II. Méningites aiguës non tuberculeuses
Ces méningites sont dues à l'invasion de microbes divers; tels que le pneumocoque, le streptocoque, le bactérium coli,le bacille d'Eberth, etc., et se déclarent soit dans le cours d'une maladie infectieuse générale, soit comme complicationd'un foyer d'infection locale. Tout ce que nous avons dit du traitement de la méningite tuberculeuse est applicable au traitement des autres variétés microbiennes de la méningite, et nous y renvoyons le lecteur.
Hyperhémies et liémori-agîes méningées.
Le meilleur traitement à employer est l'application sur la tête d'une vessie de glace ou, à son défaut, de compresses trempées dans de l'eau très froide et fréquemment renouvelée. Si l'enfant est vigoureux et si les symptômes congestifs sont très marqués (céphalalgie, faciès vultueux), on pourra appliquer une sangsue de chaque côté de l'apophyse mastoïde. Les frictions énergiques sur la peau, les révulsifs intestinaux (calomel, lavements purgatifs) sont aussi indiqués.
S'il existe des phénomènes d'excitation, on prescrira le chloral en laveiBent [0«%60 à 1 gramme), le bromure, la teinture de musc. Si, au contraire, l'ady-
IMILRHITK, TlUtOMBOSE DU SIMUS DE LA DUKK-MÈHE i49
luuilie, la st upeur, le coma prédonniieul, on appliquera sur les uiembres iurérieurs des calaplasmes siiiapisés, el ou fera des iujeclions sous-cuLaiiées de calëiue, d'éllier, d'huile camphrée.
Daus quelques cas, où l'Iiyperhémie méuingée esl sous l'iuflueuce d'uue infection amenant de l'hyperlliermie, la balnéalion froide trouve sou indication.
l'Iilébite et SBti'ombose tile« sinus «Je lî» cl»ii*e-mëre.
Celte affection, rare, résulte toujours d'une infection secondaire. Elle peut survenir :
1" Par la propagation d'uue pldegmasie de voisinage, telle qu'une olite, avec ou sans carie du rocher, ou d'une inflammation suppurative du cuir chevelu ;
2" A la suite d'une compression des veines du cou par des ganglions ou des abcès par congestion, gênant la circulation en retour ;
3" Par marasme, dans le cours d'une maladie cachectisante (choléra infantile, mal de Pott, rougeoie, etc.).
C'est à prévenir surtout cette complication que doit s'appliquer le nu^decin, en traitant rapidement les diverses affections causales que nous venons d'énumérer.
La tlirond)ose des sinus étant soupçonnée, on pourra appliquer une ou deux sangsues au niveau des apophyses mastoïdos, nxilt.i'e de la glace sur la tète, (iouncu-du calomel, etc. — Devant l'impuissance du trailement médical, (|U(!lques tentatives chirurgicales (int été faites, surtout pour la phlébite du sinus latéral consécutive aux otorrhées. «Apj'ès ligature de la jugidairc au cou, on trépane l'apophyse
"230 MALAIJKiS 1>V SYSTÈME NKKVEUX
masLoïde, on ouvre le sinus infecté, on le cureLle, on le lave et on le tamponne à la gaze iodoformée. On a obtenu de la sorte de nombreuses guérisons » (Broca).
Congestion cérébrale.
Il n'est peut-être pas une manifestation morbide fébrile chez l'enfant, qui n'ait son retentissement sur l'encéphale sous forme d'état congestif aigu. Nous éliminons de notre étude cette congestion cérébrale symptomatique (fièvres éruptives, pneumonie, rhumatisme, etc.) ; mais nous appelons l'attention sur certains phénomènes congestifs de voisinage, dans les affections de l'œil, de l'oreille, dans l'érysipèie de la face ou du cuir chevelu, dans les insolations, parce que tous ces faits nous conduisent à la conception d'un état de congestion aiguë, cérébrale, pour lequel toute notion étiologique pouvant faire défaut, il y a lieu d'établir le diagnostic de congestion cérébrale aiguë idiopathique.
Ce syndrome clinique peut simuler la méningite aiguë ou la méningite tuberculeuse. Fort heureusement la thérapeutique, qui reste impuissante contre cette dernière maladie, exerce son action efficace contre la congestion.
