DERMATOSES DIVERSES ET DE CAUSES I COMPLEXES
j ErytBtème peviiîo on engelmres.
' Nous laisserons de côté tous les éry thèmes qui surr Viennent dans les maladies infectieuses et dans les intoxications, et nous ne nous occuperons que de cette variété d'erythème pernio. plus connue sous le nom d'engelures et qu'on observe communément chez les enfants lymphatiques. Il se caractérise par des plaques rouge violacé, prurigineuses, devenant vésicLdeuscs, i)ulleuses etpouvant s'ulcérer. Cet érythème siège sur les extrémités, les oreilles, le nez, lès joues. Le traitemeni de l'érylhème pernio est complexe. Nous venons de voir que cet érythèmc se rencontrait surtout ciiez les enfants I ymplialiques. dont les extrémités sont toujours froides, violacées, luiniidi^s. IjL' médecin devra donc se soucier de prévenir eet érytliènu'. en niodiliaiit la conslilution lyinidiatiqtie par un Iraiiement général approprié, et en "isislant sur une séri(> de précautions hygiéniques, uola'iunient sur l'hygiène des vêtements. Quoi
URTICAIRES 24a
qu'il en soil, on prescrira l'Iuiile de foie de morue, le sirop d'iodure de fer, le sirop anliscorbuhque, le sirop de lactophosphate de chaux, la solution d'arséniate de soude, la leinlure de quinquina, et on insistera sur la vie au grand air et sur les exercices modérés. Les enfants ne devront jamais sortir sans protéger leurs extrémités contre le froid; ils ne devront employer que de l'eau chaude pour leur toilette ; ils prendront fréquemment des bains de mains ou de pieds dans des solutions astringentes de borate de soude, d'alun k 2 0/0, dans des décoctions de feuilles de noyer ou de ronce, et se feront frictionner les extrémités avec une eau alcoolisée. Les engelures pourront être traitées par des pommades à l'oxyde de zinc, au sous-nitrate de bismuth, la vaseline à l'acide borique, et par des onctions avec de l'huile camphrée ; elles peuvent aussi être protégées au moyen d'un collodion médicamenteux ou d'un emplâtre quelconque. Les engelures ulcérées seront recouvertes d'un Uniment oléo-calcaire ou modifiées par des pansements antiseptiques et des attouchements avec une solution de nitrate d'argent à 1 0/0. Lorsque les engelures seront guéries, il conviendra • l'en prévenir le retour eu surveillant l'hygiène de la peau par des frictions stimulantes et en la saupoudrant avec des poudres inertes et absorbantes.
Urticaires.
L'urticaire se rencontre h tous les Ages de la vie, même chez le nourrisson. Nous ne ferons que mentionner l'urticaire pigmentée, qui est une dermatose rare et propre à la première enfance. L'urticaire rouge peut être fugace ou tenace et persister à l'élaL
chronique. TouL le monde connaît ces saillies rosées, décolorées à leur centre, occasionnées par un œdème congeslif de la peau, de forme et d'étendue variables et qui sont comparables à ces éruptions que provoque le cou tact des or lies. Ces éruptions or liées reconiiaissent des causes diverses, multiples, et doivent être attribuées, le plus souvent, à des intoxications alimentaires, médicamenteuses, à moins qu'elles ne s'observent dans le cours de certaines maladies infectieuses ou qu'elles ne se produisent chez des sujets nerveux ou arthritiques.
Ces considérations sommaires nous permettent de comprendre la thérapeutique de cette affection de la peau. Le traitement sera surtout étiologique. Nous préciserons également le traitement local ou externe ; ce traitement est destiné à calmer le prurit. Chez le nourrisson, il conviendra tout d'abord de surveiller l'alimentation de la nourrice et d'exclure tous les aliments qui sontreconnus suspects de produire l'urticaire, c'est-à-dire les aliments épicés ou altérés, puis de calmer l'éruption prurigineuse par des lotions chaudes vinaigrées, aromatiques, et par l'emploi de poudres inertes. Chez les enfants plus Agés, on se demandera si on se trouve en présence d'une intoxication alimentaire ou médicamenteuse, pour supprimer l'aliment ou le médicament suspect; on conseillera ensuite un vomitif ou un purgatif, et on prescrira quelques antiseptiques intestinaux (salol, bcnzo-naplhol). Le régime lacté sera avantageusement institué.
Il eu sera de même des infusions de chiendent, de lujut)lon, de queues de cerises, de stigmates de maïs, des eaux minérales de Vittel, de Contrexéville,d'Évian, qui provoquent la diurèse urinaire et favorisent l'éli-
mination de toutes les matières toxiques qui ont pu s'accumuler dans l'iconomie. S'd s'agit d'un enfant nerveux, on pourra lui donner du bromliydrate de quinine (0 gr. 15 àO gr. 25), de l'ergotine (Ogr. 15 à 0 gr.25), de l'antipyrine, du bromure de potassium, du valérianate . d'ammoniaque, du sirop d'éther. S'il s'agit d'un enfant arthritique, on insistera sur l'usage des eaux alcalines, du bicarbonate de soude, de la lithine. Quel que soit le mode étiologique de l'urticaire, l'alimentation sera rigoureusement surveillée. La viande de porc, le gibier, les poissons de mer, les choux, les asperges, les fraises, les framboises, les figues, les boissons alcooliques, le café, la bière, etc., sont regardés comme des substances alimentaires capables de pousser à l'urticaire et doivent être proscrites.
