HÔPITAL DES ENFANTS-MALADES
Cas intérieurs (avant l'isolement).
I Ces chiffres ont été recueillis
I dans le Traité de la rû/i-
' f/eole de Barbier.
134 (après l'isolement.)
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Itiibéole.
( Rowole épiiU'm iq ne) .
Cette maladie bénigne comporte un traitement sim[>l('. I.,es (înl'ants garderont le lil d'abord ; et,
Années
Années
{±i MALAUlliS (.KiSKIiALliiS INFECTllîUSES
lorsque l'éruption aura disparu, resteront quelques jours encore à lachambre. Ils feront usage de boissons dites délayantes ou tempérantes, prendrontde temps en temps un lavement huileux, et, en cas d'embarras i^astrique, un léger purgatif. Si l'éruption s'accompagne de prurit, on la saupoudrera avec delapoudre d'amidon ou avec de la fécule de pomme de terre.
Oreillons.
Traitement. — La thérapeutique des oreillons, maladie infectieuse, contagieuse, moins grave chez l'enfant que chez l'adulte, est le plus souvent symptomatiquc. Elle se borne à quelques recommandations banales, sauf dans les cas exceptionnels où la maladie présente une complication ou se signale par un ensemble de phénomènes généraux intenses. Certains malades subissent leurs oreillons sans la moindre douleur, sans le plus léger malaise; d'autres, au contraire, accusent, dès le début, de la fièvre, de l'embarras gastrique, de la douleur au niveau de la région parotidienne tuméfiée. Cette différence symptomatique comporte une variété de conseils et de soins thérapeutiques sur lesquels nous devons préalablement insister.
Dès l'apparition de la maladie fébrile, il convient de soumettre son malade au repos, à la diète modérée et de l'isoler.
Nous devons toujours nous elTorcer de placer nos malades dans les meilleures conditions d'hygiène, quelle que soit la gravité de leur maladie. Ici nous nous trouvons aux prises avec une maladie relativement bénigne, malgré quelques complications pénibles, surtout choz les adultes. Il ne faut pas exa-
OltlCIIJ.O.NS
i^iM-or l'iiiQuence du l'i'oid sur la luai-che do la maladie, car les complications qui semblent devoir lui être allribuées, restent problématiques. Nous faisons allusion au cas d'œdème de la glotte, rapporté par Jacob, et à la néphrite.
Lorsque les régions parotidiennes, sous-maxili;iii-es, sont tendues, douloureuses, on se trouvera liicn de les onctionner avec de l'huile d'olive, de l'huile de camomille camphrée, du baume tranijuille (Rilliet) ou avec un Uniment calmant :
1° Baume tranquille 60 grammes
Glilorofoi-me lu "
Laudanum de Sydenham 10 »
io Extrait d'opium 1 gramme
Extrait de belladone 2 "
Glycérine 20 >>
Huile de camomille camphrée. . 60 »
(les onctions faites, on aura soin de recouvrir les régions tuméfuies avec de la ouate hydrophile sèche cl lin mouchoir. Quelques auteurs, Hufeland, Hey- Iclder, ont conseillé l'usage des vomitifs dès l'apparilion des oreillons; de Neumann prescrivait un éniélique, ainsi que ra])plication sur la tumeur paroi idienne d'un emplâtre composé de 8 parties d'ouguent mercuriel, (!t d'une partie d'hydriodate de l»otasse. Nous estimons que l'administration d'un [uirgatif (huile de ricin, eau de Sedlitz) doit élrc basé siii" l'existence d'un embarras gasti-ique.
Si les douleurs ])aroti(liennes sont trop aiguës et s'accompagnent d'agitation, d'insomnie, il y aurait lii'.i, suivant les r(!Commandations de Rilliet, de prescrire une |)orioii ciilmaide opiacée. Chez les eniants, il faut s'abstenir de cette médication oi)iacé(^, non seid(MTient en r;iison des accidents d'intoxication
d24 MALADIKS GÉN'EHALILS I.NFECTIEUSICS
qu elle poLirraiL [)r(»duire, mais aussi à cause de; la l'uj^acilé (les phénomènes douloureux.