On emploie avec succès les émissions sanguines locales ou à dislance : sangsues aux apophyses mastoïdes ou à l'anus; ventouses scaritiées à la nuque.
Avons-nous raison de recourir aux larges révulsions par le vésicatoire, l'huile de croton, sur le cuir chevelu préalablement rasé? Il est permis
CONGKSTION CKRÉHKALE 2ol
d'en doutor. L'application d'une vessie de glace en permanence sur la tête est nn moyen sédatif qu'on doit toujours conseiller.
Pour faire de la dérivation, il est de notion courantede pratiquer la sinapisation des membres inférieurs, et d'y maintenir cet afflux sanguin par l'enveloppement ouaté.
L'usage des bains est excellent; mais il y aurait lieu d'établir une réglementation quelque peu stricte, et de fixer, par exemple, les avantages ou les inconvénients respectifs du bain tiède et du bain froid, ainsi que la durée et la fréquence des immersions.
On a coutume de pratiquer une révulsion énergique sur le tube digestif; et on emploie, à cet effet, soit les lavements purgatifs, soit les purgations, parmi lesquelles la préférenct est, à juste raison, accordée au calomel, tantôt à doses fractionnées? de .j centigrammes par heure, ou de 60 centigrammes en une fois, pour des enfants ayant atteint la deuxième année. Chez les sujets plus petits, on peut réduire les doses à 2 centigrammes, toutes les heures, jusqu'à 20 centigrammes, comme maximum, dans les vingt-quatre heures.
A côté de ces congestions actives, d'origine artérielle, on peut observer, chez l'enfant, des congestions^a.ssi'm, veineuses, résultant d'une gêne de la circulation en retour, par compression ou par obstacle central : telles sont ces congestions qu'on observe au voisinagedes tumeurs cérébrales etde la thrombose des sinus, ou sous l'influence des adénopalhies médiastines, des lésions endocardiaques, mitrales ou tricuspidiennes; telle est surtout la congestion passive que produit la coqueluche et
^52 JIAI.ADIKS DU SVSTKMK MCIIVKUX
(ju'oii s"efforc('i-a de prévenir par un Irailement spécialemenL dirigé contre l'élénuMil spas)ii()di(iiie.
Hémorragie cét-ébrale-
L'bémorragie cérébrale, extrêiriemenl rare cliez l'enfaul. peut se uionirer dans le cours des maladies. infecLieuses hémorragipares, dans certaines encéphalites (foyers isolés, épars), dans la coqueluche où elle peut être envisagée comme le terme ultime du processus congestif.
L'hémorragie cérébrale, qu'il est impossible de prévoir et par suite de prévenir, est toujours mortelle dans le premier cas ; elle ne comporte aucune considération thérapeutique, et ne rentre dans notre sujet que par ses conséquences fonctionnelles liées à la dégénération secondaire des éléments nerveux.
11 en est, d'ailleurs, de même pour les altérations qui vont suivre : toute leur importance relève des perturbations fonctionnelles progressivement croissantes dans un organe jeune, et en voie de développement, et sont plutôt justiciables d'une éducation et d'une gymnastique palliatives que d'une intervention thérapeutique efficace.
Encéplialîtes.
Les encéphaliles sont aiguës on chroniques. Les premières, circonscrites, ont toujours pour cause une infection microbienne ; elles se terminent par suppuration. Leur étude est intimement cfmfonduo avec celle des abcès du cerveau. Les secondes, dont la pathogénie tist encore mal
ENCÉPUALITES
connue, ont des formes analomiques diverses, mais une symplomatologie clinique assez uniforme. En effet elle est « presque toujours caractérisée par des troubles de la niotililé où l'élément spasmodique domine, combinés avec des modifications plus ou moins profondes de l'intelligence ». (Brissaud.)
Les abcès du cerveau peuvent être d'origine chirurgicale, c'est-à-dire traumatiques et consécutifs à une plaie de la tête, par exemple. Les autres sont secondaires soit à un état infectieux aigu, soit à une affection suppurative chronique; les suppurations intra-pulmonaires et les suppurations otiques sont les lésions chroniques les plus fréquemment compliquées d'abcès du cerveau.
