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OBÉSITÉ

tcnient sera surtout dirigé contre la névrose généraio qui lui est associée (hystérie). L'hydrotliérapie, l'antipyrine, la belladone (1 à i grammes d'extrait), la valériane (infusion de S gr. de valériane dans 100 gr. d'eau par jour seront prescrites avec avantage.

Obésité.

Le traitement de l'obésité (1) doit être patliogénique :

1° 11 faut s'efTorcer de tUmimipr Jes recettes . On sait que la ration normale d'entretien au repas, chez l'adulte, doit renfermer, d'après Munk et UtTelmann, 100 grammes d'albumine, 56 grammes de graisse et 400 à 450 grammes d'hydrates de carbone. Toutefois, la quantité des aliments azotés ne doit pas tomber au-dessous de la normale, sinon on s'expose à affaiblir la vigueur musculaire. La quantité d'eau sera, diminuée (Dancel, OErtel, Schweninger) aux repas, car on amène ainsi plus rapidement la satiété ; toutefois, il ne faut pas trop abaisser la quantité des liquides ingérés dans les 24 heures, d'où la nécessité d'en faire prendre dans l'intervalle des repas. N'oublions pas que nous avons en vue l'obésité des enfants, et nous interdirons la bière, l'alcool, le vin pur, tout en accordant le Ihé léger.

Les repas, au nombre de 3 par jour, seront réglés en conséquence : pain grillé, viande maigre, légumes verts, salade, fruits, etc., etc.

^sJ" Il faut augmenter les dépenses nutritives en

(l ) Allicrt Mathieu, in Traité de Tliérapeuliqui; appliquée, 1893, .'irticle « Traileinent de l'obésité ».

23'< MALADIKS niî 1-A .NL'TKITIDN

soumellanl, lesobèses à un enlraîneinenl musculaire pro^ressil' et proporlionnc à leurs l'orces.

3° IU'aut agir sur la santé générale en conseillant la vie au grand air, le massage, l'hydrothérapie et les exercices musculaires. Les eaux alcalines conviennent aux obèses tlorides et arthritiques; les eaux chlorurées ou sullatées sodiques à ceux qui présentent une augmentation du volume dufoie (Bouchard). Les eaux purgatives doivent être prises avec modération : elles conviennent aux obèses avec gros foie, et à pléthore abdominale. -— Certains médicaments enfin ont été vantés pour coml)attre l'obésité, l'iode et les iodures, les toniques etle fer, notamment chez les lymphatiques et les anémiques.

Raeliitisnio.

Avant d'aborder le traitement du rachitisme, nous croyons utile de rappeler les conditions dans lesquelles on le voit éclore, afin de tracer les règles 4)rophylactiques qui, bien suivies, pourront souvent en prévenir l'apparition.

Surtout commune dans les villes, cette maladie frappe de préférence les enfants des pauvres. Quels sont les rapports qui la relient à la syphiUs congénitale? Il est encore bien difficile de les préciser; car, si l'opinion de Parrot semble être extrêmement exagérée, il st'mi)h' que, dans certains cas, il y ail entre les deux affections une relation intime.

Certaines conditions pathogéniques existent à l'origine du rachitisme. L'attcmlion du médecin doit être éveillée de ce cAté. car le traitement prophylactique et le traitcjHcnl curatif sont subordonnés à CCS initions de ])alh(igéni('.

HAC1IITISMK

Tout d'abord, l'hérédilé semble Jouer un ceiiain rôle dans l eclosion du rachitisme : des paronls rachiliques procréeront souvent des enfants rachiliqnes ; de plus, dans la même famille, il est fréquent devoir plusieurs enfants atteints de cette même maladie.

