‹ Thérapeutique infantile (volume 2)Chapitre 26 sur 58 · C.nlre la fièvre il faut, prescrire l'antipyr.ne, la · texte numérisé non relu

C.nlre la fièvre il faut, prescrire l'antipyr.ne, la

quinine, soit en potion, soit en sirop.

L'infusion de poudre de feuilles de digitale peut ètr<' indifiuée lorsque le pouls est rapide. L'alcool est U.ut il la fois antipyréli.iue et tonique. On peut le donner soit sous forme de cognac, soit sous forme

12^2 DIÎS MALADIICS \)E l'aITAREIL HESinHATOIRb:

de vin de Marsala, Xérès, Madère, Orenaclie.

La médication révulsive, sous ses différentes formes, peut rendre de grands services : sinapismes, cataplasmes sinapisés, frictions avec un Uniment térébentJiiné, teinture d'iode, ventouses sèches. Il est indispensable de s'abslenir des vésicatoires, et de tous les emplâtres vulgaires dont l'utilité est douteuse et qui offrent le grave inconvénient d'irriter la peau et d'augmenter l'agitation des malades. La médication expectorante est très précieuse. Si les lu'onches sont encombrées de mucosités, il ne faut pas hésitera donner de l'ipéca.

Poudre d'Ipéca de 0 ixv. 10 à 0 gr. 60

Sirop d'ipéca 60 grammes

Afin de favoriser l'expectoration, de calmer la toux, on prescrira le kermès ou l'oxyde blanc d'antimoine :

Kermès 0 gr. OU ou 0 gr. 10

Looch blanc ino grammes

; une cuillerée à café toutes les deux heures.

Oxyde blanc d'antimoine.. Q gr. 25

Looch blanc 100 grammes

: une cuillerée à café toutes les deux heures.

Le chlorhydrate d'apomorphine, à hi dose de 1/2 ou de l/.ide centigramme, est un médicament dangereux, que nous déconseillons.

Les sels d'ammoniaque peuvent être utiles comme expectorants.

Carbonate d'ammoniaque. 0 gr. .".0 à 1 gramme Kau (le mentho poivrée. . JOO »

Sirop de Dosessart/. 20 »

une cuillerée à desserl loulos les deux heures

RRONCllITES AIGUKS '123

La toux, répélée, prolongée, l'aligue el épuise les nfants; la médicalion suivante peut la calmev :

Poudre de Dower 0 gr. 05 à 0 gr. 20

Sirop de Tolu 15 gr- à 20 gr.

Julep goinmeux o^-

une cuillerée à cale toutes les Ueures, — ou :

Infusion de capillaire '^0 grammes

Sirop de coquelicot 50 "

Teinture de belladone X gouttes

Alcoolatnre de racines d'aconit X »

Eau de laurier-cerise grammes

: une cuillerée à cale toutes les heures :

Les balsamiques sont avantageusement employés dans la période de coction, pour tarir la sécrétion bronchique.

Terpine « S''-

Benzoate de soude ^ ^ S'-'^"^""^

Sirop de cachou ^ aa 20 »

Sirop de Tolu (

Eau distillée

: une cuillerée à café toutes les deux heures. On peut encore donner la créosote en lavement :

j^g^jj. 50 à 100 grammes

Créosote de hVtre V à XX gouttes

Chez certains enfants, la bronchite récidive avec une facilité désespérante : ce sont, en général, les enfants arthritiques, lymphatiques ourachitiqaes,et aussi ceux que sont atteints d'une aiïection nasopharyngéeoucardio-pidmonaire qui présentent cette susceptibilité toute spéciale. Il y a lieu de se préoccuper de ces tares organiques et d'instituer un traitement général.

La bronchite seconrlaire des maladi(>s infectieuses (roug(!ole coqueluche) a une grande tendance à se

ilii l)liS MALAlJlKS 1)K I.'aPI'AHKU. HESIMHATUIIŒ

Iransfoniiei" en broiiclio-ijnemnonie ; ello réclame l'emploi de (luehjiies mesures pi'opliylacliques. .Nous savons bien aujourd'liui par quel jnécanisme se crée la bronclio pneumonie ; elle est due à l'invasion du poumon par les microorganismes vulgaires de la suppuration (streptocoque, stapliylocoque, pneumocoque, pneuiuo-bacille de Fricdlander). Tantôt ces microbes naissent dans l'organisme qu'ils vont inl'ecter plus tard. La cavité buccale contieiil. à l'état luirmal, ces divers microbes iuofrensifs ; mais, sous l'inlluence d'une maladie infectieuse, ils acquièrent une virulence très grande. Il s'agit donc ici d'une \' é I • i l a I ) I e a u 1 0 - i n le c t i 0 n .

Ces microbes virulents peuvent être importés du dehors, et la broncho-pneumonie résulte d'une hétéro-infection. Depuis longtemps les médecins ont remarqué que les complications pulmonairesdans les maladies infectieuses, rares dans la clientèle civile, sont d'une fréquence extrême à l'hôpital où elles déterminent une effroyable mortalité. L'explication en est des plus simples : la broncho-pneumonie se propage par contagion. Dans les salles d'hôpital, grâce à l'encombrement, la contamination se fait avec une grande rapidité. Elle se fait soit immédiatement, par le contact direct d'objets souillés par les crachats ou le mucus nasal des malades, soitmédialement par l'intermédiaire de l'atmosphère viciée.

Ces notions nous sont indispensables pour aborder la prophylaxie de la l)roucho-pnenmoni(>.