Lorsque l'urticaire est chronique, les enfants pourront faire une cure thermale à Vichy, à Fougues, à Royat, à la Bourboule, à Uriage.
Le traitement externe, avoUS-nOUS dit, calmera les démangeaisons. La peau sera lotionnée avec une eau tiède, aromatisée avec du vinaigre aromatique, de l'eau de Cologne, ou avec une soluilon d'acide phénique à 1/200, puis saupoudrée avec de la poudre d'amidon, de talc, d'oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth. Les bains sont inutiles ou nuisibles, d'après E. Besnier et Tliihierge, sauf dans l'urticaire chronique.
L'urticaire des muqueuses relève des mêmes causes ([ue l'urticaire de la peau, comporte les mêmes indications et. nécessite des interventions particulières.
StrophiilMS.
Celle éruplion papuleuse el prurigineuse s'observe communément pendant la première enfance (urlicaire papuleuse infantile) el coïncide naturellement avec la première dentition (prurigo de dentition!) ; elle semble étroitement liée à l'existence de troubles digestifs résultant d'une nourriture défectueuse ou mal dirigée.
Le ipaîtenient interne se propose de combattre les troubles digestifs. Dans l'immense majorité des cas, il suffira de faire prendre à l'enfant 5 ou 10 centigrammes de calomel dans une petite quantité de lait, puis de régler ses tetées ou son alimentation, pour supprimer sa diarrhée et ses vomissements. Si les troubles gastro-intestinaux persistaient, il serait temps de prescrire des lavements boriqués à 2 0/0 et des antiseptiques intestinaux. Le calomel, du reste, est le meilleur antiseptique intestinal chez les enfants.
Le traitement local consiste dans l'emploi des lotions tièdes, légèrement vinaigrées, alcoolisées, des poudres inertes, comme l'amidon, le talc, le sousnitrate de bismuth, l'oxyde de zinc, l'acide salicylique, et des pâtes médicamenteuses de zinc et de menthol ou d'acide phénique. Dubreuilh est partisan des onctions avec de l'huile nu^ntholée à 4 0/0.
Prurigo «le Hebra.
Le prurigo de Ilebra (lichen polymorphe chronique de Vidal) débute dans l'enfance, a de la tendance à se reproduire durant plusieurs années, et peut se
PRUIUGO DE ITEBRA ^•'lï*
renconlrev chez les enfants lymphatiques ou nerveux. Les éléments qui constituent cette affection prurigineuse sont des papules saillantes, acuminées, à sommet croùteux, laissant à leur suite une cicatrice blanche, circonscrite par du pigment. Le prurigo de Hebra peut s'accompagner d'adénopathie et de lésions accessoires eczémateuses, pustuleuses, eclhymateuses; il siège plus particulièrement sur le côté de l'extension des membres et sur la face.
■Traitement iuteriic. — La constitution lymphatique des enfants sera modifiée par l'huile de foie de morue, donnée à des doses élevées, le sirop d'iodure de fer, la solution d'arséniate de soude. L'éréthisme nerveux sera calmé par le bromure de potassium (0 gr. 10 à 0 gr. 30), le valérianate d'ammoniaque, (0 gr. 03 à 0 gr. 25 en potion; 0 gr. 03 à 0 gr. 23 en lavement de 130 gr.). Les bains tièdes prolongés, les douches tempérées semblent calmer le prurit de cette affection. Certaines stations d'eaux minérales sont capables d'amender et de guérir le prurigo de Hebra ; nous signalerons notamment la Bourboule, Luchon, Uriage, Saint- Honoré, Salies-de-Béarn, Lavey et Bcx. Le séjour à la mer peut être utile, à la condition que les enfants ne soient pas nerveux et qu'on ait choisi un endroit abrité.
Traitcmcut local. — Si Ic prurigo de Hebra se complique de lésion accessoires, eczémateuses ou autres, il conviendra de les traiter avant de songer au prurigo lui-mênni. Cela fait, on appliquera le traitement de E. Resnier : le matin, on pratique des lotions savonneuses cliaudes sur lout le corps, puis des frictions alcoolisées etaroinaliqiies, eton nppli(|u(ï sur les parties mah'uhîs de la toih; line de caonicliouc ; fe soir, on fait des onctions générales avec de l'huile
de foie de morue. Lorsque les lésions sonl localisées, circonscrites, des emplâtres simples, des colles, des pommades à l'oxyde de zinc, peuvent suffire pour supprimer cette affection.
Des Eczémas.
