SANG
On pourrait craindre que le magnétisme, dans les cas de diarrhée, de dyssenterie, etc.... ne produise point un effet salutaire, qu’il augmente au contraire l’activité désordonnée des intestins ; ce serait une erreur que de le croire. Il calme rapidement les épreintes , diminue les expulsions et parvient à guérir la plupart des maux cidessus.
Traitement. — La pratique à employer a été conservée dans les traditions des peuples. Dans tous les pays chauds elle est mise en usage, non pas par les médecins, mais par des prêtres ou des gens du peuple : ils exercent des manipulations sur le ventre, le frictionnent , et la guérison s’opère; le pourquoi, le comment, ils ne le savent guère, ils ne savent même pas qu’ils magnétisent, ils sont seulement persuadés que leurs procédés sont efficaces. Quelques-uns de ces guérisseurs joignent des signes de croix ou des prières à leurs attouchements; mais la vertu guérissante n’est pas là, elle est placée dans l’émission magnétique, dans ce baume divin qui s’exhale et pénètre dans les profondeurs des tissus et qui, s’ajoutant aux forces qui restent, donne à la nature
le moyen d’arrêter les désordres. Je ne saurais exprimer le bien qui peut se faire ainsi, les services inouïs qui peuvent être rendus en s’aidant mutuellement. C’est peut-être la simplicité du moyen qui a éloigné les hommes de l’emploi de cette puissance occulte; ils ne croient qu’à ce qui torture, qui brûle, à ce qui est amer et corrodant ; il leur faut des poisons, tout ce qui répugne à l’instinct, tout ce qui est même contraire à la raison, et par ces dispositions font beau jeu aux médecins, qui se gardent bien de détromper les malades , car ils savent par expérience que ceux d’entre eux qui se bornent à prescrire un régime, à donner de l’eau claire ou d’inoffensifs sirops, sont bientôt déconsidérés et ne font pas fortune. Le malade n’admire et n’aime que les médecins qui le couvrent d’emplâtres et de vésicatoires, qui le saignent et le purgent. Honneur à ceux-là, ils font de la médecine savante, et si l’on meurt, on ne meurt pas sans formules. Nous ne pouvons que donner des conseils, et si les hommes persistent à vouloir souffrir plutôt que d’employer le moyen conservateur qui les soulagerait, qu’ils ne blasphèment pas contre la nature et la Providence, ils sont suffisamment avertis, instruits que leur sort est entre leurs mains.