Qu'il s'agisse d'hétéro ou d'aiilo-inlW^tion, il faut accorder une certaine imporlance aux lésions produites dans l'arbre bronchique par les agents pathogènes des diverses infections. Les microbes envahisseurs trouvent là un terrain de culture,

BRONCUITES AIGUKS 1^0 éiuineinmeiil l'avorable à leur pulliilalion, el c'est là t'iicoi-e une condition |)i'opice à la production de la hroncho-pueiunonie.

Ce court exposé étiologique et pathogéuique va nous permettre d'exposer, eu toute connaissance de cause, les mesures qui penuettent de s'opposer à la transformation des bronchites secondaires en bronclio-pneuiuonies. 11 faut : 1° éviter la contagion ; ^2" pratiquer l'antisepsie buccale assurer l'antisepsie pulmonaire (Legroux et Soupault).

Pour remplir la première indication, on a tout d'abord pruposé l'isolement, c'est-à-dire l'éloignement des sujets atteints de broncho-pnemnonie. Le résultat a été médiocre (Sevestre, Grancher). Au contraire, en réduisant au minimum, selon l'observation de M. Grancher, les contacts dangereux, c'est-à-dire eu évitant le transport du contage par le malade ou les personnes qui le soignent, on obtient une diminution très notable du nombre des broncho-pneumonies. M. Grancher recommande d'entourer chaque litd un grillage métallique, qui, tout en permettant aux malades de voir leurs voisins, rend impossible tout contact immédiat. De plus, chaque enfant doit posséder en propre les objets utiles pour son alimentation et son traitemeni . L.'s nus et les autres seront stérilisés par immersion dans l'eau bouillante, chaque fois qu'ils auront été employés. Eni.n le pers..nnel, prép.,sé à la surveillance des malades, doit ,„i„„li,.„sement se laver lesmains après loutcontact suspect. La su|.pressi(m des eonlacis dangereux ainsi „bteuue, on d.'vra s'eflbrcer ûr, siip|.rimer, autant que po.ssible,la souillure de l'atmospbere. Les salles s..ront bien éclairées, bien aérées, bien ventilées, dépourvues de toute tenture ; les murs seront Ire-

1!26 DES MALADIES DE l'aPI'ARBIL RESPIRATOIRE

quenimeaL lavés avec une solution de sublimé à 1/1000.

Les objets de litei-ie seront fréquemment cliangés et désinfectés à l'étuve à vapeur sous pression. Les matières excrétées par diverses voies, seront désinfectées par addition de solutions de sulfate de cuivre ou de chlorure de /iuc. Les récipients seront fréquemment lavés, bouillis, etc

La deuxième indication, très importante, capitale môme, est de pratiquer l'antisepsie buccale. Les lavages de la bouche seront faits avec de l'eau bouillie, de l'eau boriquée à 3 0/0, de l'eau phéniquée à 2 0/0, de l'eau salicylée à 1/200. Ces lavages devront être pratiqués deux fois par jour au minimum, et alterner, avec des badigeonnages de la gorge (collutoire boraté).

L'antisepsie pulmonaire sera faite à l'aide de la créosote (Legroux et Soupault).

Cet excellent médicament antiseptique s'élimine par la muqueuse des voies aériennes, et crée ainsi dans le poumon une atmosphère antiseptique, capable de s'opposer dans une certaine mesure à la pullulation des micro-organismes. On le donnera soit en lavement dans du lait (30 à 75 centigrammes par jour), soit en injections sous-cutanées (huile créosotée à 1/15 : cinq à six centimètres cubes par jour).

Bronclii te capillaire etBroneiio-pneumonîe.

La bronchite capillaire et la bronclio-pneumonio sont réunies par des liens très étroits, et nombre d'auteurs teiideni à admettre qu'elles ne peuvent être isolées, ni décrites séparément, qu'elles sont, en somme, une seule et mênu' maladie. A l'encontre de

BHONCUITK CAl-lLLAIUE 127

celle opinion, basée sur les données de la patliogénie et de l'analomie palliologique, la clinique revendique ses droits et établit la différenciation de ces deux types morbides. La bronchite capillaire est une « affection suraiguë, suffocante, à évolution très rapide ». Entre le début de la maladie et sa terminaison rarement favorable, on calcule à peine quatre ou cinq jours. La broncho-pneumonie a une marche plus lente ; de plus, la dyspnée est moins intense et. le pronostic plus favorable. En résumé, s'il est vraisemblable que la bronchite capillaire et la bronchopneumonie, relèvent d'un même processus analomique, la clinique les distingue nettement.

Ces deux affections reconnaissent une même patliogénie. L'une et l'autre succèdent à une intlammation des grosses bronches.

Sans doute la bronchite simple, primitive, peut, surtout chez les enfants débilités, se généraliser aux ramirications bronchiques. Mais, le plus souvent, cette compbcation éclate dans le cours des bronchites secondaires. Nous avons suffisammenl insiste sur ce sujet (voir bronchites aiguës). Nous avons indiqué le mécanisme palhogénique de la broncho- • pneumonie et énuméré les mesures prophylactiques qui en découlaient. Nous n'y reviendrons pas et nous nous contenterons ici d'indiquer le traitement de la broncliitc capillaire et de la bronchopneumonie, à leur période d'état.

