COMPLICATIONS IJE LA VACCINE
la vaccination peut aggraver une dermatose préexislaute, il est de règle de ne pas vacciner les enfants, tout le temps qu'ils présentent des accidents cutanés (eczéma, impétigo), à moins que nous ne traversions une épidémie de variole.
Dans ce cas, les inoculations seront faites, à raison d'une piqûre à chaque hras, ou sur une région éloignée des parties atteintes.
C'oiiiplîeatïoits de la vaccine :
Infeclions secondaires. — La petite plaie vaccinale peut s'accompagner d'accidents dus à des infeclions secondaires (lymphangite, phlegmon diffus, érysipèle, eclhyma, impétigo). Ces accidents ne s'observent jamais, si l'asepsie a été rigoureuse au moment de la vaccination, et surtout si la lymphe employée élait pure, non mélangée de sang et de pus.
Le meilleur moyen de prévenir la syphilis vacciii((le est d'adopter le vaccin de génisse.
La syphilis, qui se produit dans ces lamentables circonstances, nécessite le traitement de cette maladie spécifique (frictions mercurielles, bains de sublimé, liqueur de Van Swieten, etc., etc.)
Ulcérations rhanrrifnrmes. — En réalité la syphilis vaccinaleest un accident rare. On asouvent confondu (les ulcérations chancriformes, qui reposent sur une hase indurée, avec le chancre induré de la syphilis. Ces ulcérations se distinguent pourtant de l'accident initial de la syphilis par les citractèrcs suivants : elles sont multiples, ne s(! recouvrent pas de croûtes, et sont déjà constituées, le huitiènu^ ou le don/ième jour après la vaccination, alors que le chancre ne se montre jamais avant le quinzième; jour ; elles sont Irès rebelles au traitement et exigent un i)ansement antiseptique au salol ou à l'iodofornie.
H8 MALAlJli:S GKMiltALLS I M-liCTlKU.-l^S
Les éruptions cutaims posl-mirciiiales (roséole, rash scai-lalinilorme] ne nécessilenl, en raison de leur bénignité, que quelques soins susceptibles de favoriser leur évolution (bains tièdes, boissons acululées).
Varicelle.
La varicelle est ordinairement une maladie si bénigne, si exempte de complications, que lapluparl des auteurs classiques mentionnent à peine son traitement. Il résulte cependant d'observations récenles que l'airection peut être grave et compliquée.
L'isolement des enfants pendant la maladie, la désinfection de tousleurs vêtements etlinges, seront pratiqués comme dans les autres fièvres éruptives. Avant de laisser l'enfant reprendre la vie commune, on lui fera prendre plusieurs grands bains tièdes. La durée de l'isolement des écoliers malades est de ^2.j Jours (chiffre légal) à partir du premier jour de l'invasion; nous ne possédons que très peu de notions sur la durée de la contagiosité de la varicelle. L'isolement doit être surtout rigoureux, quand le diagnostic est hésitant entre une varicelle et une varioloïde; car, une varioloïde bénigne peut engendrer par contagion des varioles graves.
Le traitement de la varicelle se bornera d'habitude à des précautions hygiéniques : tenir les enfants non seulement à la chambre, maisaulitct au chaud. On évitera ainsi les traumatismes articulaires, qui peuvent agir comme cause déterminante de 1 arthrite, et surtout les refroidissements qui prédisposent à la néphrile (Henoch). On conseillera une alimentation légère; el, s'il y a de la fièvre, on
VAKICELLU HVt
exigera la dit'Ie (luil, houillon). Enlin on préviendra les int'eclions sec-ondaires, en protégeant les vésicules et les bulles, et en empêchant le grattage. On se trouvera bien des applications de poudres de talc, d'amidon et d'acide borique, et on ne conseillera les pommades antiseptiques (vaseline boriquée, salolée) qu'à la période d'encroûtement.
L'apparition de vésicules sur la muqueuse buccale exigera l'emploi des gargarismes émollients et antiseptiques. Les vésicules développées sur les conjonctives seront combattues par des lavages boriques, des instillations au sulfate de zinc (1 0/0) et des applications de vaseline au précipité jaune (2 0/0), ou au calomel (2 1 /2 0/0) sur les bords libres des paupières.
Comby conseille d'attaquer les vésicules conjonctivales ou cornéennes avec le crayon au nitrate d'argent mitigé ou au sulfate de cuivre.
La crainte d'une néphrite varicelleuse doit faire surveiller régulièrement les urines; si l'albuminurie apparaît, on soumettra l'enfant au régime lacté absolu.
