volume 2)Chapitre 13 sur 58 · III. — I*éfîode de l'înfeetîon intestinale chronique · texte numérisé non relu

III. — I*éfîode de l'înfeetîon intestinale chronique

En général, les troubles dyspeptiques dont nous nous sommes occupé plus haut, guérissent avec la suppression de la cause qui les avait amenés, ou bien se compliquent d'infection aiguë des voies digestives.

Quelquefois, cependant, ils se prolongent, sans prendre une allure immédiatement menaçante pour la vie des enfants. Dans ce cas, la nature des phénomènes observés, l'état des selles diarrhéiques, mai digérées, jaunâtres, fétides, ne laissent aucun doute sur l'infection des voies digestives; et, si cet étal n'amène pas une mort rapide, il n'en est pas moins inquiétant en raison de la cachexie particulière qu'il entraîne et du rachitisme qui en est la conséquence possible; ajoutons qu'il n'est pas invraisemblable de penser qu'il puisse se faire des lésions matérielles des parois intestinales (1), ou des perversions digestives capables de laisser leur empreinte, d'une façon définitive. C'est ce qu'on entend par infection des voies digestives, à marche chronique à laquelle peul également aboutir l'infection aiguë la mieux caractérisée.

Dans l'un et l'aulrc cas, les indications soni les mêmes :

1° empêcher les putréfactions et fermentations, 2° évacuer les matières fermentées, 3° donner un régime diététique convenable et une médicalion toni([ue vA cupeptique.

(1) Lésions liisloIogi(|ucs ,!c IVstoniac. l\Ln-fan, Mercredi médical, IS'J'i, aoiil.

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Médicsition antiseptique. — L'antisepsie est tout à la l'ois plus simple et plus difficile à réaliser que dans la l'orme aiguë ; plus simple parce qu'on a tout le temps nécessaire pour agir, plus compliquée parce que le parasitisme n'est plus seulement canaliculaire, niaisbienintra-pariétal,etque l'action des substances antiseptiques est moins directe, partant moins active. Il l'aul donc suivre avec ténacité l'administration des médicaments antiseptiques, les varier sous peine de n'en tirer aucun profit. Une deuxième couditiou de réussite est de ne pas en cesser l'emploi, dès qu'on a obtenu le résultat cherché, etce sous peinede rechute, mais d'en continuer l'usage longtemps, en diminuant les doses d'une manière progressive. Ce n'est pas tout. La vie de ces microbes se traduit par des fermentations qui fournissent des substances irritantes, qui impriment une réaction au milieu nutritif luimême, et dont il importe de se préoccuper pour les neutraliser; à côté de fermentations ammoniacales, par exemple, il y a des fermentations acides, acétiques ou autres, toutes éminemment nocives dans leur action sur les tuniques intes'inales. C'est en se basant sur ces réactions, recherchées dans les selles avec le papier de tournesol, qu'on administre les alcalins ou les médications acides comme l'acide lactique. L'action de celui-ci est moins nette dans les cas chronif[ues([uo dans les cns aigus (voir la thèse de Thiercelin) ; ([uant aux alcalins, c'est sous l'orme d'eaux minérales alcalines, Vichy, Vais, d'eau de chaux ou de bicarbonate de soudci à la dos(! de un gramme et davantage qu'on les administre.

Les antiseptiques int(!stinaux sont ceux que nous avons étudiés à propos des infections aiguës.

NtMiiciiiion cvaciiairirc. — Les irrigations intes-

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liiiales, les lavages de l'eslomac, Irouvent ici leurs indications, notamment lorsqu'il y a stagnation des matières en fermentation dans la poche stomacale, constipation et menace d'ectasie gastrique ; nous verrons tout à l'iieure quels sont les procédés à employer contre celle-ci.

iség-iuic. — Les malades de cette catégorie exigent une diététique spéciale; il semble même que les fermentations dépendent du lait ingéré, ce qui implique la suppression provisoire de cet aliment.

La diète albumineuse sera encore le meilleur moyen de gagner du temps, mais on ne peut cependant la faire durer trop longtemps. Lorsque les enfants sont très jeunes, on n'a guère d'autres ressources que le lait; on le donnera avec précaulion, coupé d'eau, additionné de lactose, par petites quantités à la fois. Le mieux est d'avoir une nourrice qui donnera le sein avec les mêmes précautions, sinon on peut recommander le képhir n" 2, qui, dans certaines circonstances, est mieux toléré et qu'on doit continuer exclusivement.