Bronchite capiiiai.-f. - ( )(:cupons-noiis toiit d'abord de la bromUls mpillaire. Le médecin est aux prises avec un symptôme, la dyspnée, qui domine toute la maladie. Que faire ? Révulsionner le thorax. On appliquera un grand nombre de ventouses sèches, en avant et en arrière de la poitrine, matin et soir ;

-1:28 DliS MALADIES DK l'aI'I'AHEIL IIKSPIUATOIHE

el, dans l'intervalle, on fera mettre de larges cataplasmes sinapisés. Les inhalations d'oxygène, les injections d'éther sont aussi très utiles. Si le cœur est défaillant, le pouls petit, rapide, irrégulier, on se trouvera bien des injections de caféine (cinq à vingt centigrammes par jour). Si ces moyens simples sont insuinsanls, on aura recours aux bains qui constituent une excellente méthode thérapeutique. Les bains tièdes sont insuffisants, sinon inutiles ; les bains froids, au contraire, à la température de 20 à i22°, exercent une action révulsive des plus efficaces, stimulent les mouvements respiratoires qu'ils régularisent et rendent plus amples. Il en est de même des bains sinapisés. L'enfant sera baigné trois à quatre fois par jour, et durant cinq minutes chaque fois. On peut remplacer les bains par l'enveloppement dans un drap mouillé; à cet efl'et, on trempe dans l'eau froide un drap, qu'on étend ensuite sur une couverture de laine sèche; l'enfant est placé sur ce drap, qui va l'envelopper entièrement, sauf la tète, et restera ainsi enveloppé pendant une heure et demie à deux heures. Il sera alors essuyé avec soin, et replacé dans son lil. Cet enveloppement peut être répété toutes les deux heures. Sousl'inlluence'de cette réfrigération, la dyspnée s'amende, et le calme peut renaître.

Bronclio-pncunionie. — Le tableau classique de la broncho-pneumonie donne lieu à des indications plus variées. La fièvre peut être intense et nous préoccuper. Le sulfate, le bromhydrate, le chlorhydrate de quinine, l'antipyrine, la digitale associée à l'alcoolature de racines d'aconit- sont de bons médicaments. Mais l'emploi de l'hydrothérapie, sous tousses modes, constitue (incore le meilleur agent anlithermique.

lîKOiNCIlO-l'lNKUMONIK

Dans la l)roncli()-pneum()nie avec lièvre intense, on peut se contenter des révulsifs sur le poumon lésé et des médicaments antithermiques. Toutefois, lorsque la fièvre est trop intense, lorsque l'enfant est dans un état de coUapsus ou d'abattement manifeste, il ne faut pas hésiter à le baigner et à le plonger dans l'eau froide à 20 ou 22», ou bien à l'envelopper dans le drap mouillé. Cette pratique bienfaisante a faitses preuves et remplace avantageusement la pratique douloureuse des vésicatoires volants.

La broncho-pneumonie s'accompagne souvent de phénomènes généraux graves, adynamiques ou ataxiques. Ces phénomènes restent surtout justiciables de la balnéation froide et d'une pharmacopée calmante ou stimulante. La sérothérapie est peutêtre appelée à jouer un rôle curatif dans le traitement de la broncho-pneumonie. Lorsque cette affection est de nature streptococcique, il y a lieu, durant foute la période fébrile, d'injecter, tous les jours et deux ou trois fois par jour, une dose de dix centimètres cubes de sérum de Marmorek. Nous avons ainsi traité plusieurs de nos malades avec succès; mais leur nombre est trop restreint pour nous permettre aujourd'hui une affirmation quelconque.

Précisons mainteiumt les ressources médicamenteuses dont nous disposons. Dans la forme adynamique, on recommandera le café, le Champagne coupe, l'alcool, la digitale; on pourra prescrire la potu)n suivante :

;iO irraniiiics

Sirop de Tolu

Cognac vieux - "

Teinture de <ligitalc V .gouttes

à prendre par cuillerées à café toutes les deux heures.

130 DES MALADIÈS DE l'aPPAREIL RESPIRATOIRE

Dans certains cas, on se trouvera bien de prescrire une potion stimulante :

Acétate d'ammoniaque 1 gramme

Sirop de codéine 15 »

Alcoolature déracines d'aconit.... XV gouttes

Julep gommeux dOO gramnie.s

(Jules Simon).

Si l'on observe de l'excitation, de l'agitation nocturne, une toux pénible et fatigante, on donnera soit de la teinture de belladone : 10 gouttes, soit de l'eau de laurier-cerise, 4 à 8 grammes.

J. Simon formule le lavement suivant :

Hydrate de chloral 0 gr. oO

Teinture de musc XX gouttes

Teinture de valériane XV »

Eau 60 grammes

Convient-il de faire usage, dans le traitement de la broncho-pneumonie, de la médication expectorante? Son utilité est souvent contestable. Cependant elle est vantée par un grand nombre d'auteurs; le sirop d'ipéca ou le sirop de Desessartz, à la dose de Irois à quatre cuillerées à dessert en 24 heures, le kermès (5 à 10 cent, suivant l'âge), le benzoate de. soude (1 à 3 gram.), sont les préparations les plus usuelles.

A côté du traitement proprement dit, il convient de mentionner les soins hygiéniques, car ils ont ici une importance de premier ordre. L'enfant sera couché dans une chambre spacieuse, bien éclairée, aérée et dont on renouvellera l'air. L;i température de cette chambre sera inainlemie à 18°, et l'atmosphère sera liumidilîée avei- un pulvérisateur. On veillera, à (;e ([ne l'enfant, soit à demi couché, on le changera fréquemment de position ; plusieurs fois même dans la journée on le portera sur les bras,

BRONCUITIÎS CURONIQLIES

atin de prévenir l'alélectasic si fréquente chez les jeunes enfants. L'alimentation consistera en lait, Ijouillon, potages, café. Nous avons suffisamment insisté sur le rôle utile des boissons alcooliques.

