PELADE
Alcool camphré ' ■-'•» grammes
Essence de térébenthine :23 »
Ammoniaque liquide -5 «
Comme pommades et préparations huileuses, on peut adopter les mêmes médicaments. Ernest Besnier vante la pommade soufrée à 10 0/0 et additionnée de 1 0/0 d'acide salicylique, de baume du Pérou et de résorcine.
Il faut veiller à ce que tous les objets de toilette soient individualisés, à ce que les enfants portent un bonnet de linge fin qu'on changera tous les jours et, s'ils portent une perruque, à ce que celte perruque repose non directement sur le cuir chevelu malade, mais sur un bonnet de linge fin. (Ernest Besnier.)
Pelade hénigne (jénèralisée (plaques multiples, peu étendues.
Le traitement sera le même que précédemment. Toutefois, lorsqu'on emploiera les badigeonnages phéniqués ou cantharidés, ou les frictions avec l'essence de Wintergreen, il conviendra de n'opérer que sur un nombre limité des plaques, afin de ne pas s'exposer à provoquer une néphrite ou une cystite toxiques.
Pelade grave (plaques très étendues, serpigi-
neusesi.
On adoplera le même traitement que dans les formes bénignes, tout en insistant sur la vésicalion des surfaces malades et sur la cautérisation de la surface modifiée. (Sabouraud.) Cette cautérisation sera faite avec une solution de nitrate d'argent à 1/15 ; la vésicalion fvésicatoire liquide pur) et la cautérisation ])euvent rire renouvelées chaque semaine. D'aulres moyens ont été vîintés, nolanimenl l'éh^ctrisîition i'aradiqiic ( MIaschko, Elirmann, Thibierge),
les injections intra-dermiques de sublimé (Moty, à raison de cinq on six gonUes d'une solution aqueuse de sublimé k 1/400, les injections d'acide phénique à l/SO. (Raymond. 1
De tous les traitements que nous venons d'énumérer, aucun n'est exclusif. De plus, on ne doit pas négliger le traitement général auquel le professeur Hardy attachait une grande importance (préparations ferrugineuses, amères; Ioniques, hydrothérapie!.
Prophylaxie de la pelade. — La prophylaxie de cette affection est complexe. Ainsi que nous l'avons dit, à l'occasion de la pelade bénigne, il est indispensable que chaque enfant ait ses objets de toile-tte personnels et cliange tous les jours son bonnet de toile fine. Lorsqu'un enfant est en traitement et s'améliore, 'ce qu'il est toujours aisé de- constater par l'apparition des follets de repousse, il est important de le mettre à l'abri des réinfections locales (auto-prophylaxie de E. Besnien, en insistant sur les lavages répétés du cuir chevelu, sur la désinfec^ lion des coiffures et des objets de toilette.
Dans les familles, toutes ces précautions, tous ces soins sont faciles à adopter, sans qu'on soit tenu de faire interrompre les études; il n'en est malheureusement pas de môme dans certaines écoles, notamment dans les écoles primaires, où le renvoi des élèves s'impose souvent d'une façon exagérée, sous prétexte que les soins sont difficiles à donner el que la contagion est redoutée, malgré toutes les surveillances.
I^'ollicine du coiffeur est aulrement dangereuse; ici, l'idéal serai! d'individualiser fous les oijjets (|ui servenf ù, la coiffure ou de stériliser ceux (pii iieuveut être stérilisés.
PAVUS
Favus.
Le traitement du favus doit être rigoureux, te- •nace, persévérant, car cette dermatomycose peut durer de deux à huit mois environ.
Le favus siège surtout sur le cuir chevelu, dont il respecte la bordure ; on le rencontre également sur les parties glabres, sous les ongles, d'où la nécessité de le chercher partout, lorsqu'on se trouve en présence du lavus le plus limité.
Favus du cuir chevelu. — Lorsque le favus siège sur le cuir chevelu, il faut, suivant la recommandation de K. Besnier, couper aux ciseaux les cheveux, aussi ras que possible, et les maintenir ainsi durant tout le temps du traitement, puis pratiquer l'ablation de la matière favique, après l'avoir ramollie à l'aide de cataplasmes émollients ou de compresses imbibées de solutions antiseptiques faibles, telles que l'eau boriquée, l'infusion de camomille, la solution dephônosalyl àl/5U0, la solution de salicylate de soude à 2.j/i000, de bicarbonate de soude à 10/1000. (E. Besnier.) Lorsque ces applications humides sont faites pendant deux ou trois jours, il convient de recourir à l'épilation. Cette épilation consiste à enlever les poils qui viennent facilement à la pince; on la pratiquera, en outre, à la périphérie des plaques malades, sur une étendue de un centimètre, et on procédera do cctt(! façon partout où on rencontrera des poils peu adhérents, cassant sous la pince, ou entourés près de leur racin(! d'iiiie gaine blanche. Si l'épilation est (l()uh)iir(!iis(î, on multipliera les séances en limilarit (•iia(fu(; fois le cliamp de l'opération, et on calmera l'irritatioi: consécutiv(! du cuir chevelu Dar
des applications humides. A partir de ce moment, on devra songer à prescrire des médicaments parasilicides.