Lorsque les enfants sont plus grands, sont âgés de huit à dix mois, on ]^eul les tirer d'une situation désespérée, en supprimant radicalement le lait, auquel on substitue de la viande crue de mouton, hùchée, passée, réduite en pulpe gélatiniforme, dans un mortier de porcelaine (ces trois opérations sont nécessaires). On peut, au début, en faciliter l'administration en y ajoutant un peu de sucre, ou môme de confiture.

Plus tard les bouillies légères, les panades claires, les œufs au lait, le poisson bouilli, réduit en pulpe, les purées, seront avantageusement conseillés.

Médit-aliou )«iii,,„c Cl enpcpiiquc. — Il est bon

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de donner aux malades deux sortes de médicamenls dont l'indication est des plus urgentes ; ce sont les eupeptiques et les toniques généraux, en évitant l'emploi des vins ou des élixirs. On prescrira, par exemple, l'extrait de quinquina, comme Rilliet et Barthez, dans une infusion de café ou de thé, édulcorée avec du sirop de gomme, à laquelle on peut également ajouter de la teinture de noix vomique, de Colombo, de cascarille, de rhubarbe, etc.

Un des meilleurs moyens de relever les forces des enfants semble être l'injection de faibles doses de sérum artificiel, à base de sel de cuisine (voyez plus haut les formules), ne dépassant pas 23 à 30 grammes par jour. Cette pratique a donné de très bons résultats à M. Hutinel dans son service des Enfants Assistés (Th. de Marois).

Enfin une des dernières recommandations à faire, c'est de changer le milieu dans lequel vit l'enfant : un simple changement d'air, le séjour à la campagne produisent les plus heureux effets.

L'écueil, dans ces formes prolongées et tenaces, résulte de l'abus d'une pharmacopée trop abondante, trop riche dans les livres, et malheureusement inefficace en pratique. Plus tard on pourra prescrire les eaux de Plombières.

La constipation se rencontre quelquefois dans les dyspepsies gastro-intestinales, surtout au début. On l'observe, en particulier, chez les enfants élevés au biberon, ou chez c(!ux qni ont une nourrice trop âgée pour eux, et dont le lait est trop riche en matériaux albumineux ou gras. Dans ces conditions, les fonctions motrices de la tunique gasti-o-inteslinale sont au-dessous de leur tâche, et favorisent la stagnation des matières, ce qui peut amcmer des troubles infec-

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lieux plus graves. Le meilleur moyen de les jtréveniiconsiste à prévenir la consLipalion ; si Fallailemenl esl arLificiel, on coupera davantage le lait, sinon on changera de nourrice ; car, la plupart du temps, malgré leur augmentation de poids, ce qui n'est pas d'ailleurs le critérium absolu de la bonne santé de l'enfant, les enfants sont paies, grognons, ont des coliques ou des éructations, quelquefois des selles fétides.

D'autres fois, la constipation lient à une atonie congénitale des muscles de l'intestin, et peut-être à une insuftisance dans les sécrétions glandulaires de même origine. L'allaitement maternel convient surtout à ces enfants. On pourra remédier, artificiellement, à la constipation par quelques moyens anodins, comme l'inti'od action dans l'anus d'un corps étranger; on prescrira des suppositoires composés avec i gramme de beurre de cacao ou de savon médicinal, des suppositoires ou ovules à la glycérine solidifiée, ou la simple canule d'un irrigateur ; on pourra également recourir au\ petits lavements simples, en ayant soin de n'employer que de l'eau bouillie, et des insirumenis aseptiques : seringue et canules bouillies, canule oinle de vaseline l)oriquée. Dans les cas rebelles on ajoutera un peu de glycérine (2, 3 cuillerées à café), une cuillérée à soupe d'iiuile ou une minime quanlité do miel de mercuriale. On ne doit jamais faire abus des lavements qui distendent l'mtestin et aboutissent à sa paralysie; aussi, leur action devient elle snperlluc.

l'arnii les médicameiils ([u'on peut donner ])ar la 'x'iiche, la magnésie convieid avant tout, puis le sirop de chicorée, le sii'op ,!,. rhubarbe. Les huiles '">' rinconvéniciil ,1e ne procurer les selles qu'à la

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