La convalescence de la broncho-pneumonie est longue et nécessite une surveillance prolongée, notamment lorsque les enfants sont débiles, rachitiques.

Si la résolution des lésions se fait trop attendre, on pourra employer la révulsion locale (teinture d'iode, vésicatoire volant, pointes de feu), les expectorants, comme le kermès; les balsamiques (térébenthine, tolu, goudron, thymol). Plus tard, on insistera sur le traitement arsénical.

Bi*oncliites clironîciues.

Sous la dénomination un peu vague de bronchites chroniques, nous décrirons plusieurs types morbides, qui ont pour caractère commun de succéder à des bronchites aiguës.

Toutes les infections bronchiques ne sont pas susceptibles d'aboutir à des lésions chroniques du poumon. Deux facteurs favorisent la transformation d'altérations légères et passagères en lésions profondes et définitives : le mauvais état du terrain infecté et la virulence de l'agent infectant. L'affaiblissement de l'organisme est sous l'influence de la, misère physiologique, d(! rinsiimsancc de l'alimentation; la syphilis héréditaire, le lymphatisme, la, scrofule, le rachitisme doivent aussi être incriminés. Noton.s encore l'influence des lésions locales naso-pharyngées, de l'asthme, de l'emphysème. La bronchite chronique s'observe surtout à la suite des bronchi-

132 DES MALADIES DE l'apI'AHEIL «ESIMRATOIUE

les secondaires dans les maladies infectieuses ; nous avons dit plus haut quel degré de virulence peuvent atteindre les agents des infections secondaires dans ces circonstances. Quoi qu'il en soit de lapathogénie, nous restons en présence de deux formes aualoniiques et cliniques de bronchite chronique : la bronchite chronique simple et la dilatation des bronches. Existe-t-il un traitement prophylactique de la bronchite chronique? Autrement dit, pouvons-nous empêcher ce passage à la chronicité dans la bronchite aiguë? Ce traitement hypothétique doit toujours être tenté. Chez un enfant prédisposé, en effet, on devra surveiller attentivement la convalescence ; et, si la résolution de la broncho-pneumonie tarde à se faire, on emploiera la révulsion (teinture d'iode, vésicatoiresvolants, pointes de feu), les expectorants, les balsamiques; on surveillera les fonctions digeslives et l'état général de l'enfant; on administrera de l'arsenic; on conseillera l'hydrothérapie qui a une action à la fois révulsive et reconstituante. Quant aux lésions naso-pharyngiennes, elles devront être traitées par les moyens médicaux et chirurgicaux appropriés. La maladie une fois constituée, le traitement varie selon qu'on a affaire à la bronchite chronique ou à la dilatation des bronches. Dans la bronchite chronique, le traitement se confond avec celui de la bronchite aigué, avec cette différence en plus qu'on se soucie de relever l'état général : huile de foie de morue, sirop d'iodure de fer, préparations arsenicales. L'alimentation sera tonique et reconsti-tuante. Le séjour à la campagne, au bord de la. mer, à la montagne, rendront de grands services.. En été, on pourra songer à faire une saison au Mont-- Dore, à Cauterets. à la Bourboule.

BROiNClIlïE PSEUDO-MEMBRANEUSE 133

Dilatation broneiiiqiie. — Le traitement de la dilatation bronchique est un peu différent. Ici, on doit chercher avant tout à diminuer la sécrétion et à en moditîer la nature. Les balsamiques sont naturellement indiqués. La créosote en lavement, dans du lait, ou en injections sous-cutanées, est le meilleur médicament à adopter. On peut aussi conseiller les préparations de térébenthine, de goudron, d'iodoforme, d'eucalyptol, ou enfin la terpine et l'élatine. Pour obvier à la fétidité des crachats, on pratiquera des pulvérisations et des inhalations de thymol à 1 .3OO ou d'acide phénique à 1/00, en même temps qu'on administrera des lavements de lait et de créosote (V à XX gouttes de créosote pour 50 à 100 gr, de lait).

Enfin, onsait que la dilatation bronchique s'accompagne souvent de sclérose pulmonaire ; on sait que le cœur se trouve ainsi soumis à un surcroît de travail. Il faut donc éviter le surmenage cardiaque et recommander le repos aux malades. Fort heureusement, tous ces accidents, toutes ces complications sont exceptionnels chez les enfants.

Bronchite pseiitlo-membi-aiieuse.

• La l)ronchit(! ])seud<)-meml)ranense chroni(iue, <ju'il ne faut pas confondre avec labronchite diphtéritique et les bronchites lihrineusos aiguës, est un(( affection rare chez l'adulte, tout à fait exceptionnelle dans la s(!(;onde enfance; elle est inconnue avant sept ans. Nous ne. dirons (iirun mot de son traitement.

L'accumulation des Causses membranes dans les bronches provoque des crises de dyspnée et même l'asphyxie, lorsque ces fausses membranes obstruent

TllÉRAl'KUTigUE INK.\NTILE. — T. 11. 8

134 DES MALADIES DE LAI'I'AHKII. HESIMHATOIHE

la trachée ou la glotte. La titillation de la luette dans les cas pressants, un vomitif (ipéca), suffisent le plus souvent pour provoquer le rejet de ces productions membraneuses.

Les balsamiques (tolu, térébenthine, cubèbe, eucalyptus) seront prescrits dans le but de modifier, de tarir la sécrétion bronchique. L'iodure de potassium est regardé comme très utile par quelques auteurs.