En second lieu, ainsi qu'il est aisé de le prévoir, les troubles digestifs qui surviennent dans la première année aboutissent souvent au rachitisme. M. Comby a noté, chez presque tous ses petits malades, une dilatation appréciable de l'estomac. Les enfants, chez lesquels l'alimentation, durant la première année, a été mal dirigée, restent donc plus exposés que les autres à faire du rnchitisme; à cette époque, en effet, les troubles digestifs surviennent communéjuent. Le rachitisme peut être dû à une alimentation même naturelle, mais mal réglée ou insuffisante en quantité ou en qualité, ou au contraire trop copieuse, à une alimentation mixte, surtout à l'alimentation artificielle, ou bien à un sevrage prématuré ou retardé, mais surtout à une alimentation précoce et trop substantielle. Si vous tenez compte de plusieurs autres facteurs, comme la misère, rencombrement. la malpropreté, vous connaitrez les conditions dans lesquelles le rachitisme se dévelo]jpe le plus souvent ; nous disons le plus souvent, car, comme Parrot l'a montré, on peut voir des enfants élevés au sein et dont la noui'riture a toujours élé bien dirigée, êti-e atteints de rachitisme alors que, chez d'autres, iirrivés au dernier terme de l'athrepsie, il est impossible de relever la moindre trace de cette maladies. Mais ce sont que des exceplions. Lu prophylaxie doit être basée sur les faits les mieux ('-lablis. les plus fréquents.

Ti-aiteinciit proithylnciifiMc. — Puisque cet état

23G MALAUlliS IJE LA NUTHITIO.N

relève surtout de l'hygiène aliinentuirL-, on devra s'efforcer de hien convaincre les mères de la nécessité d'en suivre rigoureusement les lois : donner k l'enfant la nourriture la plus appropriée à son âge, et cela d'après des règles qui en permettront la plus parfaite digestion. Il est inutile de répéter ici que le lait de femme est l'aliment qui convient par excellence au nouveau-né, que le tetées seront bien réglées, données à des intervalles réguliers et qu'elles ne devront pas être trop copieuses : dans les trois premiers mois, l'enfant prendra, le jour, sept tetées, une toutes les deux heures; la nuit, deux tetées; dans le second trimestre, les tetées seront moins fréquentes, une toutes les trois heures le jour, et une seule la nuit. Si l'on est obligé de recourir à l'allaitement mixte ou artificiel, il faudra que le lait soit de bonne qualité, très frais; et, pour les enfants débiles, on aura recours au lait d'ânesse, pour les autres, au lait de vache préalablement bouilli ou stérilisé. La stérilisation, faite à domicile au moyen d'appareils spéciaux (Soxhlet, Gentile, Budin, etc.) nous semble être préférable à la stérilisation sous pression à 12U°, comme celle à laquelle estsoumisle laitvendu, dans l'industrie, sous le nom de lait stérilisé, car il n'est nullement démontré que cette haute température ne modifie pas ses principes nutritifs : certains auteurs étrangers accusent même ce lait stérilisé de donner naissance aune forme de rachitisme, ignorée en France, et connue sous le nom de scorbut racliitique ou maladie de Barlow (1).

Le sevrage devra être surveillé d'une façon spé-

(1) V.TiiiKRcELiN, tlièse Paris 181)1, ]k 105.

TUAITEMENT llY(aÉNIOUE 237

ciale : le lait ne soi-a pas supprimé trop lôt ni trop brusquement; l'allait<Miieiit ne sera pas continué trop longtemps.

Les autres préceptes de l'hygiène devront être bien observés : sorties quotidiennes, aération des chambres, bains fréquents, propreté absolue du corps et des vêtements.

On recommande encore, dans le l'ut d'éviter le rachitisme chezles enfants, d'interdire les mariages de sujets trop jeunes ou d'âge disproportionné, et aussi de sujets contaminés par une syphilis de date récente.

Traltenicut liygiéuiqne. — Tout médecin appelé à soigner un rachitique, écartera, tout d'abord, les causes précédemment décrites, qui ont engendré la maladie et qui l'entretiennent. Dans les cas bénins, le traitement hygiénique suffira pour amener la guérison, et il ne sera pas nécessaire de prescrire des médicaments; dans les cas plus graves, les mesures hygiéniques resteront combinées avec une médication rationnelle. Il faudra, si cela est possible, soustraire le petit malade au milieu où il se trouve, le conduire à la campagne et mieux encore au bord de la mer. En Italie on a créé, sur les bords de l'Adriatique, des sanatoria où les enfants rachitiques sont l'objet de soins spéciaux; en France, nous n'avons pas d'établissement semblable ; mais, nous possédons, sur les bords de la Manche et de l Océan, quelques plages, comme Berck-sur-Mer ou Arcachon, où le traitement marin donne de beaux résultats. Pour retirer un grand profit de son séjour à la mer, l'enfant devra y rester longtemps, jusqu'à guérison absolue, et môme au delà : il sera baigné, chaque jour, pendant un très court espace