A lapériode desaccidenls salivaires, M. A.Marlin(l) préconise une pratique rationnelle, admise du reste par la pluralité des médecins, c'est-à-dire l'antisepsie de la bouche. Bien que l'agent pathogène des oreillons reste encore inconnu, il est probable qu'il siège tout d'abord dans la bouche, puisque les premières localisations de la maladie s'observent presque toujours sur les glandes salivaires. L'isthme du gosier est constamment rouge. Dans ces conditions, nous ne saurions trop insister sur la nécessité de pratiquer souvent, d'une façon prolongée, des lavages de la bouche avec une solution d'acide borique à 4 0 0 el aussi chaude que possible.
M. Martin est partisan d'une expectation armée des médicaments nervins et de l'antisepsie buccale; il appuie son dire sur un petit nombre de cas traités, il est vrai, mais sutTisamment démonstratifs :
Durée moyen uc
Agents thérapeutiques Nombre de l'évaluation
de cas en journées
Antipyrine et lavages boriques 9 3.3
Salicylate de soLide et lavages boriques 13 4.6 Expectation et lavages bonc|ués 23 4.2
Total 45
D'après ce tableau « l'antipyrine, combinée aux lavages boriqués, semblerait hâter, mieux que le salicylate de soude, ou l'expectation, la régression des glandes enllammées ».
L'antipyrine, à la dose de 2 à grammes, n'avancerait que d'une journée la régression glandulaire
(1) M. A. JlAnriN, mctlecin-major (Soc. nictl. îles liôpilau.v. 10 nov. 1893).
OBIÎILLONS l"-if>
el exorcerail une aclioii rapide sur la lempéi-ature cl sui- rélénieiil douleui-. 11 en serait de même avec l'exalgiiie (0 gi'. 75 à 1 gr.), la pliénacétine (1 gr. -lo il 1 gr. 30).
Les accidents salivaires disparaissent en quelques jours (3 ou A) dans l'immense majorité des cas. Exceptionnellement l'oreillon peut se terminer par suppuration. Lorsque la Iluctuation est évidente, il faut se hâter d'ouvrir rabcès, afin de prévenir les décollements.
MM. P. Simon et V. Prautois ontsignalé une salivalion abondante, à la période de résolutiondes oreillons. Celte salivation, qui pourrait persister plusieurs mois après la guérison, serait avantageusement influencée par le sulfate neutre d'atropine.
De toutes les manifestations de la maladie ourlienne, il en est une qui doit nous préoccuper avaul tout, nous voulons parler de l'orchite. Il faut s'efibrcer de la prévenir, en raison de ses conséquences, c'està-dire de l'atrophie testiculaire. Lorsqu'elle apparaît, précoce ou tardive, elle doit être traitée par des moyens appropriés. Nous n'insistons pas, si ce n'est à litre historique, sur le rôle de la métastase dans les maladies infectieuses, notamment dans les oreillons. Hamilton, en effet, appliquait un vésicatoirc volant sur chaque oreillon, dans le but de prévenir les métastases. Martin regarde l'antisepsie de la bouche comme une pratique capable d'abréger la maladie et d'éviter l'orcliite.
L'orchite est plus commune chez l'adulle ; elle esl rare chez l'enfant. Dès l'apparition de la moindre douleur dans un testicule, nous insisterons sur le repos au lit, et nous prescrirons un purgalif salin (eau de Scîdiitz). Nous confoi'merons noire conduite
126 MALADIES GKNKllAI.KS I^N'l-IXTIiaSKS
iilLérieure à la gmvilé des plitinoini-nos ^'éiirraiix. ;i rintensilé des symplômes locaux.
