‹ Thérapeutique infantileChapitre 7 sur 39 · ICTÈRE DES .NOUVEAI -NÉS · texte numérisé non relu

ICTÈRE DES .NOUVEAI -NÉS

el liquides; il y a calarriie gaslro-inlestinal, (il, l'ic- Iri'c qui l'accompagne esL appelé ictère catarrhal. il serait causé, d'après Quisling ^de Christiania), par l'exagération de l'hyperhéniie physiologique qui se pi'oduit dans l'estomac et l'intestin grêle aussitôt après l'ingestion des premiers aliments. Il faudrait encore admettre, d'après Thiercelin, une intervention microbienne, surtout celle du bacLerium coli commune même peu virulent: c'est ce qui expliquei-ait qu'il est plus fréquent de le constater dans les hôpitaux que dans les maisons privées. Ce catarrhe se ])roduit notamment, en efi'et, lorsque dans les premières'h&ures qui suivent la naissance, on a recours à la nourriture artihcielle avant de mettre l'enfant au sein; aussi est-il possible de l'éviter en ne donnante, l'enfant aucune boisson qui ne soit stérilisée dans le court espace de temps qui séparera sa naissance de la première tetéc.

Quand cet ictère catarrhal se produit, il faut surtout liUter contre les désordres gastro- intestinaux ([ui l'ont engendré. 11 faut mettre l'enfant au sein, s'il n'y csl pas et si cet allaitement est possible; dans le cas contraire, il faut surveiller le lait qu'on lui donne il boire. Si les phénomènes digestifs sont intenses, on pourra faire prendre à l'enfant quatre ou cinq centigrammes de calomel. Mais il est le plus souvent inutile de recourir à cette médication, car l'alimentalion au moyen du lait de femme ou du lait stérilisé sulîit pour faire cesser le catari:he gastro-inteslinal et, avec lui, l'ictère.

Si l'on est en présense d(! celte forme d'ictère infectieux, que Liouville a appelé ictère noir (lubulhématie de Parrot, ou maladie de Winckel), on luttera en vain, car la mort est fatale. On devra quand môme

/, MALADIliS 1)1 NOUVKAr-.NÉ

administrer du caiomcl à la doso de cinq eenti- -i-ammes, donner de '^vnud^ lavemenls d'eau li«'de, ainsi que des bains chauds el mellre l'enfant dans

une couveuse.

Quant aux ictères symi)tninaliques d'une malforma^tiondesvoiesbiliairesou d\ine plilébite de la veine omlDilicale, ils restent au-dessus de toute thérapeutique. Dans certains cas, si l'on soupçonne une lésion syphilitique du foie, on pourra tenter d'administrer le traitement spécifique, sans grandes chances de succès d'ailleurs.

ErvtlièmeB.

Les érythèmes,si fréquents chez le nouveau-né, au niveau des régions ano-génitales, sont produits par l'irritation de ces parties par les selles et l'urine de l'enfant. Ils sont surtout fréquents au moment des troubles digestifs, et surviennent de préférence chez les enfants qui ne sont pas nettoyés immédiatement, el avec soin, après chaque évacuation alvine : ds siègent sur les fesses, sur les bourses et la face interne des cuisses. Pour éviter l'apparition de ces érythèmes, la mère ou la nourrice devra faire, après chaque selle, une toilette bien complète des régions ano-génitales de l'enfanl, en se servant d'une éponge fine ind)ibée d'eau boriquée tiède, puis recouvrir ces parties de poudre de talc ou de lycopode : l'amidon pulvérisé, ordinairemeni employé, doit être délaissé, parce qu'il fermente et irrite la peau de l'enfant. En cas de diarrhée, on persistera dans l'emploi de ces soins locaux el on instituera un Irailement approprié aux troubles digestifs. Quand l'érythème est très prononcé, on peut prescrire des bains de sublimé

UKDliMli l)i:S NUUVIiAl'-.MOS — SCLÉnÈME 0

(un lilro de liqueiu" de Van Swiclca pour quinze liLi-os (.l'eau), et l'application d'une poudre absorbante :

Poudre lie talc 10 grammes

Siuis-nitrate de bismulli / ~

Aride borique linemeiU puh iM'i.sé. j f^^i "* »

OEflèiiie tles no«iveîHi-iiés. Scléi*ème.