La thérapeutique peut être efficace avant la formation de l'abcès proprement dit. La révulsion, sous toutes ses formes, les émissions sanguines, l'application de glace sur la tête; la dérivation intestinale [lar les purgatifs drastiques sont des moyens à recommander.
L'abcès une fois formé, la thérapeutique ne peut guère espérer que modérer l'intensité des syniplùmes. On emploiera la médication stimulante, frictions, injection d'éther, injection de caféine) contre la stupeur et le coma; la médication hypostliénique (bromure, chloral, chloroforme) contre les phénomènes d'excitation.
S'il existe des symptômes permettant de localiser la lésion en foyer, il convient de recourir à l'intervention chirurgicale. C'est surtout pour des abcès cérébraux d'origine auriculaire que les opérations ont été tentées. Or ces abcès sont presque toujours temporaux.
Les cncéphalitp.H chroniqxm sont au-dessus des res-
TllKRAPEUTICîUE JNFANTILB. — T. I. 15
2U MALADIES DU SVSTKME -MÎHVKLX
sources de la médecine. Les difformités alrophi-iu.^ des membres peuvent être corrigées, dans une cerlaine mesure,par des moyens (•hiruri^ica..x et orlliupédiques, dans le détail desquels nous ne pouvons t'iitrer.
Sclérose. - Ati opliîe du cerveau.
Le traitement comporte trois périodes. En [u-ésence d'un état infectieux, ou à la suite d'une lésion crânienne, avec phénomènes cérébraux accentues, il importe tout d'abord de prévoir l'évolution scle- ,euse ultérieure possible, de la prévenir, de limiter ses effets, au moyen de la médication révulsive ordi naire (émissions sanguines, vésicatoires).
En deuxième lieu, la sclérose étant confirmée, il nous reste à en supprimer ou à en atténuer les effets Or, les manifestations en sont extrêmement variées, et bien peu accessibles à la thérapeutique. Les phénomènes spasmodiques (épilepsie, alhelose, héniichorée), résistent aux médicaments dits sédatifs. Contre la paralysie, sans contracture, on emploiera l'électrisation, qui devra être cessée des qu'apparaîtra la rigidité, ou l'exagéralion des véQexes qui la précède ; contre l'atrophie musculaire, on aura encore recours à l'électricité, puis au mas ,
Pour corriger les dérormalions, suites d atrophie osseuse et musculaire, ou de contractures, on a ree.mrs aux appareils orthopédiques, ou même à l ml(M-vention eliirurgicale .seclions tendineuses diver-
ses^
Eiilin, on a pu songer à intervenir plus radicalenicnl encore, en s'adressant à la cause même des
llVDRUCÉl'IlALlIi
accidents, à la lésion côi-ébrale; et, c'est dans ce l)ul qn'on a appliqué la trépanation et la craniectoinie, qui paraissent capables de remédier, dans nne certaine mesure, à des désordres moteurs et intellectuels jusqu'ici considérés comme totalement incurables.
Xiimeiirs de l'Encépliaïo.
Le traitement des tumeurs de l'encéphale est basé sur deux données principales : la nature de la tumeur et sa localisation. En dehors de ces renseignements tout est empirisme.
Si on soupçonne la syphilis, on doit instituer le traitement spécifique. Dans tous les cas, ce traitement doit être prescrit, ne serait-ce qu'à titre de contrôle.
La notion de topographie peut autoriser à intervenir par la trépanation, pour supprimer des convulsions ou de la contracture bien linùtées, d'origine corticale.
Hytli'océplialîe.
La nosoj-raphie distingue plusieurs variétés d'hydrocépiudie : V hydrocéphalie aiguë qui est symplomatique de la granulie méningée (nous n'avons pfis à nous en occuper); l'hydrocéphalie chronique^ divisée elle-même en roiigénitalc et en acquise. Les moyens à employer sont d'ordre médical; mais on peut recourir à une intervention plus directe. Il faut songer à la possibilité d'un(! syphilis héréditaire (voir traitement de la syphilis chez le nouveau-né).
Le traitement spécifique sera appliqué dans tous les cas, même les plus douteux..
2S6 MALADIES 1.U SYSTKME NERVEUX
On peut y joindre l'emploi de moyens mécaniques simples, pai-rois suivis d'une légère amélioral.on : la compression régulière de louL le crâne, avec des bandes de diacliylon ou d'emph\tre, ou bien le pansemenl amovo-inamovible avec de la larlalane amidonnée et mouillée. .