Czernicky, Eniei'y-Desl)mLisses ont préconisé le jaborandi dans le IraiLemenL de l'orcliile ourlienne; mais, comme le l'aiL judicieusemenL observer M. Laveran, ces deux auteurs ont administré à leurs malades, quatre jours après le début de leur orcliile, une infusion de 2 grammes de feuilles fraîches de Jaborandi dans 300 grammes d'eau. Ils ont bien observé, le lendemain, la résolution de l'orchite, arrivée à son cinquième jour; mais nous savons que l'orchite ourlienne se résorbe spontanément le -'i*^ ou le 3° jour.
M. Martin persiste à considérer la pilocarpine comme le médicament de choix dans l'orchite ourlienne; il emploie ce médicament par la voie hypodermique. Il injecte, tous les deux jours, un centigramme de pilocarpine; grâce à cette pratique, il obtiendrait la sédation de la douleur en quelques heures, la diminution de la tension dans la tumeur lesticulaire et l'abaissement de la tenqjérature, qui céderait le troisième jour. Quant au testicule, il reviendrait à son état normal, le huitième ou le dixième jour. Le traitement local de l'orchite est banal : soutenir les bourses, cataplasmes laudanisés en permanence, onctions avec une pommade mercurielle, bains généraux. Lorsque l'orchite est légère, peu douloureuse, une couche de ouate et un suspcnsoir sont suiïisants. Les accidents généraux qui précèdent ou accompagnent l'orchite sont variables et nécessitent une thérapeutique spéciale. Ces symptômes peuvent être bruyants, s'accompagner d'une réaction fébrile intense etrépondre à un état typhoïde on méningilique, avec advnamie. prosiraiion el al-
OKKlLLiiNS 1-"
Quelle que soit riiilciisiLé de ce coiiiplexiis syinplomatiquc fébrile, il esl priidenl de ne rien lirusquer, de ne recourii- à aiieune niédicaLion pei"lurbalrice ; car, ces divers symplômes ne tardent pas il s'amender pour disparaître spontanément enquel- (|ues jours (Laveran). Si la température est élevée, on pourra prescrire de l'antipyrine (0 gr. 30, 1 à '1 gr.), du sulfate ou du chlorhydrate de quinine 0 gr. 13, 0 gr., Tô à 0 gr., 50); si la prostration devient inquiétante, on pourra recourir aux frictions stimulantes et administrer une potion contenant de l'acétate d'ammoniaque, de l'alcool. Dans quelques cas exceptionnels, où les phénomènes généraux fébriles persisteraient et deviendraient menaçants, peut-être se trouverait-on bien lie recourir aux lotions froides, à la Lalnéation froide.
L'atrophie du testicule doit être traitée sans retard, par des frictions stimulantes, avec le baume de l''ioravanti, ou avec un Uniment térébenthiné, par l'application de vésicatoires volanis sur le cordon, par des cautérisations ponctuées, par l'électricité et par l'hydrothérapie.
I/électrisation est douloureuse et exige de la prudence. La faradisation des testicules doit être modérée : les courants seront faibles elles séances inlermittentes, rares, courtes; sinon, on peut provo([uer le développement d'iine névralgie du cordon. Cette névralgie est très pénible et peut persister plusiciii-s semaines (Duchenne de Boulogne). L'hydrotliéi-apie consistera dans l'emploi de douches périiiéales plus ou moins prolongées.
M. Martin, dans un cas d'atrophie précoce de teslii'ulc, déclare s'èli'c bien li-ouvédes bains sulfureux
128 MALAUlliS UKiN'liUALES INKECTllîL'SES
el de l'adminislratioii à l'inLérieur delà noix vumiiiuc et de la pondre de viande.
Quoi qu'il en soit, tous les malades atteints des oreillons, avec ou sans orcliite, subissent un allai- Ijlissement proportionné à la gravité de leur maladie. Cette anémie de la convalescence reste justiciable de la médication tonique, ferrugineuse (huile de foie de morue, extrait de quinquina, préparations martiales, poudre de viande, etc.).