M. E. Besnier préconise le traitement suivant : Le cuir chevelu sera frictionné chaque soir avec la pommade suivante :
Baume du Pérou, huile de
cade ou huile de bouleau. 2 à 3 grammes
Acide salicjlique * a~ 1 à 5 »
Piîsorcine '
toiiue prtcipilé 5 à lo »
l^anoline ^ ^
Vaseline ua 'iO "
Axouire
Tous les malins, on lavera le cuir chevelu à l'eau chaude, avec un savon au goudron, au naphlhol, à l'ichthyol ; puis on fera une friction sur les régions malades avec le linimcnl suivant :
Alcool à 90o 100 L-i-.-nr.mes
Acide acétique ciislalli-inlnc . 0 lt. 2.j à 1 »
Acide borique 2 »
Chloroforme ■> "
Cela fait, on appliquera sur les zones faviqiios une plaque d'emplâtre de Vigo, qu'on laissera en phioo durant toute la Journée.
Ce traitement sera interroaqiu, lorsque la guéri son semblera avérée (disparition des godets, de la rougeur à la base des poils, absence de poils décolorés, cassants ou engainés), et lorsque l'examen microscopique des cheveux ou des squames ne révélera plus la présence de spores ou de tubes de mycélium.
Favm de la peau. — Le traitement du favus des parties glabres, comporte les mêmes prescriptions. Ai)rès avoir ramolli et avulsé les godets, on badi-
TRICnOPllYTIES •'«J'
i^counera les régions malades, tous les cinq jours, avec de la teinture d'iode, ou bien on appliquera des pommades au soufre, cà l'acide chrysophanique, etc.
Favus ch l'onijle. — Le Iraitemenl du l'avus des ongles implique l'ablation de l'ongle, l'application de compresses imbibées d'une solution de sublimé à 1/.jOO ou à 1/200, ou de teinture d'iode, de perchlorure de fer (Vidal).
Prophylaxie dn favus. — Les malades atteints de l'avus doivent être isolés, lorsqu'ils ne peuvent recevoir chez eux les soins minutieux que comporte leur maladie. Les enfants doivent être renvoyés des écoles, et le médecin devra s'enquérir de l'état des animaux qui vivent dans les maisons occupées par les faviques, atin de faire traiter ou de supprimer ceux qui seraient atteints de favus.
Tricliophytîe».
Le traitement des trichophyties est essentiellement local; il est plutôt prophylactique que curatif, et a une durée indéterminée, plusieurs mois, quelquefois même plusieurs années. Au point de vue thérapeutique, nous n'insisterons pas sur la multiplicité des espèces trichophy tiques, que Sabouraud a magistral(Mnent décrites. Nous nous occuperons surtout des Iric/iophi/lies du cuir chevelu, et plus particulièrement <1(; la. Irichophi/tie l.omumnte ou leigne londaiile des au- /eurs: celle-ci, en ell'et, s'obscrved'unefaçon presque exclusive chez l'enfant et chez l'adolescent. Deux formes ptuiventseprésenter; dans l'une, les trichophytoiis sont à grosses spores et siègent surtout à l'inlérieiir du poil, où elhis ivppai-aissent sous l'aspect
de chaînettes ; cette forme guéril assez vile. Dans la deuxième, le parasite est constitué par des spores plus petites., situées en dehors du poil ; il engaine le cheveu : c'est h microsjjoron audouini^ la trichomicrosporie de Thihierge. Celle deuxième forme est tenace et résiste longtemps à tous les traitements employés.
La trichophytie folliculaire ou kerion Celsi, est plus rare que les précédentes, est occasionnée parla pullulation d'un trichophyton d'origine équine et guérit en deux à trois mois, entraînant souvent une alopécie plus ou moins complète. Ainsi que nous venons de le dire, le traitement des trichophyties du cuir chevelu est local. Tout d'abord, il convient de débarrasser le cuir chevelu de tous les fragments des poils, de toutes les squames qui recèlent le parasite végétal, afin de préserver les cheveux sains.
