‹ Thérapeutique magnétique règles de l'application du magnétisme a l'expérimentation pure et au traitement des malades par m. le baron Du PotetChapitre 12 sur 62 · ACTION INCONSCIENTE DU MAGNÉTISÉ SUR I.E MAGNÉTISEUR · texte numérisé non relu

ACTION INCONSCIENTE DU MAGNÉTISÉ SUR I.E MAGNÉTISEUR

Bien qu’on n’aperçoive pas toujours reflet produit sur nous par l’augmentation du ton de mouvement que nous avons imprimée ou développée chez le magnétisé, il est certain qu’il y a là une loi à laquelle tous les corps obéissent et que nous participons au mouvement que nous

imprimons, soit qu'il vienne de la volonté, soit qu’il soit dû simplement à la force que nous avons émise. Notre organisation s’est liée tout entière aux faits produits, et ici les preuves matérielles d’abord peuvent en être fournies. Il y a toute une série de maladies qui peuvent s’inoculer même sans contact, parce que nous en avons remué le principe : si je trouble la vase d’un marécage empoisonné, j’en respirerai, j’en perspirerai les molécules empoisonnées que j’aurai mises en expansion. Que faisonsnous quand nous magnétisons? Nous remuons et agitons le principe malsain des maladies et nous sommes placés dans le cercle de son action, car la nature le rejette par parties : la peau estundesesémonctoires; le poumon, qui est aussi une autre voie d’expulsion, rend souvent de l’air corrompu, et cette atmosphère viciée dans laquelle se trouve le malade nous enveloppe également et tend à corrompre nos humeurs. Par une loi d’équilibre sans doute, cette inoculation ne nous tue point, mais elle laisse souvent des traces; quelquefois même c’est subitement que nous nous en apercevons par l’apparition de boutons sur la peau, par une haleine fétide, par des douleurs dont le siège correspond à celui qui est indiqué par le malade.

Je prends mon organisation comme type de la santé, n’ayant jamais été malade et ayant toujours possédé une puissance vitale exubérante, je dis ceci pour prouver qu’en moi il n’y avait nulle crainte et que l’impression, quand j’en ressentais une, ne venait point de mon imagination, — eh bien, plus de cent fois dans ma vie j’ai

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senti l’aiguillon d’une douleur qui n’avait point en moi de motif d'exister; j’ai souffert dans ma marche d’un ralentissement de mouvement causé par d’autres douleurs, et ce qu’il y a de singulier et de péremptoire, cela arrivait toujours à la suite de magnétisations exercées dans les affections arthritiques, dans des luxations spontanées et aiguës, dans certaines affections goutteuses ; j’ai toussé et expectoré, souffert môme dans la poitrine pendant que je magnétisais certains phthisiques; dans les affections typhoïdes, à certaines périodes de la maladie, j’ai vu mon organisation envahie, ‘un épanchement sanguin se former autour des paupières et mes lèvres s’érailler comme si j’avais eu la fièvre. J’ai persisté cependant dans tous ces cas à appliquer le magnétisme, hormis en un seul où manifestement je boitais par trop ; mais, pour arriver à cette interruption, je m’étais assuré que le malade, qui avait une inflammation coxo-fémorale et un épanchement considérable dans l’articulation, je m’étais assuré, dis- je, que je n’étais pris de cette claudication douloureuse qu’à la suite de chaque magnétisation ; mon imagination n’y était absolument pour rien. Une fois, en magnétisant un cholérique, mes intestins se convulsèrent d’une singulière façon, mais sans douleur. Lorsqu’il m’est arrivé de magnétiser des sourds et lorsque mon action devait être efficace, j’éprouvais dans mes propres oreilles une sorte de cuisson, accompagnée de démangeaison.