L'eczéma est une dermatose qu'on observe communément chez les enfants lymphatiques. Le lymphatisme intervient plus fréquemment que l'arthritisme et favorise la forme suintante. Que l'eczéma soit localisé ou généralisé, il peut apparaître sans que la santé générale semble atteinte; de même il peut coïncider, être précédé ou être accompagné de troubles viscéraux multiples, notamment du côté du tube digestif. Le traitement de l'eczéma n'est pas exclusif; il exige une grande surveillance et une grande prudence. Ce traitement, en effet, est complexe et comporte une médication interne et un trailementlocal. Quel quesoitle traitementqu'on adopte, on peut être amené, soit par la marche ultérieure de la maladie, soit parles complications qu'elle engendre, à le modifier, plus ou moins totalement. Le médecin doit donc être prudent et patient.
Trattemcni inierne. — Ce traitement vise la constitution même de l'enfant. Le plus souvent, le médecin sera aux prises avec la constitution lymphatique, qu'il modifiera avantageusement en prescrivant l'huile de foie de morue, les préparations d'iode, le sirop d'iodure de fer, le sirop antiscorbutique, les préparations phosphatées comme le sirop de lactopliosphate de chaux. La médication alcaline (bicarbonate de sonde, sirop alcalin, benzoate de soude, lilhine) convient aux enfants arthritiques ou nés de
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parents alhrUiques. Il en sera de même de la médication martiale pour les enfants anémiques. Les préparations arséuicales doivent élre proscrites dans les eczémas ai^us, qu'elles irritent et aggravent. On surveillera avec soin l'état des fonctions digestives, on remédiera dans la mesure du possible au moindre trouble viscéral, et on instituera une hygiène générale des plus sévères, en insistant sur un séjour prolongé à la campagne, ou à la mer si l'eczéma n'est ni irritant, ni suintant. Quant au traitement hydrominéral, il ne saurait être conseillé aux enfants couverts d'eczéma, ou sujets à des poussées aiguës d'eczéma. Par contre, lorsque l'éruption eczémateuse aura disparu, lorsque les téguments ne seront plus susceptibles d'être irrités par un traitement hydrominéral intempestif, on pourra conseiller une saison à Luchon, Cauterets, Barèges, Saint-Honoré, Challes, Uriage, Saint-Gervais, la Bourboule, Salies-de- Béarn, Salins, Briscous, Lavey.
Traitement externe. — Le traitement local comporte de la patience, de la prudence, et exige une grande délicatesse de touche. Qu'on nous pardonne ces expressions; mais le traitement externe de l'eczéma est si fertile en déceptions, qu'on ne saurait être trop prévenu de la nécessité de modifier, de (Changer souvent les topiques employés.
Le traitement local varie suivant que l'eczéma est aigu ou chronique.
Dans l'eczéma aif/u, il faut employer, dès le début, l(^s topiques éinoilicnts et appliquer sur les régions envahies des (-(juipresses (ines de tarlatane, ou de la ouate hydrophile, imbibées d'une infusion de racines de guimauve, de racines d'année, de ilcurs <1(! sureau, de camomille. M. Hrnest Besnier con-
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seille les enveloppements avec des compresses de tarlatane, préalablement trempées dans l'eau tiède, à laquelle on ajoute, pour un litre, une ou deux cuillerées à soupe de poudre d'amidon et une ou deux cuillerées à café d'acide borique pulvérisé. L'eczéma peut s'accompagner de lésions accessoires, secondaires, de nature infectieuse, qu'on combattra à l'aide de pansements antiseptiques humides (solutions d'acide borique à 3 0/0, de sublimé à 1/4000, de phéno-salyl à 1/500, de résorcine à 1/200, d'ichthyol à 1/lSO). Lorsque les surfaces eczémateuses sont recouvertes de croûtes, il faut songer à les détacher en les ramollissant, soit à l'aide de cataplasmes émoUients, lièdes, fréquemment renouvelés, soit à l'aide de la toile de caoutchouc vulcanisé, soit en employant des pulvérisations avec des liquides aseptiques ou antiseptiques. On aura soin, toutes les fois qu'on renouvellera une de ces applications, de lotionner les régions eczémateuses avec de la ouate hydrophile et de l'eau de son tiède, ou une solution antiseptique faible (eau boriquée par exemple). Ces applications humides, isolées ou successives, sont bien supportées; mais lorsque la peau commence à macérer, il y a lieu de les suspendre et de les remplacer par des pommades non irritantes ou par des poudres. Les corps gras, les pommades qu'on emploie le plus fréquemment, sontl'axonge fraîche, le Uniment oléo-calcaire, la vaseline pure ou boriquée, le glycérolé d'amidon, les pommades à l'oxyde de zinc (2 à 4 gr. pour 30 à 40 gr.l, au sous-nilrale de bismuth (2 à 4 gr. pour 30 gr.), à l'acide salicylique (1 à 2 0/0^, à la résorcine (1 0/0), au baume du Pérou. A défaut des pommades qui ne doivent pas elre appliquées tr(ip longtemps, on saupoudrera les