Il en est de même de l'huile de foie de morue, du sirop d'iodure de fer, des cures d'eaux sulfureuses et arsénicales.

A.stlime.

L'asthme est une névrose localisée à l'appareil respiratoire, et caractérisée par des crises de dyspnée à type spécial, dans l'intervalle desquelles la respiralion s'exécute d'une façon normale.

Cette névrose n'est pas rare chez les enfants (prédisposition héréditaire ou acquise, neuro-arlhritisme). Les crises d'asthme apparaissent quelquefois sans cause apparente. Mais, le plus souvent, l'asthme est intimement lié à certaines lésions qui agissent par action réflexe. Ces lésions doivent être soupçonnées, reconnues, pour pouvoir les traiter d'abord, pour prévenir ensuite le retour des accès d'asthme ou les atténuer. Un simple rhume, une bronchite suinsent pour faire éclater la crise. Tout le monde connaît l'inlluence des lésions du nez et du rhino-pharynx (végétations adénoïdes) dans l'éliologie de l'aslhme. Ona encore incrimine, non sans raison, les irritations gastriques et intestinales, les vers intestinaux. M. le professeur Sée attribue le ((uarl des asthmes infantiles aux maladies do la peau.

ASrUMli l*^""^

Le ImUiMnenl, de l'asllime consiste :

1° A enrayer l'accès;

2» A guérir la maladie, eu supprimant les causes qui y prédisposent.

Dès le début de l'accès, on prescriradesinhalations de vapeurs provenant de la combustion du papier ni- Iré, des feuilles de belladone, de jusquiame, de datura stramoniuin. Ces substances médicamenteuses seront brûlées dans une 'soucoupe, au voisinage du petit malade. On peut encore employer les inhalations de pyridine (ciuelques gouttes sur une assiette), d lodure d'éthyle (quelques gouttes sur un mouchoir ou dans le creux de la main). Enlin on a recommandé l'emploi, à l'intérieur, de l'opium (toujours à faibles doses), de la belladone (teinture de belladone IV à VIII gouttes par jour), de la teinture de lobélie (X, XV à XX gouttes). L'action de ces médicaments est très variable ; ce n'est (lu'en tâtonnant qu'on arrive à trouver celui qui convient i\ un cas déterminé. Si la dyspnée est très intense, on pourra, chez les enlaids .[ui ont dépassé huit ans, faire une demi-piqùre (le. morphine (ui se servant d'une solution : à 1/^200. Les inhalations de cidoroforme et d'éther peuvent également rendre des services.

Pour guérir l'astlime, il faut traiter l'état diathesique et les lésions provocatrices dont nous avons parlé plus haut. La première indication est fort bien remplie par l'emploi de l'iodure de potassium donne à p(;tites doses (25 à 30 centigrammes) et longtemps continué. On peut aussi donner de l'arsenn;, soit sous forme d'arséniate de soude, soil sous forme d(! liqueur de l'owler (II à iU gouttes avant chacun des principaux repas). Les eaux minérales arsénicah's (Mont-I)ore, la lionrlxMib') ontaussi un(! aclion favo-

■13(i DES MALADIES DE l'aPI'AREIL RKSI'IKATOIHIC

rable ; les eaux sulfureuses (Eaux-Bonnes) sont excellentes lorsque l'asthme se complique d'empliysème et de bronchite chronique.

Il faut enfin traiter les lésions locales, qui peuvenl provoquer par action réllexe l'éclosion des accès d'asthme. Lorsque l'asUime est lié à quelque lésion du nez, à une hyperesthésie nasale, on fera des badigeonnages de cocaïne; s'il existe des polypes ou des végétations adénoïdes, on n'hésitera pas à les extirper. Les troubles dyspeptiques nécessiteront une alimentation spéciale, choisie. Les vers intestinaux, auxquels il faut toujours songer, restent justiciables des tœnicides et des tœnifuges. Les dermatoses ne doivent pas être abandonnées à elles-mêmes et seront traitées par des moyens appropriés à la lésion et à la nature de la lésion.

Enfin, en été, ilserabon d'envoyerlespetitsasthmaliques faire un séjour dans une station tliermale : le Mont-Dore ou Saint-Honoré pour les enfants l)ronchitiques; Royat, Néris, Bagnères-de-Bigorre pour les nerveux.

Congestion pulmonaii-e.

Il ne doit être question ici que de la congestion aiguë du poumon par hyperliémie active, par fluxion.

La congestion pulmonaire survient souvenl à titre de complication grave, dans le cours de la plupart des maladies du poumon; mais parfois, elle se nu)ntre comme manifestation isolée et mérite alors d être regardée comme une afTection ayant son individualité propre. Un peut admettre, avec la ])hipart des auteurs contemporains, deux variétés de congés-

CO.MiliSTION l'LLMOiNAllil-: 137

lion pulmonaire: la congesLioa aiguë de Cadel de (iassicourt et la spléno-pueunionie de dranclier.

La congestion pulmonaire aiguë, proprementdite, est justiciable de la révulsion sous toutes ses l'ormes : teinture d'iode, cataplasmes sinapisés, ventouses sèches, vésicatoires volants, enfin ventouses scarifiées, lorsque la congestion est intense et menace de provoquer l'asphyxie.

La saignée, si favorable chez les adultes, n'est jamais indiquée chez l'enfant. Les inhalations d'oxygène peuvent amener un soulagement.

A l'intérieur on peut donner des expectorants :

Loocli 100 grammes

Kermès 0 gr. 05

par cuillerées à café, d'heure en heure.