Le traitement chirurgical est plus actif; mais, .1 faut se hâter de reconnaître, de l'avis même de ceux qni ont appliqué l'une ou l'autre des méthodes employées jusqu'ici, que les résultats sont bien peu
encourageants. ,
Une croyance trop généralement répandue, c est qu'il s'agit d'une méthode toute nouvelle; or, il convient de savoir que, si l'antisepsie a permis de la remettre en vigueur de nos jours, l'interventmn directe avait été déjà tentée par Dupuytren et par Malgaigne, qui avaient pratiqué soit les ponctions,
soit le drainage.
Depuis, les chirurgiens anglais ont renouvelé ces tentatives, et ont même cité quelques succès. En France, mon distingué collègue Broca a signale également un résultat favorable. Toutefois, ce chirurgien n'est partisan de la méthode que sous condi- Uons, et avec réserves. Voici les enseignements ,pi'il donne dans son traité de thérapeutique infantile, écrit en colinboration avec le docteur Le Gendre (1):
((On peut intervenir centre l'épanchemcul intraventriculaire de deux façons : par la ponction et par l'oiiverlure du ventricule, avec drainage.
« Les indications sont fournies non pas tanl par 1(> fait d'hydrocépbalie lui-même (lue par les comphca-
(1) BiiocA Cl Li; GioNDRK, Tltérapeuliqiic Infantile, p.
HÉMIPLÉGIE SI'ASMODIOUE IiNKA.NTILt: 257
lions qu'elle onirafnc, coutnicLiii-cs, convulsions, elc.
« La ponction peul se faire soit in silu, au niveau lies sutures tlislendues ; soit plus bas, au niveau des lames vertébrales. Unique ou répétée, l'intervention est purementpalliative, et n'a jamais procuré de guérison.
« Pour intervenir plus largement, ou peul recourir an drainage du ventricule latéral. On pratique, dans ce but, une couronne de trépan à 2 cm. o au-dessus, et en arrière du conduit auditif externe; on ouvre la dure-mère, et on enfonce le trocart, puis le drain, en visant un peu au-dessus du conduit auditif du cote opposé.
« Le plus souvent, il y a un tel écoulement de liquide que la mort survient par épuisement du sujet. C'est euciire là un détail que les premiers auteurs avaient bien signalé; aussi recommandaient-ils un drainage modéré au crin de clieval.
«Aujourd'hui, laseule différence consiste dans l'emploi du crin de Florence, aseptique, ce qui permet, du moins, d'éviter l'infertion et la suppuration de l'encéphale.
« Malgré l'absence de ces complications, le succès est fort rare. Il a été obtenu quelquefois dans descas où il s'agissait de véritables collections en foyer, d'hydrocéphalie ])arlielle. »
Hémiplégie spasmodique infantile.
L'hémiplégie spasmodique infantile ou paralysie cérébrale infantile est congénitale ou se manifeste durant la première enfance. Elle débute par des convulsions éclaniptiques, s'aecompague de troubles lroplii(jucs,de troubles du nuuivenient, depuis l'exa-
0)58 MALADIES DU SYSTKMK NKUVEUX
"éralion des véilexes jusqu'à TépUepsie. L'inlellit ace peut également sombrer. La mod.e des enlanls
US. bémiplégiespasmodiquedeviean C aussi, if est utile de savoir qu'un enlan. peul ^r^iccomber <. en état de mal ». CeUe n^la^.e n'esl pas toujours aisée à reconnaître chez les tout eune eufan s, surtout dès ses prenners symp ornes ^TrLdtement de cette maladie est essentiel emen^^
symptomatique, puisqu'il nous est impossible d en
^"u— s convulsives du dé^ s'amender sous l'influence de la balnéation troide ou tiède (bains à 20» et à 30») et de ^-^^^^^^^^ l'intérieur de médicaments calmants ou liynoptiques (belladone, bromures, camphre, chloral, codeme, lactucarium, sulfonal, etc.).
Si la thérapeutique est impuissante a prévenu la paralysie et la contracture, elle est capable de combattre avec efficacité les atrophies et les defom.ations trop marquées, à l'aide du massage, des frictions stimulantes sur les membres, des bains chauds.
de l'électricité.