Les cheveux, suivant le précepte d'Ernest Besnier, doivent être coupés aux ciseaux, et tenus aussi ras que possible, pendant tout le cours du traitement. Le cuir chevelu étant ainsi préparé, on pratiquera l'épilation à la pince, non seulement des poils altérés, mais aussi des poils sains qui circonscrivent les plaques malades. Cette épilation en bordure devra être faite sur une étendue de G à 8 millimètres (zone de protection et de surveillance de E. Besnier). La durée des séances d'épilation est variable ; elle reste subordonnée à l'étendue et au nombre des plaques trichophytiques. Après chaque séance, on se trouvera bien de lotionner les parties épilécs avec une solution faible do sublimé (1 pour 2.000 ou 3.000) ou mie solution de phéuo-salyl à i pour 300, «»u plus sinqilement d'appliquer une légère couche do vaseline boriquéc. L'épilation doit être renouvelée aussi longtcuqis (ju'on trouve sur le cuir che-
TRICIIÛIMIÏTIES 239-
velu des cheveux malades ; l'examen microscopique des cheveux cassés ou suspects permet seul de préciser la durée de l'épilatiou. L'épilation sera répétée une ou deux fois par semaine, puis tous les quinze jours.
Le cuir chevelu doit être lavé chaque jour, au moyen d'un savon ordinaire ou d'un savon médicamenteux, et à l'eau chaude. Chaque nettoyage de la tête sera suivi d'une friction opérée exclusivement sur les plaques trichophy tiques ; cette friction sera faite avec une solution antiseptique ou avec de la teinture d'iode. On peut employer la liqueur de Van Swieten, la solution de hiiodure de mercure, la solution de phéno-salyl. Lorsque le nettoyage de la tête est achevé, lorsque la friction des plaques malades est opérée, il y a lieu de pratiquer l'occlusion de ces plaques, afin de protéger les parties saines du cuir chevelu. A cet effet, on pimrra employer des rondelles d'emplâtre de Vigo, d'emplâtre rouge de Vidal ou d'emplâtre boriqué, qu'on renouvellera tous les jours. Laitier conseillait les onctions quotidiennes avec la vaseline iodée à 1 0/0.
La thérapeutique du kérion Celsi ne diffère pas de celle des trichopliytics que nous venons de préciser. Il y aura lieu cepcndantde se soucier des phénomène.-, inllammatoires, qu'on atténuera par des pansements antiseptiques humides.
La guérison d'une trichophytie ne sera admise que le jour où l'examen réi)été du cuir chevelu ne révélera plus aucun cheveu malade. L'examen des cheveux sera minutieux (!t contrôlé au microscope, tous les quinze jours, [«Midant trois mois.
La Iric/ioj^hi/tie des renions f/Iahres (herpès circiné) af desonr/les sera enrayée et détruite avec les badigeon-
nages répétés à la teinture d'iode, on avec les lotions de sublimé à l/oOO, ou avec les pommades soufrées, à l'acide salicylinue, à l'acide pyrogallique, à l'acide chrysophanique, etc.
Prophylaxie des trirhoplnjtks. — La prophylaxie individuelle nécessite une grande surveillance, au double point de vue de la coillure et des objets de ioilette. Les enfants devront être coiffés d'un bonnet de toile line, qu'on changera tous les jours et qu'on lavera à l'eau bouillante. Les brosses ellesmêmes seront nettoyées par l'immersion dans une solution alcoolique de sublimé et dégraissées par le passage dans une eau légèrement ammoniacale. Afin de prévenir la contagion, la tête des Irichophytiques sera constamment couverte, et les objets de toilette seront individualisés. Le médecin ne négligera pas de surveiller les animaux qui vivent en contact avec les enfants atteints de trichophytie, afin d'éloigner et de supprimer ceux qui présenteraient une maladie de la peau.
Dans les écoles, le médecin inspecteur examinera, à des dates déterminées, le cuir chevelu de tous les enfants ; et, en temps d'épidémie, multipliera ses examens, exigera que les cheveux fussent coupés au ciseau et tenus courts, et que le cuir chevelu fût lavé tous les jours avec une solution antiseptique légère. Quant aux enfants malades, ils seront traités dans une salle spéciale et resteront toujours couverts.
IMPETIGO
m. — DERMATOSE PRODUITE PAR UN PARASITE MICROBIEN
Impétigo.