Les infections secont/aires (ulcérations des vésicules, suppurations, érysipèle) doivent faire redoubler les précautions antiseptiques, car elles peuvent devenir graves. Guyot a cité le cas d'un externe de son service qui, étant venu k l'Iiôjjital avec des boutons de varicelle, l'ut atteint d'érysipèlc de la face et succomba. L;i Iramformaiidn (jdiigrhiema des vésicules, accident r:ire, est d'une gravité exli'ême; on lui opposera les bains ((t les pulvérisations au sublimé, les b;idig(!onriagcs au permanganate de potasse, les pommades antisepti([ues.
La vnricelle, comme les ;iutres fièvres éruplives,
1)0 MALADŒS GKNÉItALliS I NF KCTIKUSES
peul. se compliquer d'ar/hri/es, au niomenl de la convalescence. 11 en existe deux formes : l'une, béniffne, se terminant par la résolution, l'autre grave qui suppure. Le traitement consiste dans l'immobilisation de l'articulation atteinte (gouttière, appareil plâtré) .et dans l'administration du salicylate de soude. Pour les arthrites du genou, de la hanche, on fera l'extension continue qui a le triple avantage de mettre le membre dans une bonne attitude, de l'immobiliser, et de diminuer rapidement la douleur. Si la hèvre reste élevée, s'il y a de l'épauchement dans l'articulation, faites une ponction exploratrice et n'hésitez pas à procéder à l'arthrotomie dans le cas où le liquide retiré est louche ou purulent. On commencera le massage le plus tard possible; on le fera progressif en surveillant le réveil de la douleur et l'élévation de la température. Dans le cas d'arthrite grave, avec signes d'infection générale, on tonifiera le petit malade et on pourra lui donner à petites doses des antiseptiques intestinaux (Braquehaye et de Rouville).
S<ra flatîne.
La scarlatine est de toutes les fièvres éruptives celle qui présente les plus grandes variations dans son évolution et dans sa gravité. En France, la scarlatine régulière et bénigne est la plus fréquente; à côté de cette forme simple, il y a des formes malignes et des cas accompagnés de complications plus ou moins redoutables. Le médecin n'oubliera donc pas que la scarlatine est une maladie à surprises, et devra toujours être réservé dans le pronostic et circonspect dans le irailenuMil.
SCAHLATl.Nli
La «searlaiiuc. normale, simple, giiél'iL saiis médicalion spéciale; les iiidicalions Lliérapeuliques se réduisent à une hygiène rigoureuse et à une antisepsie générale et locale, destinée à prévenir les inlections secondaires avec toutes leurs conséquences.
L'aération, l'alimentation et la propreté forment la base du traitement hygiénique.
L'enfant sera isolé dans une chambre vaste, aérée et bien éclairée. Cette mesure hygiénique est ici plus importante encore que dans les autres pyrexies, le malade étant obligé de garder la chambre jusqu'à la disparition complète de toute desquamation, c'esl-à-dire trois, six et même huit semaines.
La chambre doit avoir une température constante, nuus non excessive (18" à 20°J, être souvent et largement aérée. On a renoncé avec raison aux anciens errements qui condamnaient les malades à vivre dans une atmosphère surchauffée ou protégés par de nombreuses couvertures.
Le régime lacté sera prescrit dans toute sa rigueur, au moins pendant la période fébrile. C'est le meilleur moyen de prévenir la néphrite tardive (Jaccoud,.
Plus tard, vers le quinzièuKî ou le vingtième jour, on accordera des potages et des œufs.
L'examen quotidien des urines permettra au médecin de modifier ses prescriptions alimentaires; s'il constate u ne diminution des urines, avec ou sans albuminurie, il d(!vra redoubler de vigilance, exiger (|iio ses malades soient exclusivement soumis au régime lacté. Il est important, en eflet, que les scarlatineux prennent des boissons abondantes el fraîches, pour exciter la sécrétion rénale et favoriser l'élimination des toxines.
<.)-2 MALAIJIKS GKNliKAU'.S IM-KCTlEUsE-S
Les scarlaliiio.ux duiv.niL cire cnli-elenus dans ua (Mal constani, de propreLé ; il ne laul pas craindre de les laver Lous les, jours avec de l'eau boriquée liède, ù 3 0/0, el même de leur donner des bains tièdes. Celle balnéalion est exemple de danger : elle soulage les pelils malades en calmant leur pruril et leur sensation de chaleur du cAlé des téguments.
