‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 13 sur 62 · CETTE PREMIÈRE PARTIE DB LA THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

CETTE PREMIÈRE PARTIE DB LA THÉRAPEUTIQUE

L'art de guérir et l'art de tuer auront toujours également cultivée.

Jusqu’à présent nous n’avons fait que rassembler les idées qui doivent servir de base à notre thérapeutique. Tout ce que nous avons dit était nécessaire pour faciliter au lecteur l’entrée de la voie nouvelle ; il n’y a rien de trop. Si le magnétisme a été rendu douteux, c’est par des écrivains qui n’avaient point saisi l’ensemble des phénomènes, ni su en tirer les conséquences.

Le magnétisme n’est ni de l’électricité, ni une des forces ou agents déjà connus ; tout ce qu’il produit a un caractère particulier de grandeur et d’étrangeté !

Quoique sa base soit terrestre, il dévoile la spiritualité de la nature, lorsque celle-ci par des transmutations arrive à produire ses pures essences dont nos sens ne peuvent apprécier que quelques-uns des effets.

Aussi le magnétisme guérit les maladies par des procédés inconnus des médecins ; il les guérit par l’action qu’il exerce sur les forces médicatrices dont il augmente la puissance, sans compromettre en rien la composition des tissus. Tout est donc singulier et mystérieux encore dans l’action de cet agent, et voilà pourquoi nous avons appuyé sur les données premières, parce qu’elles étaient la clef propre à faire pénétrer dans le sanctuaire de la vie, parce qu’elles donnaient la possibilité d’agir sur celle-ci, d’en régulariser les mouvements et les efforts.

On doit donc bien se pénétrer de ce que contient ce rudiment de connaissance et ne jamais le perdre de vue. Ce qu’il renferme au premier abord d’obscurité, cesse bientôt d’embrouiller l’esprit ; l’action du magnétisme se raisonne et s’explique, et cet agent peut être appliqué aux maladies d’une manière rationnelle.

La médecine magnétique n’a rien de commun avec les préceptes médicaux enseignés par les facultés et appliqués dans le monde. Elle en diffère autant par les résultats obtenus que par les moyens employés : c’est donc un art nouveau que les magnétisles veulent introduire dans la science.

En se reportant vers l’antiquité, on trouve, il est vrai, des traces du magnétisme ; les applications de cette science étaient même nombreuses, et il existait des temples où l’on allait dormir et chercher la santé ; mais les secrets de l’art étaient bien gardés, les prêtres seuls en étaient

REFLEXIONS SOR CETTE PREMIÈRE PARTIE. 151 en possession, et au dehors l’œil le plus pénétrant n’apercevait que les résultats. Les malades guéris rendaient grâce aux dieux et comblaient les prêtres de présents. Qu’on ne se presse point de condamner ces hommes de bien et de génie, ils connaissaient l’esprit humain toujours si prompt à se jeter dans les exagérations et à abuser des présents de la divinité. Il ne faut pas s’appesantir longtemps sur les faits de magnétisme pour reconnaître l’abus qu’on peut faire de cette découverte et les déplorables fruits qu’elle peut produire. Cependant son principe est divin; mais l’homme change le bien en mal autant qu’il le peut. Donnez-lui une religion pure de tout alliage, il en changera les maximes , en ternira l’éclat , l’exploitera enfin ; que cette religion ait fait une loi de la pauvreté, du dévouement et du sacrifice, il s’enrichira, trônera s’il le peut, il sera despote, il fera couler le sang humain, et enfin il trafiquera des choses saintes et sacrées pour son plus grand bien-être et pour la satisfaction de ses appétits terrestres.

Les prêtres de l’antiquité, prévoyant l’abus, se taisaient, et Jésus, leur disciple, mourut sur la croix pour n’avoir point gardé avec la foule ni avec ses disciples la discipline du temple. Mort sublime ! l’humanité n’offre point d’exemple comparable, et l’expiation sera de tous les temps; un second fils du ciel ne viendra plus sur la terre, une première épreuve a suffi : ce sacrifice n’a en rien changé les hommes, ils sont aussi méchants qu’autrefois ; la vertu est aussi rare, et tout réformateur divin qui

viendrait aujourd’hui payerait de sa vie l’accomplissement de ses généreux desseins.

Voilà pourquoi on doit craindre que le magnétisme remis entre les mains de tous ne voie ses avantages balancés par les désordres qu’il produira. C’est, au reste, la loi de tout ce qui existe ; — il semble qu’un fatal équilibre doive toujours exister entre le bien et le mal et que les oscillations de ces deux principes, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, doivent être constantes. Ce serait en vain , à mon avis, qu’on chercherait à s’arrêter à un point donné, soit dans le mal, soit dans le bien; quelque chose de mystérieux viendrait tout changer. Les uns conspirent pour le bien, les autres pour le mal ; il n’en saurait jamais être autrement, bien que dans nos aspirations, ou plutôt dans nos rêves, nous voyions les vices disparaître et régner la vertu.

Mais revenons au magnétisme. Les prêtres de l’antiquité le connaissaient, les disciples de Jésus y furent par lui initiés, et s’il s’efiaçait aujourd’hui de notre esprit, on le retrouverait à chaque page des Ecritures avec son brillant cortège de guérisons miraculeuses, de prophètes, de voyants, de devins; mais n’y trouvât-on que les paroles du Christ et l’imposition des mains, que cela suffirait pour en rendre à tout jamais la révélation assurée.

Nous en avons assez dit déjà pour prouver que tous les phénomènes inexpliqués appartenant à l’ordre moral sont du ressort du magnétisme ; que toutes les guérisons opérées par des reliques ou par le toucher des prêtres lui

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