M. Marfan recommande le camphre. Il-prescrit un des paquets suivants, dans un verre de lait :

Camphre en |)oudrc 0 gr. 03

Acide henzoïque 0 gr. 15 à 0 gr. 20

Cette potion peut être remplacée par une injection hypodermique d'huile camphrée à 3 0/0 : une à deux seringues de Pravaz suivant l'âge.

Enfin on devra songer aux purgatifs (huile de ricin, calomelj ou aux diurétiques

Kau de tilleul 40 grammes

Siro[i de fleurs d'oranger 20 »

Oxymel sciliitique. . . . : 10 »

par cuillerées à dessert, de deux en deux heures.

Ce traitement est également applicable à la congestion pulmonaire aiguë primitive et aux congestions secondaires.

La spléno-pnc.umonie de (iranchera des allures plus silencieuses. Un sait qu'elle simule de tous

138 DES MALADIES DE i/aPPAIîEIL RESPIRATOIRE

points la pleurésie, dont elle ne peut être distinguée cliniquement que par l'absence d'épanchemenl liquide dans la cavité pleurale.

11 est inutile d'appliquer un traitement aussi énergique que dans la congestion aiguë. On peut se contenter de faire de la réA'ulsion avec de la teinture d'iode, des cataplasmes sinapisés. Les diurétiques et les purgatifs sont aussi très utiles.

Dans les deux formes cliniques de congestion pulmonaire que nous venons de décrire, on ne doit pas oublier l'importance des précautions hygiéniques, peut-être plus indispensables ici que dans n'importe quelle autre maladie : les enfants, pendant tout le cours de la maladie, seront maintenus couchés. La tenqiérature de la chambre devra être de 16 à 18°, et il faudra éviter avec soin tout refroidissement. Pendant la période d'état de la maladie, les malades seront mis au i-égime lacté absolu.

Pneumonie.

La pneumonie est une maladie cyclique : aucune méthode théi'apeutique n'est capable d'arrêter son évolution naturelle. Aussi, en face d'une pneumonie, évoluant régulièrement, le médecin doit-il s'abstenir de toute médication active. 11 se bornera à prescrire la diète lactée, et il soutiendra les forces du malade, en lui donnant de l'alcool, 15 à 20 grammes par jour, soit sous forme de grogs, soit en potion :

.kilep gommeux 50 grammes

Cognac 15 »

à prendre par cuillerées à café, d'iieure en heure.

Le vésicatoirc a fait son temps. Nous devons le proscrire. 1! est iniili|{>: el. de jilus, il augmente

l'NEUMONlE 139

l'agilalion des petits malades. S'il existe un point de côté violent, un badig-eonnago iodé, un sinapisme, i|uekjues ventouses sèches, une ou deux ventouses seai'iliées, suffiront à le calmer.

Malgré la bénignité habituelle de la pneumonie chez l'enfant, il faut surveiller étroitement les malades en raison des complications qui peuvent surgir et qu'il faudra combattre avec énergie

Le pouls sera examiné avec soin. S'il est faible et très fréquent, on donnera la digitale (V à X gouttes de teinture, 5 à 10 centigrammes de macération) ou la caféine (50 centigrammes en 2i heures).

L'hyperthermie peut produire des troubles nerveux plus ou moins graves, tels que l'insomnie, l'agitation, le délire, les convulsions, les phénomènes ataxo-adynamiques. 11 est inutile de prescrire l'antipyrine ou le sulfate de quinine. Ces médicaments n'ont aucune action manifeste. Le bromure de potassium, le chloral, au contraire, pourront amener un amendement des phénomènes nerveux. L'hydrothérapie reste la méthode de choix. Elle amène très rapidement une sédation marquée de tous les symptômes. On peut donner les bains à 20° dui-ant :]\ 10 minutes, et les renouveler toutes les trois heures lorsque la température centrale accuse 39°.

M. Rendu trouve plus commode dans la pratique, et tout aussi efTicace, l'enveioppenuînt dans le drap mouillé. Ces deux méthodes sont excellentes. Si le délire (!St intense, les convidsions violentes et répétées, on mettra sur la lète des compresses d'eau froide ou une vessie de glace.

Chez l(!S Jeunes enfants, l'agitation est quelquefois rempliicée par de la stupeur, une tendance au col lapsus. Il faut alors songer aux fi'iclions sèches OU

i'iO DES MALADIES DE l/APl'AliElL UESPIRATOIHE

alcoolisées, aux iiijecLions sous-culanées d'éLliei- al de caféine :

: 1/2 seringue de Pi'avaz, trois fois par jour.

On a conseillé récemment des injections hypodermiques d'alcoolat aromatique ammoniacal (esprit de Sylvius) à la dose de 1 centigramme toutes les deux heures.

Quelques auteurs pensent qu'après la défervescence, on doit chercher à favoriser l^xpectoration, en prescrivant le carbonate d'ammoniaque, le benzoate de soude, le sirop d'ipéca, le sirop de polygala (d'Espine et Picot, J. Simon). Lorsque la défervescence est observée, nous pouvons nous bornera adopter un régime tonique et une bonne hygiène.

La pneumonie peut se compliquer ou plulùl s'accompagner d'affections diverses dues, comme elle, à l'infeclion pneumococcique : telles sont les pleurésies, les péricardites, les méningites, etc. .Nous renvoyons, pour le traitement de ces afTections, aux chapitres qui leur sont spécialement consacrés.