Outre l'œdème cyanotique (jui accoiupagne l'afl'eclion précédemment décrite, on peut rencontrer assez fréquemment, chez les enfants nouveau-nés, un œdème généralisé, non accompagné de cyanose, et que certains auteurs ont attribué à l'altération du plasma sanguin. Cet œdème mou s'accompagne, le plus souvent, d'hypothermie. Il suffit d'entourer l'enfant de boules d'eau chaude, de l'envelopper d'ouate, ou mieux de le placer dans une couveuse, pour voir cet œdème rapidement disparaître. Il faut être prévenu que l'enfant subit alors une baisse de poids, dne à l'élimination de la sérosité inOltrée, pour ne pas être efl'rayé à tort.

Le scléréme, isolé de l'œ'dème par Parrot, peut succéder àl'œ.dèmeou se produire d'eml)léc chez des nouveau-nés [possédant un panicule adipeux assez abondant, et atteints de troubles digestifs. Le scléréme est caractérisé par l'endurcissement de la peau, qui devient comme hgée; si on la pince entre les doigts, les plis formés ne disparaissent pas. Il apparaît tout d'abord au mollet et au visage, puis à la cuisse et envahit le tronc et la face. La succion devient difficih!, le corps est raide, la température est toujours abaissée, le pouls et hi respiration sont aussi moins actifs.

Conire le selérème il faut employer la chaleur; et, commi! pour l'œdème, il faut avoir recours immé-

6 MALADIES DU .NOL" VEAl -N K

dialemonl à lu couvcm.so. On slimuloru lorKanisme au moyen de l'alcool, par le massage et les ba.ns chauds (Legroux). Si le sclérème est survenu dans le cours de troubles digestifs, il faudra les combattre par des moyens appropriés. Les grands lavements d'eau tiède, et les injections hypodermiques d.' sérum artiliciel (30 grammes chaque jour, en trois fois, d'une solution de chlorure de sodium à 4 0 00) seront d'une grande utilité (Hutinel et Marois).

Si l'alimentation se fait difficilement, on emploiera le gavage, on donnera le lait à la cuiller, ou bien la nourrice fera couler le lait en exprimant ses seins audevant de la bouche de l'enfant.

xétanos.

Sous le nom de tétanos du nouveau-né ou décrit deux affections caractérisées par du trismus et des convulsions, mais dont la nature n'est pas la même et dont le pronostic n'est pas également fatal. L une est le vrai tétanos, di^ à l'infection d'une plaie culanée le plus souvent la plaie ombilicale, par le microbe de Nicolaier, et presque toujours mortelle; l'autre, probablement d'origine réOexe. bien que fort grave, peut quelquefois guérir.

Il est inutile d'insister ici sur les soins prophylactiques, sur le pansement bien aseptique de la plaie ombilicale, et il est superJm de dire que toute crèche, dans laquelle un cas de tétanos se produit, doit être immédiatement fermée, et soigneusement désinfectée.

L'enfant atteint de tétanos sera isolé, placé dans une chambre bien aérée, mais presque complètement obscure et éloignée du bruit. 11 sera nourri au

l'EMPniGUS '

moyen de la sonde inlroduile par la voie naso-œsophagienne.

Comme agents médicamenteux on peut empioyeil'extrait de fève de Calabar ou le chloral. L'extrait de fève de Calabar peut être administré soit eu potion, soit en injections sous-cutanées ; on fait, dans ce dernier cas, une injection de 3 milligrammes à 1 centigramme, toutes les 10 ou 15 minutes, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une amélioration, puis on reprend l'injection dès que les convulsions toniques réapparaissent.

