I.NFLUKNCli DH L'iiNKECTiON DES VOIES DICESTIVKS
sur la nutrition ^'énérale, et je retiens ce fait que le foie se révèle gros ; cette hyperlropliie accompagne la dilatation de l'estomac et de l'intestin. ¥.h bien ! voilà un premier type clinique, dont la description seule implique toute la thérapeutique. Celle-ci peut se résumer en quelques mots : alimentation réglée, antisepsie intestinale avec médicaments laxatifs (magnésie), et suppression de toutes les substances capables de déterminer des congestions dans le domaine de la veine porte. Inversement les purgatifs salins, les eaux minérales naturelles, donnés de temps en temps à dose purgative douce, seront d'un précieux usage. Mais la base du traitement est le traitement causal.
Influence de l'infection des voies dir/estives . — Dans les infections des voies digeslives, — infections aiguës, — le foie réagit d'une autre façon : il arrête les poisons formés dans l'intestin et les détruit, mais ;i la condition que ceux-ci n'entament pas l'intégrité fonctionnelle des cellules liépatiques, et à plus forte raison ne l'annihilent pas. Or, on voit certaines infections, ne laissant aucune trace sur les parois intestinales et entraînant une mort rapide.
Que s'est-il passé? L'autopsie montre que les cellules hépatiques sont altérées, et révèle que la mort doit être attrii)uée non à l'affection de l'intestin, mais à la complication liépatique. Nous connaissons ([nehines-uncs des conditions qui font varier la fonction d'arrêt du foie liée, comme on sait, à la fonction glycogéni(iuo. Il y a donc, dans les diarrhées infantiles, des indications hépaliques, ayant I)oiir but de stimuler celle action du foie, et de rejeter tout médicament antiscpliciue. susceplible d'exen-er une action d'arrêt sur le foie. etc.
1U6 THAITEMENT DES MALADIES DU FOIE
ludicalions hépatiques dans les înfeetions iiilesCiuaics. — Ces indications subsistent également dans les infections gastro-inlestinales chroniques; elles constituent les mesures prophylactiques par excellence des afîections cutanées rebelles, des accidents nerveux même (éclampsie), dont une part, au moins, revient à la toxhémie digestive. Ici, la médication hépatique consiste dans l'emploi des lavements froids, des purgatifs salins neutres, du calomel, auxquels on ajoute, dans les cas d'hypertrophie du foie, avec ou sans cirrhose, les divers moyens de révulsion habituellement employés : sangsues, ventouses, vésicatoires, pointes de feu.
Lorsque les fonctions hépatiques sont troublées à ce point, il est bon de provoquer la diurèse pour éliminer les substances toxiques ([ue le foie n'arrête plus ou les matériaux non assimilables qu'il fabrique.
La présence de l'albumine transitoire est souvent •notée; le régime lacté devra être préféré, car il s'adapte aussi bien à l'intestin qu'au foie ou au rein.
Tnméfacliou du foie avec ou sans cirrhose. — En
réalité, ce n'est qu'un symptôme. Une théi'apeutique ellicace doit être basée sur la notion étiologique.
Nous connaissons déjà la suralimentation, lu dyspepsie avec infection chronique, dont nous avons sullisaniment étudié la liiérapculique ; il faut ajouter les infections avec uhu'ralions comme la dysenterie. Cette tuméfaction congestive semble plus fréquente chez les enfants de souche artlirili(|ue, et jiisticiable
l'UMÉFACTlON DU VOIE AVEC OU SANS C.IRHUOSE 107
dos mêmes ti-aitemeiiLs, avec addiLion de bicarbonate de soude.
