PÉRITONITE TUBERCULEUSE
des applications de collodion élastique qu'on pourra alterner avec des révulsifs.
On se préoccupera également des douleurs souvent fort vives, surtout au moment de la digestion, et qu'on calmera par des applications opiacées ou belladonées, etpar l'usage de la morphine.
La diarrhée, qui existe parfois, est le plus souvent liée à la tuberculose intestinale concomitante (se reporter au chapitre de l'entérite tuberculeuse).
Traitement cMrurgiml. — En l'absence de tubercidose viscérale, la laparotomie a donné de beaux résultats ; mais, sa valeur est diflerente selon les formes de la maladie.
Forme aseitiquc. — Les résultats sont favorables dans la forme chronique, que l'épancheinent soit généralisé ou localisé. Les résultats, moins heureux dans la forme subaiguë, justifient cependant l'opération. Les résultats sont désastreux dans la forme aiguë (granulie primitive du péritoine) ; cette forme est rare.
Forme nlcéi-cnsc. — L'intervention ne produit pas une grande amélioration; ce n'est guère que dans les formes ulcéreuses sèches, qu'on peut intervenir. Dans les formes ulcéreuses avec épanchement, si on a diagnostiqué l'existence de plusieurs poches indépendantes, il faut s'abstenir. On ne sera autorisé à intervenir ([ue dans le cas d'une poche unique généralisée ou enkystée.
Formes fibrenscs. — Ici encore il faut établir des distinctions. Dans la forme sèche, sans adhérences, il y a, d'après certains chirurgiens, avantagea intervenir. Dans les formes llbro-adliésives, qui sont des formes de guérison spontanée, il n'y aurait pas lieu d'intervenir. Bien plus, l'opération est dangereuse et
ne devi-ftil. pas être (entée, si certains accidents n'étaient pas immédiatement amendés: tels sont les phénomènes douloureux, dus à des adhérences épiploïques ou intestinales, et la constipation qui peut être le prélude de l'occlusion intestinale.
A côté de ces indications, on a placé également les accidents subaigus ou fébriles qui indiquent une évolution caséeuse au lieu de l'évolution fibreuse.
Les contre-indications à l'opération semblent être la tuberculose extra-péritonéale, au premier rang de laquelle il faut placer la tuberculose de l'intestin, à moins qu'elle ne soit pas absolument limitée, ce qui est toujours d'un diagnostic obscur, et la tuberculose pulmonaire, à moins que celle-ci n'ait une marche tout à fait lente, indiquant ou un terrain défavorable, ou un germe peu virulent. L'albuminurie n'est pas une contre-indication, à moins de tuberculose avérée des reins.
L'obstruction intestinale constitue une indication à intervenir chirurgicalement dans la péritonite tuberculeuse.Sans doute les pseudo-étranglements, dusà la paralysie de l'intestin seraient justiciables d'unesimple électrisation, mais leur diagnostic est obscur; et. comme ils affectent toujours la marche del'élranglementaigu,on estamené à faireune laparotomie exploratrice qui devient curative, lorsqu'on se Irouve en présence d'un étranglement parbridc ou par coudure.
Quand il s'agit d'une obstruction par agglutination d'anses intestinales, le résultat de la laparotomie est presque toujours fatal, en raison de l'impossibilité (le sculpter et de dégager les anses intestinales agglomérées dans cet exsudai libro-caséeux.
Loi'S(jue l'occlusion offre une marche chronique, les résultats opératoires sont moins bons.
C'ousidci'atîoii.s géiici-ales. — Le foie n'occupe pas la place qu'il mérite dans la pathologie infantile. Cette défaveur trouve son explication, si l'on veut bien admettre que les troubles fonctionnels du foie sont d'une constatation clinique délicate; que nous ne sommes pas familiarisés avec cette analyse, et que, pendant longtemps, l'hypertrophie ou l'atrophie de l'organe, l'ictère, ont synthétisé, à eux seuls, les signes précurseurs des adeclions hépatiques. La physiologie pathologique montre l'erreur de cette conception clinique. Chez l'enfant, le nMe du foie est aussi complexe que chez l'adulte; il parait, en pathologie, plus considérable pour quelques-unes de ses fonctions, en raison des troubles gastro-intestinaux, dont la fréquence est le triste apanage de l'enfance; nous voulons parler de l'action du foie sur les sucres, sur les substances amylacées, sur les albuminoïdes d'une part, sur l'arrêt des poisons dont l'intestin de l'en tant est le laboratoire d'autre part. L'action du foie serait donc à étudier, et au point de vue de l'hygiène des aliments, et au point de vue de la dél'cns(> de l'organisme contre les infections.
Mais si le foie a des fonctions aussi importantes dans la physiologie pathologique des accidents qui
suivent les infractions à l'hygiène alimentaire et les infections, nous devons reconnaître qu'au point de vue thérapeutique, il perd de l'intérêt : 1° parce que les moyens d'action que nous pouvons diriger contre cet organe sont très limités; 2° parce qu'il donne tardivement sa note pathologique': aussi la symptomatologie qui lui appartient en propre passe-t-elle inaperçue, et se trouve-t-elle dominée par un ensemble de troubles gastro-intestinaux qui absorbent l'attention. Il en résulte que la thérapeutique est exclusivement intestinale.
Prenons deux exemples propres à chacun de ces groupes :
Influence de la sumlimentation. — 11 existe toute une catégorie de malades soumis, depuis leur enfance, à la suralimentation : excès de lait dans l'élevage au biberon, excès d'aliments au moment du sevrage; et qui, au fur et à mesure qu'ils grandissent, deviennent gloutons, insatiables. Yoilà un premier stade. Le second commence avec les troubles gastro-intestinaux qui suivent cette alimentation; d'une part, l'élaboratoin incomplète de cette surcharge alimentaire (i), l'absorption par la veine porte de ces produits incomplètement transformés, l'irritation fonctionnelle de la cellule hépatique déjà surmenée par un apport en excès; d'autre part, les infeclions passagères ou permanentes, aiguës ou chroniques du tube digestif, les fermentations anormales, ot les produits toxiques (|ui arrivent au foie. La cause d'irritation subsiste. Je passe sur les conséquences lointaines sur la peau, sur le système nerveux,
(1) Voir llièse de M. BcUot. sui- la Suraliiiienlalion, Paris,