L'œdème de la glotte, l'albuminurie ont été mentionnés parmi les accidents imputables à la maladie ourlienne. Ces accidents sont rares et doivent être traités d'une façon spéciale. Nous n'insisterons pas sur le ti'aitement inhérent à ces divers accidents. 11 enestde même de lasurditéetde ladacryo-adéuite (Leriche) qu'on observe assez communément dans le cours des oreillons.
Pro]»li}'iaxie. — Quelle conduite devons-nous tenir en présence d'un malade atteint des oreillons? Devons-nous l'isoler? Combien de temps durera cel isolement? quelles mesures conseillerons-nous pour limiter la contagion de cette maladie?
Notre conduite est toute tracée. Bien que la maladie ourlieune ne soit pas cataloguée parmi les maladies épidémiques que vise la loi du 30 novembre 1892, nous pensons que nous deA'Ous nous astreindre à appliquer toutes les mesures de prophylaxie individuelle, que nous avons coutiimed'adopter dans ces maladies infectieuses de plus grande gravité, surtout si les oreillons régnent dans un pensionnat ou un collège. Laveran estime que les enfants, notamment les garçons, ne doivent être ni isolés, ni séquestrés; car, ils ont avantage à contracter les oreillons de bonne heu re.
OHlilLLONS
La maladio, ilil-il, ne pirseiiLe chez eux aucune gravilù, ne lesexpose pas aux localisalionssur lesorganes génitaux elles mol à l'abi'i d'une nouvelle aUeinle. l.aséquestralion, au contrai ce, présenterait de grands inconvénients, puis(|ue la maladie est légère, et nécessiterait un isolement de plusieurs semaines. Nous ne partageons pas l'opinion de M. Laveran, (|u'il atténue lui-même en conseillant, dans certaines circonstances, des mesures prophylactiques. Dans les hôpitaux d'enfants, il pense, et nous pensons avec lui qu'il serait sage d'isoler les enfants atteints d'oreillons, afin de ne pas les exposer à contracter les diverses maladies contagieuses dont les germes pullulent dans ces milieux. Nous ajouterons que nous devons les isoler non seulement pour eux, mais aussi pour les autres enfants affaiblis par d'autres maladies antérieures, et plus aptes à contracter une nouvelle maladie infectieuse, dont les conséquences sont sinon redoutables, du moins anémiantes.
Dans les famUles, dans les hôpitaux, nous réclamons l'isolement de nos malades, soit dans une chambre, soit dans une salle particulière.
Implicitement nous exigerons le renvoi des enfants de leur pension, dès que nous aurons reconnu la maladie ourlienne.
En même temps nous insisterons sur la désinfccliou de tous les vêlements et de tous les objets de literie ayant appartenu à ces enfants.
Avant de quitter la chambre ou l'hôpital, nous |)rcscrirons un ou deux bains de sublimé, et des frictions savonneuses. Dui-ant le cours de la maladie, n(jus pratiquerons l'antisepsie de la bouche, et nous sun'cillerons la désinf(!ction d(!S déjections, des linges de corps, des objets de pansement, soit à
i;iU iMAt.AIJlES GI-;NÉI!.\LIîS IM-KCTUiUSKS
l'aide du liiil de chaux, du rhl(iriii-c de zinc, l'eau boHillaiile (Martin), soil nxcc la soliilion de suHalc de cuivre (50 ^v. par litre). Api'ès la guérisoii, la chambre contaminée sera soumise ù des pulvérisations de sublimé à 1 % , pratiquées avec la pompe Geiu'ste et Herscher, on bien aux vapeurs sulfureuses durant 36 heures (Martin). Malgré toutes ces précautions d'isolement des malades, de désinfection des vêlements et des locaux, il n'est pas lonjoucs aisé d'enrayer une épidémie d'oreillons, lorsqu'elle sévit sur une agglomération d'enfants. Cela se conçoit facilement, si on lient compte de la durée de la période d'incubation et de la contagiosité des oreillons. Cette période d'incubation dure de 8 à 30 Jours (AnI.ony), 14 jours (Martin), li et 20 jours (llendu\ La contagiosité peut se produire 24 heures avant la manifestation ourlieune (Rendu) et persister, après la guérison, pendant un temps indéterminé, un un deux mois, d'après Antony. Dans ces conditions, il es! presque impossible de prévenir ou d'enrayer rapidement une épidémie d'oreillons. L'isolement des malades, la désinfection des linges, des vêtements, des objets de literie et des locaux, l'antisepsie buccale des contaminés et des sujets suspects, résumeiil néanmoins toute la prophylaxie de cette maladie.