238 MALAlilICS DK LA .NiriHlTluN

de temps; le i-eslc de la journée, il séjournera sur la grève, exposé au fi,raiid air ; après clia(|ue bain l'enfant sera frictionné énergiqiiement. S'il est incapable de marcher, on le portera sur la plage, étendu sur un matetas. Lorsque les ])ains de mer ne peuvent être administrés ou sont mal supportés, on peut les remplacer par des bains tièdes d'eau de mer. Quand l'enfant est trop jeune, dans sa première année par exemple, le séjour au bord de la mer est discutable ; il en est de même lorsque les enfants sont extrêmement nerveux ou anémiques. Dans ces circonstances, il semble préférable de diriger les malades vers des stations d'eaux chlorurées sodiques comme Salies-de-Béarn, Bex, etc. Si l'enfant ne peut aller aux eaux ou à la mer, on devra prescrire à domicile des grands bains d'eau salée (2 ou 3 kilogrammes de sel marin pour un bain d'enfanl . On trouve dans le commerce des sels extraits des eaux-mères, avec lesquels on peut préparer ces bains.

L'alimentation de l'enfant rachitique sera lout particulièrement surveillée. Avant deux ans on ne lui donnera ni vin, ni cale, ni viande ; on évitera les abus de liquide, alin de ne pas entretenir les troubles digestifs. A partir de deux ans, M. Bouchard recommande la cervelle. L'enfant devra toujours èire chaudement vêtu.

Pendant la période aiguë, l'enfant ne devra pas nuircher, ni être tenu sur les bras, afin de prévenir toutes les déviations ([ui ne manqueraient pas de se produire.

Traitement mcdicauicuiciix. — Le traitement hygiénique suffit dans les cas légers; mais, dans les cas graves il faut avoir recours à certaines préparations médicamenteuses.

TRAITEMENT MEDICAMENTEUX

L'emploi de ces préparations nous permel.de i-emédier aux pertes de phosphore (|ui s'eflecluenL dans l'organisme aux dépens tlu lissu osseux, bien (ju'il reste évident que cette diminution soit plutôt due à un défaut d'assimilation qu'à un défaut d'absorption, car les aliments ordinaires ingérés par le petit malade contiennent une dose suffisante de phosphates. On a tout d'abord songé à faire prendre à l'enfant des os pulvérisés; mais, cette poudre traverse le tube digestif sans être digérée; ultérieurement les phosphates ont été administrés sous toutes les formes. Parmi ceux qui ont la préférence des thérapeutes, nous signalerons le phosphate tricalcique à la dose de 20, 30, 60centigrammes par jour, le phosphate bicalcique plus riche en acide phosphorique, qu'on administre généralement en solution chlorhydrique :

Phosphate de chaux bicalcique. . . 11 grauiuies.

Acide chlorhydrique pur Q. S. environ 10 —

Eau distillée 973 —

de une à trois ou quatre cuillerées à dessert, suivant l'âge des enfants (formulaire des hôpitaux de Paris).

On peut donner aussi les sirops de chlorhydrophosphate de chaux gélatineux, ou de laclo-phospliate de chaux.

Co mm e 1 e fa i t j ud i c i eu se m e n t re marquer M . H . Martin il), il semble que ces différenlespréparalions doivent céder le pas, actuellement, aux glycérophospliates de chaux, qu'on administrera aux enfants sous forme de granules ou de sirops.

On a tenté, dans ces dernières années, d'obtenir de

(1) II. Martin, art. « rachitisme ». Traité dv Tliérapeulique a/ip/i^Hée, de M. Robin. ■ . . .,

240 MALADIES Oli LA NUTRITION

vaches, noun-ies d'Iierbes, ayant poussé dans <l.'s champsliyperpliosphalés,deslailsconLenanliiiii;(losc de phosphates supérieure à la dose ([ue contient 1h lait normal ; on aurait ainsi obtenu, par ce procédé, des laits contenant jusqu'à 7 et8 grammes de phosphate par litre : l'utilité de ce lait dans le rachitisme reste problématique.