Les appareils orthopédiques elles inleryenlions chirurgicales pourront seuls remédier aux delorma-
lions consécutives.
L'intelligence, avons-nous dit, est souvent diminuée, quelquefois anéantie (idiotie, démence). Néanmoins, elle peut être momentanément troublée, d ou In nécessité de s'en i)réoccuper et de la cultiver.
Coiiiuçestîoii rte la moelle et de ses enveloppes.
Phase de début d'états phlegmasi(]ues variés.complicnlion p(.ssil)lc do bon nombre de maladies aigui-s
MÉNINGITIÎ Sl'INAl.E
inleclieuses, la coiigeslion de la moelle et de ses enveloppes n'a pas une syinptomatologie particulière, et ne commande pas une thérapeutique spéciale. On emploie contre elle les révulsifs ordinaires. 11 faut éviter leur application au hasard, et suivre, autant que possible, pour leur emploi, un ordre logique.
Dès l'apparition des accidents, les émissions sanguines faibles (ventouses scarifiées, sangsues au niveau de la région anale) sont indiquées; plus fréquemment, on se servira de l'application du froid, sous forme de sachets de glace, ou en pulvérisations d'étlier. On peut, comme toujours, chez l'enfant, demander au. tube digestif une dérivation plus ou moins active, qu'on provoquera par la purgation au calomel. Afin de prévenir les conséquences graves d'un état congestif prolongé, il est bon de faire de la révulsion intermittente, et d'intensité variable, au moyen de pointes de feu sur les diverses régions de la colonne vertébrale.
méningite spinale.
Théoriquement les manifestations inflammatoires des méninges se divisent en méningites cérébrales et en méningites spinales. D'ordinaire les deux localisations se trouvent associées, ainsi que nous l'avons vu, parmi les méningites aiguës, pour la méningite cérébro-spinale et, parmi les méningites chroniques, l)our la méningite tuberculeuse; il n'y a donc pas lieu, (le faire une étude thérapeutique distincte de tous ces processus ainsi confondus.
Si nous ajoutons (|ue, chez l'enfant, la variété si «iirieuse de la pacli yméningitc. cervicale hypçrtro-
260 MALADIES DU SYSTKME .NEMVEUX'
phique de Joffroy esl al)solLimenL exceptionnelle el que, d'autre part, les localisations syphilitiques sur les enveloppes spinales sont d'une extrême rareté, nous voyons combien notre sujet se trouve limité.
Les considérations thérapeutiques sont ellesmêmes des plus restreintes, el se réduisent, pour les méningites spinales aiguës, à ce que nous avons dit du traitement de la congestion méningo-médiillaire (révulsion sous toutes ses formes^
Dans les cas suraigus, infectieux (lièvres graves, érysipèle, rhumatisme), où les phénomènes locaux s'accompagnent d'un état général grave, avec hyperthermie, délire, phénomènes ataxo-adynamiques, il ne saurait y avoir aucune hésitation à appliquer la balnéation, soit mitigée, soit suivant la méthode de Brand, dans toute sa rigueur.
Des processus méningitiques spinaux, le plus important à dépister est celui qui ressortit à la syphilis, surtout dans ses formes aiguës : le traitement spécifique qui peut, être très actif, doit être institué sous sa forme la plus intense, c'està-dire, intus et extra. A l'intérieur, pourvn que l'enfant ait dépassé la première année, on donnera une à deux cuillerées à café de sirop de (îibert, ou une cuillerée à café de liqueur de Van Swieten, avec supplément de 30 à iO centigrammes d'iodure ; si l'enfant a dépassé quatre ans, on peut doubler ces doses; et enfin, à partir de huit ans, il y a intérêt à. prescrire des doses sensiblement égales à celles qu'on emploie chez l'adulte. A l'extérieur, on emploiera, non pas les bains de sublimé, moyen intidèlc, inutile ou dangereux, mais bien les frictions mercurielles. S'il s'agit de méningite syi)liililique chronique, le traitement spécitiqne
l'.\H.\r.VSIK I.M'ANTILK
est souvent iiieflieace, et loul se rédiiilà des soins palliatifs néeessilés par des inlirmités devenues incurables.