Le chloral a réussi dans quelques cas : on le donne à doses fractionnées, de 5 à 10 centigrammes en lavement : on apu ainsi donner jusqu'à 1 gramme de chloral en 24 heures.

On a recommandé le cannabis indica, sous forme d'extrait alcoolique, à la dose de 3 à 8 centigrammes toutes les deux heures.

Dans les cas extrêmes on pratiquera des inhalalions de chloroforme.

Enfin, depuis la découverte de la sérothérapie, ou a tenté d'appliquer cette méthode au tétanos du nouveau-né. Mais tandis que Tizzoni et Cattani prétendent avoir obtenu un succès, Kilasato avoue un échec. Baccelli aurait obtenu un cas de guérison, en injectant de l'acide phénique à 2 0/0.

La question de la sérothérapie du tétanos est encore à l'étude.

l'empltif^tis.

Le pcmphigus est une dermatose, à marche chronique, qu'on observe rarement chez les enfants. Nous ne nous occuperons dans ce chapitre que du

8 MALADIES DU >'()U VICAU-NK

peniphif/m êpidémiqiie des )ioui'eau-néii , el nous ne ferons que signaler l'épidermolyse huileuse hérédilaire el le pemphigus infauLile à kystes épidermiques (1).

Le pemphigus épidémique des nouveau-nés a été ohservé dans les malernités et les hôpitaux d'enfants assistés ; il respecte les régions plantaire et palmaire et peut se développer surtoutle corps. Cette affection, qui se propage par contagion, se termine le plus souvent parla guérison, sauf chez les enfants atteints d'athrepsie.

Cette maladie ne nécessite à proprement parler aucun traitement interne. L'hygiène alimentaire des enfants mérite une surveillance toute spéciale.

Le traitement local consistera en soins de propreté des plus méticuleux. Certains auteurs sont opposés aux bains, lorsqu'il s'agit du pemphigus chronique, Chez les enfants nouveau-nés, on se contentera de les plonger dans un bain d'eau de son ou d'amidon. Il est utile de répéter, sur les régions atteintes, des lotions avec une solution d'acide borique à 3 0/0, avec une décoction de feuilles de ronces, d'écorcede chêne, puis d'essuyer ces diverses régions avec de la ouate hydrophile et de les saupoudrer avec une poudre inerte, talc, oxyde de zinc, sous-nitrate de bismuth, dermatol, qu'on associe à l'acide salicylique, au salol ou à l'iodoforme.

JEi'vsîpèle.

L'érysipèle apparaît chez le nouveau-né dans les deux premières semaines, el reconnaît, oonimecause,

(I) Voir TimiiERGE, TliérapeuHqiie des maladies de la peau.

ÉHYSU'ICLE f

riiilVclioli par le sLreplococciis pyogenes d'une soliiliuii de continuité de la peau produite par le forceps on |)lus souvent de la plaie ombilicale.

Il se nianil'este par une rougeur accompagnée d'â'dèmequi envahitrapidement lesparties voisines. Quand il débute au niveau de l'ombilic, il envahit vile la partie inférieure de l'abdomen, les bourses, les cuisses, et, vers les régions supérieures, le thorax. Cetérysipèle est essentiellement ambulant; il s'accompagne souvent de phlyctènes et de plaques de sphacèle, et d'abcès sous-cutanés. Il se complique souvent de phlébite de la veine ombilicale, de péritonite suppurée et quelquefois d'abcès dn. foie : c'est dire combien son pronostic est sondjre ; presque fatalement, en eiïet, la mort survient soit par infection, soit par complication.