De tous les médicaments vantés dans le traitement de la maladie qui nous occupe, celui auquel nous attribuons la plus grande valeur est l'huile de foie de morue. Depuis bien longtemps recommandée dans le rachitisme, elle reste toujours un excellent remède. On doit s'adresser de préférence à l'huile brune, la moins épurée, la moins agréable au goût, mais la plus chargée en substances actives : on la donnera à petites doses, 3 et 4 cuillerées à dessert par jour. Nous commençons toujours le traitement par l'administration de ce médicament ; et, s'il est mal supporté, pendant les chaleurs de l'été notamment, nous nous adressons aux sirops de phosphate de chaux. Chez les enfants lymphatiques, nous nous trouvons bien de faire alterner l'huile de foie de morue et le sirop de raifort iodé ou le sirop d'iodure de fer.

Dans les cas d'intolérance, on pourrait encore imiter Trousseau et faire prendre la préparation suivante :

Beurre très frais 300 gr.

lodure de potassium 0 gr. 15 centigr.

Bromure de potassium 0 gr. 50 centigr.

Chlorure de sodium î> S''-

Phosphore 0 gr. 01 cent.gr.

Cette quantité de beurre devra être prise en trois jours, étalée sur des tartines de pain.

T I i A l T M LC M' M É 1) IC A M fc) iN T E IJ \

Le phosphore préconisé par Trousseau joue un •^vdixd rôle dans la thérapculique du rachitisme. Kassowich ;de Viennei en l'ail un spécifique de celte maladie; il a môme donné plusieurs formules, dans lesquelles le phosphore est le principe actif : nous en mettons quelques-unes sous les yeux du lecteur:

Huile de foie de mori'c { litre.

Phosphore 0 irr. 10

une cuillerée à cale, par jour, chez les enfants audessous de 12 mois ; 2 chez les enfants de 12 à. 15 mois ; A cuillerées à café au-dessus de 2 ans.

Si l'enfant refuse de prendre celte huile de f(ne de morue phosphorée, Kassowich donne 1 ou 2 cuillerées à café, chaquejour, de la préparation suivante :

Huile d'amandes dom-c-; 30 grammes.

Phosphore 0 gr. 001 milligr.

Gomme arabique ig grammes.

Sucre

Eau distillée 40

Ces préparations peuvent être continuées pendant plusieurs mois.

Cette médication est dangereuse et a produit des accidents.

Résumé: Dans le rachitisme léger, le traitement hygiénique suffit; dans le rachitisme plus grave on donnera, avant un an, du lait phosphaté ou du sirop chlorydro ou laclophosphaté et des bains salés; après 1 an, on donnera l'huile de foi(! de morue ou les mêmes sirops; et, si cela est possible, on conseillera le séjour au bord de la mer.

Le traitement du rachitisnui comporterait un quatrième chapitre, exclusivement chirurgical : nous n'avons pas à décrire ici les opérations, ostéotomies et ostéoclasies, qui sont pratiquées dans les cas

THÉnAPEUTlQUE INI-ANTU.E. — T. |. J4

MALADIES UK LA NUTHITION

graves poLii' redresser les os longs, ni les procédés orthopédiques imaginés pour corriger les déviations osseuses ; mais nous voulons rappeler qu'il ne faut jamais se hâter d'avoir recours aux opérations sanglantes ; car les cas de redressement spontané, même après plusieurs années, sont très fréquents. Ce redressement se fait lentement, quelquefois en deux et quatre ans.

Si les os restent incurvés, on a donc tout le temps nécessaire pour les redresser.

Troubles de la croissance.

La croissance est un fait physiologique qui imprime à toutes les affections morbides une modalité spéciale ; elle joue un rôle important dans la pathogénie et est la source d'un grand nombre d'indications thérapeutiques (Springer) (1).