AppKMiicb;. — Les bons eilels de la iJiérapeuticjue spinale sont relalils; néanmoins, nous ne saurions désespérer de l'avenir, en présence de certains résultats, des plus encourageants, que nous devons à l'intervention cliirurgicale, notamment dans les complications méningées du mal de Pott. — On sait, depuis les indications de Chipault (li, qu'on a pu pratiquer la résection des lames vertébrales, ])our obvier à certains accidents de compression médullaire,liés à la méningite spinale tuberculeuse. Peutêtre ce même procédé opératoire sera-t-il applicable, dans certains cas, à d'autres phénomènes compressifs, à ceux, par exejuple, qui caractérisent la pachyméningite cervicale bvpertropliique de Joifrov?
l'ai-îilysie ini»ntilc.
[Paralysie spincde utrophique.)
Le traitement de la paralysie infantile est complexe, car il varie suivant les diverses périodes de la maladie elle-même.
Période de début. — Dkii l'apparition des premiers symptômes qui permettent de reconnaître cette maladie, il convient, comme dans la myélite aiguë, de s'adresser tout d'abord à la médication révulsive. A cet effet, on appliquera des ventouses sèches loul le long de la colonne vertébrale, à droite et à gauche des apophyses épineuses; on pourra également ap-
(1) Chij'aui.t, Chirurgie du rachis, th. Paris, 1891.
2(t-2 MALADIES ni: SYSTÈME NEKVEUX
pliquer quelques rares ventouses scariliées au niveau ,1e la zone médullaire lapins suspectée, ou bien des vésicatoires volants. Sanné conseille les vésicatoires longs et minces, en forme de lanières, qu'on applique successivement au niveau de chaque gouttière vertébrale. J. Simon, partisan d'une révulsion puissante sur toute la surface cutanée, vante l'action des bains d'air chaud quotidiens et d'une durée de trois à cinq minutes, en même temps que l'enveloppement des membres inférieurs dans de la ouate saupoudrée de farine de moutarde. La révulsion detoutelarégion vertébrale peut encore être obtenue à l'aide de la teinture d'iode, sousforme debadigeonnages répétés, de cataplasmes sinapisés, fréquemment renouvelés, et de pointes de feu. Les révulsifs doivent agir non seulement sur la peau, mais aussi sur le tube digestif. Les révulsifs intestinaux doivent être maniés avecprudence. Il faut s'etforcer d'obtenir une dérivation intestinale, en employant des médicaments faciles àmanier, comme la rhubarbe, l'aloès, la scammonée et surtout, comme le préconisait Kennedy, le çalomel.
A cette première période de la maladie, Jules Simon prescrivait les préparations de ciguë et d'aconit, à la dose de cinq gouttes dans une potion; Hammond et Althaus employaient l'ergot deseigle^à la dose de 10 à 20 centigrammes.
Période do la maladie confirmée. — Les accidents aigus se sont dissipés, et sont renqilacés iiar une série de symptômes paralytiques plus ou nu)ins généralisés, pins ou moins localisés ou circonscrits, et pouvant se compliquer d'un commencement d'atrophie. Cette atrophie doit préoccuper le médecin, car elle s'aggravera, si elle est abandonnée à elle-même,
PARALYSIE INFANTILK 263
et enlniiaera des impotences fonclioniielles pi-esque irréparables. Lorsque la maladie, dis-je, est contirinée, il faut persister à faire de la révulsion cutanée, en prescrivant des frictions stimulantes sur les membres (Baume de Fioravanti, alcool camphré, Uniment de Rosen) et se demander s'il y a lieu de recourir à l'électnsation des muscles paralysés et atrophiés. Nous ne tarderons pas à aborder ce côté si éminemment pratique de l'électrisalion appliquée au traitement delà paralysie atrophique de l'enfance.
Auparavant, nous nous arrêterons au traitemeni interne qui consiste dans l'emploi des excitants directs des centres nerveux. La teinture de noix vomique à la dose de II à YI gouttes par jour; le sulfate de strychnine, à la dose de un demi à un ii:iilligramme dans lesvingt-quatre heures seront avantageusement prescrits. Le sirop desulfate de strychnine du Code.x est préparé de telle sorte que 20 grammes de ce sirop contiennent 5 milligrammes de ce sel. On peut encore prescrire la solution suivante :
Eau distillée 2;i grammes
Sulfate fie strychnine 0 gr. 0"i
(Sanné.)