L'irapéLigo est une affection contagieuse, inoculable, due à la présence du staphylocoque blanc ; il se caractérise par des plaques d'érytbème, des vésicules, des pustules, des croûtes. Il siège indifféremment sur la peau et sur les muqueuses, tout en ayant une prédilection pour levisage. 11 faut le traiter aussi vite que possible, sinon on s'expose à des adénites suppurées, à des ulcérations étendues et profondes. Comme l'impétigo se rencontre plus particulièrement chez les enfants lymphatiques, il y a lieu d'instituer un traitement général et de prescrire de l'huile de foie de morue, du sirop d'iodure de fer, du sirop antiscorbutique, du sirop de lacto-phosphate de chaux. Si l'impétigo coïncide avec des troubles intestinaux, on donnera un purgatif tel que le calomel. Le traitement local est de beaucoup le plus important, car un impétigo traitérationnellementguérit vite. On se proposera tout d'abord de ramollir et d'enlever les croûtes, à l'aide des applications émoUientes, quelles (jii'elles soient. On appliquera donc des cataplasmes de fécule de pomme de terre, de Ja ouate hydrophile ou des compresses de tarlatane imbibées d'eau boriquée tiède, d'une infusion de lleurs de camomille, de fleurs de sureau; on répétera les lavages des régions attoint(!S av(!C de la ouate imbibée d'eau horiquée li''d(;. iJès rpie les croules sont détachées, et lorsque l'intlanimation tégumentaire est calmée, on prescrira des pommades antiseptif|ues (vaseline boriquée
TIllÔnAl'EUTiyUE INl'ANTILE. — T. II. 14
2/(2 MALADIES OE LA l'EAU
ù 1/10) OU des emplàlres boriques de Vigo, de Vidal 11 est indispensable d'obtenir une occlusion parfaite des lésions cutanées, en employant soit un corps gras auquel on ajoute de l'oxyde de z.nc, du sous-nitrate de bismuth, du dermatol, soit un emplâtre. L'impétigo, avons-nous dit, peut engendrer des lésions ulcéreuses, qu'on combattra avec les cautérisations au nitrate d'argent, ou avec les pansements iodoformés.
L'impétigo des muqueuses comporte les mêmes soins, c'est-à-dire des lavages répétés avec de l'eau bouillie, de l'eau boriquée tiède, des badigeonnages avec des collutoires à l'acide borique, au naphlol camphré, des cautérisations légères avec le nitrate d'argent.
Enfin, il sera prudent d'exiger la plus grande propreté du corps, et de veiller à la désinfection des vêtements et de tous les linges qui servent aux pansements.
Molluscum contagiosum.
[Acné varioliforme).
Cette aiïection conlagieusfe. auto-inoculable, et dont le parasite est encore inconnu, siège sur tout le corps, de préférence sur le visage. Elle est caractérisée par de petites tumeurs lransparenles,'Sessiles ou pédiculées, ombiliquées, ayant les dimensions d'un grain (le mil ou d'un pois; lorsqu'on les écrase entre les ongles, elles peuvent donner issue à une matière consislanle et constituée par des lobules blancs el allongés.
Celle an"(!ction (>st facile à traiter. Les badigeonnages de teinlure d'iode, les api>lications de pomma-
icarflYOSb: - '"^
des mercurielles, d'emplâtres salicylés, peuvent sullire à ramollir et à détruire ces petites tumeurs, Quelquefois, il faudra recourir à un procède plus violent, c'est-à-dire à la cautérisation ignée, ou à [•ablation soit avec les ciseaux, soit avec une curette tranchante.
MALFORMATION CUTANÉE Iclitliyose.
^'ous ne nous occuperons pas dans ce chapitre de l-ichthYOse intra-utérine ou fœtale, difïormité exceptionnelle à laquelle les enfants succombent plus ou moins rapidement; nous laissons également de cote le lichen pilaire de Hardy, bien que cette altération cutanée se rapproche de l'ichthyose. Les traitements de ces divers étals de la peau sont du reste les mêmes.
L'ichthyose est une malformation de la peau, congénitale, héréditaire ou familiale, peu manifeste durant les premiers mois de la vie. mais s'accenluant vers l'âge de deux ans.
Le traitement sera général et local. Comme traitement général, nous insisterons sur les aliments gras et nous prescrirons l'huile .le foie de morue, les préparations arsénicales.
Le traitement externe sera méthodique, et poursuivi avec persévérance. Ici on doit se proposer de ramollir les squames et d'entretenir une peau aussi souple que possible. A cet eiïet, on ordonnera, tous les deux, jours, des bains émollienls de son ou d'amidon ; on'fera des frictions énergi<iues sur toute la surface de la peau, avec du savon, pour la décaper;
24'l' MALAD11£S DE LA l'EAU
on praliquera, suivant le conseil deLailler, des onctions générales, avec de la glycérine pure ou avec du glydérôlé d'amidon additionné de 1/10 d'eau de laurîer-cerise: Après une à deux semaines de traitement, la peau devient plus souple, presque normale ; cet heureux résultat permet non de suspendre le traitement employé, mais de le modifier en espaçant les bains, les friqtions, les onctions, et de le compléter en recommandant une gymnastique modérée, du massage, des bains de vapeur.