La dilatation des alvéoles pulmonaires est une lésion qu'on rencontre fréquemment à l'autopsie des enfants morts d'une affection aiguë des voies respiratoires, notamment de broncho-pneumonie. Mais, dans ces cas, l'emphysème ne se manifeste pendant la vie par aucun symplômc appréciable ; il est nuisqué par les signes bien aulrement bruyants de la nuihulie à laquelle il es! associé. Nous n'avons donc

Ben/.oate de soude

Caféine

Eau distillée

2 gr. 50 2 gr. 50 ([. s. pour 10 ce.

Empliysènae pulmonaire.

E M I ' U V s K M P U LM 0 N A I R K

|ias à nous en occuper aupoint deA'ue Uiérapeulique. OuanL à l'emphysème chronique, envisagé comme maladie autonome, comme entilé morbide, si fré- ([uente chez l'aduUe, on l'observe rarement chez I enfanl. D'Espine et Picot n'en font pas même mention dans leur manuel. Au contraire, Marfan prétend qu'on le rencontre assez souvent comme conséquence de l'asthme, des affecîtions nasopharyngiennes, de l'adénopathie trachéo-bronchique, du rachitisme. Yirchow attribue même à l'emphysème chronique une origine congénitale. Quoi qu'il en soit, quand il existe, il donne lieu, comme chez l'adulte, à des crises paroxystiques, simulant de près ou de loin des accès d'asthme, et à une dyspnée continue souvent aggravée par de fréquentes poussées de bronchite.

Contre les paroxysmes dyspnéiques. on prescrira les inhalations d'oxygène, les fumigations de feuilles de datura ou de belladone, de papier nitré, les inhalations de pyridine ou d'iodure d'éthyle, de chloroforme, d'éther. Comme médicaments internes, on pourra prescrire de la teinture de lobélie (XX à L gouttes), de la teinture de Grindelia robusta (X à XXX gouttes), l'alcoolatnre d'anémone pulsatile, la belladone sous diverses formes posologiques, le valérianate d'amyle. Ces médicaments réussissent plnsou moins selon les cas, selon les aptitudes particulières des malades. Les injections sous-cutanées de morphine réussissent toujours; chez les enfants, elles doivent être pratiquées avec une grande prudence et à faibles doses.

Eau de laurier-ccrisc 10 grammes

Chlorhydrate de morpliine 0 gr. 02

: 1/2 seringue pour chaque injection.

iA± DES MALADIUS DE L Al'l'AHElL HESIUHATOIRE

En dehors des accès, l'arsenic eU'iodurede potassium sonLlesprincipaux médicaments àemployer.

Arséniale de sonde 0

Kau disliUée 2o0 grammes

: une cuillerée à café, malin et soir. S'il survient des poussées de bronchite, on donnera des balsamiques et des calmants.

Eau de fleurs doranger 40 grammes

Sirop de térébentliinc 20 »

Sirop de codéine 10 "

Teinture de belladone X gouttes

M. J. Simon conseille de compléter le traitement symplomatique par une cure au Mont-Dore, ou à Allevard.

Gangri'ène pulmonaire.

t.a thérapeutique de cette affection, tout à la fois exceptionnelle et grave, est désespérante. On devra prescrire l'usage des balsamiques, les inhalations d'essence de térébenthine ou d'essence d'eucalyptus. On peut les faire alterner avec des pulvérisations :

Créosote , ^ grammes

Teinture d'eucalvplus 30 »

Eau ■ 1 l'"'''

OU l)i('n

) irrammes

Acide pliénl(|ue

Acide tliymitiue - "

Alcool à 90" o" "

Eau distillée 930 »

I.es pulvérisations peuvent être faites, soit avec (les appareils spéciaux, soit avec un pulvérisalour de Ilicliarcisoii. Los solutions médicamenteuses

TUBKRCILOSE l'Ul.MONAlHIO 143

devront être chauffées au bain-marie, avant chaque pulvérisation.

Les balsamiques seroataussi donnés à l'intérieur : le sirop de térébenthine (20 grammes), la teinture d'eucalyptus (1 grammedans un looch). L'hyposulfite de soude (1 à 2 grammes par jour) est très recommandé par M. Lancereaux ; l'acétate de plomb (2 à 3 centigrammes toutes les deux heures) par Traube.

Un régime tonique et des vins généreux sont les adjuvants indispensables du traitement.

Devant l'impuissance, trop souvent constatée, du (raitement médical, on est en droit d'essayer un t raitement chirurgical. Nousproscrivonsabsolument, comme inutiles et dangereuses, les injections intrapulmonaires de substances antiseptiques. Au contraire, nous sommes très partisan de l'opération de la pneumotomie, qui consiste dans l'ouverture du foyer gangréneux: les succès déjà obtenus par cette méthode (Monod, Bull) plaident en sa faveur.

Tuberculose pulmonaire.

La tuberculose pulmonaire infantile diffère sensiblement de celle qu'on observe chez l'adulte. « Ce qui la caractérise, c'est sa marche progressivement envahissante, sa tendance à se généraliser à tous les organes. Cette tendance à la diffusion est d'autant plus prononcée que l'enfant est plus jenne, elle s'atténue à mesure quil grandit. « Chez les jeunes enfants, âgés de moins d(! huit à dix ans, il est très rare de rencontrer les sympt/muss de la tuberculose pulnu.naire chronique. On n'observe guère avant cet âge que les ditlercntes modalités de la tuberculose aiguë (voir la thèse de M. Aviragnet). Chez les .sujets

14i DES MALADIES DE LAPPAHEIl. KESI'IRATOIHE

plus âgés, la tuberculose pulmonaire chronique se distingue encore par sa gravité et la rapidité de son évolution.