Dix gouttes de cette solution contiennent 1 milligramme de sulfate de strychnine.
Ce sel de strychnine, à la dose de un demi à un milligramme sera administré en solution, en potion ou en sirop, durant lU à 15 jours seulement, afin de prévenir les inconvénients toxiques (|iii résulteraient de l'emploi trop prolongé d'un semblable médicament. Aussi, après une suspension de H ou 10 jours, on peut revenir à l'usage de ce même médicament, sans redouter le mcundre danger.
2(;4 MALADIKS 1»U SVSTKMK NEHVKI X
Farallèlemeiil il celle médiealiun nerv(!use, on aui-u recours aux Ijaius sulfureux, aux bains salés, au massage el on insistera sur lesmédicauienls Ioniques, comme le quinquina, le fer, Tliuile de foie de morue.
Nous nous sommes réservé de nous étendre, conmie il convienl, sur les bienfaits de l'électrisation et de préciser l'emploi de cette méthode thérapeutique, aux diverses phases de la paralysie atrophique de l'enfance. Nous avons tout à espérer de ce mode de thérapeutique, quel que soit le moment où nous sommes appelés à intervenir, sans nous dissimuler que nous resterons exposés à des mécomptes désespérants, surtout si nous intervenons d'une façon trop tardive.
La plupart des auteurs pensent que les courants continus galvaniciues conviennent aux enfants atteints de paralysie atrophique. Or, ces courants sont difTiciles à appliquer, en raison des douleurs qu'elles provoquent dans les points de contact des rhéophores avec la peau.
Aussi, sans les rejeter d'une façon systématique, nous estimons que nous devons leur préférer les courants interrompus, faradiques. La faradisation musculaire, localisée, chez de très jeunes enfants, peut être pratiquée, sans le moindre inconvénient, pendant plusieurs semaines, deux mois même, et à une intensité assez forte, pourvu que les intermittences du courant restent suffisamment espacées. A quel moment est il permis de faire intervenir la taradisation ? Il faut attendre que la période aiguë de la maladie soit écoulée, c'est-à-dire trois à quatre semaines. On intervient alors à une époque peu êloir/née du début. La faradisation ainsi pratiquée peut abré-
l'AKAI.YSIH INl'ANTILli ^^f>3
ger la durée de la pavalysie, allénuer ralrophie musculaire el prévenir peul-èire in Iransformalion graisseuse des uuiscles. Il est peruiis d'attendre de la faradisatiou localisée une influence tliérapeuti([ue non moins heureuse dans la paralysie atrophique de l'enfonce que dans la paralysie consécutive aux lésions traumaliques des nerfs et de la moelle. «Toutes les paralysies atrophiques de l'enfance qui se sont présentées à moi, écrit Dut henné de Boulogne, el dans lesquelles la contraclilité électromusculaire était diminuée, ont guéri complètement, assez rapidement et sans atrophie, ni déformation des membres, lorsque la faradisution localisée a été appliquée peu de temps après leur début. Les paralysies de l'enfance, de même espèce, qui dataient de six mois, d'un an et même de deux ans, dans lesquelles lacontraclilité électro-musculaire n'était pas plus affaiblie, ont guéri également par la faradisation. » Un muscle dont la contraclilité s'affaiblit est destiné à une paralysie prolongée et à une atrophie considérable. La faradisatiou localisée prévient une atrophie aussi excessive et permet d'espérer qu'elle conservera aux muscles assez de libres pour leur maintenir leurs fonctions. Les muscles qui ne réagissent plus sous l'action de la faradisatiou ne tardent pas à s'atrophier. L'abolition de la conlractililé électro-musculaire annonce un arrêt complet de l'influx nerveux. Lorsque la lésion spinale est guérie, lorsque la force nerveuse revient aux muscles, la faradisation localisée peut rappeler leur nutrition et prévenir leur dégénérescence. A quelle époque l'influx nerveux central revient-il aux muscles paralysés? Celle époque ne peut être précisée. Aussi Duchenne de Boulogne conseille-l-il de traiter, le plus hâlive-
26() MALADiios iju systi':mi> NKHX El X