Dans les anciennes affections syphilitiques où le mercure avait été employé, mon magnétisme réveillant des douleurs

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ostéoscopes assoupies, moi qui n’ai jamais pris de mercure ni eu de maladie, j’éprouvais dans certaines parties osseuses des douleurs quelquefois assez vives, et j’étais conduit ainsi à révéler au malade ce qu’il m’avait caché, et il finissait par m’avouer la vérité.

Les meilleurs somnambules sont ceux qui ressentent en eux-mêmes les maux d’autrui, quelque anciens qu’ilssoient. Il est probable que l’inoculation se fait d’une manière plus parfaite par le contact, et aussi parce que les forces vitales offrent moins de résistance, ayant été modifiées par le sommeil. Eh ! qui ne sait que la petite vérole, la variole et autres affections de la peau se communiquent à de grandes distances? Pour en finir, je dois dire que, sur dix malades, sept au moins me communiquent un rudiment bien affaibli sans doute de leur affection maladive , comme si leurs maux se réfléchissaient en moi ; ce qui me fait souvent dire aux malades : Vous souffrez dans telle partie,., . vous éprouvez telle douleur. — Comment le savez-vous ? c’est communément leur réponse. — Mais je le sens, leur dis-je. Et ils sourient. On pourrait croire que mon organisation est particulière, mais il n’en est rien. J’ai reçu d’une foule de magnétistes des déclarations semblables qui ne me permettent point de douter Vjue le fait ne soit général. Plusieurs même ont renoncé à l’application du magnétisme, craignant pour leur santé : l’un éprouvait des palpitations, un autre avait des insomnies, de la fièvre, etc. . . C’est qu’ils ne savaient point se dégager ou que leur organisation trop pauvre n’avait rien à donner.

On ne doit donc tenir aucun compte des opinions de ceux qui nient ces inoculations, elles sont naturelles et doivent exister. Le magnétiseur, quel qu’il soit, se dépouillant pendant la magnétisation d’une somme de forces, le vide se faisant en lui, il n’est pas étonnant qu’il puise dans l’atmosphère qui l’environne ce qui s’y trouve de malsain. On s’est moqué de l’opinion des anciens touchant la transplantation des maladies : ils croyaient qu’en faisant coucher un animal aux pieds d’un malade, il en prenait la maladie. Ah ! les animaux ont un sur instinct, ils connaissent bien le danger et savent le prévoir, ils fuient lorsque le malade, fût-ce même leur maître, subit une décomposition du sang et approche de la mort ; ils craignent l’infection. Mais ne voit-on pas fréquemment des personnes qui ont donné des soins très-assidus et très-attentifs à des malades atteints d’une grave affection accompagnée de putridité, subir elles-mêmes à la fin du traitement l’effet de la communication et quelquefois en mourir. Pourquoi le magnétiseur ne subirait-il pas cette loi ? Cependant la crainte ne doit point l’arrêter : cette compagne du faible et de l’égoïste n’est menaçante que parce qu’on ne sait se dégager et se purifier des matériaux impurs qui sont entrés en nous; rien n’est plus facile cependant, car nous pouvons nous-mêmes, par des passes longitudinalesexercées sur notre propre corps, pendant quelques instants, faire circuler et sortir tout ce que nous avons absorbé, et quand nous sommes trop faibles, la main d’un ami ou de qui que ce soit, par la pratique ci-dessus, peut nous rendre ce service.

On suspend une croix lorsqu’on démolit une maison pour avertir le passant de s’éloigner au plus vite ; lorsque la mort démolit un édifice humain, la poussière de sa décomposition est plus dangereuse que les gravats du maçon, et ses victimes sont nombreuses même parmi les médecins qui ne savent pas toujours reconnaître l’instant de l’infection. La sympathie pour le malheur, la charité nous font un devoir de ne rien écouter et de braver tout péril pour soulager ceux qui souffrent ou leur rendre la dernière heure supportable. La crainte de ces approches dangereuses cessera lorsqu’on sera bien persuadé que le magnétisme, comme le vent qui balaye la poussière, nettoie et purifie l’organisation.

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