Coqueluche .
A. Ti-aiti'iiicut de la pcriotte i^pnsiiioiliqne. — De
nombreuses théories ont été émises sur la nature de la coqueluche ; chacune d'entre elles a eu une grande influence sur son traitement ; mais, aucune n'a permis de trouver le remède spécifique capable d'enrayer la cause même de la maladie. La théorie micro-
COQUKLUCIIIÎ J'51
bii'iiiu', à laquelle on lend à se i"illiei- uiainleiianL, n'a [las élé, à ce poinl de vue, plus heureuse que les précédeules ; elle a au moins le niérile de permeLLre de lormuler ua IraUemeuL rationnel de la coqueluelie. Un adiueL, eu effet, aujourd'hui, (uie la coqueluche est due à un germe contagieux, non encore déterminé (microbe d'Afanassieff, diplocoque de Rilter ou autre) qui, introduit dans les voies aériennes, produit une infection locale icatarrhe spécifique) et, de plus, agit sur le système nerveux de façon à produire une toux spasmodique. L'agent de la coqueluche prépare ainsi l'organisme à des infections secondaires (broncho-pneumonie, tuberculose, etc. ([ui forment à elles seules presque toute la gravili' de la maladie.
A la période d'état de la coqueluche les efforts de la thérapeutique doivent donc avoir pour but :
i" d'empêcher la contagion,
2° de combattre le catarrhe des voies aériennes, 3" de lutter contre l'élément spasmodique, •i" de prévenir les infections secondaires. 1" Empklw la contagion. — Le premier devoir d'un médecin, appelé auprès d'un enfant atteint de la coqueluche, est de l'isoler des autres enfants et des adultes qui ne sont pas en état d'immunité par une atteinte antérieure. Le moindre contact avec nn coqueluclieux, même si ce contact a lieu à l'air libre, et s'il ne dure que quelques minutes, suflit à donner la coqueluche. L'isolement doit donc être rigoureux et durer aussi longtemps que les quintes elles-mêmes (en moyenne six semaines à deux mois;; les demi-mesui-es ne servent à rien ; ces précautions sont absolues lorsqu'il s'agit de préserver his rionrrissons, les convalescents et les enfants prédis-
i;j"2 MALADIF.S CKMCHALKS INKian'liaSKS
|)()SL'S aux ad'uclioiis rnspiraloires. Le plus souvciil. CCS précauLioiis sont malhcurciiscmoiil tardives : la (toqueluclie, comme la rougeole, semble contagieuse (lès sa première période, c'est-à-dire à un moment où il est impossible d'établir le diagnostic.
La désinfection prophylactique, tout en étant aussi rigoureuse que dans les autres maladies infectieuses, doit viser tout spécialement les produits de l'expectoration qui, selon toutes les probabilités, conliennent le germe de la coqueluche.
"■2° Combattre le catarrhe des voies aériennes. — Les ])liénomènesdu catarrhe laryngo-bronchique existent pendant toute la durée de la coqueluche. Ils constituent le fait dominant de la maladie, aux deux périodes extrêmes; loin de disparaître à la période des quintes, ils augmentent souvent, ainsi que le prouvent l'auscultation et le rejet de mucosités qui suit l'accès. « Faites que le catarrhe soit léger, et vous aurez fait que la coqueluche soit bénigne », dit .Vrchambault avec quelque exagération.