ment possible par la raradisalion, les muscles qui ont pei-tlu leur contracLililé. « On ne doit pas, ajoule Duchenne de Boulogne, seulement essayer de rappeler la nutrition dans les iBuscles menacés de périr, il faut aussi prévenir, surtout aux membres inférieurs les difformités qui résultent nécessairement de la contracture et de la rétraction des muscles antagonistes. )^
La faradisation, pratiquée à une époque très éloignée du début de la maladie, peut encore rendre de réels services. Les muscles atrophiés, après un mois ou un an de maladie, peuvent être atteints dans leur texture, s'ils ont perdu leur contractililé et leur sensibilité électriques; si la fibre musculaire est détruite il ne faut pas espérer la régénérer. Et cependant quelques fibres musculaires peuvent rester saines el devenir le centre de nouveaux faisceaux musculaires, sous l'influence de la faradisation localisée. « Bienquel'absencede contractililé électrique, aune période avancée de la paralysie alrophique. soit un signe qui annonce l'état graisseux ou granuleux d'un muscle, il est permis, si ce signe se présente, d'espérer qu'il existe encore assez de libres musculaires saines, masquées par la graisse, pour fournir le noyau de faisceaux ou muscles futurs que Von pourra développer pai- la faradisation localisée. (Duciienne de Boulogne). »
Il est juste d'ajouter que ce résultat, vraiment surprenant, inconstant, ne peut être obtenu qu'au prix d'un traitement prolongé, une année ou deux, et même davantage.
La faradisation n'esl pas seulement utile pour remédier à la paralysie et à l'atrophie des muscles; elle peut, en effet, acliver le développemeni
l'AKALVSIE l'SEUDO-UVPEliTUOI'llIOUE 267-
<lu sysièmi! osseux. Les os, dans la paralysie infantile, subissent un arrêt de développement en rappori avec la lésion médullaire. Grâce à la faradisation, les os peuvent s'accroître en longueur et en grosseur, ce qui permet d'espérer des raccourcissements moindres des musles atropiiiés.
L'électrisation galvanique ou faradique, comme on le voit, peut donc rendre des services incontestables dans le traitement de la paralysie infantile ; elle ne saurait être exclusive de tous les autres traitements, parmi lesquels nous mentionnerons une gymnastique rationnelle (ressorts à houdin tixés au plafond, chariots, poids passant par des poulies) et l'emploi des divers appareils orthopédiques (bottine orthopédique avec attelle métallique dans le pied botéquin, varus, etc.)
D'une façon générale, nos conseils relatifs à la gymnastique, à l'électrisation, au massage, à l'orthopédie, varieront suivant les régions affaiblies et les déviations, les difformités qui résultent de la prédominance des muscles antagonistes.
F'ai-alysîo pseud» -Iiypertropliîque.
L'électrisation s'impose, il est vrai, mais il ne faut lui demander que ce qu'elle peut donner. Il Jie s'agit pas de guérison ; mais, dans une évolution progressive, (;'est beaucoup de retarder les accidents ; et, parfois, grâce à. la faradisation localisée (car il est préférable th; ne s'adresser (ju'aux masses musculaires les plus importantes), grâce surtout à des procéflés mixtes de galvano-faradisation, d'intensité modérée, touteAjis, on peut ramener un peu de vigueur fonctionnelle dans certains muscles.
MALADIKS rtf SYSTiCMK NEKVIÎUX
niaindie de Xhomseii.
Pour éviter les contractures, ou, du moins, pour en diminuer la fréquence, il faut se soumettre à une hygiène musculaire constante, éviter les efforts et les fatigues, et maintenir, pour ainsi dire, sous tension modérée, le système musculaire, grâce au massage, à la gymnastique et à l'électrisation, plutôt généralisée que localisée (bains électriques, massage électrique, etc).
Maladie de Fi'îedreicl».
Contre cette ataxie liéréditaire, il n'y a guère à espérer des moyens communément employés dans le tabès vulgaire, c'est-à-dire des larges révulsions par ignipuncture. Un seul mode d'intervention, la suspension, a paru amender quelques symptômes!
Xabes dorsal spasmodî<iue de l'enfant.