Les fièvres de croissance n'existent pas, en tant que fièvres dues à la croissance elle-même ; mais elles existent en tant que fièvres se révélant pendant la croissance et dues à une cause infectieuse quelconque. A l'occasion de ces manifestations fébriles, les os et leurs extrémités (ostéomyélites, périostites) doivent être explorés avec soin. Tout d'abord, onprescrirale repos prolongé au lit, des onctions calmantes sur les régions douloureuses (pommade belladonée, baume tranquille, laudanum, huile chloroformée). Si la fièvre est intense, si la douleur osseuse se localise, il y a lieu d'intervenir chirurgicalement (Lannelongue).

(1) Traitement des troubles delà croissance, in Traité de Thérdpeulique appliquée, 1895, par Springer.

XnOUBLES 1)K LA cnoissANCb: i43

Toule maladie, qui apparaît pondant la période de développemcntde l'organisme, provoque une poussée de croissance, laquelle résulte d'une suractivité de la nutrition ; elle s'accuse surtout sur les tissus osseux, cellulaire, musculaire et sur le système nerveux. En semblable occurrence, nous devons veiller à augmenter l'arrivée des matériaux de la nutrition, et insister sur le régime lacté, les décoctions de viande, l'extrait de quinquina, l'alcool, la décoction de céréales. Cette décoction de céréales (blé, orge, avoine, seigle, maïs, son), préconisée par M. Springer, n'agit que sur la nutrition et, par suite, sur les phénomènes de croissance.

Dans les formes hyperpyrétiques des maladies infectieuses avec symptômes nerveux très accusés, la dénutrition générale sera avantageusement combattue par les bains froids, les affusions froides, le drapmouillé. Lacroissance seraégalement favorisée, pendant la convalescence de ces mêmes maladies, par une installation au grand air, à.la campagne, au bord delà mer, par l'usage des douches tièdes, écossaises, ou des bains salés.

En regard des accidents de croissance, dus aux maladies infectieuses en général, il importe de pla- . cer les troubles de la croissance qui sont sous la dépendance du sevrage, de l'hérédité (alcoolisme, syphilis, etc.). Loin de combattre l'action des agents pathogènes sur un organisme en évolution, le médecin porteramaintenant tousses efforts sur le terrain. A cet effet, il surveillera l'alimentation du nourrisson, il réglera le sevrage ; il insistera sur l'allaitement au sein, ou sur l'usage du lait stérilisé, et traitera, dès leur apparition, les phénomènes dyspeptiques du nouveau-né. — En un mot, soit pour prévenir, soit

MALAlJli:S DU I.A NDTRITTON

poui- comballre les Ii'(ju1)Ihs de la (;roissancc clie/ le nouveau-né, ou chez l'enfanl Ciy;é de quelques années, il convient d'insUUier une liyf;iène des plus sévères, non seulement, alimentaire, mais aussi au point de vue de l'habitat. L'entant doit respirer un air aussi pur que possible, se livrer à des exercices modérés et éviter la suralimentation. Cette double .médication, étiologique et symptomatique, se confond avec celle que nous étudions dans le chapitre des dyspepsies de la première et de la deuxième enfance.

INFECTIONS MÉNINGF.ES I. Méningite tubei-culcMSo.

La méningite tuberculeuse (granulie) a exercé la sagacité de tous les thérapeutes, et a triomphé de tous les essais thérapeutiques. Les cliniciens les plus expérimentés ont tenté désespérément toutes les médications pour enrayer la marche fatale de cette cruelle maladie. Aucun tableau n'est plus navrant que celui d'un bel enfant, arrêté en pleine santé par cette terrible maladie, et succombant, malgré tout, en quelques jours. «Bien des médicaments, écrit Trousseau, ont été employés pour la combattre; pour ma part, j'ai essayé une foule de remèdes ; tous ont échoué, et dans deux cas de guérison, que j'ai cités comme deux exceptions, trop rares pour qu'elles puissent en rien changer la règle générale, c'est à la nature et non à l'art que doit en être attribué l'honneur. i> Nous sommes désarmés en présence d'une méningite tuberculeuse, et cependant nous ne pouvons ni abandonner notre malade, ni fuir la lutte. Nouspouvons espérer nous trouver aux prises avec un cas exceptionnel, et nous devons nous appliquer à calmer les souffrances de nos petits malades.