Les soins h//ffic7iiqi/es jouent alors le riMe principaL I/enfant doit respirer un air pur; il sera placé dans une chambre vaste, ensoleillée et aérée plusieurs fois par jour. On peut suivre le conseil de Jurgens, ([xù fait changer plusieurs fois le malade de chambre, ou encore adopter une chaïubre de jour et une chambre de nuit (Séjournet . î/enfant doit garder le lit s'il a de la fièvre, ou si la coqueluche est grave. Dans les formes légères et de moyenne intensité, on peut autoriser des sorties de courte durée, chez des (mfanls robustes, âgés de pins (h; deux ans, si le temps est beau (surtout en été .
Les sorties seront strictement interdites aux nourrissons, chezlesquelsla coqueluche est d'une extrême
TUAITliMIÎNT UK LA l'KlUODlC Sl'ASMUOIQUE l'A'S
i^nivilc'. Inondant cps sorties, roiifaiiLserachaudemen! viHu eU'îvilci'a loul l'elVoidissemonl, Loiile fatigue et toute marclie pi-olougée. iValinioutation seralégère cl suhstantielhî ; elle consistera eu lait, bouillon, potages légers, œufs, viandes rôties, purées. Le traitement hygiénique doit être complété par l'usage des bains chauds (ui tièdes, ayant pour hnl de combattre l'élément catarrhal et de prévenir, dans une certaine mesure, les broncho-pneumonies secondaires. Springer conseille même l'iiydrothérapie, comme l'unique mode de traitement de la coqueluche des nouveaunés ; mais, son traitement n'est basé que sur une seule observation ! Il s'agissait d'un nouveau-né, âgé d'un mois, atteint d'une coqueluche grave, compliquée ultérieurement d'une broncho-pueumonie double, et guérissant, après avoir pris 300 bains froids sinapisés.
Nous disposons de deux sortes de produits pharmaceutiques pour combattre le catarrhe des voies aériennes : ce sont les médicaments susceptibles de modifier les sécrétions ljronchi(]ues et les vomitifs.
Si le catarrhe est léger, on se bornera à l'emploi des premiers, et l'on donnera de préférence l'oxyde blanc d'antimoine, l'oxymel scillitique elle benzoali; de soude.
On peut prescrire l'oxyde blanc d'antimoine dans un loocli blanc, comme le recommandait Trousseau :
( )xy(lc lihinc crantiiuoirii', jusf|ii'à, . . . 1 gramme liOoch lilanc 150 »
prendre une cuillerée à soupe toutes les deux lieures.
F/oxymel scillitique a donné de bons résultats Tin-;rt.\rEi;r[QUE t.Ni'ANTit.E. — t. i. 8
134 MALADIES GK.NKHALKS INFli CTIEUSKS
piilre les mains de Neller (de Nancy) ; ce niédicamenl n'esLpas dangereux, el esl bien supporté, même parles enfants très jeunes. Pendant la première année, on donnera XX à XL gouttes par jour ; à 3ans, 4 cuillerées à café; et, au-dessus de 4 ans, G à 7 cuillerées.
Le benzoate do soude (Fordens) agit aussi sur les sécrétions bronchiques, mais il a l'avantage sur les médicaments précités de réaliser un certain degré d"antisepsie des voies aériennes. On peut le donner à la dose de 2 à o grammes par jour :
Benzoate de soude '■> grammes
Eau IC "
Sii-op d"écorcesd"oranges amères, 40 »
à prendre par cuillerées à café dans de la tisane de bourgeons de sapin. iRuaull.)
On peut encore employer la térébenthine, la terpine, le terpinol (1 à 3 capsules de 10 centigr.i, le polygala Senega (0 gr. 50 à 1 gr. en infusion) la créosote (I à ILl gouttes).