Si les recherches bactériologiques ne permettent pas encore de connaître l'agent pathogène de la scarlatine, elles nous autorisent à préciser le rôle important des infections secondaires. 11 est incontestable que le plus grand nombre des complications propres à la scarlatine sont dues àu streptocoque. Avant d'instituer un traitement local, aclif, tout médecin devrait s'efTorcer de faire une culture sur sérum gélatinisé avec les produits membraneux ou simplement muqueux de la gorge. 11 serait ainsi averti de la nalure microbienne de l'angine de son malade el pourrait prévenir à temps des accidents redoutables. Celte angine est souvent caractérisée parla présence de streptocoques, de staphylocoques, blancs ou d(U'és. isolés ou associés; elle peut aussi révéler la présence du bacille de LœlTler. La nalure éminemment infectieuse de cette angine nous dicte notre conduite. Nous devons pratiquer, dans la bouche et dans la gorge des enfauts. de grands lavages, soit avec de l'eaubouillie, soil avec une solutit)n antiseptique quelconque (eau boriquée à 3 0/0, acide phénique à 5, 3, 2 0, 0, acule thymiriue à 10/00, acide salicyli(iue à 1 0/0, etc. ; outre ces lavages, il est indispensable de faire des badigeonnages ou des atlnuchements de la gorge avccuM lampoii de (»uate liyd roi)hile préalablement Irempéc dans un (•(dlnloirc antiseptique ^glycérine iioriqiH'c l/IO, snlicylée I 20, résorcinée 1/10 ou
SCAHI.ATI.M': »^
l/-20(Mlle Lape]. A riiùpilal Trousseau, nous badigeonnons la gorge des enfanls avec de la glycérine résorcinée à 1/10 ou à 1/20, suivant que l'angine osl ou non accompagnée d'exsudals membraneux, et nous faisons pratiquer fréquemment de grandes irrigations de la gorge, soit avec de l'eau boriquée à :i 0/0, soit avec de l'eau phéniquée à 1 0/0. Les irrigations nasales doivent être abandonnées, car les enfants les supportent mal; de plus, elles ont le grave inconvénient de faire pénétrer des agents microbiens dans la trompe d'Eustacbe et de favoriser des infections secondaires du côté des oreilles: ces otites sont extrêmement douloureuses, ont de la tendance à suppurer et durent indéfiniment.
A côté de ces otites, en quelque sorte provoquées, le médecin aura souvent à traiter des otites externes et moyennes, également suppurées, mais susceptibles de guérir, en quelques jours ou quelques semaines, avec un traitement approprié (lavage des oreilles avec une solution d'acide phénique à 1/100 et introduction dans l'oreille malade d'un tampon de ouate imbibée de glycérine résorcinée au 1/5, au L'IO, ou de glycérine et de pei-clilorure de fer, une goutte par gramnu^).
L'asepsie des fosses nasales sera obtenue par l'instillation d'huile boriquée (Hulinel etDeschamps) ou par l'introduction dans les narines de petils tampons imprégnés de vaseline horifiuée :(jranclier).
Enfin chez les petites lilles, la vulv(! doit être l'objet de lavages antiseptiques i|iioli(liens, car les vulvites simples ou suppurées sont asse/. fréquentes.
Scarlatines aiioriiialos. — l/hypci'tliei'mie et Ics acridents nerveux nppartieniuïnt aux formes anor-
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maies de la scarlatine ; ils caractérisent la malignihde la maladie.
L'hyperthermie seule ne constitue pas la malignité de la scarlatine ; elle témoigne de l'intensité de l'infection générale. Aussi est-il supertlu, le plus souvent, de lui opposer les médicaments antipyrétiques (antipyrine, anlifébrine, quinine, acide salicylique . Nous avons déjà insisté sur la nécessité d'examiner tous les jours les urines des scarlatineux et, par suite, de surveiller l'intégrité des reins; or, les antipyrétiques sont des médicaments plus ou moins toxiques, peuvent irriter le parenchyme rénal, et menacer l'intégrité fonctionnelle de cet organe.
En présence d'une scarlatine maligne, il ne faut pas temporiser : il est urgent d'agir vite et de prendre résolument son parti, en conseillant la balnéation froide. La température de l'eau doit être de 18 à 23 degrés, suivant l'âge de l'enfant. Pendant le bain, surtout s'il y a du délire, on pratiquera des affusions sur la tète et sur la nuque avec de l'eau à 10". La durée des bains sera d'autant plus courte que l'enfant est plus jeune ; en moyenne, elle variera entre S, 7 et même 10 minutes. On renouvellera le bain plus ou moins fréquemment, suivant l'intensité des phénomènes généraux et la réaction fébrile. La température rectale sera prise toutes les trois heures; et, hu'sque le thermomètre accusera 39" ou au-dessus, on donnera un nouveau bain. Il est toujours bon de contrcMer les effets de la balnéation. en ■ prenant la température de l'enfant dix à quinze minutes après le bain. Dans les cas heureux, le bain froid abaisse la température, calme les troubles nerveux, l'avoi'ise l'éruption et i)roduil une diurèse urinairedcs plus salutaires.