Traiieiiient propiiytactifnie. — Chez un enfant prédisposé, nous insisterons sur la pratique d'une hy-

246 MAi.ADiiîs nt; système nkkvhux

giène générale des plus sévères, en conseillant la vie au grand air et les exercices physiques; quant aux travaux intellectuels, nous les limiterons le plus possible, jusqu'à l'âge de dix à douze ans. Quelques recommandations banales sont faites par quelques auteurs : les cheveux seront coupés courts, la tète sera peu couverte; les enfants seront couchés la tète légèrement élevée (Henke), etc. Bien plus, on a cherché à prévenir l'irritation qui pourrait se produire un jour sur les méninges, chez les enfants prédisposés, en pratiquant la révulsion à distance, avec un exutoire (Sachse), ou avec des vésicatoires Odier, Quiu, Mathey).

l'rnileiiicnt «le la iii:tl:idic «•onlîriiicc. — Le traitement (le la maladie confirmée a varié suivant les époques médicales. Les partisans de l'inflammation, de l'épanchement ventriculaire, ont préconisé les émissions sanguines, les révulsifs à distance, les topiques réfrigérants et ont escompté les bons effets d'une diurèse exagérée. Or, nous savons que nous sommes en présence d'une infection générale, à détermination méningée ; nous savons également que cette tuberculisation aiguë des méninges a une évolution rapide ; nous ne devons pas, enfin, ignorer qu'un traitement susceptible d'affaiblir, de débiliter l'économie, favoriserait l'expansion de cette nuiladie et hâterait sa terminaison fatale. .\ l'heure présente, nous pouvons dire que le traitement de la méningite tuberculeuse se réduit à condjal tre les vomissemenis parles boissons glacées, l'eau de Seitz, la potion de Rivière et la constipation à l'aide du calomel; à cahner la céphalalgiepar l'application de compresses froides sur la lête et IVéquemmenI renouvelées; à modérer 1 agiUiliou (Ml ])rescrivaiit des médicaments antispa.s-

MÉNINGITE Tl-RERCLlLiaiHK 247

modiques, comiiie le bromure de potassium, le chloral, e( à leuler quand même une action résolutive en admiiiislranl i'iodure de potassium, à la dose de 1 à 3 grammes dans du sirop d'écorces d'oranges arnères.

Précisons maintenant quelques détails concernant les médications journellenient employées pour traiter la méningite tuberculeuse.

Nous prolestons contre les émissions sanguines, car elles affaiblissent les enfants et iavorisent l'explosion des accidents nerveux, contre les vésicatoires qui font souffrir les malades sans le moindre profit.

La réfrigération du cuir chevelu cause à la longue une vive douleur et n'a jamais donné de bons résultats (Guersant, Sanné).

Les allusions froides doivent être abandonnées, sinon ou s'expose à aggraver la marche de la maladie (Senn, Charpentier, Trousseau, Piet).

Les purgatifs, comme l'huile de ricin, la poudre de racines de scammonée, et surtout le calomel, doivent être prescrits et répétés pour combattre la constipation. Le calomel peut être donné en une fois, à raison de cinq centigrammes par année, ou à doses fractionnées suivant la méthode de Law (o à 10 centigrammes en dix paquets : un paquet toutes les heures).

Paruii les médicaments les plus vantés, nous insisterons sur l'iode et ses dérivés, principalement sur 1 iodure de poiassiuni, qu'on devra toujoui-s pi-escrire, avec l'espoir qu'on se trouvera en présence d'une méningite syphilitique. Ce médicament peutatténuer l'assoupissement et sera prescrit, à la dose de 0k'',25 à 3 grammes dans les vingt-quatre hcuires; il peut être donné dans une potion addilionnée d'une petite quantité de siroj) d'éther.

D'autres médicaments ont été adminislrés sans succès : l'or, le sulfure de potasse (Rilliet), l'iodol'orme, la digitale (Goelis), l'acétate dépotasse (Kopp), le suukle de quinine (Sanné), l'arnica, le phosphore (Coindet) à la dose de 10 à 15 centigrammes dissous dans 32 grammes' d'huile d'amandes douces; enlin, le musc, le camphre, l'assa fœtida en lavements.

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