Le pronostic de la tuberculose pulmonaire, chez les enfants, est navrant. Aussi le médecin cherchera-t-il à prévenir cette terrible maladie, en adoptant, en imposant même des mesures hygiéniques et prophylactiques. Celles-ci doivent être Jjasées sur les deux notions étiologiques qui dominent l'histoire de la tuberculose : 1° la tuberculose est contagieuse; 2° elle s'attaque de préférence à des individus prédisposés, à des organismes en état de réceptivité morbide.

Cette question si intéressante de la prophylaxie de la tuberculose, nous l'avons déjà étudiée en détail au chapitre de la tuberculose considérée comme maladie générale. Pour éviter les redites, nous y renvoyons le lecteur. Il trouvera, dans cette étude, l'exposé desméthodes générales de traitement, usitées pour lutter contre l'infection bacillaire : les unes, très efficaces, basées sur l'emploi de mesures hygiéniques, destinées à fortifier l'organisme et à le mettre en état de résister à l'assaut de l'agent morbiflque; les autres, moins heureuses, cherchant, à l'aide de substances réputées antibacillaires, à détruire les microbes au sein des tissus ou au moins de les atteindre dans leur vitalité. Nous n'envisagerons que le traitement symptomalique de la tuberculose pulmonaire, considérée comme lésion locale.

Ktant donné le point de vue siiécial où nous nous plaçons, nous confondrons dansune inèmedescription le traitement dessymplôines de la 1 uberculose aiguë et delà tuberculose chronique. Â l'intensité près, ces symptômes sont à peu |)rès les mêmes ; il esl

TUBIÎUCLLOSE PULMONAIRE 14.0 Miii ([il'ils se f^i'()ii|n'nl i\'u\u- ranm (linV'i-riilc. et, |ii-ésenl(>ni une allui-e assez spéciale dans la plilisie i;i;uë. Mais les iiulicalioiis auxqnelles ils donneni, l'U sont lesnièineSj lesaj^enls Lliérapeuliqnes à eiii- ,.U)yei- sont semblables. Les l'ésullals obtenus sont à peu près nuls dans la lubereidose aiguë; il n'en est pasdeiuèaie delà tiiherciilose |)ulinonairc clu-oni({ue, qui [jeul èti'e uvaulageusejuenl, jnodiliéo, grâce à uu Irailement l'ationnel bien dirigé.

-Nous allons successiveiiienl énuniérer les diilerents synq)l(3nies que l'on observe dans la tubereidosepidinonaire, et préciser le I railenienL de chacun il'enx.

La fièvre est un des syaqjtôjiies les plus gi-aves. Elle doinine l'histoire de la tubei'culose aiguë ; elle aggrave considérablement le pronostic de la tuberculose chroui(jue. On conçoit donc avec quel soin le médecin devra cherclier à la cojnbattre. Les préparations de sulfate de quinine, aijandonnées par certains auteui'S, sont recomiruindées par d'autres ; si elles n'ont pas une eflicacilé très grande pour abaisseï- la teiiq)érature, elles agissent, du juoins, en diminuant l'élément congestit si gi-ave dans la phtisie |)ulmonaire. On le donnera à la dose de 10 à 30 centigrammes, en lavement ou eu potion, selonl'âge. — Bernheim a j)i'o|)osé l'acide salicylique, en injections sous-cutajjées, selon la l'ormule suivante :

Acide salicylique 1 gi". 50

Mllier .sdlfuriqiio 3 grammes

lluilc d'amandes K) ))

L'antipyrine est de tous les médicaments le plus eflicac(!. On le donne, chez les enfants, à la dose de 2.J centigrammes à 1 gramme. Ce médicament

TIlÉRAPEUTiyUE INFANTILE. — T. U. 9

146 DES MALADIES DE L'A.n'AHElL HESI>I«ATOIUE

doitèlrepi-isaumo.uent où Vaccès de lièye commence, c'est-à-dire liabiluellemenl, vei-s l.-ois ou quati-e'heures de l'après-midi.

Nous devons dire un mot des badigeonnages de gaïacol, qu'on a récemment proposés. On peut employer le gaïacol pur, ou, ce qui est pre érable, chez les enfants, mélange à parties égales d luuie ou de P-lYcérine. La dose employée par jour ne doit pas dépasser 30 centigrammes à 1 gramme : 1 enfant est plus sensible au gaïacol que l'adulte Les applica- Lnsserontfaitessurlapeau duthorax,de 1 abdomen, ou de la cuisse, qu'on recouvrira ensmte avec de la ouate ou de la gutla-percha laminee Les bad.geonnages de gaïacol réussiraient a faire tomb passagèrement la lièvre; mais, cette action antitheimTque'est éphémère, et l'abaissement de la température est souvent suivi d'une réaction hyperthermique. Personnellement, nous ne C'-oyons i^as a l'eflicacité du gaïacol, pour abaisser a tempera n maintes fois nous avons fait des bad.geounage. s i la cuisse de nos petits malades sans miluencei la marche delà température.

La ton. est un symptôme constant. Sonopima rete et sa violence varient selon les sujets. P'--" ^/^^ teurs prétendent qu'on peut faire d.nunuer la toux z un grand nombre de malades, en leur recommandant'de résister au besoin de tousser, en le d ciplinant pour ainsi dire. L'eflort de voient .u,cessaire pour arriver à ce résultat estplus difficile a ob- "nir des enfants que des adultes ; toutetois, a tuberculose chroniMue est une maladie des grands enfants, pins souvent encore des adolescents .pu sont aptes à comprendre les eonseils .,ne le medecm leur donne Ouelle que soit rinllue.icede cette snggestuui,

Page 1