Kniin, il y a des enfants qui, hérédilairemenl, ont un foie à fonctions paresseuses. En dehors de ces causes constitutionnelles ou intestinales, on note des infections générales comme la syphilis, i'inipaludisnie, la tuberculose. Le plus souvent l'hypertrophie hépatique s'accompagne de lésions cellulaires ou cirrhotiques qui, en dehors du traitement spécifique, laissent peu de place à une thérapeutique active. Celle-ci est à la fois rationnelle et causale. On doit prescrire un régime ne renfermant pas de substances loxiques ou irritantes sur le foie : le régime lacté répond à ces indications. 11 faut aussi prévenir les fermentations ou les stagnations intestinales par l'emploi des antiseptiques et des purgatifs; ces derniers ont un double avantage, puisqu'ils abaissent la lension sanguine dans la veine porte; or, nous ne devons pas oublier qu'un certain nombre de ces cirrhoses peuvent, à un moment donné, se compliquer (l'ascite.
ha médication causale varie naturellement selon la maladie infectieuse primitive. Dans la syphilis, on emploiera des frictions mercurielles et l'iodure de polassium; dans l'impaludisme aigu, les sels de quinine; et, dans les formes traînantes, l'arsenic. Dans la tuberculose, on peutessayer les lavements créosotés. Les poussées aiguës congestives seront traitées de la même façon chez l'enrant et chez l'adulte, avec les moyens de révulsion (pie nous possédons.
Il n'y a là rien de spécial à l'cnlance.,!! en est de même des fonctions abdominales, dans les cas oi:i il y a (le l'ascite.
108 TIUITEMKNT DES MALADIES DU FOIE
Foie cardiaque. — Dans un dernier groupe do fails il l'aut ranger les affections cardiaques.
Celles-ci peuvent retentir sur le foie de deux façons : ou bien elles déterminent des congestions passives, et ultérieurement des lésions cirrliotiqui-s dont le traitement est surtout un traitement cardiaque (digitale, calcine, etc.); ces complications se rencontrent fréquemment chez les rhumatisants à localisations sur le cœur ; ou bien, elles se montrent chez des enfants tuberculeux atteints de cirrhose tuberculeuse du foie, et parallèlement de tuberculose des séreuses, du péricarde en particulier, d'où l'apparition de troubles circulatoires qui aboutissent à une aggravation des lésions hépatiques.
Dans ces deux hypothèses la thérapeutique esl purement symptomatique ; elle répond aux dangers les plus urgents, au fur et à mesure qu'ils se présentent; l'ascite peut nécessiter plusieurs ponctions.
Ces alTections graves du foie, et c'est là un point sur lequel nous devons insister, nécessitent un régime alimentaire spécial dont le lait reste le meilleur aliment; cette conception thérapeutique esld'aulanl plus légitime que l'albuminurie même légère, d'origine hépatique, complique le plus souvent ces diverses affections.
En d'autres termes, il faut ménager le foie dans son fonctionnement et ne pas lui demander plus ([u'il ne peut produire.
A cette diététique, nous ajouterons les antiseptiques intestinaux, les évacuants, le calomel à faible dose, et nous n'abandonnerons pas les divers modes de révulsion qu'on a coutume d'appliquer sur la région du foie.
ICTÈRES
Ictères. — Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit, concernant l'ictère des nouveau-nés. Nous avons exposé tout ce qui est relatif à cet ictère dans le chapitre des maladies du nouveau-né, et nous ne nous occuperons que de l'ictère des enfants plus âgés. Nous nous trouvons ici aux prises avec les mêmes causes que chez l'adulte : colique hépatique rare, ictère infectieux, bénin, ou ictère émotif. Le traitement de ces états n'a rien de spécial à l'enfance. On devra, comme chez l'adulte, provoquer l'élimination des matières colorantes et des sels biliaires par la diurèse, les lavements froids, le calomel, éliminer le contenu de l'intestin et empêcher la putréfaction et la septicité intestinale, en prescrivant le calomel, les antiseptiques et les pur gafifs. Les démangeaisons dues à l'ictère seront calmées par les lotions chaudes, les bains chauds, les pommades au menthol. On ne devra pas recourir aux lotions antiseptiques sans songer aux infections secondaires, susceptibles de se produire à la faveur des érosions qui résultent du grattage. Aussi, les solutions phéniquées faibles au d/100 sont-elles excellentes; elles calment en môme temps les démangeaisons, grâce aux propriétés ancsthésiantes de l'acide phénifiue.