'l'raitciiiciii prophyinciiqne. — Le traitement sera prophylactique et curatif. L'érysipèle chez le nouveauné est de plus en plus rare, grâce aux précautions antiseptiques (jue prennent aujourd'hui les accoucheurs. Si, en efli'et, dans les cas où la mère présente un écoulement vaginal purulent, des injections ont été pratiquées avec beaucoup de soin, avant et pendant l'accouchement, et si les Tissures, les excoriations cutanées, et surtout la plaie ombilicale du nouveau-né ont été pansées minutieusement, l'érysipèle n'est pas à craindre. Il est inutile d'ajouter qu'en cas d'épidémie d'érysipèle, il faudra immédiatement isoler l'enfant qui en estatteint et ne pas le laisserait contact des autres enfants, dans les services hospilaliers.

TrailciiK-ni ciiratir. — A. Loral. — Dès (|u"on remarquera la. inoindre rougeur au niveau d'une plaie ou de l'ombilic, même sans élévation de température,

10 MALADIES DU NOUVEAC-NK

11 faudra aussilAL appliquer en permanence sur elle des compresses d'eau boi-iquée chaude. On pourra aussi employer avec beaucoup de protille traiLement que M. Talamon a prescrit chez l'adulte, atteint d erysipèle.ll consiste à pulvériser, au moyend'un appareil de Richardson, sur toute la plaque érysipélaleuse, et en la dépassant même, une solution de sublime, dans l'éther. On emploiera, pour faire celte pulvérisation, la solution suivante: sublimé 1 gramme, éther ^200 ^r. ; ces pulvérisations seront de très courte durée, et devront être renouvelées matin et soir.

Il faudra surveiller avec soin l'apparition des abcès sous-cutanés, et donner issue au pus, aussitôt qu'on aura remarqué sa présence.

B. Général. — Quant au traitement général, il consistera à lutter contre l'infection gastro-inlestinale quand elle vient compliquer l'érysipèle, ce qui esl fréquent, et à combattre l'hyperthermie, quand elle existe, par des bains à 25°.

Les complications viscérales sont au-dessus de nos ressources thérapeutiques; dans les cas de péritonite suppurée, de phlébite ombilicale ou d'abcès du l'oie, la mort est inévitable.

iHémorfagîes cliez le noiiveau-né.

Les hémorrhagies qu'on peut rencontrer chez le nouveau-né ont été divisées en deux groupes : elles sont simples ou infect 'eus '-st.

Suiiples^ elles se manifeslenl par un écoulement de sang au niveau du cordon mal lié. el sont dèslors facilement arrèlées par une nouvelle ligalure placée au-dessusde laprcmière ; d'aulres fois, ellesapparaissenl sons forme d'IiéinaU'Mnèse ou de mela'na:dans

UÉMOHUACIKS CllIiZ LE NOU VKAI -iM': H

cos cas, on administrera à l'enfanL des Jjoissons glaci'es, une potion d'ergotine (de 30 à 50 centigrammes en 24 heures), ou bien on aura i-ecoiii-s aux

Injecter trois centimètres cubes de cette solution en trois fois dans les 24 heures.

On pourra encore donner une potion ainsi fornui-

par cuillerées à café toutes les demi-heures.

Ou bien, dans les cas où l'hémorragie est abondante et où il faut agir rapidement, on pourra-avoir recours au perchlorure de fer, 3 à o gouttes toutes les dix minutes.

On donnera en même temps des bains sinapisés et on entourera l'enfant de boules chaudes. Il faudra aussi relever les forces du petit malade par l'usage du cognac, qu'on donnera en grog glacé, par cuillerées il café de temps en temps, et renouveler fréquemment l'ait" de la chambre.

Dans les cas de mehena, il est inutile de donner des lavements, car le siège de l'hémorragie est au duodénum.

Les hémorragies A'nriijine infectieuse se font par le cordon ou par le tube digestif : elles sont, du resle, rnrcs aujourd'hui. Les hémorragies du cordon sont des hémorrluagics capillaires, qui se pro-duisent à la chute de celui-ci. On luttera contre elles en posani au niveau (h^ la plaie ombilicale une ligature en masse, au moyen du procédé de Dubois : deux aiguilles enfoncées en croix et une suture en-

injections sous-cutanées d'ergotine.

Ergotine

Eau

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