Lorsque les râles humides sont abondants et que les bronches sont encombrées de mucosités, il faut recourir à un vomitif. Le sirop d'ipéca, seul, suffît pour un enfant de 6 mois; à un an, il faut l'additionner d'environ un centigramme de poudre par gramme de sirop (30 centigr. de poudre pour 30 gr. de sirop). Chez les enfants plus âgés, on peut porter la dose à 0 gr. 50, 0 gr. 60. et même 1 gramme de poudre d'ipéca. Le vomitif doit être administré de préférence le soir, pour procurer au' petit malade une nuit plus calme. Il faut résister à la tendance de donner ce médicament trop souvent el d'une façon systématique; car, il fatigue beaucou]) les enfants, surtout lorsqu'ils sont trop jeunes ou débilités.
tuaitiîmi-:nt nie la i'éhiode spasmodique 135
Lutter contri' rèlèmeiil spasmodique. — L'accès de loux spasmodiquo esl le syuiplûnio vraiment palhogiiomonique de la coqueluclie. On peut supposer ([ue le poison de la coqueluche agit par l'intermédiaire de la muqueuse aérienne sur les terminaisons nerveuses des bronches et du larynx, sur les troncs nerveux et sur les centres réflexes des phénomènes de la toux. L'agent pathogène, ou plutôt les substances toxiques qu'il élabore, exercent donc une action particulière sur le système nerveux, et plus spécialement sur la sphère du pneumogastrique. L'irritation de ce nerf nous explique la triade symptomatique de la quin-te (toux, hypersécrétion bronchique et vomissement), et les spasmes de la glotte qui viennent parfois compliquer la coqueluche. La coqueluche n'est qu'une névrite infectieuse, d'après certains auteurs.
L'emploi des médicaments nervins et anti-spasmodiques s'impose, en raison de l'action calmante ([u'ils exercent sur le système nerveux. Parmi ces nombreuses substances, plus ou moins vantées, quekiues-unes sont utiles et peuvent rendre de réels services; nous mentionnerons notamment la helladone. l'antipyrine et la quinine.
Avant d'aborder leur étude, nous résumerons en f[uelques mots la conduite qu'il importe de suivre au moment de la quinte. Si l'enfant est couché, il faut l'asseoir vivement, lui soutenir le front et le débarrasser des mucosités accumulées dans sa bouche. Somma conseille de chalouillei- avec une plume les fosses nasales et l'isthme du gosier pour faire expulser les mucosités par étcriiuemeul ou vomissement.
Poui- prévenir le retour des quintes, on évitera loiiW; fatigue, loule contrariété on émotion.
MALADIES NIC 11 A Lie S I.M'KCTIIOUSKS
Trousseau considéniil la hclladoiie comme' un i-(;mède héroïciuc contro les qui nies de la coqueluche, à condition qu'elle fût adminisirée en une fois, il doses massives et sous forme de pilules. Aujourd'hui, on fait usaf^e des doses fractionnées en employant tantôt le sirop, tantôt l'extrail, tantôt la teinture de belladone. On peut employer une des formules suivantes :
Sirop de sucre ou de lolu loO grammes
Sirop de Ijelladone 50 »
Une cuillerée à café représente ! gr. 25 de sirop. Commencez pour les plus jeunes enfants par une cuillerée à café eu deux fois, une demi-cuillerée le matin, une demi-cuillerée le soir, et augmentez progressivement par demi-cuillerées à café, prises à intervalles réguliers daus le cours de la journée jusiju'à ce qu'on obtienne une sédatiou dans les quintes. Pour les enfants au-dessus de 7 ans, débutez avec 2 cuillerées à café par jour, et suivez la même progression ascendante. 11 faut s'arrêter ou diminuer la dose, dès qu'on voit survenir les premiers symptômes d'empoisonnement : congestion de la face, aspect brillant des yeux, dilatation des pupilles iCadet de Gassicourl). On peut aussi prescrire l'ex-
trait de belladone :
Extrait de belladone O.Oo ceulig.
Sirop diacode grammes
Eau de fleurs d'oranger 10 »
Hydrolat de tilleul '.'0 »
(GoLiniN.)
Prendre 3 à o cuillerées à dessert de cette potion. On peut encore recourir à la mixture suivante :
Teinture de belladone 1 ~ ..
.1 , . ] • ,. -, ; aa îi irrammes Alcoolature de racines d aconit. . . . )
Ijaudanum de Sydenliam V goutlcs